Colère des dieux sur l’Europe

Comment ne pas voir, dans l’énorme nuage de cendres qui obscurcit le ciel européen, le symbole d’un Vieux Continent qui ne sait plus où il en est ? Les Anciens, craintifs et superstitieux, l’auraient pris pour un avertissement des dieux de l’Olympe. En Grèce justement, berceau de la culture européenne, chaque jour ou presque ajoute à la confusion qui règne sur l’ampleur réelle du désastre. 20, 30, 80, 120 milliards d’euros… Quelle somme exactement Athènes aura-t-elle besoin d’emprunter sur 3 ans ? Le gouvernement de George Papandréou feint de pouvoir se passer du plan d’aide européen, nonobstant le taux des obligations grecques qui bat record sur record. L’incertitude plane aussi sur le nom de la prochaine victime des marchés financiers : Portugal, Espagne, Royaume-Uni… ou même France ? Avant de s’emballer, la machine semble suspendue aux résultats des élections britannique et allemande début mai, dont les spécialistes disent qu’elles pourraient ne pas dégager de majorité claire.

Au fond, le plus désolant n’est pas tant l’accumulation des scandales financiers, de part et d’autre de l’Atlantique, que la pusillanimité des politiques sur les vrais sujets. Que n’appliquent-ils pas leur sacro-saint principe de précaution à la sphère économique et financière plutôt qu’à des pandémies imaginaires ou à des phénomènes naturels dont les risques en matière de sécurité sont à l’évidence largement surestimés ! Le dopage budgétaire et monétaire massif auquel sont soumises les économies de la planète témoigne d’une inquiétante fuite en avant, de l’incapacité des «responsables» politiques à dire les choses telles qu’elles sont. «Le monde s’en va-t-en guerre», nous prévient Philippe Dessertine dans un livre qu’il vient de faire paraître. Qu’un éminent professeur de finance et d’économie s’aventure ainsi sur un terrain qui n’est pas le sien devrait nous alerter sur le caractère inédit et complexe des menaces auxquelles nous sommes aujourd’hui confrontés.

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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5 commentaires pour Colère des dieux sur l’Europe

  1. Jean LENOIR dit :

    Lorsque la terre n’était qu’une marmite, il y a de cela des centaines et des centaines de millions d’années, la vie allait. Gondwana mythique continent du primaire n’était pas peuplé d’hominidés et la vie suivait son cours.

    Depuis que l’homme moderne existe deux tendances s’opposent face aux forces de la nature : le fatalisme et son corollaire l’aide humanitaire – l’organisation inorganisée et la dépression. Le hasard a voulu qu’une personne de ma famille m’appelle ce soir… Elle devait rentrer jeudi d’un séjour de cinq jours à Fès, elle et sa soeur. Je lui ai posé la question : « si on t’avait dit que tu pouvais prendre l’avion jeudi mais que cela comportait un risque…. La réponse a été » j’ai dépensé 350 euros de plus que mon budget mais je suis en vie… donc bien sûr que non (pour le risque) ». Mais il y avait des étudiants qui pleuraient à l’aéroport car il n’avait plus d’argent… et pas question de se faire rembourser le billet « les compagnies disent : ce n’est pas de notre faute, c’est un cas de force majeure ».

    Si j’écris cela c’est que je m’interroge. Oui, comment les cigales grecques empruntent pour payer un puits sans fond de dettes, lesquelles ne seront jamais réglées, alors que des gens pleurent car ils ne savent plus que faire, des « personnes »… face à la toute puissance « des états ».

    Société impudique qui a entrepris une accélération de la vie il y a un siècle sans jamais prendre la mesure des risques et qui rançonne les personnes afin de payer la dette de tous, organisée par quelques uns.

    Goldman, je voudrais qu’un grand prêtre t’ouvre les entrailles afin que les aruspices se penchent sur ce que nous présagent tes entrailles fétides.

    Le grand Asclépios s’en appelle Paulson et, hélas, pour faire étinceler ta santé a empoisonné le reste de l’humanité de poisons financiers mortels.

    Qu’est-ce qu’un Paulson face à la colère d’un volcan au nom impossible ? Rien.

    Nous avons tout voulu et nous ne sommes rien.

  2. Vulcain dit :

    Bravo à Vulcain, le dieu des volcans, qui à lui seul met en déroute la mondialisation !!!

    Tous ces bobos cosmopolites bloqués à New York ou Marrakech, ça me fait bien rire…. On est revenu au temps des dinosaures grâce à un petit pays de rien du tout, 300 000 habitants rendez-vous compte ! et qui en plus refuse de se coucher devant les grandes banques d’affaires qui l’ont ruiné sans vergogne (affaire Icesave)…. vraiment, bravo !!

    Antoine P.

    • Cet événement est en effet un clin d’oeil amusant, en quelque sorte le rappel de la primauté des lois de la nature sur celles de l’homme. Mais n’oubliez pas que sur les quelque 100 000 Français restés quelques jours bloqués à l’étranger, il n’y avait pas que des bobos en vacances… il y avait aussi de nombreux Français qui voyageaient pour des raisons professionnelles, familiales, etc.

  3. Eurostat dit :

    AFP 22/04/2010

    L’Office européen des statistiques a revu en hausse jeudi le déficit public de la Grèce l’an dernier et prévenu que le chiffre pourrait encore être modifié, au moment où le pays se débat dans une crise financière sans précédent.

    Eurostat estime à présent le déficit à 13,6% du Produit intérieur brut (PIB) contre 12,9% annoncé jusqu’ici par Athènes, selon un communiqué. Il s’agit déjà de la troisième révision du chiffre du déficit grec de l’an dernier.

    […….]

    « Eurostat exprime une réserve sur la qualité des données déclarées par la Grèce, en raison des incertitudes sur l’excédent des caisses de sécurité sociale pour 2009, sur le classement de certains organismes publics et sur l’enregistrement des swaps (contrats d’échange sur la dette grecque avec la banque américaine Goldman Sachs) hors taux de marché », indique-t-il dans un communiqué.

    « Après l’achèvement de l’enquête qu’Eurostat a entrepris sur ces questions en collaboration avec les autorités statistiques grecques, cela pourrait conduire à une révision pour l’année 2009 de l’ordre de 0,3 à 0,5 point de PIB pour le déficit », ajoute-t-il.

    Cette nouvelle réévaluation à la hausse « devrait intervenir avant la pause d’été » des institutions européennes en août, selon une source européenne.

    Selon une autre source européenne, malgré la révision en hausse des chiffres du déficit 2009 l’objectif fixé au gouvernement grec d’une réduction de quatre points de son déficit 2009 « demeure ».

    Cette aggravation du déficit grec, même si elle était attendue, est une mauvaise nouvelle pour un pays qui s’enfonce dans la crise financière car elle est de nature à accroître la défiance des marchés à son égard.

    La Grèce doit faire face à un renchérissement spectaculaire des taux qu’elle doit payer sur les marchés pour emprunter et financer ses énormes déficits.

    Les taux d’intérêt des obligations d’Etat grecques à 10 ans ont atteint mercredi un nouveau plus haut historique, à plus de 8%, renforçant encore la probabilité d’un recours au plan d’aide qui a été mis à disposition du pays par la zone euro et du FMI.

    Pour emprunter sur les marchés, la Grèce doit désormais payer près de trois fois plus cher que le meilleur élève en zone euro, l’Allemagne, qui verse un peu plus de 3% sur dix ans.

    Paradoxalement, la Grèce n’est pas le pays qui a affiché le déficit le plus élevé l’an dernier. C’est l’Irlande qui détient ce record avec 14,3% du PIB, mais la situation est jugée moins grave par les marchés pour ce pays en raison des mesures radicales prises par le gouvernement pour le réduire.

    Globalement, la zone euro a vu son déficit public moyen plus que tripler l’an dernier à 6,3% du PIB, contre 2% en 2008.

    La situation est similaire pour l’ensemble des 27 pays de l’Union européenne, avec un chiffre encore plus important, de 6,8% contre 2,3% en 2008.

  4. Said boudissa dit :

    non ce n’est pas la colère de DIEU mais un plan des illuminati, bilderberg et compagnie.
    Petit conseil: investisez dans les pièces d’argent et d’or (il n’est pas trop tard)
    Comme dirait Voltaire: la monnaie fiduciaire retourne toujour à sa valeur réelle, i.e. : zéro
    Cordialement,
    P.S. : j’avais prévu la crise des « banksters » le 12/10/2006. Je peux le prouver si on ne me croit pas 🙂

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