L’Allemagne, championne d’Europe de la dette

« Et le champion d’Europe de la dette, en valeur, est… l’Allemagne. Avec une dette publique qui s’élève à 2079 milliards d’euros, soit 83,2% de son PIB, l’économie la plus performante de la zone euro détrône l’Italie et devient le troisième pays le plus endetté du monde. Plombée par les plans de relance à l’économie votés en 2010 et par l’aide accordée aux pays en crise de la zone euro (qui représente 6 milliards d’euros pour la Grèce sur l’exercice 2010), la dette publique allemande a bondi de près de 10 points de PIB par rapport à 2009 ».

La Tribune, 26 avril 2011


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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 56 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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10 commentaires pour L’Allemagne, championne d’Europe de la dette

  1. BA dit :

    Lundi 2 mai 2011 :

    Irlande : taux des obligations à 2 ans : 12,038 %.
    Irlande : taux des obligations à 3 ans : 12,463 %.
    Irlande : taux des obligations à 5 ans : 11,711 %.
    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 10,472 %.

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 12,032 %.
    Portugal : taux des obligations à 3 ans : 11,663 %.
    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 11,843 %.
    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 9,631 %.

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 25,912 %.
    Grèce : taux des obligations à 3 ans : 23,927 %.
    Grèce : taux des obligations à 5 ans : 17,208 %.
    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 15,665 %.

    http://www.les-crises.fr/meteo-des-taux/

  2. BA dit :

    La restructuration de la dette grecque, un tabou en train d’exploser.

    Remède pour sauver le pays ou potion aux effets néfastes ? Autrefois taboue, la restructuration de la dette grecque plane désormais sur les marchés et vient raviver les dissensions sur les solutions pour sortir durablement la zone euro de la crise.
    L’idée de réduire le fardeau de la dette grecque a pris de l’ampleur depuis que le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, a suggéré de mettre en place de « nouvelles mesures » si l’austérité en vigueur ne suffisait plus.
    Les marchés ont immédiatement conclu que cette restructuration n’était plus qu’une question de temps, poussant les taux auxquels Athènes se finance à des niveaux intolérables (25% pour le deux ans, 16% pour le 10 ans).
    Si la Grèce n’a pas besoin d’aller sur le marché avant 2012, grâce au plan d’aide de 110 milliards d’euros de ses partenaires européens et du Fonds monétaire international (FMI), elle reste néanmoins dans l’impasse. Son endettement va représenter 152% de son PIB cette année et elle peine à retrouver le chemin de la croissance.
    Pour les marchés qui s’appuient notamment sur l’opinion du fonds obligataire Pimco, la solution est que la Grèce ne rembourse pas l’ensemble de sa dette ou la rééchelonne, quitte à pénaliser ses créanciers.
    « Ce scénario pèserait sur certaines banques européennes, notamment les grecques, qui auraient besoin d’aides supplémentaires », affirmait récemment The Economist. Cette situation serait toutefois « gérable », poursuivait l’hebdomadaire, partisan avec d’autres analystes du « plus tôt sera le mieux ».
    Une hypothèse que refusent en bloc les autorités européennes, redoutant des effets dévastateurs pour la Grèce comme pour ses voisins européens. La Banque centrale européenne (BCE) a évoqué à ce sujet le spectre de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers, dont la faillite en septembre 2008 avait précipité la crise financière.

    « Si les banques du pays s’effondrent, l’Etat doit renflouer le système bancaire. C’est comme quand on creuse un trou pour en boucher un autre ! », expliquait récemment un haut responsable européen, qui suit de près ce dossier.
    « Une faillite, même partielle, entraîne une défiance généralisée pour les organismes financiers qui hésitent à se prêter entre eux. Une fois ce système touché, les établissements ne peuvent plus prêter aux entreprises ou aux ménages… », développe de son côté Philippe Brossard, de la société d’études économiques Macrorama. « C’est un cataclysme! ».

    En outre, une restructuration ne permet pas de redynamiser une croissance en berne ou remettre en état les finances publiques, avancent ses opposants.
    Pour Philippe Dessertine, de l’Institut de haute finance, une onde de choc et une crise de liquidités seraient certes à prévoir, mais cette hypothèse serait toujours moins douloureuse que la faillite pure et simple d’un Etat, hypothèse qu’il n’écarte pas complètement.
    « Si la Grèce devait sortir de la zone euro, là il y aurait un risque de catastrophe à la Lehman Brothers car tout le monde se retrouverait pris dans une terrible spirale », après avoir abandonné le pays, poursuit-il.
    Bien qu’extrêmement violente, une restructuration de dette peut réussir, estime pour sa part Patrick Artus, économiste chez Natixis, à condition de remplir des conditions très strictes.
    Pour éviter le pire, il faudrait s’assurer que le défaut de la Grèce ne concerne que les détenteurs de dette étrangers pour ne pas réduire à la portion congrue les fonds propres des banques locales.
    Autre condition avancée: que les autres pays européens ne prennent pas de mesures de rétorsion à l’encontre de la Grèce (taxation des produits, suspension de fonds, etc) et acceptent de reprêter rapidement au pays.
    Des conditions qualifiées d' »héroïques » par cet économiste.

    http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hyAcMUQLsGbUQzm8KLDXqwZo6DBQ?docId=CNG.316a83c92ded48b37e97c24ad1f0f8dd.5e1

  3. BA dit :

    Quand l’Allemagne lance un emprunt à 3 mois, elle paye un taux d’intérêt de 0,830 %.

    Quand la France lance un emprunt à 3 mois, elle paye un taux d’intérêt de 0,872 %.

    Et la Grèce ?

    Mardi 19 avril 2011, la Grèce a lancé un emprunt à 3 mois : la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de … 4,10 % !

    Les taux sont en hausse : c’était 3,85 % lors de la précédente émission en février 2011.

    Et le Portugal ?

    Mercredi 4 mai 2011, le Portugal a lancé un emprunt à 3 mois : le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de … 4,652 % !

    Les taux sont en hausse : c’était 4,046 % lors de la précédente émission le 20 avril 2011.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/05/04/97002-20110504FILWWW00433-portugal-levee-de-1117-md-d-de-dettes-a-ct.php

    Conclusion : plus les jours passent, plus la Grèce et le Portugal empruntent à des taux de plus en plus exorbitants.

  4. BA dit :

    Qui est armé contre la faillite de la Grèce ?

    Ça y est : comme prévu, la Grèce est sur la route de la faillite. Ce ne sera pas la première fois, la Grèce possède le triste record du nombre de faillites dans l’Histoire de l’Europe : 1826, 1843, 1860, 1893, à égalité avec le Portugal et juste derrière l’Espagne.

    Mais cette fois, c’est différent.

    Rappelez-vous, il existe un produit dérivé génial : le CDS souverain — ou credit default swap. Cette assurance garantit le souscripteur contre un défaut de paiement. C’est ce qui a permis à nos brillants financiers de toujours souscrire aux emprunts grecs dont les rendements n’arrêtaient pas de monter. Pas grave, puisqu’ils sont assurés, ils pouvaient en truffer votre assurance-vie !

    Mais au fait, n’y aurait-il pas des « petites lignes » dans ces assurances financières — et comment les garanties vont-elles s’actionner ?

    ▪ Les trois formes de défaut couvert par les CDS :
    – Défaut de paiement
    – Répudiation ou moratoire
    – Restructuration

    Contrairement aux contrats qui couvrent des pays dits douteux (Amérique latine, Europe émergente et Moyen-Orient), les contrats sur l’Europe occidentale (réputée solide) ne couvrent pas un événement spécifique tel que l' »obligation acceleration ».

    Vous trouvez, comme moi, curieux qu’un truc aussi pépère qu’une obligation puisse accélérer ? Il s’agit en fait de l’extension du concept de défaillance croisée.

    La définition de cet événement de crédit est donnée par l’ISDA — l’organisme qui norme la cuisine financière des dérivés. Si l’obligation A devient payable en raison d’un incident de crédit sur l’une des autres obligations de l’emprunteur, alors le CDS qui couvre l’obligation A est aussi activé.

    Donc, en principe, en Europe, il ne pourrait pas y avoir une cascade de CDS qui se déclenchent à cause de la Grèce. Mais cela ne signifie pas pour autant que tout est clair…

    L’agence britannique CreditSights fait remarquer que si un défaut de paiement ou une répudiation sont des événements faciles à interpréter, il n’en est pas du tout de même d’une restructuration.

    « Une restructuration est, nous pensons, plus applicable à la situation de l’Eurozone et pourrait être suffisamment sujette à interprétation pour permettre aux dettes souveraines de se restructurer sans déclencher une assurance CDS selon les termes du contrat ».

    En clair, ceux qui se croient bordés par des CDS vont se retrouver Gros-Jean comme devant pour parler poliment…

    Et vous comprenez beaucoup mieux pourquoi c’est ce terme de restructuration (et non celui de moratoire ou répudiation) qui s’étale à la une de vos journaux.

    ▪ Les cinq critères qui définissent une restructuration :
    – Une réduction dans le taux ou le montant des intérêts payables ou le montant programmé des charges à payer.
    – Une diminution du principal ou de la prime payable à maturité ou aux échéances des remboursements échelonnés.
    – Un délai dans le paiement de l’intérêt ou du principal.
    – Un changement dans le rang de priorité d’une quelconque obligation, causant la subordination de l’obligation à n’importe quelle autre obligation.
    – Tout changement dans la devise de tout paiement de l’intérêt ou du principal.

    Ces cinq critères s’accompagnent d’une clause qui stipule que ces causes doivent résulter de la détérioration de la qualité de crédit ou des conditions financières de l’entité de référence.

    Cette dernière condition est très intéressante. Ainsi, CreditSights explique que « si l’Allemagne sortait de l’euro et revenait au deutschemark, ce ne serait pas un incident de crédit car l’Allemagne ne quitterait pas l’euro en raison de la détérioration de la qualité de son propre crédit ou de sa situation financière, mais en raison de la détérioration de celles des autres membres ».

    Bref, l’Allemagne pourrait nous laisser dans notre bourbier, ce qui nous conduirait à la faillite et les CDS ne s’activeraient pas.

    ▪ Mmmmm, que retenir de tout ceci ?
    – Ceux qui croient être abrités par des CDS ne le sont probablement pas, à savoir des fonds obligataires (ou autres d’ailleurs) qui déclarent pratiquer des couvertures sans préciser de quel type de couverture il s’agit. Vérifiez vos fonds, si vous en avez.
    – Les SICAV de trésorerie dites tranquilles vendues par votre « conseiller commercial » au guichet de votre banque sont pourries.
    – Les contrats en euro des assurances-vie sont dangereux et votre assureur risque bien lui-même de ne pas être couvert.
    – Lorsque les choses deviennent incompréhensibles, il vaut mieux s’abstenir. Pensez au vieux principe qui consiste à n’investir que dans ce qu’on comprend.
    – L’or a encore de beaux jours devant lui.

    http://www.la-chronique-agora.com/articles/20110505-3617.html

  5. BA dit :

    L’Etat affiche des comptes déficitaires de 33,6 milliards d’euros à fin mars, contre – 28,9 milliards à la même période un an plus tôt, selon des chiffres publiés par le ministère du budget, vendredi 6 mai.
    Pour expliquer cet accroissement du déficit, Bercy met en avant des “éléments exceptionnels”, recensés dans ce que l’on appelle les comptes spéciaux.
    Y figurent les “décaissements du prêt octroyé à la Grèce opérés en janvier et en mars” pour un montant total de 4,5 milliards d’euros.

    http://bercy.blog.lemonde.fr/2011/05/06/le-pret-a-la-grece-et-des-avances-aux-collectivites-plombent-les-comptes-de-letat/

    La phrase importante :

    « Les décaissements du prêt octroyé à la Grèce opérés en janvier et en mars pour un montant total de 4,5 milliards d’euros ».

    Cette phrase montre la folie du système européen :

    1- La France et les autres Etats européens sont surendettés.

    2- La France se surendette encore plus pour pouvoir prêter de l’argent à des Etats européens en faillite.

    3- Ces Etats européens en faillite seront incapables de rembourser leurs dettes.

    4- En langage clair, cela s’appelle un suicide collectif.

  6. sphinx dit :

    RUMEURS – La Grèce envisagerait selon Der Spiegel de sortir de la zone euro et de revenir à sa monnaie nationale… réunion de crise ce soir des ministres des finances et des commissaires européens !

    http://www.spiegel.de/wirtschaft/soziales/0,1518,761136,00.html

  7. BA dit :

    Vendredi 6 mai 2011 :

    A propos de la situation en Grèce, une réunion secrète a eu lieu vendredi soir :

    Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, ainsi que son ministre délégué Jörg Assmussen sont au Luxembourg pour une réunion sur la Grèce, a dit vendredi à Reuters une source proche de la coalition au pouvoir en Allemagne.

    « C’est vrai », a-t-elle dit au sujet d’un article du Spiegel Online, disant que des responsables allemands assistaient à une réunion au Luxembourg pour évoquer la situation de la Grèce.

    http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRWEA943720110506

  8. BA dit :

    Voici les dirigeants présents à la réunion secrète de vendredi soir au Luxembourg :

    – Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, ainsi que son ministre délégué Jörg Assmussen.
    – La ministre de l’Economie française Christine Lagarde.
    – Jean-Claude Juncker, Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois, président de l’Eurogroupe (l’Eurogroupe est le nom donné à la réunion des ministres des Finances des États membres de la zone euro).
    – Olli Rehn, commissaire européen des Affaires économiques et monétaires, qui représente la Commission Européenne.

    The meeting included discussions on Jean-Claude Trichet’s successor as ECB chief. Germany’s Wolfgang Schäuble, French Finance Minister Christine Lagarde and European Commissioner Olli Rehn were also present at the meeting.

    http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704810504576307242643218636.html?mod=WSJEurope_hpp_LEFTTopStories

  9. BA dit :

    Cette réunion n’apparaît pas dans l’agenda officiel de Christine Lagarde :

    http://www.minefe.gouv.fr/discours-presse/historique_finances.php

  10. BA dit :

    Parmi les 17 Etats membres de la zone euro, quels sont les Etats les plus endettés ?
    Réponse :

    1- Grèce : la dette publique est de 328 milliards d’euros, soit 142,8 % du PIB.
    2- Italie : la dette publique est de 1843 milliards d’euros, soit 119 % du PIB.
    3- Belgique : la dette publique est de 341 milliards d’euros, soit 96,8 % du PIB.
    4- Irlande : la dette publique est de 148 milliards d’euros, soit 96,2 % du PIB.
    5- Portugal : la dette publique est de 160 milliards d’euros, soit 93 % du PIB.
    6- Allemagne : la dette publique est de 2079 milliards d’euros, soit 83,2 % du PIB.
    7- France : la dette publique est de 1591 milliards d’euros, soit 81,7 % du PIB.

    Comme si leur situation n’était pas suffisamment désespérée, les Etats européens vont se surendetter encore plus pour pouvoir prêter 25 milliards d’euros supplémentaires à la Grèce !

    De toute façon, la Grèce ne pourra pas rembourser ses dettes !

    Alors autant continuer à verser des dizaines de milliards d’euros dans le tonneau des Danaïdes !

    On s’en fout : ce sont les CONtribuables européens qui paient !

    Lisez cet article ahurissant sur la folie du système européen et la fuite en avant des dirigeants politiques :

    « Les Européens prêts à aider davantage la Grèce.

    D’après les participants à la réunion, George Papaconstantinou a été convaincant quant à la volonté de son gouvernement de hâter la mise en oeuvre des mesures nécessaires.
    De leur côté, les Européens se sont montrés disponibles, en échange de cela, à remettre la main au portefeuille en cas d’échec du dispositif renforcé. La somme additionnelle en jeu serait de l’ordre de 20 à 25 milliards d’euros, selon nos informations. »

    http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0201353315492-les-europeens-prets-a-aider-davantage-la-grece.htm

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