750 milliards : le coup de poker

La fuite en avant continue. Confrontés à une crise de la dette de plus en plus aiguë, les gouvernements de la zone euro ont une nouvelle fois refusé de voir la réalité en face. Plutôt que de s’attaquer à la racine du mal, l’inadaptation de l’euro, monnaie rigide et surévaluée, à des économies totalement divergentes, ils ont sorti de leur chapeau un nouveau plan de «sauvetage» mirobolant qui ne sauvera que les banques et les marchés, du moins provisoirement.

Christophe Barbier, dans la vidéo ci-dessus, parle avec raison de «grand n’importe quoi». On a cherché à impressionner, et même à «tétaniser» les marchés pour sauver la mise de l’euro. Mais pour combien de temps ? Partisan d’une solution politique, le rédacteur en chef de l’Express doute lui-même de la capacité des responsables européens à élever le débat à ce niveau. Il ne va pas jusqu’au bout du raisonnement : si un véritable fédéralisme européen est aujourd’hui impossible, c’est qu’il exigerait la fin des Etats-nations qui composent l’Europe.

C’est pourquoi le plan de l’Euroland se contente, si l’on peut dire, de «renforcer la solidarité budgétaire»… et de mettre en route la «planche à billets» !

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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6 commentaires pour 750 milliards : le coup de poker

  1. jallucin' dit :

    Christophe Barbier n’est pas un spécialiste ès économie mais actuellement même les non-spécialistes se rendent compte que les choses ne tournent plus rond… comme dit Attali, on rase gratis.

    Tout ce toutim est une mascarade ; les montants astronomiques sortis des chapeaux des magiciens qui nous gouvernent ne sont que virtuels…..aussi virtuels que l’est la finance par rapport à l’économie réelle.
    A la prochaine secousse c’est « terminus, tout le monde descend » !

  2. Victor dit :

    Comment va-t-on appliquer ce plan? Qui va le voter? L’Allemagne? Angela vient de perdre les élections à cause du mécontentement populaire sur la question des PIGS justement….. que dira le parlement de nos chers amis allemands?
    Et qui va payer quand la Grèce fera faillite? nous autres pays qui sommes nous mêmes en faillite? alors avec quel argent????
    INTOX…. 100% d’effet d’annonce….. 0% de réalisme!!!
    D’ailleurs les Bourses rechutent depuis….

  3. bankable dit :

    J’invite les lecteurs de ce blog à aller voir le stimulant papier que voici :

    http://tropicalbear.over-blog.com/article-y-a-t-il-un-adulte-dans-la-salle-50111946.html

    Vous ne pourrez qu’être d’accord !

  4. Heime dit :

    La « solidarité budgétaire » dont on nous parle ça n’est pas d’organiser des transferts financiers des pays les moins exposés aux pays les plus en difficulté, ça consiste à imposer des RESTRICTIONS BUDGETAIRES ET SOCIALES comparables à celles qui ont été décidées pour la Grèce à TOUS les pays de la zone-euro.
    On va tuer les économies de l’Euroland à petit feu en nous expliquant que c’est la seule issue à la crise des faillites souveraines… et en profiter pour instaurer -sans aucun vote démocratique – un gouvernement unique au niveau de Bruxelles…

  5. Georges dit :

    Cet article a raison de dire que le plan de 750 milliards « ne sauvera que les banques et les marchés, du moins provisoirement ».

    John Lloyd’s dit lui aussi :

    « Ce qu’on oublie allégrement de dire dans cette affaire, c’est que l’actuelle crise n’est pas une crise du déficit budgétaire de la Grèce, ni des PIGS, tout au moins pas directement, mais bel et bien une crise des banques européennes, et l’opération de sauvetage n’était pas destinée à la Grèce, mais aux banques européennes, ainsi que le rappelle Marc Faber. Ce sont encore, une nouvelle fois, les banques qui ont été sauvées, et, en dépit de la posture sarkozienne à l’encontre des spéculateurs, ce sont des nouvelles munitions que l’on va présenter à la spéculation : « les membres de l’Union, en collaboration avec le Fonds Monétaire International (FMI), préfèrent mettre 750 milliards d’euros à la disposition des marchés. Les spéculateurs doivent se frotter les mains […] Car, dans l’intervalle, rien n’est entrepris pour stopper la spéculation. Les banques pourront continuer de manipuler les cours comme elles l’entendent. Surtout qu’elles sont maintenant assurées d’être remboursées » (Paul Jorion). Ce ne sont pas les futurs états défaillant de la zone Euro que l’on cherche à sauver, mais leurs créanciers.

    C’est donc d’un nouveau hold-up dont il s’agit, au crédit de la spéculation et au débit de la dette publique, qui vient de s’opérer. Les garanties en jeu ne reposent que sur un phénomène de lévitation collective, nommée bootstrapping par Lordon, où la croissance est attendue comme le Messie, faute de quoi l’ensemble du dispositif est condamné à l’effondrement. »

    http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/750-milliards-chroniques-d-une-fin-74927

  6. markus dit :

    oh oui les derniers développements de la crise européenne le montrent…. un gouvernement économique (donc politique) de la zone euro ne sortira pas comme ça du chapeau !!

    http://www.lepoint.fr/economie/le-gouvernement-economique-de-la-zone-euro-enterre-18-06-2010-468017_28.php

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