La crise des années 2010, en dix épisodes

Une nouvelle décennie vient de s’ouvrir, avec son lot d’incertitudes et de menaces. J’en ai retenu dix, un choix évidemment subjectif et restrictif, tant nous nous avançons aujourd’hui en terre inconnue. La « crise des années 2010 » (Jean-Claude Werrebrouck) nous frappe déjà de plein fouet, mais bien malin qui pourrait dire ce que l’avenir nous réserve. Ce qui suit est donc une fiction, un simple exercice d’anticipation. Chacun des épisodes successifs évoqués ci-dessous n’est qu’une projection poussée à l’extrême. La probabilité que l’ensemble du scénario se réalise dépend d’une multitude de paramètres et d’un enchaînement – ou emballement – des faits a priori peu vraisemblable. Comme dit le vieil adage, le pire n’est jamais sûr. Ce qui ne dispense pas de s’y préparer.

1. La reprise fait long feu et le temps de la « stag-déflation » est venu : les économies s’enfoncent dans le marasme et la dépression, la croissance est molle, voire négative ; les prix et les revenus baissent sans fin, le chômage ne cesse de progresser, lentement mais sûrement, dans toutes les couches de la population.

2. Rien ne change parmi les élites : « business as usual ». Banquiers et investisseurs continuent de jouer sur les marchés financiers, grossissant la bulle spéculative, les bonus et les profits, tandis qu’à côté tout se délite : services publics, systèmes de protection sociale, infrastructures… Un grand nombre d’Etats ont renoncé à réformer quoi que ce soit et maintiennent sous perfusion, comme ils le peuvent, des économies moribondes.

3. L’explosion des déficits publics et des dettes souveraines débouche sur un krach obligataire lorsque les taux d’intérêt finissent par remonter, en raison de la résurgence de tensions inflationnistes et de la perte de confiance des marchés dans les capacités de remboursement des Etats.

4. Les Bourses du monde entier dégringolent. C’est le deuxième krach après celui de septembre 2008. Cette fois, il n’y a plus de filet de protection, les marges de manoeuvre des banques centrales et des Etats sont proches de zéro. Ben Bernanke se jette par une fenêtre.

5. Après des années de lent affaiblissement, le dollar est en chute libre, entraînant avec lui les économies de la zone dollar puis l’ensemble de l’économie mondiale. Le cours de l’or explose, sa cotation est suspendue.

6. La zone euro se disloque : la Grèce et l’Espagne font faillite, la France connaît un grave défaut de paiement. A l’issue d’une réunion de crise à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne annoncent, conformément à la clause de sortie inscrite dans le traité de Lisbonne, la « suspension de l’euro » et le « retour provisoire » aux monnaies nationales.

7. L’inflation, puis l’hyperinflation resurgissent. Une nouvelle bulle s’est formée sur les matières premières (énergie, produits agricoles, métaux rares, etc.). Poussé à la hausse par l’effondrement du billet vert, mais aussi par un brutal refroidissement climatique en Europe, le prix du baril dépasse bientôt les 500 dollars.

8. Des révoltes sociales, des émeutes de la faim éclatent dans de nombreux pays dévastés par le chômage et les secousses économiques ; les salariés, les retraités et les épargnants sont littéralement ruinés par l’inflation galopante et les dévaluations compétitives à répétition.

9. Sur le plan géopolitique, les tensions sont extrêmes en de nombreux points du globe. Les conflits se multiplient pour l’acquisition et la maîtrise des ressources naturelles, notamment entre la Chine et les Etats-Unis. Appuyé par Israël, le président Obama déclenche une nouvelle intervention militaire américaine au Moyen-Orient. Le conseil de sécurité de l’ONU refuse de le suivre et après une résolution de l’assemblée générale condamnant vigoureusement cette guerre, les Nations Unies annoncent qu’elles quittent New York.

10. Les frontières se ferment. C’est le chacun pour soi : réarmement universel, guerres monétaires à outrance, mesures de rétorsion commerciales tous azimuts. Le commerce mondial s’effondre, des systèmes de troc se développent à l’échelle locale et régionale. Les communautés et les clans remplacent peu à peu des Etats impuissants ou absents. Un nouveau Moyen-Age commence.

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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13 commentaires pour La crise des années 2010, en dix épisodes

  1. gringo dit :

    super tableau qui fait peur, d’autant + que ça m’a l’air tt à fait plausible !!!

    pour aller dans votre sens, un nouveau record de bonus est sur le point d’être battu dans les grandes banques américaines, des sommes faramineuses !!

    http://www.nytimes.com/2010/01/10/business/10pay.html

  2. Akli Le Coq dit :

    Rien de bien fictif dans cet enchaînement des évènements. On ne voit guère comment cela pourrait se passer autrement. Si les taux restent bas, c’est la perte de confiance dans la monnaie américaine et la poursuite accélérée du quantitative easing. Si les taux sont remontés, c’est la faillite des institutions qui doivent payer ceux qui se sont assurer contre une telle remontée, c’est à dire un krach 10x plus grave que 1929, la descente aux abîmes de l’immobilier, la faillite de l’économie réelle en manque de liquidités…et donc de nouveau la monétisation et une hyperinflation.

    Pas grand choix non plus du côtés des gouvernements : on se serre la ceinture (coupes budgétaires+étranglement fiscal de la population) et ce n’est pas politiquement tenable. On perfuse l’économie réelle et la dette souveraine explose.

    Seuls les points 5, 6et 8 sont discutables :
    5 – L’or ateindra des sommets puis dégringolera quand 90% des détenteurs de titres ETF et COMEX découvriront la différence entre or papier et or physique et voudront les refiler à des pigeons. Par ailleurs les Etats interdiront et réprimeront très sévèrement toute commerce d’or physique comme pendant les assignats.
    6 – Les Etats membres seraient davantage perdants avec un éclatement de l’euro. Ils pourraient imprimer à souhait de l’argent mais devraient payer des taux d’intérêts gigantesque sur les marchés. Plus certainement, l’Allemagne sera mise en minorité et les autres Etats-membres feront tourner la planche à billet via la BCE (impensable auparavant!).
    8- Enfin, les révoltes sociales seront courtes car nécessairement traduites politiquement par l’ascension de nouvelles figures démagogiques ouvrant la voie à la dictature et à la guerre.

    Les années 30. Mêmes causes, mêmes effets, la technologie et l’échelle planétaire en plus.

    Bonne année quand même 😉

    • Merci pour votre commentaire éclairé et pertinent.

      Vous avez raison, mon article n’est pas à proprement parler une fiction, à la manière par exemple d’un roman de Barjavel ou de H.G. Wells. Je suis parti d’une situation dont beaucoup estiment qu’elle nous conduit droit dans le mur, ou au mieux dans une impasse. L’enchaînement des conséquences semble inévitable. Mais n’oubliez pas que les choses se passent rarement comme on l’avait prévu. L’économie n’est pas une science exacte, loin de là. Difficile de mettre en équations un ensemble d’activités et de comportements qui sont par définition imprévisibles parce que largement irrationnels.

      Sur votre remarque concernant le point 8, je suis assez d’accord. Les catastrophes économiques et financières donnent lieu à des révoltes sociales qui sont le plus souvent récupérées par des mouvements populistes, nationalistes et autoritaires, dont l’idéologie et le fond de commerce mènent en général à la guerre. L’expérience historique montre du reste qu’on ne se sort de la spirale déflationniste que de deux façons : par l’inflation ou par la guerre. Ou par les deux.

      En revanche, je ne partage pas votre analyse à propos de l’or. Celui-ci est précisément la seule réserve de valeur fiable, l’unique garantie contre la confiscation de l’épargne par l’inflation. Ce n’est pas moi qui le dis, mais Alan Greenspan – du temps de sa jeunesse. D’ailleurs nul ne s’y trompe aujourd’hui, ni les particuliers qui achètent massivement de l’or physique, ni les banques centrales devenues acheteuses nettes après avoir dilapidé leurs stocks d’or pendant des années. Aucune monnaie papier ne pouvant réellement inspirer confiance, l’or a des chances de devenir le dernier recours en cas de nouveau choc systémique.

      Même si la hausse de l’or est pour beaucoup liée aux investisseurs ETF, une baisse des cours consécutive à leur retrait précipité n’aurait à mon avis qu’un temps, les candidats à l’achat à bas prix étant légion, notamment chez les institutionnels. Vous noterez que la moindre baisse du cours de l’once est aussitôt suivie d’une remontée, comme si le niveau actuel (autour de 1100-1200 dollars) était considéré comme un plancher. Et cela, alors même que la catastrophe financière annoncée ne s’est pas encore produite !

      Quant à l’interdiction du commerce de l’or, nous ne sommes plus sous la Révolution, ni à l’époque de Roosevelt : pour reprendre vos termes, « la technologie et l’échelle planétaire » autorisent tous les marchés privés ou parallèles.

      Même chose pour l’euro. Une fois le triple krach survenu (obligataire, boursier, fiduciaire) et l’hyperinflation installée, il partirait en vrille car la monnaie unique est avant tout une monnaie politique, qui n’a jamais répondu aux critères de l’optimum monétaire. L’inévitable retour aux souverainetés nationales impliquerait de facto la mort de cette devise artificielle, économiquement prématurée.

      Bonne année à vous aussi. 🙂

  3. Akli Le Coq dit :

    On me qualifie souvent de pessimiste, mais votre point de vue sur l’euro l’est nettement. Les suspicions sur un éclatement commençent effectivement à apparaître. nous verrons bien.

    Pour l’or, mon propos ne consiste pas à contester son indéniable valeur refuge par excellence dans un climat économique anarchique. Effectivement il repartirait à la hausse après le retrait massif dont je parlais. Mais je pense que la baisse des cours est sous-estimé lorsque ce retrait massif aura lieu (backwarding) car l’écart entre la production réelle et la vente de titres semble énorme (on parle d’un ratio de 1 pour 30 voir 40). Autrement dit, oui les gens ne s’y trompent pas lorsqu’ils achètent massivement de l’or physique mais il achètent le même entre les uns et les autres…

  4. Je suis en effet très pessimiste sur l’Union monétaire européenne, qui donne aux Etats membres laxistes tout loisir de faire du déficit, sachant qu’aucune procédure d’expulsion n’existe et qu’aucune sanction pour non-respect du pacte de stabilité n’a jamais été appliquée… Encore une fois, l’euro est une construction politique plus qu’économique, qui réunit des pays bien trop divergents.

    En cas de choc exogène violent, les forces centrifuges l’emporteront à mon avis sur l’intérêt à rester ensemble. L’Allemagne ne paiera pas indéfiniment pour les autres.

    Sur l’or : la manipulation autour des réserves réelles des banques (centrales comme commerciales) est, il est vrai, énorme et pourrait entraîner une baisse des cours momentanée lorsque la supercherie sera dévoilée au grand jour. Mais l’or réel s’en trouvera valorisé ; c’est la raison pour laquelle l’or des ETF ne devrait pas être considéré comme de l’or physique.

    L’or physique, c’est celui qu’on possède ou dont on demande livraison. C’est ce que de plus en plus d’acheteurs à travers le monde ont bien compris.

  5. olg1024 dit :

    Une petite question de profane : La Ruée vers l’Or…

    Une fois que l’on a acheté son or (en or et non en papier) pour éviter de le mettre sous le matelas ou dans la cuisinière, est-ce qu’on peut le mettre à la banque dans un coffre à son nom ? Ou est-ce que cette solution est équivalente à acheter de l’Or-Papier ? L’État se reserve-t-il à ouvrir votre coffre pour le « prélever » en cas de faillite générale, où l’accès à son coffre reste personnelle ?

    Une anectote : Ma grande tante avait « planqué » ses diamants dans le four, qu’elle retirait à chaque fois qu’elle cuisait quelque chose. La valeur de ces pierres était égale à la retraite de son mari défunt sur trente ans. Le fils revient de l’école et dit à sa mère : « Tu as vu Maman, j’ai une surprise pour toi, comme la maitresse nous a dit qu’il fallait aider nos mamans, j’ai cuit le poulet pour ce midi »… Les diamants, étant du carbone pur, Pfuittt ! Le poulet a dû être difficile à digérer !

    • Je crois bien avoir déjà entendu (ou lu) votre anecdote sur les diamants… 🙂

      Achetez de l’or physique (pièces ou éventuellement lingots) et gardez-le chez vous dans un coffre (ou dans un endroit sûr) si vous n’avez pas confiance dans la pérennité de votre banque… ou si vous craignez une confiscation par l’Etat en cas de crise grave. Mais conserver son or chez soi comporte d’autres risques : vol, perte, etc.

      Sinon, vous pouvez le faire garder dans un coffre à votre nom, mais la location d’un coffre dans une banque coûte une certaine somme, et on dit que les coffres de petite taille sont de plus en plus rares.

  6. Michel HUPEZ dit :

    Bonjour,

    Il est toujours très risqué de faire des prédictions même à court terme… Alors pour la décennie, c’est de l’ordre de la S.F.

    Même si mes nombreuses lectures comportent les éléments factuels qui peuvent conduire à votre vision apocalyptique, je la trouve excessive.

    Elle se réfère à ce qui s’est passé au XX eme siècle, mais vous oubliez que depuis une oligarchie financière a placé ses pions sur la planète entière. Cette oligarchie poussera les politiques vers une solution globale et non nationale.

    C’est déjà le cas depuis le début de la crise où l’on constate la  »monétisation » planétaire des dettes gouvernementales à grande échelle suite aux réunions du G7,G20 etc… Ainsi on risque de voir la fusion de l’euro avec le dollar et la livre et pas forcément un retour aux monnaies locales.

    La construction d’une gouvernance mondiale est en place depuis l’aprés guerre, elle a maintenant ses relais et ses hommes aux plus hauts niveaux. Cette oligarchie ne laissera pas passer une telle opportunité avec la déstructuration de nos sociétés, elle offre déjà la gouvernance mondiale comme solution à tout une série de problèmes qu’ils ont parfois provoqués (Climat, grippe, terrorisme, crise économique).

    Pour le reste de vos prévisions, il est certain que nous allons vers une crise systémique globale de tout le système capitaliste avec une destruction massive de pans entiers de l’économie, de nos richesses, et de nos acquits sociaux. Le tout sur fond de mouvements politiques ‘révolutionnaire » et fascistes.

    Dernier point, je ne suis pas certain que le commerce de l’or physique ne soit pas interdit ou fortement contrôlé pour y appliquer des taxes exorbitantes. Acheter des pièces ou des petits lingots me semble le plus judicieux si on prévoit un ‘big one’ tel que vous le décrivez.

    Merci pour votre travail

    Cordialement Michel HUPEZ

  7. Réalisme, fiction, science fiction… les avis sont partagés et c’est bien normal : mon scénario est, comme je l’ai précisé, une projection – fondée à la fois sur des faits et sur mon imagination. Chacun voit l’avenir à sa façon, en fonction de sa propre perception du présent.

    Concernant les solutions, il est indéniable qu’une certaine « élite » issue de la globalisation espère pouvoir imposer un « nouvel ordre mondial » à la faveur de la grave crise que nous traversons. On parle aussi de « gouvernance mondiale ». De là à dire que c’est cette élite qui a délibérément provoqué cette crise, ou ces crises…

    Pour ma part, je pense que d’autres forces sont à l’oeuvre, qui viennent et viendront contrecarrer ce genre de plan mondialiste. Toute construction de type « impérial » – et la gouvernance mondiale en est une – rencontre très vite ses limites dans les forces centrifuges qui la travaillent, à commencer par les réalités locales et nationales. On l’a vu avec l’ex-Union soviétique, on le voit avec l’Union européenne – qui ne parvient pas à convaincre et à s’imposer en tant que fédération supranationale… alors imaginez une « Union planétaire ». Croyez-vous par exemple que la Chine et les Etats-Unis regardent dans la même direction ?

    Certes, les formes peuvent être subtiles, mais il est difficile de se passer complètement et durablement du consentement populaire. Un jour ou l’autre, une crise économique et sociale survient et le beau château de cartes s’écroule, emporté par la divergences des intérêts et des préoccupations concrètes, immédiates. Ce qu’on appelle la proximité, ou plus prosaïquement le « terrain ».

    Encore une fois, c’est ma vision des choses et le « Big One », comme vous dites, n’est qu’une hypothèse parmi d’autres.

  8. DSK dit :

    DSK semble penser comme vous, il n’y aura pas de deuxième chance pour les banques. Les peuples et les parlements seront « très réticents à redonner de l’argent » lors de la prochaine crise.

    « En particulier quand ils verront comment le secteur financier s’est comporté après la crise »

    Encore un qui prévient que c’est pas fini, ça va encore chauffer.

    http://www.france24.com/fr/20100116-economie-finances-fmi-strauss-kahn-avertit-aides-etats-sauver-banques-nouvelle-crise-gestion

  9. jymesnil dit :

    tout est plausible ! sauf une chose totalement invraisemblable….Ben Bernanke saute d’une fenêtre ! d’après moi, et c’est mon avis et je le partage 🙂 soit Ben saute par une fenêtre mais du RDC, soit Ben reprend ses recherches en économie et publie un traité de gestion des crises économiques intitulé « Comment j’ai sauvé les bonus de mes copains ! ».

  10. Nico67 dit :

    sur capital.fr, Marc Faber : « Achetez de l’or, des propriétés à la campagne et des céréales, mais rester cash est très dangereux »

    http://www.capital.fr/bourse/interviews/achetez-de-l-or-des-proprietes-a-la-campagne-et-des-cereales-mais-rester-cash-est-tres-dangereux-526899

    Capital.fr : Quelles valeurs refuge un investisseur doit-il détenir, comme police d’assurance en cas de scénario catastrophe ?

    Marc Faber : Je recommande la détention d’or, d’argent, de propriétés à la campagne, de terres agricoles et de plantations. Le métal jaune pourrait ponctuellement chuter à 950 dollars, mais je continue d’accumuler.

    Capital.fr : L’or reste donc sous-évalué, après avoir gagné près de 400% en une décennie…

    Marc Faber : Le prix de l’or avait bien été multiplié par 25 dans les années 1970, donc une multiplication par 5 à partir des niveaux très déprimés de 1999-2000 n’a rien d’aberrant. Et compte tenu de la dégradation inquiétante de la situation financière des Etats sur la période, on pourrait même estimer que les cours du métal jaune sont plus attractifs aujourd’hui qu’il y a dix ans… Pour l’heure, seule une minorité d’investisseurs détient des lingots, ce qui laisse la porte ouverte à une poursuite durable de la hausse des cours.

    Capital.fr : Certains intervenants ont récemment évoqué un scénario de déflation. Pourtant, le fonctionnement à plein régime de la planche à billets et l’envolée des cours des céréales devraient se traduire par des tensions inflationnistes…

    Marc Faber : Les pressions inflationnistes dans les pays émergents, l’augmentation du coût de la santé, le renchérissement des denrées et l’impression massive de billets par la Fed finiront par pousser les prix vers le haut. Même si la déflation arrive, elle favorisera le lancement de nouvelles mesures de soutien et un recours accru à la planche à billets, et c’est donc l’inflation qui finira par s’installer. Plus de stimuli à la croissance est la dernière chose dont les économies occidentales ont besoin, mais pourtant elles ne s’en privent pas, les gouvernements des pays riches ayant une approche très keynésienne [soutien prioritaire des autorités à l’emploi et à la demande, NDLR]. Une telle dérive conduira à la faillite des Etats-Unis et d’autres pays riches. Les taux d’intérêt devraient tendanciellement monter pendant les années 2010, une anticipation cohérente avec l’analyse des cycles de Kondratieff [cycles de 54 ans environ sur les prix, découverts par un économiste russe, NDLR].

  11. Battista dit :

    Bel exercice d’anticipation géopolitique : Tout est en train de se mettre en place, bravo.

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