Olivier Delamarche : « Les banques ne prêtent plus »

Les banques (en faillite) ne prêtent plus : le credit crunch menace. Pour compenser la BCE imprime de la monnaie comme jamais, au point que le « hedge fund BCE » a un bilan plus chargé encore que le « hedge fund Fed »Mais si cet argent permet à certains actifs comme les actions de monter, les entreprises et l’économie, elles, n’en voient pas la couleur. La preuve, Sarkozy et Hollande veulent tous les deux créer une banque publique d’investissement…

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 52 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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14 commentaires pour Olivier Delamarche : « Les banques ne prêtent plus »

  1. njaisson dit :

    Le problème ne’est pas tant l’offre de crédit par les banques que l’absence de demande de crédit par les entreprises. D’une part celles-ci sont prudentes en raison des incertitudes liés à la conjoncture,, notamment la dégradation du pouvoir d’achat. D’autre part les entreprises se passent de plus en plus des banques pour leur financement, dans la mesure où les gains de productivité réalisés ces dix dernières années leur ont permis de reconstituer une trésorerie excellente, malgré la crise. Les périodes de crise ont ceci de bon ton qu’elles éliminent les faibles au profit des forts et la rationalisation aidant le ROE des entreprises cotées n’a jamais été aussi bon, à tel point qu’elles se remettent à émettre du papier commercial sur les marchés, ce que les banques n’osent plus faire. Le coût de l’endettement sur les marchés est actuellement plus favorable que celui du crédit, à cause notamment des contraintes réglementaires qui obligent les banques à répercuter le coût du capital dans leur marge commerciale.

    • Allez dire ça aux PME qui n’ont plus accès aux financements bancaires, ou à des taux prohibitifs… et qui, de ce fait, soit ne peuvent pas se développer, soit finissent carrément par mettre la clé sous la porte.

      Ce que dénonce Delamarche est vrai : fragilisées par leur propre situation financière, les banques européennes (et notamment françaises) ne prennent plus aucun risque. Déjà que nos banques n’en prenaient pas beaucoup… Aujourd’hui, elles préfèrent placer l’argent prêté par la BCE sur les marchés actions ou obligations, c’est plus juteux. Pour le reste, elles le remettent aussitôt en dépôt auprès de la BCE, contre le versement d’un petit intérêt. Elles ne se prêtent même plus entre elles, le marché interbancaire est gelé. Et ça fait un moment que ça dure.

      • njaisson dit :

        Je répète que le problème du crédit vient plus de l’absence de demande que du refus des banques de prêter. En ce qui concerne Delamarche, il se plante systématiquement dans ses prévisions. Soit il le fait exprès pour faire genre je joue le rôle du pessimiste parce que ça plaît bien aux auditeurs, soit il y croit et il prend ses positions en conséquence, ce qui n’est pas le cas, autrement il investirait massivement à la baisse.. J’en conclus qu’il ne croit pas à ce qu’il raconte. La preuve en est qu’il n’explique jamais les ressorts fondamentaux des mouvements de marché, autrement que dire que de toute évidence les marchés doivent s’effondrer. Ca a marché de 2007 à 2009 avec le dollar. Ca remarche avec l’euro aujourd’hui pour le plus grand bonheur de BFM et de ses auditeurs qui ne demandent qu’à se faire peur. Mais je ne suis pas sûr que le portefeuille des clients de Delamache y trouve son compte, au contraire de celui-ci qui doit sans doute investir secrètement contre les positions de ses clients. De fait en faisant l’inverse de ce qu’il raconte avec des dérivés vanilla, on gagnerait une fortune.

  2. Geraldine dit :

    Oui et comme dit O. Delamarche, quand l’argent stocké va un jour se remettre à circuler, bonjour l’inflation !

  3. Jean LENOIR dit :

    Inflation amplifiée par la chute de l’Euro…

    Jean LENOIR

    (de Singapour où cela ne va pas fort non plus… du moins ce que l’aéroport en laisse à entrevoir)

  4. njaisson dit :

    Vous vous souvenez des prévisions apocalyptiques de 2008/2010 qui nous prédisaient l’hyperinflation au coin de la rue quand a presse financière faisait ses choux gras en annonçant la disparition du dollar? A ce niveau ce n’est plus de l’aveuglement, mais du vice.

    • matbee dit :

      L’hyperinflation = fuite devant la monnaie par perte de confiance totale. Patience, on y viendra bientôt… quand le système financier se sera écroulé. Pour le moment les apprentis sorciers qui dirigent le monde ont mis des rustines mais ça ne durera pas éternellement.

  5. Stéphane dit :

    @njaisson

    qu’est ce qui vous fait dire qu’Olivier delamarche s’est trompé dans ses prévisions ? c’est une affirmation totalement gratuite … moi je vois que sur la Grèce, la baisse des indices actions, la zone euro, la conjoncture US et les chiffres du chômage, etc il a vu tout a fait juste.
    et ses résultats de gérant vous les connaissez ? à moins que vous soyez client …

  6. BA dit :

    Lundi 30 janvier 2012 :

    Coup de frein à la croissance des crédits aux entreprises.

    Selon les dernières statistiques de la Banque de France, la croissance des crédits aux entreprises a été divisée par deux en un mois, entre novembre et décembre dernier, à 1,6 %. Une décrue liée à la chute des crédits de trésorerie.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0201867842720-coup-de-frein-a-la-croissance-des-credits-aux-entreprises-281563.php

    • njaisson dit :

      Le bilan de la banque centrale de Chine est pire encore. Et alors? Avez-vous déjà vu une banque centrale faire faillite? Les courbes de marché ne suivent pas les cycles du crédit, elles les anticipent. C’est la raison pour laquelle les opérations d’open markets sont de bons indicateurs de tendance. Maintenant loin de moi de vouloir soutenir ce système qui est stérilisateur par nature. Mais trop de gens y sont attachés, du fait de la préservation de leur situation acquise, pour qu’un changement puisse avoir lieu de façon démocratique et non violente. En attendant, faute d’expliquer clairement comment les choses se passent sur les marchés, les détracteurs du système du crédit sont de piètres prévisionnistes. Normal: ils n’ont en général qu’une connaissance livresque.

  7. BA dit :

    Mercredi 1er février 2012 :

    Zone euro : les conditions du crédit restent tendues.

    Les conditions du crédit bancaire se sont encore resserrées au quatrième trimestre 2011 en zone euro et vont continuer à le faire, malgré les prêts offerts en abondance aux banques par la Banque centrale européenne (BCE), a indiqué cette dernière mercredi.

    Selon ce sondage trimestriel réalisé auprès d’un échantillon de 124 banques de la zone euro, 35% d’entre elles ont reconnu avoir resserré les conditions de l’allocation du crédit pour les entreprises du secteur non financier, contre 16% lors du précédent sondage au troisième trimestre.

    Concernant les prêts immobiliers pour les ménages, 29% des instituts sondés ont déclaré avoir durci les conditions de leur allocation, contre 18% au troisième trimestre.

    Les banques ont resserré dans une moindre mesure les conditions du crédit à la consommation (13% au quatrième trimestre, contre 10% précédemment).

    Pour le premier trimestre 2012, les banques de la zone euro s’attendent à un nouveau resserrement des conditions du crédit, mais à un rythme moins soutenu qu’au quatrième trimestre 2011, note l’étude de la BCE.

    Les instituts de crédit ont justifié leur réticence à prêter par l’assombrissement de la conjoncture économique et la crise de la dette en zone euro, qui a continué à miner la position financière du secteur bancaire, et la vigilance accrue des marchés sur les risques d’insolvabilité des banques au quatrième trimestre a probablement exacerbé leurs difficultés à lever des fonds, ajoute l’étude.

    Le resserrement du crédit bancaire a été un phénomène largement partagé en zone euro, à l’exception notable de l’Allemagne, souligne encore la BCE.

    Les banques restent donc réticentes à ouvrir le robinet du crédit, et ce malgré les montants de liquidités sans précédent qui leur sont prêtés par la BCE.

    L’institution de Francfort (ouest) a en particulier accordé aux banques un prêt historique de près de 500 milliards d’euros sur trois ans fin décembre. Elle doit en accorder un autre fin février et la demande des banques pourrait doubler, selon la presse.

    Le président de la BCE Mario Draghi n’a de cesse de défendre cette politique très généreuse, même si elle ne se traduit pas pour l’instant par un accès plus facile au crédit des consommateurs et entreprises européennes.

    Il a toutefois reconnu la semaine dernière qu’il était encore trop tôt pour savoir si cet argent finance vraiment l’économie réelle.

    http://www.romandie.com/news/n/_Zone_euro_les_conditions_du_credit_restent_tendues010220121102.asp

  8. BA dit :

    Voici comment fonctionne le circuit fermé, en haut :
    – Les banques privées européennes empruntent 489 milliards d’euros à la BCE à 1 %.
    – Ensuite, avec cet argent, les banques privées européennes prêtent aux Etats européens périphériques. Elles leur demandent de payer des taux d’intérêt très élevés.
    – Enfin, la BCE rachète aux banques privées les obligations des Etats européens périphériques.

    En haut, ce circuit est un circuit fermé. L’argent tourne dans ce circuit fermé.

    L’argent ne descend pas financer l’économie réelle, en bas.

    Coup de frein à la croissance des crédits aux entreprises.

    Selon les dernières statistiques de la Banque de France, la croissance des crédits aux entreprises a été divisée par deux en un mois, entre novembre et décembre dernier, à 1,6 %. Une décrue liée à la chute des crédits de trésorerie.

    (Source : Les Echos, lundi 30 janvier 2012)

    Un quart des banques de la zone euro prévoient de durcir leurs conditions de crédit aux entreprises au cours des prochains mois, accentuant une tendance déjà nettement perceptible fin 2011, montre l’enquête trimestrielle publiée mercredi par la Banque centrale européenne.

    Menée entre le 19 décembre et le 9 janvier, cette enquête auprès de 124 établissements ne prend sans doute pas pleinement en compte l’impact de l’injection massive de liquidités réalisée par la BCE à l’occasion de son premier appel d’offres à trois ans le 21 décembre. Mais elle est de nature à nourrir les inquiétudes sur les risques d’assèchement du crédit avec la prolongation de la crise de la dette dans la zone euro.

    Les banques participantes ont expliqué l’intensification du resserrement des règles de crédit par la conjonction défavorable de la détérioration des perspectives économiques et de la crise de la dette souveraine de la zone euro, qui a continué de saper la situation financière du secteur bancaire », explique la BCE.

    Elle ajoute que 35% des banques ont durci leurs conditions de crédit aux entreprises au quatrième trimestre. Cette proportion n’était que de 16% dans l’enquête sur le troisième trimestre 2011.

    Une banque sur cinq (21%) prévoit une baisse de la demande de prêts des entreprises sur les trois premiers mois de cette année, contre 5% seulement au troisième trimestre. La demande de prêts immobiliers est attendue en baisse par 44% des établissements.

    Vendredi, le président de la BCE, Mario Draghi, avait déclaré que les 489 milliards de liquidités apportés aux banques lors du refinancement à trois ans de fin décembre avaient permis d’éviter un « credit crunch » majeur, mais il avait ajouté que le crédit restait fortement affaibli dans certaines parties de la zone euro.

    http://www.20minutes.fr/ledirect/871376/banques-prevoient-net-durcissement-credit-bce

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