(BFM Business, le 6 mars 2012)
On sort plan d’aide sur plan d’aide pour, en définitive, ramener le ratio dette/PIB de la Grèce de 161% fin 2011 à 159% fin 2012 (voir ici les calculs d’Olivier Berruyer)… On nous dit en permanence n’importe quoi. La vérité, c’est que personne ne maîtrise rien au sujet de la dette grecque. On ne fait que refiler le bébé aux Etats. Tout ça pour 3 petits milliards d’euros de CDS (si c’est le bon chiffre) mais qui peuvent, par contagion, mettre par terre tout le système. C’est reculer pour mieux sauter, car de toute façon le Portugal, l’Espagne, etc. seront touchés à leur tour.

Jeudi 15 avril 2010 :
Herman Van Rompuy présente son recueil de haïkus. Les haïkus sont de brefs poèmes japonais. L’article et la photo sont ici :
http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-04-15/van-rompuy-presente-son-recueil-de-haikus-764586.php.
Deux ans plus tard, Herman Van Rompuy nous présente son nouveau recueil de haïkus intitulé : "Je m’enfonce dans l’océan humide de ma Destinée."
Le bateau euro
Est en train de prendre l’eau
A cause de l’iceberg
En morceaux tombé
Le bateau s’est disloqué
C’est l’affolement
« Courez ! » crient les sages
« Les canots de sauvetage
Femmes et enfants d’abord ! »
Dans ce Titanic
Certains prient, d’autres paniquent
D’autres rient, ou pleurent
Jose Barroso
Boit des bouteilles de Porto
Noyant son chagrin
Mario Draghi
Crie : « Fini ! Tout est fini
Comme Gianfranco ! »
Catherine Ashton
Est tombée dans les pommes
Couchée, la baronne
Christine Lagarde
Rigole quand elle me regarde
On dirait une folle
Elle dit : « Faut pas s’en faire !
Les clignotants sont au vert ! »
Elle ne comprend rien
Jean-Claude Trichet
A la retraite s’en est allé
Seul sur son radeau
Le navire coule
Les rats quittent le navire
Ils ont bien raison
Moi, je ne bouge pas
Je récite à haute voix
Tous mes haïkus
Moi, je reste à bord
Je n’ai pas peur de la Mort
Je vais me noyer
J’ai de l’eau jusqu’au
Menton. Mais peu me chaut
Mon œuvre restera
J’imagine déjà
L’épave du Titanic sera
Un restaurant
Les requins viendront
En morceaux ils tailleront
Mon cadavre bleu
Les petits poissons
Mon cadavre finiront
Mais pas mes lunettes
Les derniers lambeaux
Du Titanic « ZONE EURO »
Seront mes lunettes
Mes lunettes seront
Seules, reposant tout au fond
De la mer mouillée
(Herman Van Rompuy, "Je m’enfonce dans l’océan humide de ma Destinée", Poésie Gallimard, décembre 2012, dix-neuf francs cinquante)
Joli pastiche, BA.
Je suppose que "l’océan humide de ma destinée" est une allusion à la "serpillère humide" que Nigel Farage envoya un jour à la figure de van Rompuy et qui lui valut une amende de la part du Parlement européen ?
Van Rompuy… plus qu’un poète. N’est-il pas aux affaires ?
Poésie ou acte(s) manqué(s) ?
Jean LENOIR
Mercredi 7 mars 2012 :
La production industrielle espagnole a commencé l’année 2012 dans le rouge, avec en janvier un recul de – 4,2 % sur un an, selon les chiffres publiés mercredi par l’Institut national de la statistique (Ine), alors que le pays s’apprête à renouer avec la récession.
Cet indicateur, calculé en données corrigées des variations saisonnières (CVS), avait déjà plongé en décembre de – 3,5 %, tandis que, sur l’ensemble de 2011, la production industrielle espagnole a baissé de – 1,8 % par rapport à 2010.
En janvier, le recul est particulièrement marqué dans les biens de consommation durable (- 8,5 %), les biens d’équipement (- 6 %) et les biens intermédiaires (- 5,7 %).
Mais les autres catégories sont elles aussi dans le rouge, notamment l’énergie (- 4 %) et les biens de consommation non durable (- 0,9 %).
Ces mauvais chiffres surviennent alors que le pays devrait replonger en récession dès ce trimestre : privée de son moteur économique, la construction, l’Espagne voit également sa modeste croissance étouffée par les nombreux plans de rigueur auxquels elle doit se soumettre pour réduire, comme promis, son déficit public.
"Le quatrième trimestre de l’an passé a connu une croissance négative (- 0,3 %, ndlr), et cette tendance va se maintenir durant encore deux trimestres", a reconnu vendredi le ministre de l’Economie Luis de Guindos.
Le gouvernement a d’ailleurs revu drastiquement ses prévisions économiques pour 2012, avec un recul du PIB de – 1,7 % contre une croissance de 2,3 % prévue par le précédent exécutif, et une poursuite de la hausse du chômage à 24,3 % de la population active.
http://www.romandie.com/news/n/Espagne_la_production_industrielle_dans_le_rouge_en_janvier__42_sur_un_an070320120935.asp
Delamarche a raison, les grecs en ont pris pour 20 ans….
Oui, si on continue sur cette voie du déni de faillite et de l’austérité perpétuelle…
Mais si la Grèce est enfin autorisée à faire officiellement défaut, sort de l’euro et retrouve une monnaie nationale fortement dévaluée, elle pourra remonter la pente plus rapidement.
Plus on attendra, plus les dégâts seront importants.
Olivier,
C’est frappé du bon sens. Mais cela ne sortira pas les suicidés de leur cercueil et les citoyens rendus dépressifs ou fous des asiles…
La responsabilité des oligarques européens est aussi grande dans leurs destructions que les destructions infligées par Bachar El Assad au peuple Syrien.
Les morts des crises et des guerres ne profitent jamais des causes gagnées.
Jean LENOIR