La troïka censée sauver l’Europe de la crise a-t-elle en fait surtout organisé un énorme hold-up des Européens ?

Mon interview croisée sur Atlantico (avec François Lenglet).

Atlantico la troïka a-t-elle organisé un énorme hold-up des contribuables européens

La BCE, le FMI et l’Union européenne, que l’on appelle la troïka, ont refusé une restructuration immédiate de la dette grecque dès le début de la crise. Résultat de cette décision : ce sont les contribuables européens qui ont payé la facture.

Lire la suite

About these ads

À propos de Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 49 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
Cette entrée, publiée dans Actualités, Economie, est taguée , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien.

16 réponses à La troïka censée sauver l’Europe de la crise a-t-elle en fait surtout organisé un énorme hold-up des Européens ?

  1. ces prêts des Etats furent en réalité des dons, puisque la Grèce était incapable de rembourser. Pire encore, on lui a enfoncé la tête sous l’eau en exigeant d’elle, en contrepartie de l’aide européenne, des mesures drastiques qui ont eu pour effet de plomber son activité économique et d’accentuer la casse sociale.

    Votre exposé est pour le moins biaisé et truffé d’omissions, ce qui est une attitude pour le moins classique des tenants de la cause nationale contre l’UE essayant de faire croire que seule l’Europe serait responsable de la crise, alors qu’ils passent sous silence les décennies de compromission des peuples avec l’Europe, tant que celle-ci déversait une manne en apparence gratuite, sous la forme de multiples subventions telles que les aides au rattrapage économique qui ont nourri une corruption endémique à tous les niveaux de l’Etat dont est sortie la crise actuelle et la nécessité de restructurer un appareil administratif surdimensionné par rapport aux besoins d’une économie privée devenu exsangue depuis qu’elle a été privée des ressources de financement bancaire. Votre serviteur était bien placé pour le savoir puisqu’il a assisté in situ aux développement des réseaux de copinage entre les fonctionnaires européens grecs et leurs familles élargies restées au pays.

    En réalité les gouvernements conservateurs ou socialistes grecs se sont nourris du crédit gratuit européen pour embaucher des cohortes de fonctionnaires, tandis que l’économie privée était réduite à la portion congrue du fait d’une part d’une technocratie envahissante et d’autre part d’une propagande effrénée visant à dégoûter la population du travail présenté comme une aliénation moyenâgeuse: place au temps choisi et à la la civilisation des loisirs dans une économie spécialisée dans le tourisme depuis les technocrates avaient décidé que la Grèce pouvait se passer d’une économie compétitive, c’est-dire dotée de pôles d’excellence constitués par des entreprises productives capables d’affronter la concurrence européenne, sous prétexte que l’Eurosystem compensait le manque à gagner de la balance commerciale par le crédit gratuit financé par la Bundesbank qui refilait ses créances pourries à la BCE,

    Donc mesures drastiques certes de remise à niveau, mais mesures indispensables avec ou sans l’euro pour désenfler la part de l’économie improductive au sens marchand du terme. La grande inconnue est de savoir si cette cure d’amaigrissement n’est pas vouée à l’échec dans le cadre d’une économie dirigée imposée par l’Europe, dans la mesure où la Grèce n’est toujours pas maître de ses choix économiques qui lui sont dictés par les superstructures, alors que la libéralisation ne peut fonctionner que dans le cadre de la restauration de la liberté d’entreprendre hors des directives encadrant la politique industrielle qui n’est plus du ressort de la Grèce mais des organisations internationales qui décident de la spécialisation des nations en fonction de critères d’optimisation de l’intégration économique au niveau européen d’abord et mondial ensuite (cf. le cas de l’industrie solaire répartie entre l’Allemagne et la Chine, l’automobile expatriée, l’aéronautique découpée en tronçons de compétitivité, la machine outil réservée à l’Allemagne, etc.

    Si la Grèce est condamnée à végéter dans l’huile d’olive et le tourisme, il y a fort à parier que les réformes seront un échec, sauf à restaurer une économie parallèle rurale dotée de ses propres réseaux d’échange au niveau local comme de monnaies de singe faisant fonction de support monétaire pour subvenir à des besoins strictement locaux. Inutile d’essaye de refiler Bitcoin et ses ETF tradables sur des plateformes en ligne (Max Keiser fait partie des investisseurs), je doute que ce genre de monnaie soit en conformité avec le retour aux valeurs de travail et d’économie seules à même de restaurer une société de confiance fondé sur un réseau de relations économiques et sociales durables.

    • Votre commentaire est parfaitement injuste : primo il ne s’agit pas d’un exposé, mais de réponses qu’il m’était demandé de faire en quelques lignes ; secundo, si vous lisiez attentivement ce blog vous sauriez que je n’ai jamais désigné l’Europe comme la seule responsable de la crise. Mais j’étais interrogé sur la politique de la troïka, pas invité à refaire le monde…

      • matbee dit :

        Jaisson a tendance à pérorer ex cathedra et finit par oublier les vérités élémentaires: si la Grèce a "pété plus haut que son cul" ces dernières années c’est bien grâce au parapluie de l’euro et aux fonds structurels européens qui lui ont permis d’obtenir de l’argent quasi gratuit et de faire oublier qu’elle n’a pas du tout le niveau d’un pays développé…

  2. Pingback: La troïka censée sauver l’Europe de la crise a-t-elle en fait surtout organisé un énorme hold-up des Européens ? - gastraudiome

  3. il est aberrant que la Grèce soit encore dans la zone euro au même titre qu’il est aberrant qu’elle y soit tout simplement entrée.

    Non ce n’est pas aberrant du tout, compte tenu des choix politiques et économiques décidés par les élites mondialistes dans les années quatre-vingt, lorsqu’ils avaient décidé de mettre en place le Marché unique et son corollaire qui est la libre circulation des biens et des services dans l’objectif de créer une Europe intégré sur le plan économique et politique. Tout le monde savait quelle était la situation réelle de la Grèce lors de son adhésion et qu’elles seraient les moyens mis en oeuvre pour l’aider à rattraper son retard grâce aux ressources de financement bancaire générées par un marché unifié de la dette pouvant rivaliser avec celui des Etats-Unis grâce aux places financières de Londres et Francfort, la première se chargeant d’opérer la jonction avec le secteur non réglementé de la finance de façon a sublimer les expositions des produits dérivés financées par la dette publique grâce à l’effet de levier dans les transactions avec les acteurs financiers type hedge funds.

    Tout cela a fini par capoter, mais dans la mesure où la crise devait servir de prétexte à une avancée décisive sur la voie de l’intégration, il est faux de parler d’échec. Il vaudrait mieux parler d’une remise à niveau dans un nouveau contexte économique et social, où les peuples sont passés à la moulinette de la gouvernance socialiste mondialisée. Ceci dit, il y a fort à parier que le projet mondialiste capotera de toute façon si la révolte populaire continue à grandir, malgré le fait qu’elle n’est soutenue par une vision politique alternative, du fait que les valeurs conservatrices ont été rendues inopérantes par des décennies e transformation idéologique des mentalités rendant presque impossible l’émergence d’une civilisation bâtie sur des valeurs autres que celles définies par l’oligarchie au pouvoir.

    Partout où la révolte essaie de se structurer politiquement elle butte sur l’impossibilité de remettre en cause les dogmes fondateurs de la doxa qui prévaut depuis 1945, sauf à se voir accuser d’un retour à un passé immonde qui n’arrive pas à se renouveler pour faire émerger une civilisation alternative. C’est la grande inconnue actuelle: quelle sera l’idéologie capable de triompher du mondialisme actuel devant fatalement déboucher sur l’esclavage intégral des masses grâce aux ressources conjuguées des technologies de surveillance et des techniques de manipulation mentale. On attend le génie qui sera capable de mettre en oeuvre une vision politique porteuse d’un avenir de liberté et de prospérité.

  4. brunoarf dit :

    Un Etat qui fait faillite, c’est possible.

    On s’est habitué à l’idée que les Etats remboursent toujours leurs dettes. Mais l’Histoire regorge de cas où cela n’a pas été le cas. Même la rigueur allemande a parfois été prise en défaut.

    http://fr.finance.yahoo.com/actualites/un-etat-qui-fait-faillite–c-est-possible–123131635.html

    Au total, l’Allemagne s’est déclarée en défaut de paiement 8 fois (et non pas 7 fois comme il est écrit dans l’article ci-dessus).

    Dans les années qui viennent, quels sont les six premiers Etats européens qui vont se déclarer en défaut de paiement ?

    1- Médaille d’or : la Grèce. Dette publique de 303,918 milliards d’euros, soit 156,9 % du PIB.

    Le premier défaut de paiement de la Grèce avait effacé 107 milliards d’euros de dettes. Mais depuis, la dette publique continue à augmenter, à augmenter encore, à augmenter toujours. La Grèce va de nouveau se déclarer en défaut de paiement.

    2- Médaille d’argent : l’Italie. Dette publique de 1988,658 milliards d’euros, soit 127 % du PIB.

    3- Médaille de bronze : le Portugal. Dette publique de 204,485 milliards d’euros, soit 123,6 % du PIB. Là encore, le soi-disant « plan de sauvetage » a échoué. La dette publique du Portugal continue à augmenter.

    4- Irlande : dette publique de 192,461 milliards d’euros, soit 117,6 % du PIB. Là encore, le soi-disant « plan de sauvetage » a échoué. La dette publique de l’Irlande continue à augmenter.

    5- Belgique : dette publique de 375,389 milliards d’euros, soit 99,6 % du PIB.

    6- France : dette publique de 1833,810 milliards d’euros, soit 90,2 % du PIB.

    http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-22042013-AP/FR/2-22042013-AP-FR.PDF

  5. zorba44 dit :

    Que dire, Olivier, sinon que les dominos ne vont pas tarder à se coucher les uns sur les autres ?
    Depuis le déclenchement de la crise en 2007 tout ce qui a été entrepris n’a contribué qu’à multiplier les dettes sans régler les questions de fonds.

    Demain, après-demain, le paysage économique sera haché, le tissu citoyen défait… La crise morale, elle, est à son comble et l’actuel sentiment d’impunité des puissants devrait finir par vaciller sous les coups de boutoir qu’ils auront contribué à susciter.

    Les bourses asiatiques semblent amorcer un krach ordonné…

    Est-ce le premier domino …celui qu’on n’attendait pas ?

    Jean LENOIR

  6. zorba44 dit :

    Journal LES ECHOS du 13 juin, le gouvernement iranien prévoit de confisquer 20% des dépôts bancaires à la chypriote(sauf les comptes des sociétés d’état) dès après les élections et d’augmenter les droits de douane de 35% y compris sur les dépenses alimentaires.
    En cause, les recettes du pétrole divisées par deux entre 2011 et 2012, les particuliers incapables de rembourser leurs dettes…

    L’armée sera mobilisée pour empêcher les troubles et protéger les banques de la furie des déposants…

    "Intéressantes" perspectives en vue (soyons cyniques)

    Jean LENOIR

    • Il serait intéressant de savoir si les Iraniens sont obligés de déposer leurs revenus sur un compte bancaire comme en Europe. Personnellement, je pense que la bancarisation est beaucoup moins développé chez eux et qu’il existe bien d’autres manières de se financer que d’avoir recours à un crédit bancaire dans un pays où les réseaux familiaux existent encore, permettant d’avoir recours aux ressources capitalistiques familiales au lieu de devoir acheter des IOU émis par une banque.

  7. 2fis dit :

    … et pendant ce temps-là … la France se place en numéro 1 des pays hors Etats-Unis à la recherche de propriétés immobilières à Miami en avril 2013 … alors qu’en avril 2012 elle occupait la 6ème place … pour plus de détails et comparaison des top 10 en 2012 et 2013 visitez …
    http://www.polakoffgroup.com/archives/123

  8. GSM dit :

    Grèce: après six années de récession, le retour à la croissance se fait attendre (évidemment… elle ne reviendra pas!!)

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/06/12/20002-20130612ARTFIG00518-grece-apres-six-annees-de-recession-le-retour-a-la-croissance-se-fait-attendre.php

    L’État grec a fermé brutalement l’intégralité de son audiovisuel public:

    http://www.lefigaro.fr/medias/2013/06/11/20004-20130611ARTFIG00592-l-etat-grec-a-ferme-brutalement-l-integralite-de-son-audiovisuel-public.php

  9. brunoarf dit :

    Une des premières banques de l’Histoire est une banque de Gênes, la banque Leccacorvo. A partir de 1244, la banque Leccacorvo se développe. Elle prête des sommes énormes au roi de France, Saint Louis. Grave erreur !

    Lisez cet extrait de livre :

    Lorsque Saint Louis rentre de croisade en avril 1254, il se montre agacé par l’insistance des Génois à vouloir récupérer leurs fonds. Ils ont permis au roi de combattre les infidèles, il serait bien étrange qu’ils en retirent un avantage matériel en plus du prestige et probablement du salut éternel qui découlera du financement de la croisade ! Saint Louis ne négocie même pas avec ces manants, d’autant que leur pratique financière, c’est-à-dire le prêt à intérêt, reste suspecte aux yeux de l’Eglise. En effet, malgré les écrits de Saint Thomas, l’Eglise maintient ses préventions à l’égard des prêts, et le pape Clément V rappellera au début du XIVe siècle que le prêt à intérêt est par nature usuraire. Il faut dire que ça permettra au passage à Philippe le Bel d’essayer de s’emparer de l’or des Templiers. Quoi qu’il en soit, Saint Louis refuse de payer et fait banqueroute.

    (Jean-Marc Daniel, "Huit leçons d’histoire économique", édition Odile Jacob, page 24)

    C’est le premier défaut de paiement de l’histoire de France.

    La conséquence de ce défaut de paiement de la France est la faillite de la banque Leccacorvo, en 1259.

    Quelques années plus tard, à Florence, la banque Peruzzi et la banque Bardi prêtent des sommes énormes au roi d’Angleterre, Edouard III. Grave erreur !

    Lisez cet extrait de livre :

    Edouard III emprunte aux banquiers de Florence pour rassembler une armée nombreuse et attaquer la France. Les hostilités débutent en 1337, et le moins que l’on puisse dire est que cela s’engage mal pour Edouard III. Les Français envahissent la Guyenne alors anglaise et mettent le siège devant Bordeaux en 1339. La ville résiste, mais l’attaque anglaise au nord depuis Anvers supposée contraindre les Français à redéployer leurs forces a du mal à se développer. En effet, Edouard III, pour pouvoir approvisionner ses troupes, a besoin de fonds et il ne les obtient que par une négociation permanente avec les banquiers italiens. Ceux-ci s’impatientent, s’inquiètent, critiquent sa stratégie militaire : où sont les victoires ? Où sont les villes pillées ? Où sont les pays mis à sac ? En 1340, Edouard III, n’obtenant plus de subsides de ses banquiers, commence à différer ses remboursements. En 1343, il fait banqueroute. Résultat, la banque Peruzzi de Florence fait faillite tandis qu’en 1346 c’est au tour de la banque Bardi.

    ("Huit leçons d’histoire économique", page 26)

    Des défauts de paiement d’Etats souverains, il y en a eu des centaines dans l’Histoire.

    Des Etats européens se déclarent en défaut de paiement, et donc ils provoquent la faillite des banques privées.

    On connaît le film : ça fait 800 ans que ça dure.

    Et ça va continuer.

  10. zorba44 dit :

    @ Brunoarf

    … Vrai sauf que maintenant les banquiers sont renfloués par les états à qui ils prêtent …sur le dos des administrés – devenus, malgré eux, collatéraux "forcés" sur leurs avoirs.

    Jean LENOIR

Ecrire un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s