Tout n’est qu’illusion

L’illusion est produite par la manipulation des monnaies, des Bourses, des bilans bancaires, des chiffres de la croissance, du chômage, de l’inflation, etc. Tout n’est plus qu’une sinistre farce, un énorme village Potemkine, dont les conséquences sont pourtant bien réelles sur tous ceux qui n’en sont pas les bénéficiaires exclusifs, les rentiers du système. Mais pour combien de temps encore ? C’est LA question. Car comme cet article d’Aux infos du nain le montre avec beaucoup de pertinence, « le décor, jour après jour, continue de se fissurer ».

« Une chose m’avait titillé quand on nous présentait le sauveur DSK avant qu’il fasse le grand saut. C’était son poste de professeur en économie politique.

Le terme m’a interpellé moultes fois. Économie politique…

Quand on y réfléchit, accoler le terme économie qui se veut une science, au terme politique, ça questionne. Et j’ai réfléchi à ce concept par moi même sans jamais vraiment aller en voir avant ce soir la vraie définition

« Actuellement, ce terme désigne plus particulièrement l’étude théorique des latitudes et moyens d’action de politique économique des gouvernements et des collectivités territoriales, dans le but de réaliser des réformes structurelles, de mener une politique conjoncturelle et de favoriser le développement économique de long terme, et du résultat de ces actions. »

Ça c’est le charabia pour empapaouter le popoy…

Pour moi, le concept d’économie politique consiste désormais essentiellement à distordre la réalité économique, à la travestir, à la faire mentir, pour la faire correspondre à des réalités politiques.

Et à bien y réfléchir, il ressort clairement qu’on est en train de vivre le triomphe de l’économie politique. Triomphe qui sera suivi par un effondrement tout aussi splendide. Car vu que c’est le mensonge qui sous-tend cette conception du monde, le triomphe de l’économie politique, c’est avant tout le triomphe du mensonge. C’est la distorsion maximale au réel, et la force de rappel tout aussi maximale de l’élastique qui va nous ramener au sol.

J’imagine que le concept de base est parti d’un bon sentiment et s’est développé pour lutter contre un libéralisme à la Dickens, trop dur, trop darwinien. Pour pouvoir investir dans l’homme, dans l’éducation, et redistribuer plus justement les richesses.

Mais avec le temps, et avec le développement de la connaissance de la sociologie, des « relations publiques », et de la manipulation des masses, le système s’est perverti.

Le système de redistribution s’est mis à dérailler. L’économie politique n’était plus là que pour servir à faire accepter aux méritants qu’ils se fassent dépouiller par des masses de rentiers toujours plus nombreuses, et qui détiennent le pouvoir de nuisance ou le contrôle de l’appareil.

Il s’est agi de garder le pouvoir et tout était bon pour ça.

Pour permettre à la machine à distribuer des rentes de tourner à plein, il fallait retirer toute dernière attache au réel et ce fut fait avec le détachement du dollar de l’or par Nixon. Les apprentis sorciers ont alors eu le champ libre pour se livrer à leur grand Frankenstein économique, et leur fuite en avant dans la dette.

On a poussé le vice jusqu’à distordre la réalité à un tel point qu’on a construit des montagnes de fausse épargne pour les électeurs du moment, avec les impôts futurs de leurs propres enfants… Avec des niveaux de dette publique atteints jamais vus en temps de paix.

L’économie politique, c’est la gestion de l’acceptation de la rente, la mise en place de transferts de revenus vers les clientèles politiques, sans que ceux qui se font piller ne s’en rendent compte. La gestion moderne d’un esclavage subtil et qui ne se voit pas. Pour ça, les rentiers ont deux outils de manipulation du réel : l’impôt et la monnaie (c’est à dire la dette). Au départ, les rentiers ont réduit des gens en esclavage pour s’accaparer le fruit de leur travail. C’était sommaire, primitif, et difficile à nier. Ça a donné des résultats moyens, surtout parce qu’un travailleur forcé est un travailleur inefficace. Ensuite on a inventé l’impôt. Mais là encore, c’était visible, malgré tous les efforts d’enfumage réalisés pour le masquer à la vision des travailleurs (comme cette escroquerie de concept de salaire brut). Le dernier outil, encore plus imperceptible, a été la monnaie. L’explosion des ventes et des prix des biens de luxe (art, vins, voitures de luxe…) au niveau mondial est le signe d’une inflation gigantesque au niveau mondial depuis 30 ans. Et les banquiers centraux se félicitent du fait que le prix du paquet de spaghettis reste sous contrôle, vu que cette fausse monnaie est totalement accaparée par les kleptocrates, dont le besoin en spaghettis n’est pas supérieur à celui du poypoy lambda, et ils orientent donc cette fausse monnaie vers des biens futiles ou des gros actifs.

En plus de protéger des rentiers de plus en plus étouffants en son sein, l’occident lui même dans son ensemble est le rentier du monde. L’économie de l’occident n’est plus qu’un décor de théâtre. Tout ça n’est que mascarade. L’épargne est fausse. La richesse est fausse. Les revenus n’ont plus aucun lien avec le mérite ou la moindre justice sociale. Les taux d’intérêt et les taux de change, très largement à notre avantage, ne tiennent plus qu’à une croyance du reste du monde dans la verroterie financière compliquée qu’on leur agite devant les yeux. Et les pauvres du monde entier nous confient leur épargne et nous vendent leur travail contre des petits papiers avec de jolis symboles dessus, et qu’ils stockent. Et ils croient investir, épargner. Tout ça pour qu’on puisse continuer de payer sa rente au « chargé de communication et de coordination dans le cadre de la mise en place de l’agenda 21 et du développement durable de Pluvuis les Chatailloux » ou sa retraite de 2000€ à papy Robert.

Le système arrive à bout de souffle. La réalité se fait jour partout. Comme l’URSS en son temps, le mensonge a besoin de grossir, et il devient trop gros pour être caché sous le tapis. Ça déborde de partout.

L’effet de la pilule de soma se dissipe…

Souvenez vous du meilleur des mondes d’Aldous Huxley. A la fin du livre, l’alpha rebelle s’en va sur une île que le système a laissée pour que les inaptes à la manipulation puissent vivre librement.

Dans notre système, cette île, c’est l’or. Et les actifs réels non financés par le crédit (ce qui exclut l’immobilier). Pour l’instant, le système tolère encore cette soupape, cette île. Mais pour combien de temps encore ? Car le décor, jour après jour, continue de se fissurer. Encore aujourd’hui, le triple A de la France… Combien de temps les marionnettistes et les faussaires vont réussir à faire tenir l’illusion de leur économie politique ? »

Aux infos du nain, le 14 janvier 2012

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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6 commentaires pour Tout n’est qu’illusion

  1. Jean LENOIR dit :

    Bonjour,

    Il y eut la religion, l’opium du peuple. Il y a l’économie politique, l’opium du peuple. Seuls les contrariens n’acceptent pas ces doctrines montées de toute pièce contre l’idée même de Dieu ou de la monnaie. Pour Dieu c’est très simple : il est accommodé à la sauce des « grands prêtres », véritable ploutocrates de la religion.
    Pour l’économie politique c’est l’art de faire accumuler de la mousse à la pièce (ou au billet) alors que le bon sens commun sait que « pierre qui roule n’amasse pas mousse ».

    Il en restera plus qu’à institutionnaliser ou décréter que la détention d’or ou d’argent physique est un crime contre la monnaie, pour désigner à la vindicte populaire les boucs émissaire de la crise, confisquer leurs avoirs et le tour sera joué…
    On continuera à fabriquer de la mousse à partir des métaux confisqués jusqu’à ce qu’un jour on en autorise à nouveau la détention pour un nouveau cycle d’illusions avant re-confiscation.

    Qui doit-on mépriser le plus à votre avis ? Le Prince, lequel n’est que l’illusion du bien public, ou, alors, le « poypoy » qui succombe à la mousse du pouvoir ?

    Popoys de tous les pays, réveillez-vous !

    Jean LENOIR

  2. BA dit :

    Lundi 16 janvier 2012 :

    FESF : Standard and Poor’s abaisse d’un cran la note à AA+, n’exclut pas de la relever.

    L’agence d’évaluation financière Standard and Poor’s a abaissé lundi d’un cran à AA+ la note du Fonds de soutien européen (FESF), mais n’exclut pas de la relever à AAA si des garanties supplémentaires devaient lui être accordées, selon un communiqué.

    Cette décision est la conséquence de l’abaissement de la note de la France et de l’Autriche, qui faisaient partie des Etats notés AAA et permettaient au Fonds, par leurs garanties, de bénéficier de la note optimale de SP.

    (©AFP / 16 janvier 2012 19h34)

    En zone euro, quatre Etats sont notés AAA.

    Ces quatre Etats AAA sont des Etats du nord de l’Europe : l’Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Finlande.

    Dans les mois qui viennent, ces quatre Etats AAA accepteront-ils d’apporter des garanties supplémentaires au FESF pour aider les autres Etats de la zone euro ?

  3. BA dit :

    Lundi 16 janvier 2012 :

    Mario Draghi (BCE) : « Sans triple A, le FESF doit être renfloué. »

    Strasbourg (Parlement européen) – Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a estimé lundi que le Fonds de secours européen FESF, privé de sa note AAA par Standard and Poor’s, devrait être renfloué pour garder sa force de frappe en l’état.

    Il faut des contributions supplémentaires des pays encore notés AAA pour que le FESF conserve la même capacité ou puisse prêter au même taux, même après une dégradation, a-t-il dit lors d’une audition devant le Parlement européen.

    (©AFP / 16 janvier 2012 20h33)

    En zone euro, quatre Etats sont notés AAA.

    Ces quatre Etats AAA sont des Etats du nord de l’Europe : l’Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Finlande.

    Dans les mois qui viennent, ces quatre Etats AAA accepteront-ils de payer des contributions supplémentaires au FESF pour aider les autres Etats de la zone euro ?

  4. Jean LENOIR dit :

    Renflouez le FESF… un peu comme essayer de remplir un extincteur percé : oui tout n’est qu’illusion.

    Jean LENOIR

  5. ISAMEL dit :

    le gold n est pas une ile mais est a l origine de l illusion globale , générale . mondiale, universelle..tant que les peuples ne décideront pas d’élaborer une étalon d’échange fondé sur le travail et le mérite ce qui suppose une conception d’un nouveau système monétaire basé sur les valeurs ci-dessous

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