Dollar : l’heure de vérité

Dans le prolongement de mon dernier billet, une vidéo de politique fiction pour le moins spectaculaire réalisée par la NIA sur la fin du dollar. Les signes d’une crise de confiance à l’égard du billet vert s’accumulent en effet, en raison de déficits budgétaires à répétition et d’une dette nationale si énorme que nul n’imagine plus qu’elle sera un jour remboursée.

L’US dollar index s’approche de son plus bas historique. En dépit de toutes les pressions, les créanciers traditionnels des Etats-Unis renâclent de plus en plus à acheter des bons du Trésor. Pimco s’est désengagé, l’Inde cherche à court-circuiter le dollar en instituant des réglements commerciaux en yuan, l’Utah reconnaît l’or et l’argent comme monnaies alternatives, les banques centrales intensifient la diversification de leurs actifs, le FMI lui-même appelle à dévaluer le dollar pour rééquilibrer la balance extérieure des Etats-Unis… En fait, un vaste mouvement de sortie du dollar paraît se dessiner. La communauté internationale n’accepte plus le fait que les Américains abusent du statut de monnaie de réserve mondiale du dollar pour faire financer par les autres leurs déficits monstrueux. Elle réclame une réforme en profondeur du système monétaire international. Pour le moment, la monétisation de la dette menée par la Fed a évité le pire, mais que se passera-t-il en juin si le quantitative easing s’arrête, c’est-à-dire si le QE2 n’est pas suivi d’un QE3 ? Et encore, celui-ci ne résoudrait pas la folle équation d’une Fed en faillite qui s’obstine dans sa dévaluation massive du dollar en espérant sauver ainsi le système…

Lire aussi : Les Etats-Unis en défaut de paiement virtuel le 31 mars

Le Ponzi obligataire craque de partout

La politique monétaire de la Fed, c’est quoi ?

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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10 commentaires pour Dollar : l’heure de vérité

  1. Jean LENOIR dit :

    Cher Olivier,

    Ce film de la NIA me paraît très pertinent. Si j’osais une boutade, je dirais que c’est une pépite-fiction.
    J’ai eu, jusqu’à présent du mal à imaginer ce qui allait se passer : une hyperinflation cantonnée à un ou deux pays cela se conçoit …l’effondrement du dollar, monnaie universelle …beaucoup plus difficile. Ce film me rappelle 1987 (que j’avais prévu, ayant liquidé tous mes avoirs boursiers huit jours avant) pendant lesquels trois mois durant le monde était suspendu aux nouvelles des bourses, à ces mouvements erratiques d’un avion privé de moteur qui décroche, reprend puis re-décroche jusqu’à l’écrasement final.

    Cette fois-ci l’écrasement final est là. Mais à mon sens cela va être pire car les dérèglements et le délitage politique mondial font que les actions armées (lesquelles ne peuvent que se multiplier et s’étendre comme une marée noire) pour gommer ce qui est trop choquant ont démarré avant l’effondrement cataclysmique financier.
    Ne plus pouvoir payer ceux qui défendent les valeurs de l’occident …what’s next ?

    Les hommes politiques du monde occidental ont cru sauver le monde avec la politique du quantitative easing initiée en 2007. Ils, à l’instar des moutons, ont copié le modèle américain et par lâcheté ont préféré masquer la dépression alors que nous allons devoir vivre avec l’effondrement cataclysmique engendré par leur criminelle lâcheté.

    Pour la petite histoire celui qui écrit ces lignes peu réjouissantes (mais hélas prévisibles) est très ennuyé : lors de son dernier vol vers la Nouvelle-Zélande, il a oublié de prendre avec lui le lingotin de 100 g qui ne le quittait plus depuis trois ans.

    Réserver son prochain billet d’avion ces jours-ci pourrait s’avérer opportun… à moins que la contamination radioactive de Fukushima n’en vienne à un point où aucune autre solution que de laisser les avions cloués au sol.

    Pour le reste vous savez ce qu’il vous reste à faire : stocker, sans vous préoccuper tant que votre banquier vous laisse débiter vos visas.

    En toute amitié

    Jean LENOIR

  2. BA dit :

    Et l’euro ?

    Euro : l’heure de vérité.

    Vendredi 25 mars 2011 :

    Le Portugal et l’Irlande viennent de battre leurs records : leurs taux à 10 ans n’ont jamais été aussi élevés.

    Italie : taux des obligations à 10 ans : 4,758 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

    Espagne : taux des obligations à 10 ans : 5,173 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPG10YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 7,786 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 10,119 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 12,576 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

  3. wolf dit :

    @ BA : Les fondamentaux du dollar sont épouvantables. Il y a menace d’un « selling panic » imminent. Entre une banque centrale européenne qui annonce qu’elle pense à relever (un peu) ses taux en avril pour éviter une flambée de l’inflation et une Fed qui parle déjà du QE3 (qui croit encore qu’elle a le choix ?)… l’opposition de perspectives est brutale (même si la BCE monétise aussi la dette, mais plus discrètement).

    Deux conceptions radicalement opposées, l’une des deux se trompe forcément…

    http://lafaillitedeletat.com/2011/03/23/quand-les-deux-grandes-banques-centrales-entrent-en-conflit/

    Personnellement je pense que le dollar est très mal parti mais que les USA vont peser de toute leur puissance politique, militaire et financière pour que l’euro trinque le premier. D’ailleurs si les agences de notation anglo-saxonnes ciblent l’Europe comme jamais (il y a quelques bonnes raisons, évidemment) c’est précisément dans ce but.

    Sans voir apparemment que si l’euro tombe, le dollar suivra presque aussitôt après. Les deux systèmes monétaires et financiers sont trop étroitement imbriqués. A moins que (hypothèse complotiste…) ce soit justement voulu ?

  4. Madalena Sow dit :

    Il nous sort des bois un Herman Sterligov ou Guerman Sterligov, qui lie les zévènements en Libye aux tentatives de Khaddafi de chapeauter une sortie de sous le dollar au profit d’un dinar-or.
    – Herman Sterligov http://tvrain.ru/news/3389/, traduit sommairement ici: http://madalenasow.wordpress.com/2011/03/27/khaddafi-voulait-remplacer-le-dollar-par-lor/

  5. BA dit :

    L’euro s’effondrera avant le dollar.

    Lundi 28 mars 2011 :

    Les investisseurs internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité du Portugal à rembourser ses dettes.

    Conséquence concrète : les taux des obligations de l’Etat portugais explosent. Les taux atteignent des niveaux ahurissants.

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 7,429 %.

    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 8,693 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT5YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 7,929 %.

  6. Ping : Dollar et Euro, chronique d’une mort annoncée. | Prisma

  7. BA dit :

    Mardi 29 mars 2011 :

    Standard and Poor’s abaisse la note de la Grèce et du Portugal.

    L’agence de notations Standard and Poor’s a annoncé mardi avoir abaissé de deux crans la note de la Grèce à BB-, et d’un cran celle du Portugal à BBB-.

    Les investisseurs internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité du Portugal à rembourser ses dettes.

    Les obligations de l’Etat portugais sont en train d’exploser.

    Regardez ces trois graphiques :

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 7,681 %.

    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 8,916 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT5YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 7,978 %.

  8. Geraldine dit :

    AFP – L’or a franchi mardi pour la première fois le seuil de 1.450 dollars l’once, dans un marché s’inquiétant des tensions géopolitiques dans le monde arabe, de la montée des prix du brut et de la crise persistante des dettes publiques européennes.

    Vers 20H10 GMT, le prix de l’once d’or sur le marché au comptant s’est élevé jusqu’à 1.457,45 dollars, du jamais vu, surpassant son précédent sommet de 1.447,82 dollars enregistré le 24 mars.

    De son côté, l’once d’argent a grimpé jusqu’à 39,3025 dollars, un prix inédit depuis février 1981.

    Les deux métaux ont tous deux bénéficié d’un affaiblissement de la monnaie américaine, à la suite d’un indicateur d’activité décevant aux Etats-Unis, un mouvement de nature à rendre plus attractifs les achats d’or et d’argent, libellés en dollars.

    Le métal jaune était quant à lui particulièrement porté par la flambée persistante des prix des matières premières, et avant tout ceux du pétrole – qui sont montés à plus de 122 dollars le baril mardi à Londres, leur plus haut niveau depuis août 2008.

    Cette poussée des prix du brut est susceptible d’alimenter les tensions inflationnistes, contre lesquelles les métaux précieux sont habituellement considérés comme une bonne protection.

    « De très forts taux d’inflation sont particulièrement bons pour l’or dans un premier temps, car les investisseurs cherchent des actifs solides », expliquaient les analystes de Standard Chartered.

    « La fuite vers les actifs jugés les plus sûrs s’accélère et les inquiétudes pour les perspectives économiques s’intensifient », notaient-ils. « Alors que la croissance sera probablement mise à mal par l’envolée des prix du pétrole », l’or devrait être soutenu par « la menace persistante de l’inflation ».

    Face à cette menace, les propos du président de la banque centrale américaine (Fed), Ben Bernanke, qui a minimisé lundi soir les craintes d’inflation aux Etats-Unis et affirmé qu’elles seraient passagères, n’ont pas contribué à rassurer le marché.

    La poursuite d’une politique monétaire généreuse aux Etats-Unis continuerait de peser sur le dollar, favorisant ainsi les achats de métaux précieux.

    Les tensions dans le monde arabe, le conflit en Libye et les craintes persistantes sur la solidité financière des Etats les plus endettés de la zone euro continuaient également d’exacerber la nervosité des investisseurs, les incitant à se reporter vers les métaux précieux.

    « La crise européenne des dettes souveraines ne cesse d’empirer depuis que les Européens ont échoué fin mars à s’entendre sur une solution crédible » pour un Fonds de secours permanent au sein de la zone euro, estimaient les analystes de la banque suédoise SEB.

    A la suite de ses consoeurs Fitch Ratings et Standard & Poor’s, Moody’s a dégradé d’un cran mardi la note du Portugal, considéré par les marchés comme le prochain candidat au Fonds de soutien européen.

    Par ailleurs, « les soulèvements dans le monde arabe ne montrent aucun signe d’apaisement, avec une escalade de la guerre civile en Libye, et des situations alarmantes en Syrie, au Yémen et à Bahreïn », ce qui « profite aux métaux précieux », ajoutaient les analystes de SEB.

    L’argent, de son côté, profite de son double statut de métal précieux et de métal à usage industriel, stimulé par les perspectives de reprise économique à l’échelle mondiale. Le cours du métal gris a progressé de plus de 25% depuis le début de l’année.

  9. Geraldine dit :

    Un dollar en chute libre……….. qui propulse l’argent-métal à plus de 46 $ l’once !

    http://www.zerohedge.com/article/freefalling-dollar-sends-silver-above-46

  10. Martin P. dit :

    « Les Brics ne veulent plus d’échanges en dollars »

    « Les cinq plus gros pays émergents sont à la recherche d’une monnaie alternative pour régler leurs transactions et prônent la refonte du système monétaire mondial.

    La position des pays Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) sur la scène économique mondiale ressemble au mouvement des «non-alignés», états du Tiers-Monde qui ont affirmé dans les années 60 leur neutralité face à l’opposition Etats-Unis – URSS. Ensemble les Brics représentent plus de 40% de la population mondiale et 18% du PIB planétaire. Réunis à cinq pour la première fois en Chine du Sud la semaine dernière, les Brics ont signé un accord de coopération financière prévoyant l’ouverture des lignes de crédit libellées dans leurs monnaies nationales.  »

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/04/18/04016-20110418ARTFIG00733-les-brics-ne-veulent-plus-d-echanges-en-dollars.php

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