Sortir d’une union monétaire est-il compliqué ?

« Tous les pays issus du démembrement de l’URSS l’ont fait. Du rouble, ils sont passés à des monnaies nationales. Dans les années 1990, après la scission de la République tchèque et de la Slovaquie, j’ai posé la question au président tchèque Vaclav Klaus de la difficulté de créer ainsi sa propre monnaie. Il m’a répondu en exactement deux mots : « Une semaine »… En une génération, une soixantaine de pays sont sortis d’une union monétaire. Aussi, lorsqu’on nous présente cette proposition comme une sorte d’horrible et exceptionnel fantasme, il faut bien prendre conscience qu’elle n’a rien que de très banal. Aujourd’hui, la monnaie est essentiellement scripturale, concrètement, des comptes en banque. Du jour au lendemain, vous décrétez que votre compte de 3000 euros est désormais de 3000 francs »…

Jean-Jacques Rosa, entretien avec Le Figaro, le 15 juin 2011

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 55 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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5 commentaires pour Sortir d’une union monétaire est-il compliqué ?

  1. samir69 dit :

    Bonjour

    Une question se pose pour les dettes libellées en €. Si un pays européen décide de revenir à sa monnaie nationale, comment ce pays pourra t il gérer une dette en € qui va exploser ? Il y aura certes la dévaluation mais cet outil monétaire sera t il suffisant ?

    Merci

    • Vous avez raison, c’est une bonne question. C’est d’ailleurs le dernier argument (avec la mort de l’Europe…) que les partisans de l’euro opposent à ceux qui souhaitent un retour aux monnaies nationales.

      Nicolas Sarkozy a agité cet épouvantail dans sa dernière conférence de presse, affirmant sans ciller – et contre toute vraisemblance – qu’un retour au franc doublerait ou triplerait la dette de la France !

      Il y a plusieurs réponses à cette question.

      La première, comme vous l’avez souligné, est que l’effet positif de la dévaluation sur la compétitivité externe du pays, et donc sur sa croissance, compenserait en partie l’effet négatif sur le montant de sa dette libellée en euros.

      Mais cela ne suffirait sans doute pas. Il faut donc imaginer autre chose.

      Ce pourrait être une dévaluation préalable de l’euro, que certains économistes préconisent pour éviter la dévaluation de la nouvelle monnaie nationale.

      Jean-Jacques Rosa en parle dans son excellent livre récemment paru, L’euro : comment s’en débarrasser (Grasset) :

      « La stratégie de dévaluation initiale de l’euro précédant la sécession monétaire permet d’échapper à toute « apocalypse » lors du passage à une monnaie nationale […] Se poursuivant jusqu’à un dollar pour un euro, voire, de préférence, 0,84 dollar pour un euro comme cela a été le cas peu après son lancement, en 2000, sous l’autorité de M. Duisenberg, cette baisse amènerait la monnaie unique à un niveau voisin de son équilibre théorique. […] A ce prix, plus aucune dévaluation de sortie n’est alors nécessaire. Il n’y a donc plus aucune majoration de la dette externe ni sorties massives de capitaux qui anticiperaient une future dévaluation. »

      Pour obtenir cette baisse substantielle de l’euro en amont du retour à une monnaie nationale, il suffirait selon Jean-Jacques Rosa de faire pression sur la BCE pour qu’elle monétise les dettes des Etats membres (comme elle a déjà commencé à le faire, et comme le fait la Fed avec son quantitative easing), l’effet d’annonce d’une sortie de l’euro faisant le reste.

  2. Jean LENOIR dit :

    Bonsoir Olivier,

    Je me méfie des amalgames. 1990 n’est pas 2011 et la sortie des pays de l’ex URSS n’avait rien à voir avec la problématique du jour.
    Tout d’abord, il y a les traités et les vrais questions qui vont avec.
    Ensuite, à traiter à chaud on risque de traiter le cadavre refroidi. Nous vivons à mon sens une cris e, laquelle nous dépasse, et ce serait, à mon sens une épouvantable erreur hâtivement menée au nom du populisme ambiant.
    Vous l’avez si bien dit récemment : « ça sent le sapin »… eh bien il est trop tard, abominablement trop tard. C’est le calice que nous vivons à cette minute…

    Amitiés

    Jean LENOIR

  3. BA dit :

    Lundi 4 juillet 2011 :

    Standard & Poor’ sème le trouble sur l’issue de la crise grecque.

    Standard & Poor’s a jeté lundi de nouveaux doutes sur l’issue de la crise grecque en prévenant que les solutions proposées par Paris pour rééchelonner la dette grecque par des échanges de titres reviendraient à placer Athènes en situation de défaut sélectif.

    La mise en garde de l’agence de notation a du coup donné un coup d’arrêt au rally boursier observé la semaine dernière sur les valeurs bancaires européennes alors que les ministres des Finances de la zone euro ont donné samedi leur feu vert à une nouvelle tranche d’aide de 12 milliards d’euros à la Grèce.

    Par l’intermédiaire de la Fédération bancaire française (FBF), les banques françaises, qui sont les banques étrangères les plus exposées à la Grèce, ont proposé deux plans d’action pour le rollover de la dette grecque pour couvrir les besoins d’Athènes de 2011 à 2014.

    Mais, selon S&P, l’un comme l’autre impliquent des pertes pour les créanciers privés de la république hellénique.

    « Si l’une ou l’autre de ces options étaient mise en oeuvre dans sa forme actuelle, et à défaut d’information complémentaire, nous considèrerions probablement cela comme un cas de défaut », prévient l’agence de notation américaine dans un communiqué.

    « Dans ce cas, nous abaisserions probablement la note souveraine grecque à ‘SD’, ce qui indiquerait la restructuration dans les faits d’une partie, mais pas de la totalité, de sa dette obligataire. »

    En Bourse, les valeurs bancaires européennes, qui avaient profité la semaine dernière d’un certain optimisme autour du dossier grec, sont repartis à la baisse.

    Vers 13h15, l’indice de référence Stoxx 600 des banques européennes est en baisse de 1%.

    A Paris, les valeurs bancaires accusent les plus fortes baisses du CAC 40.

    BNP Paribas, Crédit agricole, et Société générale abandonnent respectivement 1,76%, 1,95% et 2,05%.

    CDS GRECS EN HAUSSE

    « Le soulagement venu la semaine dernière du vote des députés grecs est maintenant quelque peu éclipsé par cette annonce (de S&P, NDLR) », fait remarquer Marc Ostwald, stratégiste chez Monument Securities.

    La mise en garde de S&P « pourrait venir perturber la succession d’annonces crédibilisant que la situation grecque était de nouveau sous contrôle à horizon 12 mois », soulignent de leur côté les analystes de CM-CIC Securities dans leur note de recherche.

  4. Jean LENOIR dit :

    Je reviens sur la dévaluation compétitive de l’euro. Tout d’abord je ne pense pas que vous puissiez prévoir que l’euro descende à 0,80-0,90 $. Ce niveau supposerait que le dollar soit lui-même stabilisé. Inutile de dire que ce scénario paraît très improbable.
    A ce prix, beaucoup de nos produits s’exportent, certes – croyez-vous que cela ne sera pas sans soubresauts de l’autre côté de l’atlantique et de l’érection de fortes barrières douanières ?… Par contre les produits de base et l’énergie deviennent hors de prix… Tout ceci extrêmement brutalement.

    Et quand bien-même…
    Que devient la mosaïque de l’Europe,- car ne rêvons pas l’Europe éclate -, dans cette histoire ? Torpiller l’euro ne revient pas à réduire les écarts structurels et sociaux qui auraient dû être le préalable à l’édification de l’Europe. De l’Allemagne à la Grèce les écarts demeurent voire s’amplifient car, tondre un pays à l’agonie, augmente souffrance et perdition.

    Qui dit balkanisation, dit cristallisation des nations et cela revient à dire, qu’en pleine crise, on ajoute des tensions politiques, des sources de conflit rendues, possibles autant par l’exacerbation du nationalisme que par le sentiment de haine à l’égard du voisin.

    Bravo alors pour le populisme, on revient au galop des décennies en arrière.

    Face à une faillite généralisée, il n’y a plus de solution. Les économies en ruine, à l’instar des maisons FANNY MAE saisies, tombent en ruine et sont la proie des pillards.

    A cette heure, comme je voudrais avoir tort et pouvoir me trouver la tête dans le sable.

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