La troïka mène la Grèce vers la révolution (N. Farage)

(Strasbourg, le 15 février 2012)

Avec l’analyse décapante de hashtable : « Les libéraux (les vrais, les durs, les poilus) n’ont eu de cesse depuis le début de la crise de dire que non, les banques ne doivent pas être sauvées, qu’il existe des mécanismes de faillites ordonnées et rapides pour éviter la spoliation des déposants, et oui, il faut sanctionner les décisionnaires fautifs dans ces établissements, que la faillite, tant d’un établissement que d’un État, était l’une des méthodes les plus efficaces pour purger le marché de ses canards boiteux.

Mais au vu de ces éléments, on comprend l’importance des manœuvres frénétiques des politiciens pour camoufler leur incompétence, soit par des bricolages financiers de plus en plus hasardeux, soit par des polémiques futiles et ridicules comme en propose la campagne présidentielle française : non seulement, les peuples ne doivent plus avoir leur mot à dire, mais en plus, on va tout faire pour faire taire ces insupportables libéraux qui désignent les bons coupables et les connaissent les bonnes solutions, malheureusement si défavorables aux oligarques et politiciens en place.

Et pour dénoncer l’ultralibéralisme, rien de mieux que les envolées lyriques d’un bobo que la cuistrerie et la mauvaise foi n’ont jamais gêné : le pauvre Cohn-Bendit explique ainsi que l’Europe est aux mains de « talibans néo-libéraux » qui poussent la Grèce dans ses derniers retranchements, faisant ainsi un assaut d’oxymore et d’incohérence que seul un fin connaisseur de son électorat peut se permettre : les libéraux prônant (c’est leur caractéristique principale) le moins d’état et le moins d’interventionnisme possible, on se demande comment on peut qualifier de libéral l’interventionnisme massif des 16 Etats dans la gestion d’un dix-septième, sans passer immédiatement pour un idiot dogmatique de première bourre.

En fait, le petit Cohn-Bendit illustre parfaitement tout le ridicule de l’attitude des socialistes devant la crise.

D’un côté, ils refusent d’admettre leurs erreurs : endettons-nous pour résoudre notre problème de dettes, l’euro doit survivre, un Etat ne peut pas faire faillite, les banques sont Too Big To Fail, désignons des dirigeants si la démocratie tourne au vinaigre pour les intérêts européens, etc.

De l’autre, ils refusent tout aussi catégoriquement, petits poings fermés et regard courroucé, de prendre en compte les remarques réitérés de ceux qui ont vu la crise venir, l’ont prédite, en ont expliqué les tenants, les aboutissants, et les méthodes pour en sortir, parce que ces solutions signifient, très concrètement, la fin de leurs privilèges, leurs pouvoirs et l’admission tacite et claire de leur incompétence crasse.

Cette attitude puérile ne conduira qu’à une unique issue, que Nigel Farage résume bien : le chaos ».

Hashtable, Crisis is back, le 16 février 2012

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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6 commentaires pour La troïka mène la Grèce vers la révolution (N. Farage)

  1. laveritevaincra dit :

    Olivier seriez vous un ultra-libéral????

    • Non. Mais si vous le pensez, c’est que vous confondez – comme beaucoup – le libéralisme et la financiarisation.

      Un vrai libéral est favorable à l’économie réelle et à l’existence de règles pour encadrer les marchés.

      De quoi souffrons-nous aujourd’hui ? D’un développement anarchique de la finance doublé d’interventions et de réglementations qui aboutissent à un capitalisme de connivence, de copinage qui profite exclusivement aux privilégiés du système (actionnaires et dirigeants des multinationales, financiers et spéculateurs, politiciens, hauts fonctionnaires, etc.). Ceux qu’on désigne sous le nom d’oligarchie.

      Et qui nous conduisent à la catastrophe.

  2. Jean LENOIR dit :

    Bonsoir Olivier,

    Vous avez mille fois raisons. N’importe quel esprit doté de bon sens ne peut ignorer le mal ravageur isssu des « politiques de capitalisme de connivence, de copinage… », le chaos, le désordre et le sang qui en seront issus.
    Nigel Farage est non seulement un orateur né avec toute la force et la fougue d’un Cicéron moderne, mais c’est un politique lucide et intègre.
    Là où il parle on voit les visages gênés des autres sales gosses qui savent très bien toutes leurs bêtises mais ne voudront jamais l’admettre – pauvres fous qu’ils sont car nulle poignée ne peut impunément mettre à mal des millions et des millions de leur concitoyens, les saigner à blanc et à rouge sans eux-mêmes terminer ensanglantés, déchus, condamnés, morts.

    Ma seule peur est que le chaos aille jusqu’à nous priver un jour de ce formidable outil de communication qu’est internet et d’y perdre des amis qu’on n’a jamais vu.

    Amicalement

    Jean LENOIR

  3. giselle dit :

    Crise de l’ Euro en Grèce : l’ Allemagne a la Mémoire Courte
    En 1953 quand l’Allemagne a du négocier avec ses créanciers elle a été mieux traitée que la Grèce.
    http://zebuzzeo.blogspot.com/2012/02/crise-de-l-euro-en-grece-l-allemagne-la.html

  4. BA dit :

    Anne-Laure Delatte, professeur d’économie à Rouen Business School, estime que la Grèce n’a plus vraiment le choix : elle doit se préparer au retour de sa monnaie nationale.

    Challenges : La Grèce peut-elle rester dans la zone euro ?

    Anne-Laure Delatte : Les Grecs ne vont pas avoir le choix. Pour le moment, la situation est absurde. Soit la Grèce reste sous perfusion de l’Europe et le chômage continue d’augmenter, soit l’Union européenne la contraint à faire défaut dès le 20 mars prochain en refusant le versement des 130 milliards, du coup les investisseurs ne lui prêteront plus et c’est donc la sortie forcée de l’euro. Les mesures actuelles sont très coûteuses socialement : réduire le SMIC de 22 % à 500 euros ne pourra pas être supporté longtemps. Si la réduction de 22 % du SMIC grec était appliquée à la France, notre SMIC passerait de 1.100 euros net à 880 euros. C’est intenable. Depuis 2009, le ralentissement de l’économie grecque atteint – 12 %, et on s’attend à une récession de – 6 % en 2013. Aujourd’hui en Grèce, un jeune sur deux est au chômage. Le peuple ne peut pas supporter l’austérité pendant dix ans.

    Une sortie de l’euro peut-elle être salutaire pour la Grèce ?

    Conserver coûte que coûte l’euro entraînera nécessairement une augmentation du chômage. Or, il existe une solution moins coûteuse sur le plan social, celle de la dévaluation. Mais pour dévaluer il faut avoir sa propre monnaie, ce qui achèverait d’exclure la Grèce des marchés financiers d’une part et qui risquerait aussi de faire sombrer le pays dans l’hyperinflation. Pourtant, même le Fonds monétaire international a montré que l’austérité ne porte ses fruits que lorsqu’elle est accompagnée d’une dévaluation. C’est ce qui s’est passé en Finlande en 1992.

    Le retour de la drachme n’appauvrirait-il pas les Grecs ?

    A l’automne dernier, la banque japonaise Nomura a tenté d’évaluer ce que vaudrait la drachme aujourd’hui. Ce serait 60 % de ce qu’elle valait au moment de l’entrée dans la zone euro. Ce qui compte, si la Grèce récupère son ancienne monnaie, c’est d’éviter l’hyperinflation et cela dépendra du gouvernement. Une solution pourrait consister à opérer une « drachmisation » de l’économie c’est-à-dire à convertir l’ensemble des actifs en drachmes. Ensuite, il faut empêcher une sortie massive de l’argent du pays. Or, beaucoup de Grecs ont déjà anticipé la sortie de l’euro. Depuis l’automne, ce ne sont pas moins de 40 milliards d’euros de capitaux qui sont sortis du pays pour être placés ailleurs, soit 17 % du PIB. Ces retraits ont bien entendu été effectués pour mettre à l’abri cet argent de tout risque de dévaluation.

    http://www.challenges.fr/monde/20120216.CHA3338/beaucoup-de-grecs-ont-deja-anticipe-la-sortie-de-l-euro.html?google_editors_picks=true

  5. momo dit :

    Vous me faites, presque tous, vomir avec votre « l’inflation n’est pas le pb mais la solution » ou similaire et, j’ajoute, en mettant les actionnaires (la gr rande masse, s’entend) dans le même sac
    que les ‘privilégiés du système ». A croire que vous ignorez que cette masse des petits actionnaires qui ont cru, en allouant leurs économies à l’achat d’actions et participer ainsi aux besoins des entreprises de leur Pays ont perdu , crises successives aidant, la plus grande partie de leurs apports ….
    Celà dit, les vrais responsables du système, qui continuent de le gouverner, n’ont guère à craindre de foules en colère:ils sont à l’abri depuis toujours. Les victimes seront, probablment, les émeutiers eux-mêmes qui, cassant leur propre Pays, n’arrangent pas les choses!
    Les vrais riches et leur argent mal acquis ont déjà fui et sont à l’abri….
    Ne prêchons pas la violence elle n’a jamais arrangé quoi que ce soit !

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