Prêt à jeter : enquête sur l’obsolescence programmée

Remarquable émission diffusée il y a trois jours sur Arte.

Saviez-vous qu’à la caserne de pompiers de Livermore, en Californie, une même ampoule à filament brille depuis 1901 ? L’ampoule éternelle… Mais comme « un produit qui ne s’use pas est une tragédie pour les affaires », le « cartel des ampoules », d’envergure mondiale, a décrété dans les années 20 que la durée de vie de ces dernières ne dépasserait pas 1000 heures, afin d’en accroître la demande. Exit l’ampoule éternelle, dont le brevet avait été déposé mais qui ne sera jamais fabriquée.

Depuis lors, la même logique cynique a été appliquée à un nombre incalculable de biens de consommation (les imprimantes ou les iPod sont des cas d’école). « Affaires » ou pas, ces milliards de produits « prêts à jeter » qui finissent dans des décharges à ciel ouvert sont une tragédie pour notre planète, ses ressources finies et le sort des générations futures. C’est paraît-il le prix à payer pour notre « modèle économique », qui fait de la croissance une fin en soi, et de la consommation sans limite le moyen d’y parvenir.

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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4 commentaires pour Prêt à jeter : enquête sur l’obsolescence programmée

  1. brennec dit :

    Construire des produits qui durent n’implique pas forcément une ‘décroissance’, si l’on en croit Bastiat et son exemple de la vitre cassée, des produits qui durent augmentent la richesse des populations. En admettant que les produits durables soient économiquement viables (tout dépend des couts a la production) l’argent non dépensé pour leur remplacement peut l’être pour autre chose, ce qui correspond a une réallocation de ressources par rapport a la situation actuelle.

  2. Vous avez raison, remplacer le jetable par le durable ne résoudra pas le problème de la surconsommation si de nouveaux besoins apparaissent grâce au pouvoir d’achat ainsi libéré (à condition en effet que les prix de ces produits durables ne soient pas trop élevés).

    Ce sont les mentalités qu’il faut changer, et notre modèle de croissance dans son ensemble, de la production à la consommation. Ce n’est pas chose facile, quand depuis des années on nous met dans le crâne qu’être heureux c’est posséder et – pour parler comme les philosophes – que l’avoir est préférable à l’être…

    Qu’est-ce que la croissance selon la définition même qu’en donne notre société ? L’augmentation du PIB. Est-ce que l’augmentation du PIB doit être l’alpha et l’oméga du développement de notre société ? Je ne le crois pas. Est-ce que la croissance telle qu’elle est conçue aujourd’hui accroît le bonheur des individus, l’harmonie sociale ? Manifestement non. Il faut donc revoir notre modèle économique, purement quantitatif, et lui en substituer un autre bien plus qualitatif. Le productivisme et le consumérisme vont de toute façon se heurter au mur des réalités :

    1. Le mur des ressources naturelles : En continuant sur la voie de l’expansion infinie on n’obtiendra qu’une décroissance forcée : « Celui qui croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste » disait Kenneth Boulding, président de l’American Economic Association (1910-1993).

    2. Le mur de la dette : Le surendettement, à la fois privé et public, nous oblige d’ores et déjà à revoir notre niveau de consommation. Si la perception de cette deuxième réalité n’est pas encore ancrée dans l’opinion, c’est que les politiques pratiquent depuis 3 ans une relance budgétaire et monétaire pour nous maintenir dans l’illusion que tout va pouvoir reprendre comme avant. Cette tragique fuite en avant ne fait qu’ajouter de la dette à la dette et ne changera rien in fine.

  3. Coke dit :

    Hausse du pétrole… retour au charbon !

    « Notre région est bien placée pour le savoir : l’époque faste du charbon est derrière nous. Le temps où les habitants sortaient sur le perron de leurs maisons au son de la cloche du charbonnier est passé. Mais aujourd’hui, la flambée des énergies redirige les foyers vers ce combustible peu coûteux. Emmanuel Detandt le constate tous les jours. Il en livre douze tonnes par jours en Sambre-Avesnois.

    « Ce n’est pas qu’il y a beaucoup de gens qui se chauffent au charbon, c’est qu’il y en a de plus en plus, c’est phénoménal ! »

    http://www.lavoixeco.com/actualite/Secteurs_activites/Energie_et_Environnement/2011/01/23/article_emmanuel-detandt-le-charbon-c-est-la-ch.shtml

  4. Cosima Dannoritzer dit :

    Merci pour les commentaires. Plus d’information sur notre documentaire (fotos du tournage, debats avec le team, festivals…) se trouve ici:
    facebook.com/Pretajeter

    Ou dans la page anglaise du documentaire:
    ‘The Light Bulb Conspiracy’
    http://www.facebook.com/TheLightBulbConspiracy
    Dans cette page vous pouvez aussi voir de trailer.
    Merci!

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