Tragédie grecque : vers l’acte final ?

Début de panique hier sur les marchés et dans les capitales européennes : L’Office européen des statistiques ayant révélé que le déficit grec était plus important encore que prévu, les taux longs sont montés à un niveau jamais atteint : 8,802%, presque 3 fois celui des bons du Trésor allemands ! La Grèce est aujourd’hui le pays le plus risqué financièrement après le Pakistan, l’Argentine et le Vénézuela… Pour les marchés, la probabilité que la Grèce fasse défaut est de 50%. L’agence Moody’s a logiquement dégradé d’un cran la note de sa dette.

Du coup, George Papandréou vient de demander l’activation du plan d’aide de l’Union européenne et du FMI. Coincé entre des taux d’intérêt prohibitifs et une croissance anémiée, le pays ne pourra pas s’en sortir seul. La France avait d’ailleurs inscrit mercredi 3,9 milliards d’euros dans son projet de loi de finances rectificative pour 2010, au titre de sa participation au plan d’aide à la Grèce (6,3 milliards au total). Des milliards «jetés par les fenêtres», comme le note justement Philippe Herlin. Mais ces mauvaises nouvelles, qui accroissent le risque de contamination à d’autres pays de la zone, ont fait plonger l’euro, au plus bas depuis un an. La Grèce pourra-t-elle éviter le défaut de paiement, et la zone euro la contagion générale ? On voit mal comment.

Lire aussi : Le déficit public de la zone euro explose

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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8 commentaires pour Tragédie grecque : vers l’acte final ?

  1. Patrick-Louis VINCENT dit :

    Le complément de loi de finance doit être voté par le parlement, début mai. L’on peut se demander s’il y a des parlementaires, assez lucides, pour ne pas le voter. Je crains que non. Dans ce domaine, comme dans d’autres, c’est la pensée unique qui prévaut. La gauche, comme la droite parlementaire, votera ce prêt qui constitue une dette supplémentaire que les français devront rembourser, puisque les Grecs ne pourront le faire.
    Qui veut faire l’ange, fait la bête.

  2. Jean LENOIR dit :

    Il est d’usage de dire que lorsque tout le monde pense pareil, c’est que plus personne ne pense. Je crois que dans cette affaire il y a beaucoup de craintes. Qui ne sait pas en fait que des douzaines d’Etats d’ici et de là dans le monde sont et seront incapables de rembourser leur dette et que le prochain acte du décrochage du câble de l’ascenseur de l’économie n’est pas loin.
    Seulement on se refile la peur comme les joueurs de rugby font circuler le ballon ovale. A la différence du placage final dans l’en-but si beau lorsque bien mené, c’est à l’explosion d’une cabine d’ascenseur et tout le sang qui en résultera qu’on va et qu’on ne veut pas voir.

    La dette est comme une patate chaude qu’on tente d’éteindre à coup de prêts internationaux… oubliant qu’à un renforcement de la colonne crédit s’ouvre un montant nominal identique à la colonne débit plus, bien entendu, les intérêts et le coût des CDS. Etrange défi à la raison au nom de la peur du lendemain, chaînage infini des erreurs pour compenser les erreurs originelles.

    Nos enfants peuvent nous dire merci.

    Jean LENOIR

  3. PANTALONNADE dit :

    C’est une authentique pantalonnade – devrais-je dire une authentique salade grecque ? (je sais elle est facile)

    Un mensonge chasse l’autre !!

    Un jour Papandréou (ou un de ses ministres) jure la main sur le coeur qu’il n’est pas question de demander quoi que ce soit à quiconque…. « la Grèce fera ce qu’il faut toute seule, comme une grande …. elle n’a besoin de personne ! » (sous-entendu du plan d’aide UE + FMI)… quelques jours plus tard on lance un SOS désespéré à ses partenaires et amis pour qu’ils déclenchent le plan… lesquels se font tirer l’oreille (voir l’Allemagne)

    Un jour les politiques grecs jugent « absurde » l’idée d’une restructuration de la dette grecque (défaut de paiement partiel)… aujourd’hui on apprend que Goldman Sachs juge « inévitable » cette même restructuration…

    Mensonges et bouffonneries à tous les étages !! L’Europe est le ventre mou de la planète, une immense escroquerie politique, économique, monétaire….. et surtout INTELLECTUELLE et MORALE.

  4. Toni dit :

    le 10 ans grec est (à l’heure où je vous parle) à 9,66%…. ça sent le roussi

  5. sandra dit :

    Bravo Mr Demeulenaere vous aviez vu juste depuis le début….., la Grèce n’avait le choix (dilemme) qu’entre lâcher l’Europe ou être lâchée par elle.
    Maintenant que va-t-il se passer ? sortie de l’euro ? faillite ?

    • Nul ne peut prévoir ce qui va se passer exactement mais on peut déjà exclure la faillite. Un Etat ne fait pas faillite au sens propre du terme, il ne peut être mis en liquidation judiciaire comme par exemple une entreprise.

      En revanche, le plus probable est un défaut de paiement, au moins partiel : cela signifie que la Grèce n’honorerait pas une partie de sa dette.

      On entend parler aussi de restructuration, négociée ou non, qui reviendrait de la même façon à ce que les créanciers soient obligés de faire une croix sur leurs titres grecs, pour un montant qui reste à déterminer.

      En l’état actuel des taux, la Grèce « ne peut plus » emprunter sur les marchés financiers. Il faudrait donc que l’Union européenne et le FMI prennent le relais de toute urgence, d’autant qu’Athènes doit rembourser une nouvelle tranche obligataire de 8,5 milliards d’euros le 19 mai, 10 milliards sur l’ensemble du mois de mai. A moyen terme, c’est encore plus inquiétant : 120 milliards d’euros d’aides seraient nécessaires d’ici fin 2012.

      Cependant il est douteux que l’aide extérieure suffise, car les Etats sollicités sont eux-mêmes surendettés et vont devoir affronter à la fois la colère de leur opinion publique (cf. Allemagne) et la dégradation de la notation de leur propre dette.

      C’est à une réaction en chaîne que l’on risque malheureusement d’assister, et dans un délai assez bref.

      Dès lors les débats sur la sortie ou non de l’euro, sortie provisoire ou définitive, sortie de la Grèce et des pays du Sud ou au contraire sortie de l’Allemagne, etc. etc. deviennent assez théoriques et pour le moins incertains.

  6. La Grèce ne remboursera jamais l’aide financière que l’Allemagne pourrait débloquer dans le cadre du plan de soutien, estime le président de l’institut de recherche économique IFO (l’un de ceux qui conseillent le gouvernement d’Angela Merkel).

    La Grèce « ne sera pas en mesure de mener la politique de rigueur qui est nécessaire » et à la fin, en viendra « à demander une annulation de la dette à l’Allemagne », a-t-il prévenu, appelant Berlin à ne pas se laisser harceler par des pays de l’étranger « qui font partie eux-mêmes de la catégorie des pêcheurs ».

    « Que les Italiens, les Espagnols nous pressent pour que nous payions sans condition maintenant, c’est compréhensible, car c’est un précédent qui sera d’importance pour eux », a fait valoir Hans-Werner Sinn.

    AFP.

  7. Lynn dit :

    Le dernier acte est pour bientôt, le taux grec à 10 ans vient de repasser au-dessus de son niveau de mai….

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