Olivier Delamarche : les Américains vont dans le mur

Le pied sur l’accélérateur, les Américains foncent droit dans le mur. Comme Bill Gross, le gérant de Pimco, comme S&P, Olivier Delamarche « shorte » la dette des Etats-Unis, car ces derniers font tout, depuis 2007, pour éviter la seule porte de sortie de la crise qui soit : l’austérité et la récession. « La situation américaine est aussi grave que celle de la Grèce. Si vous comptabilisez tout, il y a 20 000 milliards de dollars d’endettement, ça fait 130% du PIB ».

Les marchés, quant à eux, « gobent tout », ils achètent des obligations US car ils anticipent un nouveau cycle de quantitative easing, la seule chose que Bernanke sache – et veuille – faire pour éviter le krach obligataire… Une politique suicidaire qui détruit mécaniquement et délibérément le dollar et sème l’inflation aux Etats-Unis et dans le monde entier.

Arrêter de faire tourner la planche à billets (pour dire les choses très simplement) signifierait en effet une remontée brutale des taux d’intérêt et un krach obligataire… lequel mettrait tout le système financier – et donc l’économie – par terre.

Il semble donc exclu de mettre un terme à cette fuite en avant qu’est le rachat, par la Fed elle-même, des obligations du Trésor américain. Mais un budget récessionniste serait-il pour autant la solution, comme semble le penser Olivier Delamarche ?

En aggravant la contraction de l’économie et la hausse du chômage, des mesures drastiques de réduction des déficits (hausse des impôts, baisse des traitements de la fonction publique, des retraites et de la couverture sociale) à la hauteur du problème entraîneraient une baisse des recettes fiscales, creusant un peu plus le trou des finances publiques américaines. Il faudrait plusieurs années pour que la croissance reprenne, et avec elle les recettes fiscales.

Sans compter que plus d’un quart des recettes fiscales va au secteur de la Défense. Une vraie politique d’austérité impliquerait donc que les Etats-Unis renoncent très largement à leur présence militaire dans le monde. En d’autres termes, aux guerres en Afghanistan, en Irak, en Libye, etc. mais aussi à leurs 800 bases militaires… Ce qui en soi ne serait bien sûr pas dommageable pour la stabilité de la planète, mais signifierait la fin de la politique impériale de Washington, sur laquelle est assise leur domination économique et financière. Et notamment leur « privilège monétaire exorbitant »

Le serpent se mord donc la queue, et on ne voit pas ce qui pourrait convaincre la Fed et le gouvernement de devenir subitement raisonnables, et d’ajouter à la catastrophe financière une catastrophe économique et sociale pire encore que celle que connaît déjà le peuple américain. Le point de non-retour semble avoir été atteint, et même dépassé. Les débats autour du relèvement du plafond de la dette en témoignent. Tout ce que l’administration Obama peut espérer aujourd’hui, c’est acheter un peu de temps. L’Amérique n’a pas d’autre choix, hélas, que de foncer dans le mur de la dette – à vitesse plus ou moins rapide.

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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13 commentaires pour Olivier Delamarche : les Américains vont dans le mur

  1. BA dit :

    Les Etats-Unis sont en faillite : tout le monde le sait.

    Et les Etats européens ?

    Aujourd’hui, le Portugal a emprunté.

    – Emprunt à 3 mois :

    Mercredi 20 avril 2011, le Portugal a lancé un emprunt à 3 mois : le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 4,046 %.

    Les taux sont en hausse : c’était 3,403 % lors de la précédente émission.

    – Emprunt à 6 mois :

    Mercredi 20 avril 2011, le Portugal a lancé un emprunt à 6 mois : le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 5,529 %.

    Les taux sont en hausse : c’était 5,117 % lors de la précédente émission.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=ab038073bca922aece3e74e1cea491c7

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 10,312 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT2YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 3 ans : 10,639 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT3YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 10,878 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT5YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 9,206 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

  2. BA dit :

    Trois Etats européens vont se déclarer en défaut de paiement.

    Les marchés internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité de ces trois Etats à rembourser leurs dettes.

    Irlande : taux des obligations à 2 ans : 10,347 %.

    Irlande : taux des obligations à 3 ans : 11,216 %.

    Irlande : taux des obligations à 5 ans : 10,863 %.

    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 10,066 %.

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 10,492 %.

    Portugal : taux des obligations à 3 ans : 10,825 %.

    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 11,134 %.

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 9,280 %.

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 22,019 %.

    Grèce : taux des obligations à 3 ans : 22,041 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB3YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 5 ans : 16,540 %.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 14,751 %.

  3. Jean LENOIR dit :

    Bonjour,

    Un autre commentaire indiquait dans « l’or et l’argent au plus haut… » que nous vivions l’écroulement du dollar dans un silence médiatique étourdissant.
    Je ne suis pas peu fier d’avoir un découvert autorisé à un taux ridicule, largement employé à un levier économique et fiscal sur l’or… des arbitrages immobiliers lesquels entrent pour éponger le découvert et un peu plus et un achat en vue d’un catamaran dans un marché de l’occasion effondré.
    Pas un instant je ne songe à me vanter : il s’agit simplement de montrer que la vertu de l’épargne désinvestie à contresens c’est beaucoup mieux que les subprimes. Que voulez-vous les moutons et les gogos passent leur temps à emprunter, mais franchement ils sont légions ceux qui les accompagnent dans leur chute, en regardant les trains passer sans réagir !
    A titre anecdotique le hasard veut aussi que nous ayons créé un couple kiwi-américain et moi une société, immatriculée en 15 secondes, elle s’appelle InVino Ltd … (enfin un hasard préparé pendant quelques mois).
    Dans la crise le hasard sort la vérité de demain et je me souviens que le beau-père de mon premier patron avait fait fortune en créant sa société en 1929.
    Promis si cette société fait de ses actionnaires des trillionnaires à la puissance 24 (il va bien falloir revoir l’échelle de la richesse avec l’hyperinflation) je n’aurais même pas besoin de vous l’écrire car toute cuisine digne de ce nom… la vôtre donc sera dotée…

    La suite à la rentrée de septembre (pour INVINO) : je vais me payer trois mois et demie de vacances contre moins de trois semaines par an les onze dernières années.

    Amitiés

    Jean LENOIR

  4. BA dit :

    Jeudi 21 avril 2011 :

    Tous les records sont pulvérisés.

    En Europe, plus personne ne contrôle la situation.

    La situation européenne est devenue totalement incontrôlable.

    Irlande : taux des obligations à 2 ans : 11,344 %.

    Irlande : taux des obligations à 3 ans : 12,097 %.

    Irlande : taux des obligations à 5 ans : 11,616 %.

    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 10,481 %.

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 11,466 %.

    Portugal : taux des obligations à 3 ans : 11,170 %.

    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 11,493 %.

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 9,501 %.

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 23,013 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB2YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 3 ans : 22,681 %.

    Grèce : taux des obligations à 5 ans : 16,734 %.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 14,903 %.

  5. Jean LENOIR dit :

    J’aimerais savoir qui se cache derrière BA (lol) Peut-être Monsieur Trichais… pardon Trichet ? Je sais que vous n’avez que de mauvaises raisons de vous cacher mais tant pis…
    Cool, comme disent les ados.

    Jean LENOIR

  6. Nelson41 dit :

    Le « Cash is trash » est plus que jamais le slogan qui s’applique au dollar… Merci Ben.
    Tu as préféré Wall Street au peuple américain et aux créanciers de ton pays, le désastre et le chaos qui s’en viennent sont ton oeuvre et le pays s’en souviendra.

  7. Nota bene : Il semblerait qu’Olivier Delamarche soit encore loin du compte (et même très loin) en ce qui concerne l’endettement total du Trésor américain.

    Si l’on en croit un article publié il y a quelques jours sur Agoravox, qui reprend lui-même une étude intitulée USA Inc réalisée par Mary Meeker en février 2011, la dette cumulée serait en réalité de 75 000 milliards de dollars, soit 500% du PIB des Etats-Unis !

    9.1 (dette fédérale officielle)

    + 7.9 (Sécurité Sociale – non budgété)

    + 22.8 (programme Medicare – non budgété)

    + 35.3 (programme Medicaid – estimation du coût sur 75 ans)

    = 75.1 trillions de dollars (75.100 milliards de dollars soit environ 5 fois le PIB américain)

    Conclusion de l’article d’Agoravox :

    « Dans cette partie de casino mondial (et selon ces calculs), les grecs (120%) font office d’amateurs et les japonais (230%) de petits joueurs… lorsque l’on considère le champion du monde toute catégorie du bluff financier planétaire : les États-Unis (500%) ! »

  8. vincent dit :

    Sans vouloir défendre le trésor US ou le gouvernement US, ce genre de calcul (meeker -agoravox) est parfaitement tendancieux.

    Je peux aussi inclure dans la dette française une prévision de dépenses de l’assurance maladie à 75 ans, tous les salaires des fonctionnaires actualisés sur leurs 40 ans de carrière, les frais de fonctionnement de l’armée actualisés sur 75 ans, et arriver à 1000% du PIB de dette !

    Ou encore considérer comme de la dette hors bilan une estimation de toutes les charges que supportera une entreprise sur 50 ans. Je doute qu’un expert comptable me prenne au sérieux.

    Mais si on le fait pour les USA, alors il faut comparer au chiffre obtenu de la même façon en France, en grèce, etc…

    Gardons à l’esprit que

    (1) Le chiffre officiel de la dette française officiel n’inclut que la dette « notifiée » (#81%). Parfois, un chiffre de dette « nette » esst cité, à 76%, ce n’est qu’une facilité comptable. Le chiffre officiel US ajoute en plus la « social security », c’est à dire la part des engagements gérée par le public du système de retraite (premier pilier, par répartition à prestations définies). Les rapports du FMI ou de l’OCDE sont en général bien fait de ce point de vue et citent des chiffres à périmètre comparable. Je préfère utiliser ce genre de source pour faire des analyses.

    (2) que les engagements « quasi-contractuels » de l’état (contractuel est juridiquement impropre, mais bon, ne chipotons pas) sont uniquement localisés sur les régimes de retraites gérés par le secteur public, que ce soit pour les employés du public ou du privé. Pour le reste (assurance maladie, salaires des fonctionnaires, etc…), tout peut s’arrêter du jour au lendemain, ce n’est qu’une question de volonté politique… et de peur des manifestations de mécontentement !

    Ainsi, le rapport pébereau, qui ajoutait à la dette financière de la France la dette de l’état vis à vis uniquement de ses fonctionnaires pensionnés, était « optimiste » pour la france, puisqu’il n’incluait pas les engagements de la CNAV (publique) vis à vis des salariés du privé. Sans quoi on aurait très largement dépassé les 375% voire 400% du PIB de « dette ».

    Les créances liées aux retraites peuvent évidemment donner lieu à un « défaut de paiement », ou, plus sûrement, à un « haircut sauvage », ou une « spoliation inflationniste ».

    évidemment, il est politiquement assez impensable qu’un état massacre le pouvoir d’achat de ses retraités et vire les 3/4 de ses employés simplement pour pouvoir continuer à payer ses créanciers, qui ne votent pas…

    Il existe des moyens de réduire non pas les engagements de retraites, mais la part non provisionnée de ces engagements, à zéro: c’est de supprimer toute retraite à « prestation définie » et d’adopter une retraite à « cotisations définies », peu importe qu’elle soit par répartition ou par capi (il y a d’autres critères à prendre en compte, bien sur, pour déterminer le meilleur choix. Mon propos ne vise que le problème du provisionnement, O combien important). Et dans ce cas, on ramène la dette « à risque de défaut » au chiffre de la dette « financière ». Ainsi, on peut considérer que la dette publique de la suède est égale à sa dette financière, son système de retraite n’étant pas susceptible de faire défaut.

    D’où l’intérêt de ne pas mélanger choux et carottes sans une analyse fine lorsqu’on évoque les dettes publiques.

  9. Jean LENOIR dit :

    Bonjour Olivier,

    J’ai trouvé, l’autre jour, que cet endettement était bien light…

    Devenant un peu paresseux avec les détails des comptes (en avançant en jeunesse), je n’ai pas ouvert la debt clock américaine laquelle donne à première vue le vertige.

    Il est vrai que quand on entre dans le détail des détails, comme la Cour des Comptes dans notre pays, on creuse et on trouve – petites et grandes bidouilles ne sont pas l’apanage d’un quelconque pays comme on a voulu nous le faire croire avec les Grecs.
    Certains vont un peu plus loin que les autres…

    Oui c’est bien ça : le titre de votre article « Les américains vont dans le mur »…et nous avec, nous de la planète – tous !

    Je suggère qu’on supprime, légalement, tout impôt et qu’on fasse fonctionner uniquement la planche à billets : au moins tout le monde sera content et, dans un premier temps, cela boostera l’économie. A force d’aller dans le délirant, faisons du super Bernanke !

    Bonne reprise mardi

    Jean LENOIR

  10. Jean LENOIR dit :

    Bonjour,

    A la réflexion, je souhaite rajouter une petite couche. Quand les états vont imploser, les engagements sociaux ne seront pas tenus et, ceci, sur des décennies.
    Finalement cela ne me choque pas que l’on provisionne « pour risque » un pourcentage de ces engagements donc et, ce, pour leur durée. La mesure de la provision, là est la grande question. Comme tenu de l’hyperinflation à venir, je dirai 90% au moins.

    Jean LENOIR

  11. cybermagnetik dit :

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  12. Virgile dit :

    Un train de plusieurs milliers de tonnes lancé dans la pente que personne ne peut plus stopper….. reste plus qu’à sauter en marche PENDANT QU IL EST ENCORE TEMPS 😦

  13. Mutuelle Geniale dit :

    Qu’en est-il de la securité sociale professionnelle si importante à M. Hollande ?
    La santé et la protection sociale n’ont pas été développées au cours de la presidentielle. Et donc, on ne sent pas sincèrement où l’on part ?
    Ne pensez vous pas que les affaires vont changer avec le nouveau Président ?

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