Indignés… et après ?

« Il est de bon ton d’être indigné de nos jours. On dirait que c’est devenu à la mode : des représentants éminents des classes dirigeantes en Europe et aux Etats Unis, à qui le système convenait parfaitement jusqu’à hier, se sont mis à proclamer leur solidarité avec les Indignés. Cette indignation est le énième signe de l’antagonisme croissant à l’égard de la politique dans notre société. Parce que lorsque quiconque tente de comprendre la société, avec une connaissance rudimentaire de l’économie, et de ce fait une compréhension de ce qu’est la politique, de ce que le pouvoir signifie, de la façon dont il est organisé, on ne s’indigne pas. On fait des propositions, des grèves, on se rebelle, on vote pour l’opposition ou on en créée une nouvelle. Mais on ne s’indigne pas… En politique, l’indignation, lorsqu’elle est authentique, c’est une réaction instantanée et élémentaire. Lorsque elle devient un état permanent, elle atteste d’une vision simpliste, voire d’une vision primitive du monde ».

Ernesto Galli, historien, dans le Corriere della Sera (via Express.be)

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 53 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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9 commentaires pour Indignés… et après ?

  1. Jean LENOIR dit :

    Bonjour,

    J’essaye de m’imaginer en 2011 avec mon diplôme en poche, celui que j’ai eu en 1968. A l’époque (revenu en France en 1970 après deux ans de coopération) j’avais déjà été inquiet de mon avenir… c’est pour dire au point de prendre l’avion à Tanger pour aller six mois avant mon retour être auditionné pour deux postes (le troisième ne m’ayant pas invité) dont une société où j’avais fait un stage.
    J’imagine qu’aujourd’hui, j’irai en stop jusqu’à Ceuta pour embarquer vers l’Espagne et continuer par des moyens similaires et peut-être le train. Sans doute je rencontrerai des compagnons d’infortune avec lesquels je partagerai la misère de nos situations.
    Est-ce que je serais indignados : sans doute pas, car j’ai une volonté de fer… mais peut-être que je serais heureux de trouver un job dans un fast food avec « évolution ouverte ». Mon père me disait qu’en 1937 des Polytechniciens travaillaient en usine comme mécaniciens, ajusteurs…
    Il n’y a pas de sots métiers, mais il n’y a que de sottes gens à commencer par ceux qui sont les fauteurs de ce gâchis parce qu’ils ont cru qu’un système qu’ils trayaient à fond à leur profit allait pouvoir perdurer ainsi au gré de batailles perdues, de retournement de position à « meilleure fortune » (j’adore cette expression tant elle est stupide) et d’élections gagnées.

    L’indignation, c’est comme l’eau bénite ou les saints sacrements : ça ne peut pas faire de mal même si cela ne fait pas de bien aux vrais indignés (à quelques coups de matraque près, lacrymos ou lances à eau). Par contre les nantis ralliés opportunément, eux sentent confusément qu’ils ont beaucoup à perdre et, naïvement, ils tentent comme Sorros (un comble celui-là quand on sait la responsabilité qui est la sienne dans l’organisation du bordel monétaire, parmi tant d’autres) de se refaire une virginité intellectuelle.

    Je dis depuis des années que les jeunes vont trancher la gorge des vieux qui sucent leur sang et je conseille aux personnes de mon âge de ne pas faire leur âge, non pas par l’apparence physique mais par l’activité et le punch moral…

    Attention aux Pol POT qui pourraient surgir de ci, de là et faire basculer la sympathique indignation dans les bains de sang.

    Jean LENOIR

  2. Olivier dit :

    Bonjour Olivier,
    Le commentaire de cet historien me semble pertinent mais également tinté de conservatisme.
    Ce mouvement n’a pas de revendication pour le moment, il semble logique de ne pas en faire face a un système qu’on remet en cause.
    Actuellement en France, le mouvement peine a trouver écho .
    Parallement les syndicats sont étrangement silencieux et les partis politique établis sont semble ils en retard de plusieurs trains.
    Monter une nouvelle force d’opposition est quasi impossible dans le paysage politique dominé par le bipartisme.
    Je ne pense pas quil puisse y avoir de changement avec les forces politique et syndicales établies.
    Il faut réinventer notre vivre ensemble avec des structures plus souples et plus proches des gens.

  3. BA dit :

    Grèce : décès d’un homme hospitalisé après des incidents pendant une manifestation anti-austérité.

    Les manifestations massives contre de nouvelles mesures d’austérité se poursuivaient jeudi en Grèce pour le deuxième jour, fragilisant le gouvernement du socialiste Georges Papandréou à l’approche d’un sommet « crucial » dimanche à Bruxelles pour le pays et la zone euro.

    Un quinquagénaire, hospitalisé jeudi à Athènes après de violents incidents pendant la manifestation anti-austérité à laquelle il participait, est décédé, a annoncé la police, confirmant une annonce des médias grecs.

    La police n’a pas émis d’hypothèses sur les causes du décès, indiquant seulement que l’homme avait été victime d’un malaise après avoir quitté la manifestation, devant le Parlement, et avait été transporté en ambulance à l’hopital où il est décédé.

    Selon les médias, qui s’appuyent sur le témoignage de sa femme, en larmes devant l’hôpital, la victime est un maçon qui a été blessé à la tête en marge de violents affrontements entre manifestants communistes et un groupe de fauteurs de troubles devant le Parlement.

    La victime doit être soumise à un examen du médecin légiste pour élucider les causes de son décès.

    L’annonce de son décès a soulevé une vive émotion au Parlement, où les députés débattent de la nouvelle loi de rigueur qui suscite la colère de la rue, en vue de son adoption par article dans la soirée. Une députée de la majorité socialiste a mis en cause l’absence de professionnalisme de la police grecque.

    A 11H00 GMT, la police recensait quelque 50.000 manifestants dans les rues d’Athènes tout juste nettoyées des bouts de marbre et poubelles brûlées laissés la veille par une première manifestation géante. Plus de 70.000 personnes avaient défilé mercredi dans la capitale et 125.000 dans toute la Grèce, selon la police et 200.000 selon les syndicats.

    http://www.boursorama.com/actualites/grece-deces-d-un-homme-hospitalise-apres-des-incidents-pendant-une-manifestation-anti-austerite-2065efc4e97fe16ef9693c294a74e0f6

  4. Revolta

    La résignée : Oui à l’indignation et après ?
    L’indignée : On s’indigne d’abord et on voit après
    La résignée : si ça se trouve y a pas d’après
    L’indignée : s’il y a un avant, il y a un après
    La résignée: je n’ai pas cette impression
    L’indignée: tu as l’impression qu’on tourne en rond ?
    La résignée : Non, l’impression qu’il ne peut pas en être autrement!

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/10/revolta/

  5. Libertador dit :

    Soros, Baldwin et même Obama ont tenté de récupérer le mouvement « Occupy Wall Street » ; à moins même que que ce mouvement n’ait été dirigé dès le début par l’élite politico-financière ? On le murmure de plus en plus….. Indignados = manipulation ??

  6. Libertador dit :

    Les 99% aboient, et le 1% passe, Myret Zaki.

    http://www.bilan.ch/editoriaux/mz/les-99-aboient-et-le-1-passe

  7. Olivier dit :

    Quel est votre avis, Olivier, sur ce mouvement des 99% ?

    • Je n’ai pas d’avis tranché sur la question. Pour le moment ce mouvement pacifique paraît assez inoffensif et comme le dit l’historien italien que j’ai cité, un mouvement qui ne fait que s’indigner, sans revendication précise ni volonté d’aboutir à quelque chose de concret n’a pas beaucoup de sens ni d’intérêt.

      Cela dit la situation est tellement grave qu’une étincelle, un événement quelconque pourraient tout changer.

      Quant à l’origine du mouvement, et à la thèse de certains qui soutiennent que ce serait une manipulation du pouvoir et des réseaux de l’oligarchie… je demande à voir.

      Mais il semble clair qu’il y a sinon manipulation, du moins tentative de récupération du mouvement par les tenants du système : Soros, Trichet, et même Obama.

      Il vaut mieux paraître du côté des manifestants, dont la colère est largement partagée par la population, que contre eux.

      Myret Zaki le dit : « comme dans toute guerre, le plus dur et le plus essentiel, c’est de séparer l’info de l’intox. »

  8. Maserati dit :

    Des lobbyistes réputés, liés aux banques, ont proposé un plan de 850.000 dollars pour attaquer le mouvement Occupy Wall Street et les hommes politiques qui lui seraient favorables, a rapporté samedi la chaîne de télévision américaine MSNBC.

    Dans un mémo de quatre pages, publié par MSNBC, la firme de Washington Clark Lytle Geduldig & Cranford (CLGC) propose à l’Association des banques américaines (ABA) de mener une « recherche » sur Occupy Wall Street pour « construire un récit négatif » sur le mouvement, « à placer dans les médias », ainsi que sur « ceux qui les soutiennent ».

    Il préconise aussi, dans ce plan de 60 jours, de surveiller et d’analyser les réseaux sociaux.

    Les stratèges démocrates « discutent ouvertement » de la question de soutenir Occupy Wall Street (OWS), affirme le mémo. S’ils le font, « cela voudrait dire davantage qu’une gêne passagère pour Wall Street. Cela peut avoir un impact de très longue durée, politique et financier, pour les compagnies au coeur » de Wall Street, ajoute ce mémo.

    « C’est peut-être facile de rejeter OWS comme un groupe de manifestants désordonnés, mais ils ont démontré qu’ils devaient plutôt être traités comme des concurrents organisés, très habiles et capables de travailler les médias (…) Pour contrer cela, nous devons faire de même », écrit CLGC qui s’inquiète également d’un possible terrain d’entente entre le Tea Party et Occupy Wall Street.

    Il souligne que cette combinaison pourrait devenir « explosive » quand les « médias vont couvrir la nouvelle série de bonus et les opposeront aux histoires de millions d’Américains ayant moins d’argent durant les fêtes ».

    Deux des associés de CLGC travaillaient précédemment pour John Boehner, le républicain président de la chambre des représentants, selon MSNBC.

    Un porte-parole de l’ABA a confirmé avoir reçu ce mémo. « Nous ne l’avions pas demandé et nous avons décidé de ne pas y donner suite », a-t-il précisé à « Up w/Chris Hayes », l’émission de MSNBC qui en a fait état.

    Le mouvement Occupy Wall Street, né il y a deux mois à New York et qui a depuis essaimé dans d’autres villes américaines, dénonce la cupidité du monde de la finance et les 1% les plus riches.

    Un an avant les élections présidentielle et législatives, il assure vouloir rester indépendant.

    AFP

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