Le dilemme de la Grèce : lâcher l’Europe ou être lâchée par elle ?

Une dette de 300 milliards d’euros prévue pour 2010, soit près de 121% du PIB. Panique en Europe. Tous les chiffres officiels avancés jusqu’à présent étaient faux. L’ancien gouvernement, comme le pays dans son ensemble (« Ici, la fraude est un sport national », souligne Panayotis Thomopoulos, l’ancien président de la banque centrale), avait triché en annonçant un déficit public à 6% du PIB pour 2009, contre 12,7%  en réalité. La Grèce s’inquiète : Georges Papandréou, le chef du nouveau gouvernement, a estimé hier que l’impasse financière était une « menace pour la souveraineté de la Grèce ».

Il faut dire que depuis la révélation du trou béant dans les finances publiques et la sanction du pays par les agences de notation, une épée de Damoclès pend au-dessus de la tête des Grecs : la tutelle financière de Bruxelles. A la clé, de douloureuses mesures d’ « ajustement » pour la politique budgétaire, et de lourds sacrifices pour le peuple grec. Un peu comme pour un plan d’austérité du FMI… sauf qu’ici l’Europe ne semble pas très chaude pour venir en aide concrètement à la Grèce. Solidarité verbale oui, mais que la Grèce se débrouille toute seule pour nettoyer les écuries d’Augias ! On la surveillera de près, et gare à de nouveaux dérapages.

Et si, finalement, les Grecs décidaient de faire cavalier seul ? De sortir de l’euro ? A bien y réfléchir, ce serait la solution la plus avantageuse pour eux. La moins coûteuse en tout cas. L’euro interdisant toute marge de manoeuvre sur le plan monétaire, et les largesses budgétaires étant désormais interdites, la seule issue à la quasi-faillite serait peut-être d’abandonner l’euro pour pouvoir dévaluer. Et retrouver à la fois leur compétitivité et leur indépendance .

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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4 commentaires pour Le dilemme de la Grèce : lâcher l’Europe ou être lâchée par elle ?

  1. Guy dit :

    Peu de gens le savent : le traité de Lisbonne enfonce un coin dans la forteresse de l’euro, car il permet aux Etats de revenir à une monnaie nationale, autrement dit d’abandonner la monnaie unique, tout en restant membre de l’Union…

    La Grèce sera-t-elle tentée d’en profiter ?

  2. Lu sur le site du CEPII (Centre d’études prospectives et d’informations internationales) :

    « -12,7% :
    C’est le solde budgétaire public que prévoit la Commission pour la Grèce en 2009, en pourcentage du PIB. Ce chiffre est comparable à celui d’autres pays européens fortement touchés par la crise (Royaume-Uni, Irlande, Espagne). La dette publique grecque est très élevée (presque 100% du PIB en 2008), mais en dessous de celle de l’Italie et très inférieure à celle du Japon.
    Pourtant, la soutenabilité de la dette grecque est particulièrement mise en question : dès janvier 2009, et à nouveau depuis octobre, la notation de la dette grecque a été dégradée, produisant un fort relèvement des taux d’intérêt des emprunts publics. Ce que les marchés sanctionnent avant tout c’est le manque de crédibilité de la politique grecque. Depuis son entrée dans la zone euro en 2001, la Grèce s’est montrée insensible aux critères de Maastricht (son déficit moyen 2002-2008 atteignait -5,3 %), allant jusqu’à produire des informations falsifiées à l’Union européenne.
    Face aux tensions actuelles, l’appartenance de la Grèce à la zone euro ne peut suffire à rassurer les marchés : le traité de Maastricht précise que les pays membres n’ont aucune obligation vis-à-vis des dettes publiques des autres membres (la question de savoir en quelles circonstances ils peuvent soutenir les membres défaillants reste débattue). Le plan d’austérité annoncé le 14 décembre par le gouvernement grec ne les a pas rassurés non plus.

    L’ajustement budgétaire que la Grèce ne s’est pas imposé depuis son entrée dans la zone euro va se faire sous la pression des marchés, autrement dit dans des conditions financières particulièrement difficiles. Le déclassement de la dette grecque chasse les investisseurs institutionnels et, selon les règles de la BCE, expose cette dette au risque de ne plus être acceptée comme collatéral lors des opérations de refinancement. Quant aux restrictions budgétaires qui devront être renforcées, elles vont briser toute possibilité de reprise de la consommation et de l’activité à court terme, au moment où, selon le ministre de l’Emploi, le taux de chômage pourrait atteindre 18% suite à l’expiration des programmes d’emplois publics financés par l’Union européenne. »

    2 mots à retenir, donc : soutenabilité (de la dette) et crédibilité (de la Grèce), indissociables et surtout de plus en plus compromises…

  3. ρουλέτα που κερδίζει dit :

    Super Artikel, jetzt muss ich nur noch jemanden finden der Ahnung davon hat und mir das ganze nochmal im Detail erklären kann.

  4. deguisement pirate dit :

    L’Europe s’est lavé les mains dès le début de la crise au lieu de prendre le taureau par les cornes et dire : La Grèce est en crise. C’est notre problème et nous allons accompagner et aider le pays à faire face a ses obligations . Au fur et a mesure des mois, de délégation en délégation, de réunions en réunions, la Commission a finalement approuvé la semaine dernière le plan grec qui, sans son soutien, n’a aucune chance de réussir.

    Seulement il y a un problème : ce plan n’a aucune crédibilité et il ne faut pas compter sur les investisseurs pour prêter a la Grèce à des taux autres que pénalisants. Non, la Grèce ne sera pas à un déficit budgétaire de 3% en 2012, partant de 12.7%. Si la France n’a pas réussi a baisser le sien de 6 à 3% en trois ans, il n’y a aucune illusion a se faire.

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