Les mystères de l’argent (Bruno Bertez)

Du grand Bertez. A lire absolument ! Vous comprendrez le piège tendu à votre épargne, le Grand Hold-Up qui se prépare depuis 5 ans… et en quoi consiste la parade. Car il y a toujours une parade.

"Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la crise, la sortie de crise, et qui reste caché.

Avertissement. Comme tout ce que nous écrivons, le texte qui suit est expressionniste. Nous forçons le trait. Nous caricaturons. Nous supprimons tout ce qui n’est pas essentiel. Nous essayons de produire une sorte de logique cristallisée.

Aux yeux de beaucoup, la crise de 2008 parait mystérieuse. Ils ne comprennent pas :

- En quoi a consisté la crise

- Comment on en est arrivé là

- Comment on a fait face

- Pourquoi rien n’est résolu.

Il est évident que les responsables de la conduite des affaires n’ont rien fait pour expliquer aux citoyens ce qui s’était passé avant 2008. Rien fait pour expliquer ce que l’on avait fait en 2009. Rien fait pour expliquer ce que l’on continue de faire depuis. La démocratie a ses limites.

Les mystères sont d’autant plus épais que, plutôt que d’analyser, puis d’expliquer, puis de débattre, il a été choisi d’opacifier, de travailler dans l’ombre et de couvrir le tout par une généralisation du système du bouc-émissaire.

Rappelons les boucs-émissaires les plus souvent désignés. L’ordre est plus logique que chronologique :

- La spéculation sur l’immobilier américain

- L’innovation financière

- L’avidité des banquiers

- L’insuffisance de règlementations et de contrôles

- La paresse et d’excès de consommation des peuples

- Les Etats-Providence, l’insuffisance de taxation

- L’égoïsme des pays créditeurs, Allemagne, Chine, …

- Les inégalités de revenus et de fortunes

Pour ne citer que quelques-uns parmi les boucs émissaires stigmatisés. En attendant les autres qui sont encore à venir. En attendant ceux qui resteront non-formulés, enfouis dans les inconscients, comme les Arabes, les Juifs, l’Autre, en général.

Il n’est pas dans notre propos de refaire une analyse de la crise, de ses origines et de ses pseudo-remèdes. Nous l’avons fait dans les années 2000, 2002, 2006, et régulièrement par la suite. Nous l’avons fait avec des synthèses intercalaires qui dirigeaient des éclairages complémentaires sur une même réalité, l’avènement d’un système nouveau que nous avons choisi de nommer « kleptocratique ».

Un système kleptocratique qui a été rendu possible par la libération du dollar, de la contrainte de l’or en 1971 ; par la dérégulation des années 80 ; par la financiarisation des économies réelles ; par la capture des gouvernements par la finance ; par la propagande médiatique ; par l’accord géopolitique occulte entre la Chine et les producteurs de pétrole d’un côté et les Etats-Unis de l’autre, pour accepter, tolérer et entretenir les déséquilibres globaux.

Le système kleptocratique a tout envahi. Tout est devenu finance, tout est devenu financier.

Les politiques bancaires, financières, les économies, les théories, les structures, les esprits, tout a été pollué.

On n’arrive plus à penser en dehors de ce système. Il s’impose comme la logique ultime, comme la référence, comme le cadre de toute action et de toute pensée.

C’est lui qui balise les champs de réflexion et les recouvre d’un tissu d’évidences auxquelles personne ne tente d’échapper. La pensée critique est quasi inexistante. Quand elle existe, elle se discrédite par ses excès, ses irrationalités primaires, son absence de rigueur, son millénarisme. Les Cassandre se discréditent à force de prédire la catastrophe qui ne vient pas.

La capture politique et médiatique est un élément central de l’absence de pensée critique. Les gauches et les fausses droites dépendent de la kleptocratie pour accéder et rester au pouvoir, pour financer leurs déficits, pour payer leurs achats de clientèle, pour assurer leur train de vie et pour, finalement, bénéficier du recyclage quand ils quittent la politique pour aller pantoufler.

Ce qui est en cause, c’est un système. Un système, c’est un ensemble d’éléments articulés, complémentaires, qui forment un tout et qui sont sous-jacents, enfouis, dans le fonctionnement des pays. Dans le fonctionnement des institutions, des collectivités, des économies, etc.

Ce système n’est pas tombé du ciel, un jour, comme cela.

Personne ne l’a voulu, personne ne l’a planifié. C’est la logique des systèmes, personne ne les conçoit ; ils vivent, se développent, se reproduisent, en fonction de leur propre logique. Ils ont en quelque sorte leur propre vie, indépendamment de ceux qui s’en croient les gestionnaires. Ils se combinent, ils mutent, ils se transforment avec un seul but : la recherche de leur reproduction. Un système n’a d’autre logique que sa propre survie. Un système, cela vit caché, cela craint la lumière. Un système, cela a peur du sens, cela préfère les nouvelles, les informations et les corrélations.

Quel est ce système ? C’est le système capitaliste, inutile de se le cacher. Inutile de le nier. C’est le système fondé sur la recherche du profit et son accumulation pour former un capital et pour produire un ordre social, politique et culturel.

Le système capitaliste a buté sur ses limites au cours des années 60. Cela s’est aggravé au cours des années 70. Il a eu du mal à se reproduire, il a eu du mal à rentabiliser le capital. Les taux de profit ont chuté avec tout ce que cela représente comme menace de baisse de l’investissement, de hausse du chômage, d’asphyxie des Etats dépensiers et, in fine, de perte de légitimité.

Pour s’adapter, le système s’est réorienté. Il s’est désindustrialisé, délocalisé. Il a déplacé les productions là où elles étaient moins chères et là où le taux de profit était supérieur.

La mutation du système a consisté à dématérialiser, à disjoindre les signes du réel sous-jacent, à remplacer le faire par le savoir-faire. Le hard par le soft.

Le système s’est réorienté là où la concurrence était moins forte, c’est à dire vers les services où, en plus, l’emploi est moins qualifié et moins coûteux.

Finalement, le système s’est financiarisé. Financiarisé, cela veut dire qu’il a autonomisé la sphère financière et l’a placée hiérarchiquement au-dessus de la sphère réelle. La sphère financière est une sphère des signes. Donc, elle est infinie, sans limite, manipulable à volonté. Cela a permis d’échapper à la finitude, à la rareté, au poids, à la gravité de la sphère réelle. Ce système, c’est le règne du signe et de la parole. Pas forcément truqués. Pas forcément mensongers, mais disjoints. Disjoints au sens de la théorie des signes.

En clair, la financiarisation, comme nous l’avons souvent écrit, c’est l’opération méphistophélique de séparation de l’ombre du corps.

Le contenu de cette financiarisation, ses grands axes sont multiples et ils se situent à plusieurs niveaux. Mais il y a au moins deux axes.

Le premier, la désindustrialisation a produit des déficits chez les vieux pays anciennement industrialisés, donc des excédents chez les émergents. La financiarisation a consisté à recycler ces excédents des uns vers les déficits des autres, à piller l’épargne mondiale pour soutenir les niveaux de vie des pays développés.

Le deuxième, la hausse du chômage, l’insuffisance des créations d’emploi, la pression sur les salaires, puis leur stagnation, ont conduit le système à remplacer le pouvoir d’achat gagné par le pouvoir d’achat octroyé, c’est-à-dire le crédit.

Voilà les deux piliers de la financiarisation, il y en a eu d’autres, comme l’innovation technologique, l’ingénierie financière, la production de théories, le marketing d’addiction, etc. on oublie souvent de citer le marketing d’addiction et la récupération des désirs, mais c’est un élément indispensable dans le fonctionnement du système et dans sa reproduction.

Le système s’est développé pendant 30 ans avec des déséquilibres sans cesse croissants et des crises de plus en plus rapprochées.

Au lieu de se purger, au lieu d’accepter ses rénovations périodiques, le système a commis l’erreur de vouloir forcer son propre destin, de durer sans se renouveler. A chaque crise, on a aggravé le mal, c’est-à-dire ajouté du capital fictif, improductif. On a augmenté l’accumulation de capitaux et favorisé l’avènement d’un monde spéculatif qui a tout engouffré. Un monde spéculatif de plus en plus instable, de plus en plus fragile, de plus en plus injuste. On n’a pas compris, et c’est la faute des élites, que continuer à accumuler était une erreur et qu’il fallait, de temps en temps, accepter des moments de destruction. On sait que le serpent ne survit que de sa mue. C’est une erreur humaine considérable qui sera soulignée comme telle dans l’Histoire. Elle sera sévère.

Les régulateurs, les gouvernements, capturés par les kleptos, n’ont pas osé, n’ont pas laissé se faire la lessive ; ils n’ont pas osé laisser se détruire ce qui était improductif et devenait un boulet. Parmi les exemples, les industries comme l’automobile, ou l’industrie financière, parasites qu’il faut maintenir en vie alors que ce sont des tonneaux des Danaïdes. En fait, tout ce qui, pour survivre, a besoin d‘un recours excessif au crédit, tout devait être purgé. Mais il n’y a pas que des secteurs économiques, il y a des pans entiers de la vie sociale qui auraient dû, eux aussi, être remis en question au lieu de continuer couche par couche de laisser s’accumuler les aberrations. Les Etats-providence en constituent un exemple. Au lieu de les laisser enfler, il eût fallu avoir le courage de les remettre à plat puisqu’ils constituent, dans une optique économique, ce que l’on peut appeler les frais généraux des nations ou bien encore le coût caché de reproduction des systèmes.

L’autre grande faiblesse des 30 dernières années a été l’absence d’inflation significative. C’est une sorte de contradiction interne majeure. Si on délocalise, si on pèse sur les prix du travail par le gonflement de l’armée des chômeurs, si on crée de façon permanente un « slack », un excès de capacité de production, l’inflation ne peut pas s’enclencher. La course entre les prix et les salaires ne peut se nouer. Les tendances à la déflation s’en suivent, le capital fictif excédentaire, les dettes, les promesses, tout cela ne se trouve pas érodé par la hausse des prix ? La masse de capital non-productif accumulé continue de peser de tout son poids réel au lieu de s’euthanasier, au lieu de se biodégrader par l’inflation. Le nominal ne vient pas au secours de l’excès de poids du réel.

Si vous observez les graphiques qui complètent ce texte, vous visualiserez sans ambigüité, sans doute aucun, ce qui s’est passé. Vous toucherez du doigt la réaction, les « remèdes » des autorités, face à la crise. Faites comme nous, ne vous attardez jamais sur ce qu’elles disent, ce qui compte, c’est ce qu’elles font objectivement.

Vous observerez le traitement monétaire de la crise. Et l’évidence s’impose. Personne ne peut vous mentir, vous raconter des sornettes techniques, les chiffres sont là.

Ces graphiques sont la seule chose importante à comprendre, à assimiler et garder présents à l’esprit. La réponse à la crise a été la création d’une quantité phénoménale, historiquement incroyable, de monnaie. D’une quantité de monnaie que jamais on n’aurait cru imaginer possible.

La création de cette monnaie a été faite en faveur des banques et du système financier. Et cette monnaie, ils l’ont stockée, mise en réserve. Ne croyez pas la propagande qui vous dit que cette monnaie ne sert à rien, réfléchissez. Si cette monnaie ne servait à rien, il n’y aurait nul besoin de la créer. Il n’y aurait nul besoin d’inflater le bilan des Banques Centrales et de prendre des risques considérables. La vérité est que cette monnaie sert à quelque chose, même si elle n’est pas utilisée.

Pourquoi les banques et le système financier ont-ils stocké cette monnaie ? Ils n’ont pas l’habitude de se priver de la possibilité de gagner de l’argent ! Ils l’ont stockée et ils la stockent parce qu’ils savent. Ils savent que leur survie est en jeu. Ils savent que le cash, le disponible, est le bien le plus précieux et que tout le reste n’est qu’escroquerie.

Ils savent que le problème de fond du système, c’est son insolvabilité, laquelle se manifeste par son illiquidité et l’insuffisance de cash en regard de la masse de quasi-monnaies, en regard de la masse de dettes, en regard de la masse d’obligations, en regard de la masse de crédits, en regard de la masse des actions. Bref, en regard de la masse de promesses de toutes sortes que le système a émises.

L’élite, les penseurs, les dirigeants de la finance savent que le problème du système, c’est qu’il repose sur une pyramide inversée, sur une pointe, une base monétaire insuffisante. Non seulement insuffisante, mais qui menace sans cesse de se détruire, rongée qu’elle est par le ver de l’insolvabilité.

La masse monétaire étant insuffisante, que font-ils ? Et bien ils gardent la monnaie pour eux. Parce que cette monnaie de base, ce super-cash, c’est ce qui assure leur sécurité. Ils savent que le monde est insolvable, ils connaissent leurs bilans, ils connaissent leurs hors-bilans, ils connaissent tout ce qu’ils ont caché, enfoui. Ils savent que la bicyclette ne peut repartir avant que le poids de la dette ne soit allégé. Et comme dans les courses cyclistes sur piste, ils s’emploient, ils apprennent à faire du sur-place. Et donc ils apprécient par-dessus tout le cash, le super-cash. Ils le stockent et le surveillent, c’est leur trésor, ils le mettent dans un coffre. C’est leur assurance. Peu importe que cette assurance leur coûte de l’argent par le biais de la non-utilisation des fonds. L’utilité marginale du cash dans le système est considérable.

Donc, vous comprenez mieux maintenant que les pseudo-remèdes ont consisté à créer de la monnaie, à la faire tomber du ciel, mais pas n’importe où, dans l’escarcelle des banques.

Elles ne le font pas tourner, elles ne font pas de crédit. Mais c’est vrai, quand de temps à autres, on leur fait signe, quand de temps à autres, les chefs kleptos donnent le signal, les banques spéculent, elles se lancent dans des opérations temporaires rapides, spéculatives, en prédateurs, sur les assets dits « à risque ». Comme elles viennent de le faire récemment sur les emprunts périphériques européens grâce au signal lancé par Draghi. Comme elles le font en ce moment sur les titres hypothécaires américains grâce au clin d’œil fait par Bernanke. Et puis, quand elles ont fait un petit tour, elles retournent mettre leur argent à l’abri en attendant le prochain feu vert.

Donc, les liquidités ne se déversent pas ou peu dans l’économie. On ne les retrouve pas dans les masses monétaires M2, on les retrouve peu dans le crédit, sauf dans le crédit aux Etats qui sont encore considérés comme solvables. Entendez par là, par solvables, les Etats qui ont encore une marge pour taxer et surtaxer leurs citoyens.

De ce phénomène, témoigne la chute de la vitesse de rotation de la monnaie, M2V, que vous voyez sur le graphique fourni par la Réserve Fédérale de Saint Louis.

Le grand mystère, nous parlons de mystère au sens fort, très fort comme les mystères d’Eleusis, c’est de comprendre pourquoi la demande de monnaie, de super-monnaie, est aussi forte depuis le début de la crise.

La monnaie ne rapporte rien ; son pouvoir d’achat réel s’érode malgré la modération de l’inflation et le mythe –poudre aux yeux- de la déflation. Non, la monnaie ne se valorise pas par la baisse des prix car, dans leur ensemble, les prix ne baissent pas. C’est un leurre de parler de déflation. On ne doit parler que de tendance à la déflation, tendance contrecarrée.

Donc la monnaie ne rapporte rien et elle ne gagne pas en pouvoir d’achat. Pourquoi la stocker, la demander, lui accorder la préférence ultime ?

Le mystère est entier.

Pas tout à fait. Parce que la monnaie, c’est la vie, ou plutôt l’assurance sur la vie que se constitue le système financier.

Parce que la monnaie est une réserve nominale de valeur. Détenir ses avoirs sous forme de monnaie, résister à l’attrait de l’échanger contre des actifs, contre des assets à risque, c’est refuser un échange dont il est sûr qu’il sera perdant. Programmé perdant, programmé spoliateur et confiscateur.

Parce que l’on a mis en place un mécanisme, un dispositif d’attrape-nigauds qui va réaliser la grande destruction, qui va enfin remplacer toutes les petites destructions que l’on a refusées depuis 30 ans. Les petites destructions qui n’ont pas eu lieu et qui ont fait en sorte que le système devienne rigide, qu’il croule sous le poids du capital fictif improductif, spéculatif, inutile socialement.

Parce que le grand ratissage est programmé. Il est tellement évident que vous ne le voyez pas. Le cash, les avoirs monétaires nouveaux donnés aux banques, restent bien à l’abri au parking. Regardez, il y en a pour près d’1,5 trillion rien qu’aux Etats-Unis ; dans le monde, c’est un multiple de ce chiffre. En revanche, le cash ancien, celui des citoyens, des citoyens et de leurs institutions, épargne retraite, prévoyance, etc., est attiré dans le grand piège, la grande trappe à Phynances. On le force à s’échanger contre les actifs de marché, des actifs à risque, qui, eux, sont destructibles, auto-dévalorisables, spoliables, par la future, par l’inéluctable, par l’incontournable future hausse des taux d’intérêt qui interviendra en 2014/2015.Et si ce n’est pas en 2015, ce sera plus tard. Le Japon nous a en effet appris que le facteur temps, en matière de crise, était extrêmement extensible. Cela fait plus de 20 ans que le Japon attend sa purge finale.

Garder son cash, c’est faire comme les initiés, comme les ultra-riches, comme les maîtres du système, les banques ; c’est refuser de céder au chant des sirènes, des Lorelei qui vous attirent dans les courants dangereux et dans les précipices. La gigantesque manipulation du « risk-on/risk-off », c’est cela.

Tout ce qui est papier autre que le cash est condamné à la dévalorisation, à la destruction et à l’amputation. Et si ce n’est pas assez, si le piège des marchés ne suffit pas, alors on ira plus loin. On ira jusqu’à prendre dans les comptes bancaires le cash qui n’a pas été saisi par l’opération risk-on. On fera des saisies. On imposera des souscriptions. On maquillera des restructurations/spoliations. Toute la panoplie a déjà été utilisée dans les années 30 et réutilisée dans les périodes de guerre.

Car il faut pour que le système se reproduise, que le cash nouveau donné aux banques puisse être mis en circulation et il faut que le cash ancien, le vôtre, soit détruit ou confisqué. Il faut réaliser le grand transfert.

Sinon ? Sinon, c’est l’hyperinflation.

L’échange cash contre assets papier surabondants, pourris, garantit la destruction, l’amputation dont le système a besoin pour éviter l’explosion ou l’asphyxie. Vous comprenez mieux maintenant pourquoi les banques centrales, c’est à dire vos banques centrales, c’est-à-dire vous, accumulent les créances pourries que leur vend le système bancaire. Par l’intermédiaire de vos banques centrales, vous êtes en train de racheter le papier pourri des banques. En échange de ce papier pourri, les banques ont du beau cash tout neuf. Les banques centrales sont les blanchisseurs des égouts des banques sur votre dos. Et que l’on ne vienne pas dire que c’est temporaire. Depuis 5 ans, il n’y a pas eu le moindre exit de ces politiques, il n’y a que l’extension à l’infini.

Les initiés savent. Les ultra-riches, les banquiers, les Chinois, les Russes, les princes arabes les plus intelligents, savent qu’il vaut mieux ne rien gagner plutôt que de tout perdre. Déjà ils délaissent le soi-disant risk-off que constituent les emprunts d’Etat américains. Car, en réalité, ce risk-off est le risque suprême.

Le système manque de cash contrairement à ce que l’on essaie de vous faire croire. Le cash est rare, donc il vaut beaucoup. La preuve que l’on manque de cash, c’est qu’on en crée par les QE, par les LTRO, par les OMT en quantités incroyables. Ce que l’on ne vous dit pas, c’est que le cash est rare. Comme il est rare, il ne faut pas que vous le stockiez. Il faut que vous l’abandonniez, que vous vous en dessaisissiez au profit d’autres. Il y a trop de papier, trop de quasi-monnaie, trop d’actions, trop d’obligations, trop de dettes, trop de crédit, trop d’assurances, trop de pensions… Il faut cyniquement faire en sorte que tout cela se déverse sur les marchés pour pouvoir le détruire et réaliser le grand rééquilibrage dont a besoin le système.

Le facteur déclenchant de la grande destruction sera ce qui sera perçu comme… positif : le frémissement de la croissance, le redressement des anticipations inflationnistes et… la hausse des taux d’intérêt. La hausse des taux d’intérêt qui fera son œuvre de ratissage, de remise à jour des compteurs, qui fera crever l’abcès des fonds d’Etat qui font bulle.

Regardez ce que vaut la dette grecque, ce que vaut la dette espagnole ou la dette italienne, maintenant que les taux d’intérêt appliqués à ces pays ont monté. Ce qui se passe sur les périphériques n’est qu’un exemple précurseur de ce qui se passera un jour de façon généralisée.

Voici la séquence post-crise avec la fameuse sortie de crise que l’on vous cache :

1) On crée de la monnaie autant qu’il en faut pour sauver le secteur bancaire.

2) Les banques stockent cette monnaie.

3) La vélocité, la vitesse de rotation de la monnaie ralentissent.

4) On crée encore plus de monnaie « pour lutter contre le chômage »

5) On en crée autant qu’il en faut, le déclic finit par se faire.

6) La vitesse de circulation de la monnaie accélère.

7) La demande de monnaie faiblit, le peuple se sépare de son cash.

8) Les biens réels, les marchandises, redeviennent désirables ; une ébauche de croissance se dessine.

9) Les anticipations inflationnistes se développent.

10) Les taux montent, montent, montent.

11) La destruction du papier excédentaire de 2008, puis celle post-2008, s’enclenche.

12) Le système financier s’en sort ; le transfert de richesse est finalisé, le système, si on ose dire, est assaini.

13) Les citoyens sont laminés ; leurs institutions de prévoyance sont exsangues ; il n’y a qu’une solution, se remettre au travail, se taire, le nez dans le guidon.

14) Le système, tout repart comme avant."

Bruno Bertez, Le blog à Lupus, le 10 novembre 2012

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À propos de Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 49 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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19 réponses à Les mystères de l’argent (Bruno Bertez)

  1. Galuel dit :

    Très bien vu ce post ! Enfin un post qui décortique le processus DANS LE TEMPS !
    Un lecteur de la Théorie Relative de la Monnaie aura parfaitement saisi le sens de la description faite ici ! http://www.creationmonetaire.info/2012/11/theorie-relative-de-la-monnaie-2718.html

  2. Angusta dit :

    C’est vrai qu’il est assez impressionnant cet article. L’auteur n’aurait-il pas pu prolonger et nous dire quoi faire concrètement avec notre argent ? Le garder sous forme de cash à la maison ? Le convertir en or pour parer le risque inflationniste ? voire même hyperinflationniste…

  3. zorba44 dit :

    L’instinct de survie, se remettre au travail (comme si le quidam ne voulait absolument pas travailler lui qui est en recherche désespérée de la moindre miette de travail) ?
    L’erreur des banques et des politiques est de croire qu’ils vont s’en sortir en lessivant avec leur serpillière puante la valeur des actifs dudit quidam.
    L’erreur est d’avoir oublié que, lorsque tout se bloque, lorsque tout s’arrête et se délite, alors la vague des erreurs présentent l’addition :
    * rareté de la ressource
    * enjeux démographiques
    * pyramide des âges en inversion
    * manque d’espaces, d’énergie et épuisement des sols
    * destruction climatique
    * faim, maladies, désespoir

    Alors les troubles, la violence, toutes les duretés issues du constat trouvent à entrer en germination et à engendrer une nature sociale empoisonnée de tout ce qui fut sa base.

    Encore et encore, il faut souligner que les extrêmes sont atteints et que le monde va descendre au pire des moyen-âge, car la force cumulée des équations impossibles c’est son anéantissement. Et ça les gredins ne l’ont pas compris aveuglés qu’ils sont par le fric.

    De l’autre bout de la terre, celle qui reconnaît encore les signes…

    Merci à vous de rendre les choses claires, pour un nombre grandissant, c’est à espérer, de lecteurs.

    Amicalement

    Jean LENOIR

  4. fred dit :

    Il y a de bons passages dans cet article, une bonne analyse de nos problèmes, mais je suis très dubitatif sur la vision du ‘futur’ (la séquence de sortie de crise). Jusqu’au point 4, on est d’accord, et c’est observable aujourd’hui dans les chiffres. Vous parlez d’un ‘déclic’ inflationniste, c’est la théorie du ‘tube de dentifrice’ sous pression qui finit par se déverser d’un coup. Euthanasie des rentiers par dévalorisation de la monnaie, allégement mécanique des dettes et donc des excès du passé (les états ne seraient pas contre). Effectivement dans ce cas les taux monteraient, cela provoquerait un krach obligataire destructeur.
    Mais de quelle manière pourrait se produire ce ‘déclic’, dans un monde trop ouvert où le chômage explose et où les salaires subissent une pression à la baisse ? C’est bien cette déflation que les banques anticipent et qui les paralyse pour injecter de l’argent dans le système, de l’argent qui pourrait finir en fumée. Attendent elles une fin de déflation pour réinvestir dans des actifs qui ne vaudront plus rien et faire repartir le système comme après une bonne vieille guerre? Ce qui annoncerait des jours difficile dans un proche futur, et un risque de perte de contrôle.
    A part une loi qui obligerait à faire circuler les liquidités, pour qu’elles se retrouvent rapidement dans les salaires, donc une irrigation rapide d’un monde qui s’assèche, je crains que mon scénario ne soit le bon…

    • Ivan dit :

      D’accord avec vous. Des remarques très intéressantes dans cet article, notamment concernant le diagnostic macro-économique de la crise qui est rarement fait.
      Ainsi je suis très heureux de lire sous la plume de M Bertez qu’il s’agit d’une crise structurelle du capitalisme telle qu’analysée par Marx, c’est à dire une baisse tendancielle du taux de profit conduisant à une compression des coûts salariaux et à une contraction de la demande. Cette séquence est très bien analysée par B Bertez et a débouché sur la financiarisation de l’économie, qui a servi a recycler et à rouler la dette toujours plus importante qui est venue pallier la contraction salariale.
      Ainsi, malgré les différents QE et autres LTRO, B Bertez a parfaitement raison de souligner que la masse monétaire réellement en circulation est structurellement insuffisante en regard du volume des crédits. C’est tout le problème de l’argent dette et de l’intérêt. La conclusion logique de tout cela c’est qu’il nous manque effectivement de l’inflation pour purger ces dettes.
      Toutefois, contrairement à B Bertez, un scénario hyperinflationniste est improbable. L’exemple du Japon le montrait du reste très clairement. B Bertez a raison de citer ce pays, mais pour d’autres raisons : il est en récession depuis 20 ans, a une dette publique colossale équivalent à 200% du PIB, la BoJ a multiplié les QE sans qu’ils aient le moindre impact sur l’économie, son taux directeur est proche de zéro.
      Il n’y a absolument aucun signe de "frémissement" et de remontée des taux au Japon et tout montre que nous suivons le même chemin, c’est à dire un scénario "à la japonaise", une récession durable. Du reste, si l’on regarde la moyenne des taux de croissance sur les 5 dernières décennies pour les pays de l’OCDE on constate que cette dernière tend vers zéro. On peut faire le même constat sur les taux directeurs.

      • Opps59 dit :

        Yvan écrit : "il s’agit d’une crise structurelle du capitalisme telle qu’analysée par Marx, c’est à dire une baisse tendancielle du taux de profit conduisant à une compression des coûts salariaux et à une contraction de la demande. Cette séquence est très bien analysée par B Bertez et a débouché sur la financiarisation de l’économie, qui a servi a recycler et à rouler la dette toujours plus importante qui est venue pallier la contraction salariale."

        Si vous avez l’impression d’être en accord avec Bertez , c’est qu’il s’est mal exprimé.

        La capitalisme a toujours été en crise , rien de bien neuf. La forme spécifique de la présente crise dont les fondements remontent à la fin des années 70 (avec cette date fatidique de 73) ne peut particulièrement et spécifiquement s’expliquer par une compression des coûts salariaux .
        La compression des coûts salariaux a toujours existé et elle a longtemps débouché sur d’autres formes de crises, contradictions, ajustements, luttes etc .
        Ce qui caractérise cette crise là , c’est que la monnaie devenue pur crédit duplicable sans frein, est devenu le remède universel , qui résout sans résoudre et masque donc cette compression , mais également une foule d’autres contradictions qui se résolvaient auparavant par des ajustements plus ou moins douloureux purgeant la situation pour un temps.
        Par ailleurs , l’argument de la compression salariale qui suppose très complaisamment de l’autre côté une sorte de manne des riches et/ou patrons , a également et surtout pour origine le réveil du reste du monde. Que nos riches aient délocalisés pour s’en mettre plein les fouilles n’a duré qu’un temps : à présent la richesse se déplace de l’occident vers le reste du monde … : c’est la vilaine globalisation , et oui , mais il serait curieux qu’après en avoir profité pendant des centaines d’années, subitement le monde occidental change les règles du jeu au motif qu’ à présent ce sont nous – essentiellement par irréalisme- les perdants !
        Et là aussi , plutôt que de prendre conscience de cela et de réagir , on a utilisé la création monétaire pour masquer.

        De doux déficits en calineries fiscales et autres abondements , censés financer l’avenir , la dette est devenu en elle même un produit financier . L’idéologie de la facilité , le grand rêve d’une société de loisir , tertiarisée et au mains propres , le règne de l’argent facile , le croyance que tout déficit est obligatoirement et magiquement un investissement , se sont nourris du règne des montages financiers les plus sophistiqués -fondement de l’idéologie de "gauche" au sens large-.

        Le plus miraculeux c ‘est que cette dette qui grossit , se fait oublier en elle même fait oublier son remboursement , sous la douceur des problèmes enfumés …

        Non seulement on masque les contradictions (et je veux bien admettre là que les problèmes de répartitions en sont ) , mais ce doux opium nous fait alors imaginer qu’on a droit à plus encore … on oublie que la concentration de richesse est forcément nécessaire , quelqu’en soit le détenteur, pour financer la production . La boule de neige de la dette est aussi idéologique , par perte du sens des rapports sociaux et des rapports de classe et de force.

        Car la dette elle -même par le jeu diabolique des des intérêts devient peu à peu une source illusionnante de valeur . Frelatée. Certes au début les intérêts sont faibles (on en rêverait à présent … mais que n’a t-on fait avec cette monnaie à l’époque ?)
        Et bien sûr cette richesse virtuelle alimente le sentiment d’une concentration excessive de richesse … et donc … on crée plus encore de monnaie. Fausse.
        Car la dette une affaire bien rentable pour certains … qui ne sont d’ailleurs pas forcément ceux qui ont mis en place ce recours perpétuel à la dette …

        La société s’est donc libérée de ses contradictions économico-sociales , freins ataviques à la croissance et au plein emploi . Elles les a niées , et reportées dans l’avenir sous forme d’une dette dont plus personne ne sait qui en supportera le coût. D’ou effectivement une sorte de croissance débridée et un peu chaotique , basée sur une négations de la réalité sociale , donc sur un mensonge , mensonge par rapport à soi-même et à la réalité de notre structure sociale.

        Mais la sanction , bien disproportionnée par rapport à ce petit vice quotidien accumulé depuis 30 ans , est à présent là : on essaie encore d’y échapper par des QE massifs ou bien des purs déplacements de dettes , soit qui se financent et se déplacent, donc dans un jeu qui n’est pas à somme nulle mais sommes à chaque fois plus négatives.

        Nous devrions souffrir de façon gigantesque de ce désordre. Ou bien extrêmement longtemps. A moins que les BC , (seules organismes qui peuvent réellement purger une dette sans la transmettre techniquement à une autre institution ) ne deviennent peu à peu des gigantesque Bad Bank qui engrangeront le pourri de façon éternelle . Cette monétisation de la dette devrait déboucher sur une l’inflation puissante , mais personne ne sait ni sous quelles formes , ni dans quel secteur, ni quand, ni pour combien de temps.

        Une chose est sûre :même diluées dans la nasse du temps, les maillons faibles en souffriront de façon apocalyptique , car en période de crise seuls les rapports de forces comptent. C’est à dire la violence, l’or et le réalisme.

        La crise actuelle est celle de la monnaie, donc, en ce sens que c’est là que se sont accumulées toutes les contradictions , des plus légères au plus sévères depuis 30 ans.

        [ PS/ La crise ? : une chance pour la planète ;-) ]

    • Homer dit :

      @ fred : sauf votre respect, il me semble (mais je peux me tromper) que votre grille de lecture ancienne vous a empêché de comprendre cet actuel post de Bertez dont le sens est simple :
      1) Mythe, fantasme, désinformation : déflation,
      2) Réalité : stagflation + répression financière.

      Il y a un défaut de compréhension généralisé : le monde entier (sauf initiés) fait une confusion entre les concepts concrets suivants : "avoirs", "monnaie", "reconnaissance de dette".
      En réalité, tout le système est basé sur une somme de reconnaissances de dettes qui à travers le monde (toutes catégories confondues) a atteint des niveaux irrécouvrables.

      Le "Mécanisme" ;) en marche = obligation de faire abandonner à peu près toutes les reconnaissances de dettes (toutes catégories confondues). Mais ne pouvant avouer une telle spoliation généralisée nécessaire, on met en marche toute une série d’outils de "répression financière".

      Les gagnants sont ceux qui ont compris et pilotent cette opération d’annulation de créances (via, donc, la répression financière).

      Les perdants, c’est le peuple (upper middle et lower class) : les cotisations X ou Y, les bas de laine Livret A, LDD, assurances vie, notamment s’envolent en fumée un peu plus tous les jours ! Puisque orientés par l’état vers de mauvaises allocations telles entre autres exemples : dettes de Dexia, crédit lyonnais, oséo, bons du Trésor français, charges salariales de fonctionnaires, CIR, JEI, etc etc.

  5. FD dit :

    Pour fréquenter de nombreux sites alternatifs et lire différents articles à propos de l’état de l’économie et de son déroulement depuis 2008, je remercie cet auteur pour la clarté et le cohérence de son propos. Sans parti pris excessif, ni aveuglément, ni passion "déclininste", il nous délivré une vision dynamique et cohérente. Mais alors comme l’intervenant précédent dans ce contexte si fragile et brutal que doit on faire de nos économies? J’ai acheter de l’or physique comment cet actif va-t-il varié? Dois-je garder, vendre?
    Plus généralement l’auteur pourrait-il produire la suite de cet article en nous proposant une marche à suivre aussi cohérente que son exposé? !!!
    Merci encore.

    • Homer dit :

      En tout investissement, la seule bonne question, c’est le "timing" ! Il ne faut pas perdre de vue que (malheureusement) le système capitaliste moderne est défini principalement par une financiarisation exacerbée et un schéma à la Ponzi. Ce qui est dénoncé justement par Bertez.

  6. violette dit :

    un enormissime berthez! merci monsieur.

  7. Yav dit :

    La magie de l’or…

    Le système économique actuel occidental est obsolète. Il lui faut une alternative qui ne réside pas dans la compétitivité des marchés. La Chine, l’Inde, le Brésil et la Russie, pour ne citer que ces pays, ont tiré beaucoup de leçons de ce système. Tout montre que l’Occident n’est pas prêt à se suicider, il nous prépare encore un grand bluff économique. Nous entrons dans une phase d’incertitude : tous les systèmes économique, stratégique et politique (de l’USraël et de l’Occident) et la compétitivité des marchés sont obsolètes. Ce grand bluff économique arrive à son terme le 21 décembre 2012 pour les Etats-Unis, avec la fin du contrat (99 ans) de la Réserve Fédérale avec le gouvernement américain. Sera-t-il reconduit ?

    Au lendemain de sa réélection, le président Barack Obama a invité les démocrates et les républicains du Congrès à discuter avec lui du « mur budgétaire ». L’or est déjà prévu comme roue de secours à la monnaie de spéculation (dollar et euro). Le plus curieux est que l’Allemagne ne parvient pas à retrouver son or investi auprès de la Banque Fédérale américaine. Tous les pays voudraient récupérer leur or alors que la Banque Fédérale américaine, elle-même, ne retrouve pas 9000 milliards de dollars disparus ! Une enquête est ouverte. L’or sera décisif pour bâtir ce nouvel ordre mondial de domination et la Chine l’a bien compris. Ce sera un changement radical du système politique, économique et stratégique. Le sort des Etats-Unis est déjà scellé mais que restera-t-il à Israël et au sionisme international comme obstacle à franchir sinon la Russie, la Chine et la voie qui mène vers eux : l’Iran.

    Après la City et Wall Street, la solution pour la domination universelle sera l’or : le grand rêve de l’âge d’or d’Israël (Salomon) et Jérusalem sioniste sera la capitale de la domination sur les autres Nations.

    http://www.partiantisioniste.com/communications/la-magie-de-l-or-1275.html

  8. Alcide dit :

    Bruno Bertez , le spécialiste de la tartine de confiture.
    Comme d’habitude ne démontre rien , de simples hypothèses.

    Exemple:
    …La création de cette monnaie a été faite en faveur des banques et du système financier. Et cette monnaie, ils l’ont stockée, mise en réserve. Ne croyez pas la propagande qui vous dit que cette monnaie ne sert à rien, réfléchissez. Si cette monnaie ne servait à rien, il n’y aurait nul besoin de la créer. Il n’y aurait nul besoin d’inflater le bilan des Banques Centrales et de prendre des risques considérables. La vérité est que cette monnaie sert à quelque chose, même si elle n’est pas utilisée.
    Pourquoi les banques et le système financier ont-ils stocké cette monnaie ? Ils n’ont pas l’habitude de se priver de la possibilité de gagner de l’argent ! Ils l’ont stockée et ils la stockent parce qu’ils savent. Ils savent que leur survie est en jeu. Ils savent que le cash, le disponible, est le bien le plus précieux et que tout le reste n’est qu’escroquerie…

    Monnaie stockée ou indispensable à éponger les pertes générées par les impayés par la rupture du circuit de stérilisation de la création monétaire privée conséquence de défauts de remboursements des crédits ainsi que des dramatiques conséquence d’un bank run dans toute l’Europe du sud ?
    Car c’est environ 600milliards ( cela augment constamment ) qui ont quitté les coffres des banques en Grèce , Espagne , Italie et France pour se réfugier en Allemagne ou en Suisse.
    Argent dont les banquiers avaient prêté 30 à 60 fois le montant .

    Car le système de Ponzi de la création monétaire privée infinie ne peut fonctionner que dans un univers de croissance réelle permettant aux emprunteurs d’honorer leurs traites.
    Sinon patatras , c’est alors aux banques centrales et/ou les gouvernements de se substituer et de payer l’arnaque.

    Accessoirement rien n’interdit aux crapules des gouvernements pantins des oligarques de continuer le vol par une saisie des valeurs des épargnants par un blocage des comptes en banque , comme en Argentine , c’est alors le corralito qui nous guette.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Corralito

    Bien entendu , tout sera fait pour sauver l’arnaque de la création monétaire privée qui a construit la dette odieuse des états ,la rente fabuleuse des rothshildiens , quitte à précipiter la population partout en Europe dans la pauvreté et des dizaines de milliers de gens à fouiller les décombres pour se nourrir ,car leurs économies sont bloquées en banque.
    Comme on l’a vu en Argentine , on le voit en Grèce (avec bank run , pas encore de bank holiday ) , bientôt en Espagne , Italie , France , Belgique , c’est inéluctable .

    Les mêmes causes engendrent les mêmes effets et c’est folie de ne pas le voir.

    • Homer dit :

      @ Alcide : pardon par avance si mon niveau de lecture fait défaut, mais j’ai l’impression à lire votre post jusqu’à la fin que finalement vous tombez d’accord avec l’analyse de Bertez… ? à vous lire. Cdlt.

  9. brunoarf dit :

    Lundi 12 novembre 2012 :

    L’Equateur veut rapatrier son or : Quito a demandé que l’or soit ramené sur le territoire équatorien.

    zerohedge.com/news/2012-10-31/it-begins-ecuador-demands-repatriation-one-third-its-gold-holdings

    La Roumanie veut rapatrier son or : 93,4 tonnes d’or roumain sont stockées en Russie.

    wealthcycles.com/blog/2012/10/23/romania-wants-return-of-934-tons-as-gold-repatriation-ratchets-up

    Et l’Allemagne aussi rapatrie son or …

    Ça semble être l’opération à la mode en ce moment. Une sorte d’effet domino qui pousse les pays du monde, les uns après les autres, à rapatrier leur or afin de le garder précieusement sur leurs propres territoires.

    Après la France, le Venezuela et la Suisse, c’est au tour de l’Allemagne de réclamer son or à la FED. Sous la pression populaire et politique interne très médiatisée, la Bundesbank a décidé de rapatrier, depuis les sous-sols de la réserve fédérale américaine, un total de 150 tonnes de son or, et ce sur une durée de trois années, afin d’en évaluer la teneur et l’authenticité.

    La Bundesbank a surtout « cédé » sous cette pression, puisque la banque centrale allemande refusait initialement d’effectuer un audit qui représenterait, selon elle, une grande première dans l’historique de rapports de confiance établis avec son homologue américain.

    Il est en effet à noter que jamais aucun contrôle n’avait été fait, ni par la Bundesbank elle-même, ni par l’intermédiaire d’autres organismes mandatés dans ce but. La Bundesbank s’est toujours simplement contentée des rapports écrits que lui fournissait régulièrement la FED.

    Ce temps est désormais révolu. Il y a quelques semaines, la Cour des Comptes allemande avait publié un rapport exigeant un audit en bonne et due forme sur les quantités réelles d’or allemand confiées à la FED. Depuis, la question a fait ravage dans l’opinion tant publique que politique en Allemagne. Et à juste titre, d’ailleurs.

    Rappelons en effet que la banque centrale allemande arrive deuxième (après la FED) dans le classement des réserves d’or mondiales, avec plus de 3 400 tonnes.

    En ces temps de crise et d’incertitude, il s’agit là d’un beau pactole de valeur refuge qui mérite que les allemands se passionnent autant dans leur besoin de le protéger.

    http://www.gold.fr/news/2012/11/09/et-lallemagne-aussi-rapatrie-son-or/9792/

  10. L687 dit :

    nous sommes dans un hiver de Kondratieff et la monnaie sera détruite. L’or de Fort Knox a disparu. L’Allemagne, la Suisse, l’Equateur réclament leur or. Ils ne le reverront jamais. Dans un hiver de Kondratieff, il vaut mieux détenir des pièces d’or que du papier monnaie…L’or est une monnaie depuis 5000 ans. Le papier monnaie a une durée de vie de 30 ans en moyenne. Nous sommes dans le même scénario qu’en 1939 lorsque le prix du Nap avait été fixé arbitrairement à 270 Fr par la Banque de France. Un an plus tard, il valait 1400 Fr au marché noir…

  11. nick_tesla dit :

    Je me suis toujours demandé "faussement naif" pourquoi ne pourrait pas t-on pas faire, dans le cas ou nous aurions le controle de la planche une injection de liquidité par le bas. En gros je crédite le compte de 1000-2000€ des 50% des personnes les plus pauvre en france. Cela fait monter la masse M1 directement et comme ces gens ne demande qu’a consommer c’est 30M * 1000 = 30Mds (c’est moins que le service de la dette) qui se retrouverait dans l’économie réelle et qui circulerait (en ciblant les plus pauvre on est a peu près garantie qu’il ne le remettent pas dans des produit toxiques). Je part aussi du principe ou les achats effectués avec cet argent ne viennent pas trop dégrader la balance exterieure via des produits importés.

  12. fred dit :

    @nick_tela: oui c’est aussi ce que je dis, ce serait un moyen rapide d’obtenir l’inflation désirée. Pour cela il faut rendre le pouvoir de la création monétaire aux Etats.

    @Homer: je vous rassure j’ai bien compris l’article mais je ne suis pas d’accord avec ses extrapolations. Vous pensez que dans la situation actuelle le prix des actifs va s’apprécier ? Expliquez moi pourquoi l’argent reste dans les banques ?
    Ok pour les reconnaissances de dettes qui ont atteint des niveaux irrécouvrables, là je suis d’accord. Si le système capitaliste marchait normalement, il y aurait faillite et annulation des dettes, mais qui aura le courage de faire plonger les créanciers, et donc le monde, dans le chaos ? On préfère continuer à réduire le monde en esclavage pour faire payer ces dettes par les peuples. Les produits d’assurance vie contrairement à ce que vous dîtes ne s’envolent pas en fumée, ils participent à ces reconnaissances de dette et à imposer le paiement d’intérêts. Ils sont un instrument du système et l’outil des rentiers… tant que le système tient, que les peuples le supportent…
    Et arrêtez avec vos histoires d’étalon or; l’or ne vaut que la valeur qu’on veut bien lui donner, de toute façon il n’y en a pas assez dans le monde pour assurer le commerce. La vrai richesse, c’est le travail, le savoir faire, l’innovation, les secrets industriels, la recherche, la création, les gens; il faut juste couper la tête à ceux qui veulent en profiter tout en ne produisant rien.

    @Yav: d’où tirez vous cette information qui prend comme par hasard la date du 21/12/2012 ?

  13. Potferdek dit :

    Lû ce matin dans la presse Belge:
    >> Comment relancer notre économie ? En y injectant l’épargne des Belges, pardi. C’est l’idée des conseillers du gouvernement qui, selon le quotidien flamand De Morgen, ont imaginé un plan en 4 actions pour « activer 230 milliards de capital dormant ».
    Ces propositions font partie d’un plan qui étudie en profondeur les finances belges. Concrètement de quoi s’agit-il ?

    1. Quiconque place son épargne dans des investissements à risque devrait bénéficier d’une diminution d’impôt. Au-delà, ces investisseurs devraient bénéficier d’une protection. Le gouvernement se porterait garant à hauteur d’un certain montant si ces investissements tournaient mal.

    2. Un grand emprunt populaire : une émission d’obligations sur 5 à 10 ans à un taux qui dépasse le rendement du carnet d’épargne et qui par exemple pourrait financer des travaux d’infrastructure de grande ampleur, souligne De Morgen. Tout ceci assorti également d’une garantie d’Etat.

    On l’évoquait ce lundi, l’idée fait d’ailleurs son chemin, autour de la table des négociations. Mais il n’y a pas encore d’accord : la discussion commence seulement…

    3. Diminution d’impôt sur les investissements en obligation : 5 % de la somme investie dans ce type de placement pourraient être déduits sur l’impôt des personnes physiques.

    4. Enfin, le plan évoque la mise en place par les banques d’un carnet B qui serait limité à 25.000 euros. Le taux minimum offert serait de 2 % et il pourrait au maximum atteindre les 3,5 %. L’argent qui serait récolté via cette initiative pourrait financer des plus petites entreprises et des projets à vocation sociale.

    Quand ce plan pourra-t-il voir le jour ? Ce n’est pas pour demain souligne le quotidien flamand. Une étude d’incidence approfondie est nécessaire pour le mettre en place. Tant auprès des secteurs concernés, que des organisations représentatives, de la banque nationale, de l’organe qui défend les intérêts du secteur financier (Febelfin), notamment.

    Comme dirait Mr O. Delamarche, nous allons nous faire tondre…

  14. Jean LENOIR dit :

    @ nick tesla
    Créditer 50% des gens de 1000 ou 2000 euros cela s’appelle de la subvention, Qui la paye ?
    Cela donne aussi l’impression fausse qu’il suffit de demander de l’argent pour s’en sortir. Alors bonjour l’ardeur au travail.
    Ceci dit vous êtes crédité d’un bon sentiment…

    Jean LENOIR

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