Sur le caractère « irréversible » de l’intégration européenne

Ce qui suit est un dialogue entre Charles de Gaulle et Alain Peyrefitte, alors son ministre de l’Information. En le lisant, on ne peut s’empêcher de penser à la situation actuelle de l’Europe. Le Marché commun a laissé la place au Marché unique et à l’euro, mais les arguments des partisans de l’intégration n’ont pas changé…

– De Gaulle : Le Marché Commun, il n’y a en fait que deux ans qu’on a commencé à le réaliser. Or notre expansion industrielle remonte à bien avant deux ans. L’expansion industrielle allemande, italienne, de même. Ceux qui racontent des histoires sur les bienfaits incomparables de l’intégration européenne sont des jean-foutre.

– Alain Peyrefitte : Le traité de Rome n’a rien prévu pour qu’un de ses membres le quitte.

– De Gaulle : C’est de la rigolade ! Vous avez déjà vu un grand pays s’engager à rester couillonné, sous prétexte qu’un traité n’a rien prévu pour le cas où il serait couillonné ? Non. Quand on est couillonné, on dit : « Je suis couillonné. Eh bien, voilà, je fous le camp ! » Ce sont des histoires de juristes et de diplomates, tout ça.

Alain Peyrefitte, C’était De Gaulle, Fayard, tome 2, page 267

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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12 commentaires pour Sur le caractère « irréversible » de l’intégration européenne

  1. Jean LENOIR dit :

    LOL chers amis,
    Le bon sens et la raison. Par contre je taxerai le Général de Gaulle, au risque de passer pour un hérétique, d’imprévoyant économique.
    Son fameux « L’intendance suivra » …et voilà où ça nous a menés : à la chienlit !

    Bonne soirée

    Jean LENOIR

  2. Geraldine dit :

    M. LENOIR,

    De Gaulle a dit aussi « La politique de la France ne se fait pas à la corbeille »… et il avait raison jusqu’à ces dernières années. Ses récents successeurs l’ont fait mentir, puisque aujourd’hui la politique de notre pays est aux ordres des marchés financiers, du FMI, de la Banque mondiale, des banques centrales (toujours les banques….!!) etc.

    Il n’aurait jamais supporté cette dépendance-là. Cette humiliation. Cet asservissement du peuple français (et des peuples européens) à la chienlit des ploutocrates et des rentiers.

    Tout ça va très mal finir. Car les banques passent, et la France est éternelle.

  3. Jean LENOIR dit :

    Géraldine,

    Vous vous méprenez sur mes intentions… Je n’ignore pas que la politique de la France ne se fait pas à la corbeille. Toutefois permettez-moi de pointer du doigt, le fait que l’impéritie de la dépense non couverte par des recettes est, sinon criminelle, du moins largement irresponsable.

    Oui, je suis d’accord avec vous sur un point : cela va très mal finir. Quant à l’éternité de la France, encore faudrait-il définir ce qu’est la France ?

    Ah oui un dernier point, je suis un rentier à la minuscule retraite (il fallait bien la prendre) et je fais partie des gens qui pensent qu’il convient de rester actif et entreprenant bien après l’âge ancien légal de la retraite, amendé par Mitterand (on ne lui demandait rien, mais lui voulait continuer à creuser les déficits en étant réélu), car on voit bien que le trop de social n’est que la prédation du social.

    J’arrête …car je sens que je sors des limites du sujet…. quoique !

    Bonne soirée

    Jean LENOIR

  4. BA dit :

    Un vent de panique a soufflé lundi sur les marchés financiers de la zone euro face aux craintes de voir la crise de la dette gagner l’Italie ou l’Espagne, ce qui mettrait l’Union monétaire en péril, alors qu’à Bruxelles le responsables européens peinaient à trouver la riposte.

    « On est devant quelque chose qui est plus systémique que le seul cas de la Grèce, qui concerne la stabilité de la zone euro dans son ensemble », a averti la ministre espagnole des Finances, Elena Salgado, en arrivant à une réunion avec ses homologues de l’Union monétaire, aux allures de sommet de crise.

    Avant les ministres des Finances, le président de l’UE, Herman Van Rompuy, a réuni pour une rencontre impromptue ses collègues de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker, de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet et de la Commission européenne José Manuel Barroso.

    Objectif officiel : « coordonner les positions » sur le dossier grec au moment où les dissensions s’étalent au grand jour et où les Européens n’écartent plus totalement l’idée d’un défaut partiel de la Grèce.

    Mais l’inquiétude dépasse la seule Grèce à présent.

    L’Italie pèse économiquement à elle seule plus de deux fois plus que les trois pays réunis qui ont été sauvés à ce jour de la banqueroute : Grèce, Irlande et Portugal. Si elle cédait, c’est toute la zone euro qui serait menacée.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=4ecfd46a03b6039c95852406ebf9513c

  5. BA dit :

    Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne : les investisseurs internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité de ces cinq Etats à rembourser leurs dettes.

    Toutes les courbes augmentent de façon exponentielle.

    Ces cinq Etats ont des courbes qui annoncent un cataclysme.

    Italie : taux des obligations à 2 ans : 4,203 %.

    Italie : taux des obligations à 3 ans : 4,700 %.

    Italie : taux des obligations à 10 ans : 5,683 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

    Espagne : taux des obligations à 2 ans : 4,237 %.

    Espagne : taux des obligations à 3 ans : 4,878 %.

    Espagne : taux des obligations à 10 ans : 6,030 %.

    Irlande : taux des obligations à 2 ans : 17,767 %. Record historique battu.

    Irlande : taux des obligations à 3 ans : 17,242 %. Record historique battu.

    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 13,201 %. Record historique battu.

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 18,250 %. Record historique battu.

    Portugal : taux des obligations à 3 ans : 19,882 %. Record historique battu.

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 13,382 %. Record historique battu.

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 31,111 %. Record historique battu.

    Grèce : taux des obligations à 3 ans : 29,725 %. Record historique battu.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 17,017 %.

    • Trend dit :

      Cher BA,
      Vous devriez savoir que lorsque les dettes sont tellement exorbitantes à un point que celles-ci peuvent entrainer des dommages difficillement réparables, ce sont alors là les débiteurs et non les créditeurs qui ont les cartes en main et de DECIDER de la situation nouvelle. Sic..

  6. Don Salluste dit :

    De la même source, page 80 de mon édition
    « Alain Peyrefitte : C’est le système Monnet. Il consiste précisément à créer des situations dont on ne peut sortir qu’en accroissant la dose de supranationalité. Chaque difficulté nouvelle nous entraine dans un engrenage qui pousse un peu plus à l’état fédéral et dessaisit un peu plus les gouvernements nationaux.
    Charles De Gaulle : Cela nous n’en voulons pas ! (…..) Les prétentions des commissaires à vouloir donner des ordres aux gouvernements sont dérisoires ! Dérisoires ! »
    Conversation de 1960 !!! Rien n’a changé.

  7. BA dit :

    Mardi 12 juillet 2011 :

    Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne : toutes les courbes explosent.

    Ce matin, à 9h25, les taux de ces cinq Etats explosent.

    Nous sommes en train de vivre des journées historiques.

    Italie : taux des obligations à 10 ans : 5,935 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

  8. Alain dit :

    Dialogue excellentissime. Le Général était.. et reste toujours le meilleur !

  9. Trend dit :

    Meilleurs pas toujours, disons c’est comme un futur bon vin

    Jusqu’à la fin des années 40 pas terrible et pas terrible du tout ( voir Crapouillot ( Hors série sur le General de Gaule). Mais début 50 jusqu’à sa fin de règne , alors parfait et clairvoyant

  10. Ping : Excellente interview de A. Montebourg qui balance sur l'UE - RUTUBE.fr

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