L’heure est-elle au retour du protectionnisme ?

Un sondage a montré qu’une majorité de Français souhaitent qu’on ouvre aujourd’hui le débat. Ce n’est pas une question de doctrine, mais d’opportunité, comme le rappelle Hervé Juvin : « Il y a des moments dans l’Histoire pour ouvrir davantage les frontières, pour s’ouvrir aux échanges sous toutes leurs formes ; et il y a sans doute aussi des moments dans l’Histoire où il est bon de contrôler davantage, d’augmenter les droits de douane et de savoir quelle ouverture doivent adopter un pays et une économie ». Ce moment est venu. Après tout, personne ne s’offusque qu’on bloque des produits aux frontières pour des raisons sanitaires. Mais par idéologie, on refuse de protéger de la même façon nos entreprises et nos emplois. On préfère les exposer à tous les vents de la concurrence, que celle-ci soit loyale ou déloyale. Jusqu’à quand le supportera-t-on ?

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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5 commentaires pour L’heure est-elle au retour du protectionnisme ?

  1. Jean LENOIR dit :

    Bonjour,

    A mon sens ce n’est pas parce qu’il y a un problème de compétitivité ou « concurrence déloyale » qu’il convient de s’abriter derrière une tentation de protectionnisme. Il y a quarante ans la France se protégeait à tout va pour maintenir des sociétés devenus de moins en moins rentable…

    Nous avons, à titre d’exemple, la débâcle du textile qui fût un fleuron de l’activité industrielle française alors que, durant cette même période, le secteur non-marchand s’est enflé comme un ballon de baudruche. Qui va dire que cela a amélioré la Société Française, la qualité de vie ?
    Qui va dire que nous avons, globalement, augmenté notre croissance plus vite que nos compétiteurs ?

    Encore et toujours, l’Europe n’a fait que se créer des règlements et directives, lesquels parfois absurdes ou inapplicables, pour la simple raison qu’il n’y avait pas eu harmonisation fiscale et sociale préalable.

    Le protectionnisme d’un pays suscite le contre-protectionnisme de ses partenaires.

    Je crains fortement que la tentation du protectionnisme est une tentation de faiblesse et de facilité intellectuelle immédiate, laquelle ne contribuera pas à renforcer ses initiateurs

    Amitiés

    Jean LENOIR

  2. Cher Jean,

    La compétitivité est une chose, la concurrence déloyale une autre.

    Il ne s’agit pas de nous accrocher désespérément à des secteurs ou à des activités où nous n’aurions plus aucun savoir-faire ni aucun avantage comparatif.

    Il s’agit de pouvoir lutter à armes égales, ou en tout cas sensiblement égales, là où nous avons notre mot à dire dans la compétition internationale.

    L’argument des représailles commerciales ne vaut pas : cela fait longtemps que les Etats-Unis, la Chine ou le Japon pratiquent, de façon souvent déguisée ou contournée, des entorses importantes aux principes d’ouverture totale des frontières et de concurrence pure et parfaite. Les barrières commerciales existent aux frontières de ces pays, seule l’Europe s’accroche à son dogme libre-échangiste, au mythe de l’ouverture totale des frontières.

    Ainsi la Chine reste un marché très fermé, et ce malgré son adhésion à l’OMC en 2001. Un certain nombre de barrières tarifaires y ont été démantelées, mais il reste de nombreuses barrières non-tarifaires : procédures d’attribution opaques, normes sanitaires et phytosanitaires exorbitantes, homologations et contrôles de conformité lourds et coûteux, non-reconnaissance des standards internationaux, etc. Sans oublier la protection du capital : il est par exemple interdit à un investisseur étranger de posséder plus d’un certain pourcentage (variable selon les secteurs) d’une entreprise chinoise.

    Il ne faut pas confondre libre-échange et libre-échangisme, protections ciblées et protectionnisme intégral ; doctrine ou idéologie d’un côté, pragmatisme et exigence de réciprocité de l’autre. Quand le drame de la désindustrialisation est là, il est urgent de rétablir un certain équilibre en exigeant des autres qu’ils respectent les standards sociaux et environnementaux qui sont les nôtres. Il est préférable qu’ils soient peu à peu contraints de se hisser à notre niveau de protection sociale et environnementale plutôt que ce soit nous qui régressions dans le « moins-disant ».

    J’observe d’ailleurs que l’idée de TVA sociale séduit beaucoup de monde à droite et à gauche… et pourtant personne ne crie au scandale, à la tentation protectionniste et au repli sur soi.

    Juvin comme Todd ou Sapir expliquent bien que l’Europe étant un énorme marché à la fois de consommateurs et de producteurs, aux entreprises très compétitives, doit jouer de cette situation pour favoriser ses propres usines et producteurs, ses propres normes et standards de vie. A nous d’imposer notre modèle. A quoi sert l’Europe si elle ne défend pas d’abord les intérêts des Européens, si elle ne fait pas la promotion d’un modèle européen ? Où est passée la notion de « préférence communautaire » ? Grâce à la concurrence intra-européenne, ce protectionnisme « raisonnable » ne nuirait d’ailleurs pas à la compétitivité de nos entreprises vis-à-vis du reste du monde.

  3. fultrix dit :

    Voici un article et un blog qui pourrait vous intéresser :
    http://ecointerview.wordpress.com/2011/06/24/le-protectionnisme-belle-epoque-de-marine-le-pen/

    Bonne lecture.
    Fultrix.

  4. H Ponchorion dit :

    C’est un peu idiot comme réaction.

    Si on observe les chiffres. On se rend compte que la balance des échanges de l’Europe avec le reste du monde est à peu près à l’équilibre.

    C’est à l’intérieur de l’Europe qu’il y a les plus grands déséquilibre entre l’Europe du nord et celle du sud.

    Mais bon. Pour nos politiques il est plus facile de taper sur les chinois plutôt que d’avouer que l’Euro est un échec

  5. Badel dit :

    D’accord avec Ponchorion. Sortons d’abord de ce truc délirant et mortel qu’est l’euro… et ensuite on s’occupera du reste du monde. Sortons de la sphère de coprospérité (j’allais dire copropriété) allemande !

    Car si le commerce extérieur européen est à l’équilibre avec la Chine ce ne peut être que grâce à l’Allemagne… et les autres pays de la zone euro n’en profitent absolument pas. Ils ont un gros déficit commercial avec les Chinois.

    Concurrence monétaire déloyale (avec les allemands) + concurrence commerciale déloyale (le reste du monde) = 80% de nos problèmes de compétitivité !!!

    Le reste c’est la réforme de l’Etat, les gaspillages, l’inefficacité des administrations et d’une partie du secteur public.

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