L’année 2012 ne sera pas un long fleuve tranquille

« L’année 2012 ne sera pas « un long fleuve tranquille » puisqu’elle devrait voir se concrétiser l’aboutissement de plusieurs processus de déstabilisation – décrits précédemment – à l’œuvre depuis plusieurs décennies tant en Europe qu’aux USA, pour la résolution desquels il n’y a pas d’autre remède que de procéder à des changements radicaux, de nature politique et monétaire, auxquels les pouvoirs publics actuels se refusent. Bref d’en finir avec l’étatisme autoritaire sous toutes ses formes (en particulier dans sa version socialiste keynésienne) pour aller vers le libéralisme démocratique en associant au maximum les peuples aux décisions qui les concernent au premier chef et en libérant leurs capacités d’initiative ! A cet égard, le désastre de l’euro n’aurait pas eu lieu puisqu’il n’aurait pas vu le jour si les politiciens avaient, par exemple, écouté le peuple français qui s’est prononcé démocratiquement par deux fois via des référendums contre sa création et contre les « constitutions » européennes. Ce qui aurait permis de trouver d’autres solutions équilibrées pour organiser une construction européenne simplifiée et à moindre coût sans remettre en cause la souveraineté de ses Etats-Nations puisque, à notre avis, le fédéralisme intégral articulé autour d’un Super-Etat tentaculaire dirigiste et d’une seule banque centrale gérée par des faux-monnayeurs produisant une monnaie unique de papier n’est ni possible ni souhaitable en Europe.

D’autant que ce sont les mêmes maux qui minent les USA, où l’Etat central et la Federal Reserve installés à Washington, place-forte de la gabegie financière comme d’une incroyable corruption, ont étouffé les libertés individuelles et l’autonomie des Etats fédérés, sans lesquelles l’horreur centralisatrice de « Big Brother » finit par tuer la démocratie et l’économie réelles. Voilà pourquoi Obama, un « arriviste » démagogue financé par le lobby bancaire privé qu’il n’a évidemment rien fait pour mettre à la raison (en particulier parce qu’il a laissé Goldman Sachs et autres vampires de la finance « too big to fail » infiltrer tout le gouvernement US et qu’il n’a pas appliqué les recommandations de Paul Volker s’inspirant de l’ancien « Glass-Steagall Act » de séparer complètement les banques de dépôt et les banques d’affaires) sans oublier qu’il terminera son mandat avec un chômage réel des Américains au plus haut historique depuis la crise des années 1930, perdra vraisemblablement l’élection présidentielle de novembre 2012 au profit d’un candidat décentralisateur soutenu par le mouvement Tea Party et les « Nouveaux Républicains ». Candidat dont la victoire constitue la dernière chance de sortir les USA et l’Occident du dirigisme qui s’exprime principalement au moyen de l’épouvantable Système monétaire de création discrétionnaire et illimitée des monnaies de papier par les banques centrales… Il y a donc un vrai espoir à nourrir pour fin 2012 – début 2013. Le rétablissement unilatéral de la couverture or – partielle ou complète – du dollar US par le prochain président américain succédant à Obama (refermant ainsi la malheureuse parenthèse ouverte par Nixon en 1971) constituerait pour les USA, qui détiennent suffisamment de réserves d’or (dont ils peuvent d’ailleurs toujours remonter le prix officiel) pour le faire, le moyen de sauver le billet vert mais surtout un coup de maitre stratégique permettant de restaurer pour le XXIe siècle leur leadership mondial actuellement déclinant face aux pays émergents BRIC (l’Asie chinoise en particulier) ou même face à une partie de l’Europe, lesquels seraient obligés de suivre la même réforme pour leurs propres monnaies sauf à accepter leur déclin monétaire puis économico-politique. L’histoire est remplie de retournements inattendus et celui-là modifierait la donne mondiale en faveur de l’Amérique qui a vraisemblablement été enterrée un peu trop vite… »

Pierre Leconte, janvier 2012.

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 52 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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6 commentaires pour L’année 2012 ne sera pas un long fleuve tranquille

  1. BA dit :

    Record battu ! Les banques européennes placent 453 milliards d’euros de liquidités auprès de la BCE !

    Un nouveau record est franchi. Les banques européennes ont placé mardi 453,18 milliards d’euros auprès de la Banque centrale européenne (BCE) après avoir déposé 446,3 milliards d’euros euros lundi.

    Le précédent record remonte au 27 décembre dernier : 452 milliards avaient été déposés. La veille, le 26 décembre, un précédent record avait déjà été enfoncé.

    Les banques ont en effet les poches pleines de liquidités depuis que la BCE a procédé à une opération inédite de refinancement en accordant 489 milliards d’euros de prêts à trois ans à 1%, le 21 décembre. Avec cette manne, elles peuvent rembourser leur propres échéances ou souscrire aux emprunts d’Etat, comme elles l’ont fait par exemple pour les bons du Trésor italiens fin décembre.

    Mais pour le surplus, comme elles ne veulent pas prendre le risque de se prêter en elles, les banques préfèrent placer leur argent… auprès de la BCE, qui pourtant ne les rémunère qu’à 0,25%. Elles préfèrent donc être perdantes, mais rester méfiantes vis à vis de leurs consoeurs et concurrentes, ce qui montre que le marché interbancaire n’est toujours pas revenu à son fonctionnement d’avant la crise de 2008.

    La poursuite de la crise de la zone euro combinée aux nouvelles exigences de Bâle III explique en partie cette situation. L’autre explication tient à un changement des pratiques des banques, qui ont modifé la gestion de leurs liquidités depuis la crise précédente provoquée par la faillite de la banque américaine Lehman Brothers en octobre 2008.

    http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/industrie-financiere/20120103trib000675324/record-battu-les-banques-placent-453-milliards-d-euros-de-liquidites-aupres-de-la-bce.html

  2. Jean LENOIR dit :

    « Les Etats-Unis peuvent d’ailleurs remonter le cours de l’or… » Cela laisse à rêver : est-ce une coquille ou bien alors justement une démonstration supplémentaire d’interventionnisme ?
    On sort en effet totalement de la loi du marché quand on lui impose un chemin artificiel, lequel ne peut conduire qu’à des errements et à des catastrophes tels que nous les vivons.
    Ceci dit le bateau est complètement ivre ou, si vous préférez une autre image, on va de contre-braquages en contre-braquages avec la monnaie, la violence desquels ne permettra pas d’éviter d’aller au fossé.

    Triste année 2012 où, de surcroît, il va falloir aller voter partout pour… (nulle part de candidats autre que des incapables d’actions sensées pour se relever d’une faillite mondiale généralisée).

    Jean LENOIR

    • Vous avez raison, vouloir que les Etats-Unis « remontent le cours de l’or » n’est pas cohérent avec la dénonciation du dirigisme étatique dans le domaine monétaire.

      Il vaudrait mieux que l’or soit déclaré monnaie légale à côté du dollar et des monnaies papier, et que les citoyens puissent choisir librement entre ces différentes monnaies pour payer ou être payés. Le taux de change s’établirait ainsi naturellement entre l’or et les autres formes légales de monnaie.

  3. BA dit :

    Mercredi 4 janvier 2012 :

    Italie : Unicredit annonce une décote de 43 % pour son augmentation de capital.

    Unicredit, la première banque d’Italie par les actifs, a annoncé que son augmentation de capital de 7,5 milliards d’euros s’effectuerait au prix de 1,943 euro par action, soit une décote de 43 %.

    Dans un communiqué publié après une réunion de son conseil d’administration, la banque Unicredit a déclaré que la décote sur le cours théorique une fois détachés des droits préférentiels de souscription (TERP) était calculée en fonction du cours officiel du 3 janvier et reflétait les conditions actuelles de marché.

    L’établissement propose deux nouvelles actions ordinaires pour chaque titre ordinaire ou d’épargne détenu. La banque est confrontée à un déficit de fonds propres de 7,97 milliards d’euros, le plus élevé en Europe après celui de Santander.

    Mercredi 4 janvier, l’action Unicredit a plongé de 14,45 %. La Bourse de Milan a chuté de 2,04 %.

  4. aslan dit :

    selon Ehud Barak « la famille Assad n’a plus que quelques semaines à exercer le pouvoir en Syrie »

    Une guerre des USA et d’Israel à la Syrie ?

    http://www.gnet.tn/revue-de-presse-internationale/la-famille-assad-n-a-plus-que-quelques-semaines-au-pouvoir-selon-ehud-barak/id-menu-957.html

  5. BA dit :

    2012, l’année des faillites bancaires ?

    La BCE a prêté 489 milliards d’euros (sur 3 ans à 1 %) à 523 banques européennes, parce que le marché interbancaire ne fonctionne plus (les banques n’ont plus confiance entre elles). Que font les banques de cet argent ? Elles le replacent à la BCE !!! 453 milliards exactement sont placés à la banque centrale, au jour le jour, à un taux inférieur à ces 1 % l’an. Les banques perdent donc de l’argent sur cette opération. C’est Ubu-banque.

    Que pourraient-elles faire d’autre ? Des crédits aux entreprises et aux particuliers ? Mais avec la récession, le taux d’impayés augmente, c’est trop risqué.

    Acheter des emprunts d’Etat qui rapportent de 3 à 7% (France, Italie, Espagne, mettons la Grèce de côté) ? Voilà une opération qui serait très rentable (emprunter à 1% et prêter à 3% ou plus), mais un pays peut faire défaut, aucun n’est à l’abri (ou il peut voir ses taux monter, ce qui diminue la valeur de ses anciens emprunts). Résultat : les banques choisissent la sécurité, quitte à perdre de l’argent.

    Tout cet argent ne rassure même pas les partenaires étrangers, la preuve : la BCE a accordé aujourd’hui 31 milliards de prêts en dollars à des banques de la zone euro qui ont du mal à s’en procurer sur les marchés. Si une banque américaine ne prête pas de dollars à une banque européenne, qui possède pourtant des milliards d’euros de liquidité provenant de la BCE, cela signifie qu’elle doute de sa solvabilité, elle pense qu’elle peut faire faillite avant de rembourser ce prêt. Résultat : la BCE s’y colle (elle se procure ces dollars auprès de la Fed).

    Tout cela nous montre un système bancaire qui agonise lentement, qui connaît un grave problème de solvabilité, et pour lequel un déluge de liquidités (comme celui que vient de faire la BCE) ne fait que repousser les échéances.

    Les banques ne valent vraiment plus grand chose, la preuve : la plus grande banque italienne, Unicrédit, annonce une décote de 43 % pour son augmentation de capital (son action cote 5,705 euros à la bourse de Milan, elle émet des actions à 1,943 euros pour lever des fonds).

    Les actions bancaires ont déjà perdu environ 90 % de leur valeur depuis la crise de 2008, mais divisez encore leur cours par deux pour avoir une idée à peu près plus juste, et encore.

    Bonne année 2012 malgré tout et, ce sera le conseil pour cette nouvelle année, intégrez le risque bancaire dans vos décisions patrimoniales (c’est-à-dire ouvrez plusieurs comptes pour répartir les risques, achetez de l’or physique, privilégiez les actifs réels aux actifs papiers i.e. gérés par les banques), parce que nous risquons fort de connaître, en France et en Europe, des faillites bancaires.

    Philippe Herlin.

    http://ladettedelafrance.blogspot.com/2012/01/2012-lannee-des-faillites-bancaires.html

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