PIIGS : Un bon croquis vaut mieux qu’un long discours

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Ce schéma paru dans le Spiegel est très parlant : les pays du Sud de l’Europe (plus l’Irlande) ont une dette cumulée de plus de 404 milliards d’euros à rembourser avant la fin de l’année. Dont 143 milliards avant fin mai. L’accord conclu pour la Grèce, qui n’est vraiment pas de nature à rassurer (voir ce papier d’Ambrose Evans-Pritchard dans le Telegraph), porte sur un peu plus de 20 milliards d’euros. Le niveau de risque est donc encore très élevé pour l’ensemble de ces pays, surtout si les agences de notation financière poursuivent leur chasse aux « Etats gaspi »…

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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9 commentaires pour PIIGS : Un bon croquis vaut mieux qu’un long discours

  1. hofnis dit :

    Selon une étude de la banque Natixis il y a risque systémique si la Grèce ou l’Espagne font défaut :

    « Les dettes publiques des pays du sud de la zone euro sont surtout détenues, dans le cas de la dette grecque, par des banques européennes ; dans le cas de
    la dette espagnole aussi en Europe, par les institutionnels, les banques, les ménages.
    Un défaut sur la dette grecque ou espagnole conduirait à d’énormes pertes pour les banques européennes ; ceci montre qu’il s’agit d’un risque systémique, et
    que la Grèce, si aucune solution coopérative n’est trouvée, dispose du pouvoir de négociation lui permettant d’imposer que les autres pays européens lui donnent une aide financière. »

    http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=52279

  2. Très juste. Cependant les pays européens sont eux-mêmes surendettés et leur opinion publique ne comprendrait pas qu’un chèque soit signé à la Grèce, qui créerait du reste un dangereux précédent compte tenu de la situation des autres Etats.

    C’est pourquoi l’accord trouvé sur la Grèce est en quelque sorte un accord virtuel, qui permet simplement de gagner du temps : il ne serait mis en oeuvre qu’en cas de défaut de paiement des Grecs.

    C’est pourquoi aussi le FMI est de la partie… c’est-à-dire une institution dominée par les Etats-Unis. Les Grecs l’ont d’ailleurs bien compris, puisqu’ils annoncent maintenant qu’ils vont lancer un emprunt en dollars fin avril ou début mai ! La pilule du FMI risque d’être amère, alors mieux vaut diversifier le panel d’investisseurs pour ne pas avoir à recourir à ses services. En tout cas, la question est en train de déborder le cadre européen par suite d’une crise de confiance, dont les raisons sont évidemment structurelles – comme je l’ai expliqué dans ce blog à plusieurs reprises.

    Voir à ce sujet Philippe Herlin : Les Grecs vont emprunter en dollars !

    Et la dépêche Reuters : La Grèce compte emprunter en dollars US en avril-mai.

  3. Jean LENOIR dit :

    Voilà qui me paraît la bonne solution pour l’Europe. En effet quelle est la monnaie réellement le plus à même de s’effondrer ?…
    Plutôt que de plomber un peu plus les risques en Europe, il me paraît pas si sot de laisser les choses se faire dans la monnaie américaine.
    Question saugrenue : selon vous les Chinois souscriraient-ils aux emprunts européens pour éviter une crise systémique à l’ouest préjudiciable à leur économie dont l’excès de croissance est à l’image d’un soufflet sorti du four alors que les invités tardent à passer à table ?
    Image bien sûr.

  4. hofnis dit :

    Dollar ou euro c’est du pareil au même : 2 monnaies fiduciaires, en clair basées sur une confiance qui ne fait que s’envoler un peu plus tous les jours …
    Le dollar entraînera l’euro dans sa chute, et vice versa. On ne peut pas imprimer de la monnaie par trillions sans que ça ressorte un jour sous forme d’inflation sévère, alias une dévalorisation massive de la monnaie. Le prix à payer = une explosion des prix !
    Bizarrement les Asiatiques achètent encore des titres obligataires US, ils sont les seuls. Pour pouvoir contrôler le passage à la nouvelle monnaie internationale qui remplacera le dollar… ?

  5. jivaro dit :

    Emprunt en dollars pour les Grecs, pourquoi ?

    Parce que les dollars en recherche de placements sont beaucoup plus nombreux sur la planète. Monnaie mondiale oblige….

    Et aussi parce que l’euro va peut-être imploser sous peu…. alors il faut rassurer les investisseurs en empruntant dans leur monnaie, d’où des risques moindres pour eux et donc des taux d’intérêt moins élevés.

    Il devient de plus en plus évident, désolé hofnis, que l’aggravation de la crise va profiter au dollar (monnaie-refuge) tandis que l’euro risque de couler , pour des raisons « structurelles » comme le dit avec raison M. Demeulenaere.

  6. Jean LENOIR dit :

    Il y a, à mes yeux, de la contradiction dans le dernier commentaire. Je ne vois pas comment une monnaie imprimée à tour de bras (l’ US dollar) peut détruire l’euro. Les jeux sur les monnaies sont (encore) pour l’instant politiques. Néanmoins une belle pagaille devrait s’installer dès lors que l’inévitable krach obligataire va se déclencher avec une brutalité que je vois à un niveau jamais connu, un niveau inouï eu égard aux masses démentielles en jeu. Alors la danse des monnaies sera comme celle d’une coque de noix dans une mer hachée. L’économie monétaire va sancir tête par dessus-cul et je ne sais pas, je l’avoue, ce qu’il en restera. Il faudra continuer à vivre, à produire, certes moins qu’avant, mais il le faudra quand-même. L’heure de la vérité politique globale à l’aune de ce deuxième tsunami d’une puissance inimaginable risque de tailler en pièces les « collèges » de nations et d’institutions. Le repliement n’étant guère possible tant les besoins sont interdépendants (mon blé contre ton pétrole, ton gaz contre la maintenance de tes avions etc etc…) que soit on revienne au troc pour les commodities autant que pour les utilities… à moins…, à moins que la tentation des conflits, l’aveu suprême de la brutalité politique impuissante, ne constelle la planète de ses effets ultimes et dévastateurs….
    Alors la Grèce… comment elle empruntera ? épiphénomène de la décadence financière, épiphénomène.
    La seule puissance qui pourrait engendrer quelque chose de nouvel impérialisme et pourquoi ce ne serait pas ceux qui ont de l’or et qui pourraient payer et ceux qui en ont moins ou peu et qui pourrait exiger livraisons contre bullions, pardon lingots ?

  7. Eric Martin dit :

    AFP : M. Papaconstantinou a reconnu mardi soir lors d’un entretien à la télévision grecque Mega que le déficit public serait révisé à la hausse pour 2009, à 12,9% contre 12,7% initialement, en raison de la contraction du PIB de 2% contre 1,2% prévu au début de l’année dernière.

    […..]

    La presse économique grecque de mercredi a évoqué pour sa part un déficit budgétaire 2009 pouvant atteindre 13,5%, selon l’édition en ligne du quotidien Imerisia, voire 14,2% à 14,3% selon le journal Naftemboriki.

    Ces rumeurs ont aggravé les inquiétudes des investisseurs sur la solvabilité du pays entraînant une forte hausse des taux des obligations d’Etat grecques mardi, le taux à 10 ans passant au-dessus des 7% en cours de journée…

  8. 80 milliards dit :

    La Grèce pourrait avoir besoin de 80 milliards d’euros d’aide financière pour éviter la faillite, près du double du montant prévu par le plan européen de sauvetage… c’est ce qu’a déclaré Axel Weber, président de la Bundesbank.
    Le Wall Street Journal confirme.

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