Faut-il sortir de l’euro (et lâcher la Grèce) ?

Compilation des interventions de Jacques Sapir et de Marine Le Pen lors de l’émission de France 2 Mots Croisés hier soir. Les autres invités, notamment l’ancien ministre Christian Estrosi et l’économiste Philippe Dessertine, ont été lamentables. Leur leitmotiv : solidarité (avec les Grecs…) ou catastrophe !

Trois points essentiels à retenir de cette émission très riche :

  1. La Grèce fera défaut, sans doute dans les semaines qui viennent ; c’est inévitable, sauf à imaginer que les autres Etats (Allemagne et France essentiellement) prennent à leur charge entre 340 et 380 milliards d’euros de dettes grecques d’ici à 2018.
  2. Les eurobonds, c’est-à-dire la mutualisation européenne des dettes souveraines, sont une vue de l’esprit : L’Allemagne y est opposée (Angela Merkel vient de le dire très clairement) et de toute façon les agences de notation ont prévenu qu’elles noteraient CCC ces obligations si elles voyaient le jour. Il est triste de voir que c’est l’unique espoir auquel se raccrochent les européistes.
  3. L’inquiétude majeure, en dehors des risques souverains proprement dits sur l’ensemble des pays de la zone euro, ce sont les CDS (Credit Default Swaps). On ignore presque tout de ces produits dérivés qui pourrissent les bilans des banques et c’est la raison pour laquelle la situation comptable exacte de ces dernières n’est pas connue : Qui en a, pour combien ? Les atermoiements des responsables politiques et les pressions de nos amis américains viennent de là, car actionner ces CDS ferait aussi tomber des banques outre-Atlantique.

Conclusion : Il n’y a pas de solution. Le choix est entre de mauvaises et de très mauvaises solutions. La moins mauvaise étant sans doute une restructuration de la dette grecque et une sortie ordonnée de l’euro des pays de la zone, avec naturellement une remise en ordre (et au pas) du secteur bancaire afin que les déposants et les contribuables ne soient pas gravement lésés. Quoi qu’il arrive (c’est moi qui l’ajoute), il y aura du sang et des larmes.

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 55 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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5 commentaires pour Faut-il sortir de l’euro (et lâcher la Grèce) ?

  1. Bonjour,

    Entre mercredi 21 et jeudi 22 septembre, je mettrai en libre écoute et libre téléchargement sur plusconscient.net, section Géopolitique et mondialisation, la bande son intégrale de l’émission Mots Croisés – Faut-il sortir de l’euro.

    Jean-Pierre

  2. BA dit :

    Mardi 20 septembre 2011 :

    Union Européenne : Bruxelles juge une recapitalisation des banques « peut-être nécessaire ».

    Une nouvelle recapitalisation des banques européennes sera « peut-être nécessaire » en raison de l’aggravation de la crise de la dette, a déclaré mardi le commissaire européen chargé de la Concurrence, Joaquin Almunia lors d’une conférence de presse.

    Il va proposer d’étendre les règles mises en place par la Commission en 2008 et 2009 pour permettre aux gouvernements d’apporter une aide publique à leur secteur bancaire.

    « Malheureusement, avec l’aggravation de la crise des dettes souveraines, de nouvelles banques auront peut-être besoin d’être recapitalisées » en plus des neuf qui n’ont pas réussi les tests de résistance des banques effectués en juillet, a dit M. Almunia.

    Dans ces circonstances, « je vais proposer cette année de prolonger les règles autorisant les aides d’Etat » mises en place en 2008-2009, « afin de permettre aux gouvernements de continuer à aider publiquement leurs banques au-delà de 2011″, a-t-il annoncé.

    Ce recours au financement public doit intervenir « en dernier recours », a-t-il mis en garde, encourageant les banques à se « financer sur les marchés et à prendre toutes les mesures possibles, comme la vente de filiales et la limitation des dividendes, avant de se tourner vers le soutien public ».

    « J’aurais préféré qu’on revienne plus tôt aux règles normales » de concurrence, « et c’était mon intention jusqu’à cet été. Mais la situation à laquelle nous sommes confrontés plaide pour une prolongation du régime existant » permettant aux Etats d’aider leurs banques, a-t-il expliqué.

    http://www.boursorama.com/actualites/ue-bruxelles-juge-une-recapitalisation-des-banques-peut-etre-necessaire-7ec7672092fe85e50bc9c5b7ee1c4f52

    En clair :

    Contribuables européens, préparez-vous à payer.

    Contribuables, vous allez payer pour recapitaliser les banques européennes.

  3. Jean LENOIR dit :

    Olivier bonjour,

    Recapitalisation des banques (avec quel argent ?). Oui certaines interventions ont été grotesques, car un incendie de forêt ne peut pas s’éteindre avec un verre d’eau.
    Ce qui fait bondir aussi et je le note dans la citation de BA de Joaquin Almuria (illustre inconnu, pardon) c’est de parler de limitation de dividendes des banques. Cela veut dire que des banques qui vont soit faire faillite, soit être dépecée, versent encore des dividendes ! Immonde…
    Il n’y a plus de solution satisfaisante car c’est l’ensemble du globe qui va trinquer. Marine Le Pen, ce qui n’est pas une adhésion à certaines thèses du FN, populistes et dangereuses, a exposé des solutions certes intéressantes mais qui ne prennent pas en compte qu’un effet de domino est devenu inévitable et qu’il va être planétaire.
    Pourquoi ? Tout simplement parce que nous avons accumulé tous les déficits possibles et imaginables ainsi que les défis que le globe doit affronter à des degrés divers mais partout : manger pour tous, boire pour tous, se soigner pour tous, dépolluer pour tous, transformer les ressources énergétiques pour tous, dé-carboner pour tous, provisionner des pensions et des allocations de non-emploi pour tous, dénucléariser pour tous, pacifier tous les pays dans leurs relations entre eux…
    Cela demande des efforts, des compétences et des consensi extrêmes, déjà en eaux calmes, mais je vous laisse à imaginer ce qui se passe quand le navire sombre.
    Je vois Olivier que vous n’avez pas oublié le sang et les larmes que j’ai dû vous produire un jour avec je ne sais plus lequel de vos articles.
    Que tous les particuliers, artisans, industriels sachent que demain leurs liquidités vont perdre toute valeur et que, seuls ceux, qui se sont (ou le pourront encore, mais pas pour longtemps) se couvrir avec le métal jaune et les produits de base, achetés physiquement, seuls, eux, conservent une chance de ne pas être complètement lessivés et ruinés.

    Mais, par pitié, ne versons plus rien pour les pays en défaut car cela entraînera encore plus de défauts. Il n’y a eu aucun courage politique et financier depuis 2007 pour amender les sommes de laxisme et le laisser-faire qui courraient depuis une quarantaine d’années.

    Mais grand Dieu, que l’on sache que toute tentation de guerre entre les nations de l’Ouest et quelques autres et c’est la fin physique des trois-quarts de l’humanité – qu’au moins ceux qui n’ont pas des « mémoires de poissons rouges » (quel journaliste déjà a dit cela ?) se souviennent le surarmement à l’ère de la guerre froide et les sueurs que cela a données. Il y a assez d’armes dans le monde pour rayer de la carte les trois-quarts de l’humanité.

    Nous sommes sur la frange de l’aspiration d’une gigantesque bonde qui ne demande qu’à s’ouvrir pour nous aspirer telles ces étoiles dévoreuses entre elles.

    Jean LENOIR

  4. Jean LENOIR dit :

    Cher Olivier,

    Mais j’avais fait de même dans un de vos articles… vous n’allez pas penser que j’ignore Churchill …à mon âge LOL (de mémoire, je n’avais pas utilisé la sueur)
    Bonne journée

    Jean

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