Olivier Delamarche : « Les QE, ça ne sert à rien »

(BFM Business, le 27 mars 2012)

Et surtout pas à relancer la croissance, le Japon en est la preuve – comme le QE1 et le QE2. Ben Bernanke a laissé entrevoir la possibilité d’un QE3 pour la simple et bonne raison que c’est le seul moyen pour la Fed d’acheter les treasuries américains, dont plus personne ne veut… En revanche, ce qui monte à chaque QE (ou annonce de QE), c’est le prix de l’or, du pétrole et des matières premières en général, libellées en dollar. On l’a encore vérifié hier.

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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21 commentaires pour Olivier Delamarche : « Les QE, ça ne sert à rien »

  1. njaisson dit :

    Nos politiques ne savent que répéter indéfiniment la même politique définie par les banquiers qui ont confisqué le pouvoir de création monétaire pour s’en servir comme d’une arme de domination tant sur le politique que l’économique. Tant que ces gens-là conservent le pouvoir de création monétaire par le crédit et la dette, nous ne sommes pas près de sortir du cercle vicieux qui veut que les offres supplémentaires de crédit sont condamnées à disparaître dans la spirale infernale de l’endettement au lieu de générer de la richesse réelle. Comme nous sommes installés dans des économies étatiques d’endettement partout dans le monde, les chances de sortir de l’impasse sont faibles. IL faudrait pour cela couper l’herbe sous les pieds des politiques et le leur clientèle fonctionnarisée, ce qui n’arrivera jamais faute d’une opposition puissante réellement libérale capable de s’opposer à la gouvernance socialiste mondiale portée au pouvoir absolu grâce à l’aide obligée des banquiers trop heureux de se servir des titres de dette publique comme moyens de financement privés. Nous sommes donc dans l’impasse complète, à moins d’un deux ex machina qui viendrait nous tirer de ce mauvais pas. La chose n’est pas impossible, au vu de certains précédents dans l’histoire biblique.

    • gidmoz dit :

      @njaisson
      Je suis entièrement d’accord avec votre commentaire, et avec votre regret de voir que l’Etat contrôle la monnaie pour s’endetter toujours plus. L’économiste Philippe Simonnot disait que l’Etat est l’ours gourmand qui a la garde du pot de miel. Cet ours gourmand ne résiste pas longtemps à la tentation de s’endetter.

      Ricardo avait bien vu que l’endettement de l’Etat est un impôt. Mais c’est l’impôt le plus invisible. Les politiciens endettent l’Etat et dépensent pour se faire ré-élire. L’endettement de l’Etat se fait par la création monétaire, et aujourdhui par les QE.

      Le free banking a toujours montré un bon fonctionnement depuis le 18e siècle, et dans de nombreux pays riches. Le chois du free banking est, amha, le seul vrai débat monétaire.

      • camisso dit :

        Free banking : oui

        Sauvetage des banques spéculatives comme vous le recommandez dans votre blog, gidmoz : non !!

        Il fallait juste sauver les dépôts. Or on a endetté les peuples sur des générations….

      • njaisson dit :

        C’est bien le pire cauchemar de nos politiques que la création d’une banque puisse être ouverte à tous et non seulement aux émetteurs/acheteurs de la dette publique qui s’en servent pour générer du crédit en échangeant les titres contre du liquide auprès de leur banque centrale. Imaginez un peu le tout venant allant porter leurs rouleaux de papier toilette à la BdF par exemple en exigeant l’échange des feuilles contre des euros en liquide qui seraient transférés sur leur compte bancaire ouvert dans leur propre banque capitalisé avec leurs économies et le dépôt de leurs revenus. Que ne pourrait-on pas s’offrir avec une telle manne quasi gratuite? Pas seulement des biens de consommation non remboursables, mais surtout des projets d’investissement constructifs de toute sorte qui donneraient une impulsion extraordinaire à la création de PME qui s’auto-financeraient tout en dégageant des marges plus intéressantes. Leur financement serait libéré en effet de l’usure pour être porté par une vision communautaire basée sur l’intérêt commun à la bonne marche des affaires au niveau local et non en fonction de critères financiers et prudentiels décidés en fonction de règles fonctionnant au profit exclusif de l’usure à un niveau de décision qui leur échappe. C’est la raison pour laquelle la création de banques publiques est revenue sur le devant de la scène aux Etats-Uni, à l’occasion des plans de sauvetage dont les retombées restent canalisées dans les circuits monétaires de Wall Street, sans revenir jamais dans les poches de Main Street. Le citoyen de base a du mal à comprendre pourquoi les banques se montrent si réticentes à accorder des prêts en prétextant des règles de contrôle des risques Bâle III qui ont pour effet de rendre le crédit encore plus coûteux. Ces mêmes règles sont facilement oubliées par les agences de surveillance, lorsqu’il s’agit de provoquer des mouvements massifs de marché (cf. la chute récente du prix de l’or/argent du fait de la concentration extrême du sell side qui s’était donné le mot pour déclencher la panique parmi les robots de trading) qui remplissent les caisses des market makers avec de la monnaie électronique stérilisée par le système bancaire, sauf pour ceux ayant accès aux passerelles vers le secteur financier non réglementé et ses plages de sable fin.

      • gidmoz dit :

        @njaisson
        Vous redoutez « que la création d’une banque puisse être ouverte à tous ». Mais vous limitez votre propos aux seuls cas où ces banques ainsi créées auraient le droit d’exiger d’emprunter des euros à la Banque Centrale. En ce sens, je suis d’accord avec vous.

        Mais je parlais d’une création de banque en free banking, c’est a dire hors du monopole monétaire légal actuel. Chacun peut alors créer sa banque et sa monnaie selon les règles du commerce ordinaire. Sa monnaie est alors la promesse commerciale de quelque chose. Et cette banque n’a alors aucun droit d’exiger des euros à la Banque Centrale.

        Le fonctionnement d’une banque en free banking fut et reste toujours le même, dans tous les pays où il a existé depuis le 18e siècle. Ce fonctionnement est banal est bien connu. C’est le principe monétaire, alors universel, du 19e siècle. Chaque unité monétaire émise, chaque billet de banque émis par la banque est la promesse commerciale de quelque chose. 1 gramme d’or, par exemple.

  2. Geraldine dit :

    Les QE, ça amène de l’inflation chez les pauvres à travers les produits de base… et des titres financiers en hausse chez les riches.

    • gidmoz dit :

      Votre formule est un bon résumé. L’Etat devra bien résorber ses dettes d’une manière ou d’une autre. Une manière est la recette fiscale. Une autre manière est la diminution de la valeur des créances. La courbe de Laffer nous enseigne que le niveau des impôts est au maximum possible. Au delà de ce maximum, la recette fiscale serait moindre.

      Il reste à l’Etat endetté la solution de voler les créanciers les plus vulnérables par l’inflation des prix. L’Etat n’imaginera pas d’autres formules. La sortie d’une crise monétaire par l’inflation est la panacée des Etats irresponsables.

      • njaisson dit :

        A propos du free banking, ce que vous décrivez n’est ni plus ni moins que le retour à l’étalon qui a conduits aux impasses que l’on sait dans les années trente, lorsque certains pays excédentaires en or, comme la France, préférait thésauriser, plutôt que d’assurer la libre circulation de la monnaie convertible en or. Un des travers de ce système est qu’il est difficilement applicable dans un contexte où les effets commerciaux servent de support monétaire. Je remarque ici que vous faites preuve d’imprécision en ce qui concerne la signification du mot « billet » qui serait émis par la banque sur la base d’une libre convertibilité en or. Apparemment vous vous limiter à la monnaie fiduciaire, les espèces, qui recouvre une infime partie de la masse monétaire en circulation. Les banques centrales peuvent démultiplier les effets de commerce échangeables par la manipulation des taux d’intérêts qui en période de haute conjoncture sont maintenus artificiellement bas pour favoriser les échanges économiques. Or des puissances commerciales majeures comme les Etats-Unis ou l’Angleterre dans l’entre-deux-guerres ont naturellement poussé à la multiplication des effets de commerce qui allaient s’changer dans des pays moins intégrés au commerce international mais pratiquant des taux plus élevés, comme la France. Ce déséquilibre entre l’encaisse or disponible et le volume des effets commerciaux entre partenaires économiques a naturellement conduit d’une part à la récession aux US/Angleterre par réduction brutale de la masse monétaire en circulation, dès lors que la quantité d’or disponible n’était plus suffisant pour répondre à la promesse de convertibilité, alors que d’autres pays comme la France stérilisait l’or en le gardant dans leurs coffres. La solution trouvée pour pallier à cette contraction de la vélocité monétaire a été d’assurer la liquidité des actifs bancaires par l’échange de ces titres contre des liquidités banques centrales de façon à garantir la solvabilité des banques et partant le maintien du système de financement des économies.

      • gidmoz dit :

        @njaisson
        1. En free banking, certaines banques émettront une monnaie avec étalon-or. D’autres banques émettront une monnaie fondée sur un panier de biens de consommation, ou de commodities. Un tel panier est, à mon avis, le meilleur valorimètre de monnaie. Il représente du travail et de l’investissement. Une bonne image de la valeur de toute chose. Si la demande d’une marchandise est principalement monétaire, alors, cette marchandise devient une mauvaise monnaie. C’est ma thèse.
        2. Je suis de ceux qui pensent que l’étalon-or est une erreur pour une monnaie monopolistique étatique comme la notre. J’ai écrit un papier “contre l’étalon-or” sur mon blog. La raison en est que la quantité d’or est limitée. Néanmoins, la discipline de l’étalon-or serait moins nuisible que les dysfonctionnements monétaires actuels. Le principal inconvénient du système actuel est qu’il permet à l’État de manipuler la monnaie.
        3. Vous avez raison de dire que le mot “billet” est un choix contestable. J’aurai pu et du utiliser le terme “unité monétaire”. Je commet souvent cette petite approximation pour simplifier mon discours. Une unité monétaire est une certaine obligation de la banque émettrice. Cette obligation est sous une forme papier ou enregistrée sur un livre comptable, ou sur un support métallique. Dans ces divers cas, l’obligation de la banque émettrice est la même.
        4. La monnaie scripturale est la monnaie que chaque client de la BNP voit sur son relevé de compte. Chaque euro de son relevé est la promesse de la BNP de verser un euro de la Banque Centrale. Pour faire bref, on peut la nommer “euro-BNP”. En effet, un euro-BNP est une obligation de la BNP. Mais n’est pas une obligation de la Banque Centrale. J’utilise aussi le terme “monnaie secondaire” pour désigner cette pseudo-monnaie émise par les banques de second rang. par exemple “euro-BNP”.
        5. La masse monétaire en circulation est la monnaie émise par la Banque Centrale+les pseudo-monnaies, dites monnaies secondaires, émises par les banques de second rang.
        En free banking, le concept de masse monétaire globale est une ineptie. La masse monétaire émise par une seule banque a un sens. C’est l’ampleur de ses engagements. Toute promesse de monnaie, toute dette, peut être émise comme une monnaie. Quelque soit le promettant. Renault, Apple, Lafarge ou IBM. Mais nous ne sommes pas encore revenu au free banking du 19e siècle. Ça viendra.
        6. Oui, les Banques Centrales sont embarrassées pour savoir quelle serait la “bonne” limite” de la masse monétaire. Vous dites justement que les Banques Centrales peuvent augmenter leur masse monétaire et donc la masse monétaire globale en détenant des effets de commerce. Et nul ne pourra savoir où est la bonne limite. Un partisan du free banking ne s’en étonne pas.
        7. Je suis entièrement d’accord avec votre critique de l’étalon-or lorsque vous évoquez la limitation absurde du crédit à l’industrie par manque d’or.
        8. La force et la faiblesse du système de Banque Centrale est que le cout d’obtention de la liquidité est nul pour une Banque Centrale. En free banking, la liquidité est toute marchandise ayant une bonne vendabilité. Le couteux travail de la banque en free banking est alors de posséder des actifs vendables, c’est à dire de liquidités. Le cout nul de la liquidité de Banque Centrale ne lui donne aucune information sur la limite.

  3. zorba44 dit :

    Appelons un chat un chat : les QE ce n’est rien d’autre que de la fausse monnaie gagée sur les avoirs des citoyens. A propos que risque un faux-monnayeur ?

    Jean LENOI

    • gidmoz dit :

      @zorba44
      Ce n’est pas exactement un « faux-monnayeur ». C’est plutôt un escroc autorisé à produire de la vraie monnaie. En effet, nul ne doute que la monnaie émise est de la vraie monnaie. Mais elle est émise afin que l’Etat puisse emprunter. Or l’Etat ne remboursera pas. Un employé de banque qui prête à un insolvable est un escroc. Ou bien il agit sous la menace d’un revolver, ou sous la menace d’une loi scélérate.

      • njaisson dit :

        Mais l’Etat n’est jamais insolvable, à moins que tous les contribuables de son pays ne soit ruiné, auquel cas l’encaisse réelle, ie la partie equity du patrimoine des assujettis plus leurs revenus, est réduite à zéro. Or ce cas de figure n’est pas impossible, dans un contexte où la base fiscale, en particulier celle des hauts revenus, est devenue essentiellement mobile avec la libéralisation des biens et des services au niveau mondial. Celle-ci permet en effet la fluidité du capital à travers les multiples combines juridiques et fiscales qui ménagent des passerelles entre la partie visible du sytème financier, ie la finance réglementée, et sa partie invisble, ie le secteur financier non réglementé qui agit dans l’ombre des banques via leurs véhicules spéciaux et autres hedge funds, comme par exemple les transformations de titres entre entités juridiques et les montages de financement synthétiques qui permettent de financer des actifs sans les détenir réellement. De temps en temps cette partie immergée de l’iceberg réapparaît à la surface, comme par exemple l’affaire Clearstream (centrale d’échange de titres permettant aux investisseurs de voyager à travers les places financières en échangeant des titres qui servent de moyens de financement des actifs financiers comme les instruments de trésorerie couramment utilisés par les banques et les multinationales, type FRA, FRN, swaps de taux financés par la location d’obligations, découpage de titres obligataires pour reformer d’autres titres, forwards financés par la location d’expositions sur des commodities, etc) et sa double comptabilité. Il est donc tout à fait possible d’assister finalement à cette chose bizarre qui serait un Etat financé de façon synthétique par les banques, ie via des prêts sans contrepartie réelle, uniquement sur la base de sa note de crédit, alors même que sa substance financière se serait dérobée en dehors de ses frontières. En cas de lâchage brutal de cet Etat par les marchés, par exemple dans le cas d’une sortie de l’euro, on assisterait alors à un phénomène nouveau, du type matière noire dans l’espace, où la structure administrative elle-même de l’Etat serait aspirée sans frein possible pour disparaître corps et biens dans le néant qu’elle aura elle-même créé.

      • gidmoz dit :

        @njaisson
        Un État pourrait spolier tout ou partie du patrimoine de certains contribuables. Ce serait un moyen d’éloigner la faillite de quelques mois. L’arithmétique nous enseigne que la fortune des riches est insuffisantes à combler les dettes d’un État. Mais, ensuite, oui, un État peut faire faillite. Et il ne pourrait plus payer ses fonctionnaires.

        En changeant de pays, un riche contribuable évite le risque de spoliation d’un État proche de la faillite. Même en restant sur place, les montages, que vous évoquez, évitent légalement aux riches de payer l’impôt.

        Le libertarien, que je suis, serait satisfait de la disparition de l’État. Chacun comprendrait alors que l’État ne représentait ni la nation, ni les électeurs, ni les habitants. C’était une structure purement parasitaire. Des sociétés commerciales proposeraient leurs services de santé, de protection, de solidarité, de retraite, d’assurance-maladie. Et tout cela couterait bien moins cher que les impôts. David Friedman, fils de Milton, a écrit un livre dans ce sens: « vers une société sans État ».

      • njaisson dit :

        On peut faire tous les plans sur la comète que l’on veut, mais cela ne changera rien au fait que nous sommes tous collectivement en faillite, à cause de la socialisation extrême de nos sociétés pillées par la dette qui a servi a transféré la richesse des ^personnes privées vers les personnes publiques. Le communisme du XXème siècle avait bien avancé la chose. La globalisation a fini le boulot en terminant de nous dépouiller du peu de libertés qu’ils nous restaient dans le monde dit libre. Nous sommes entre les mains de psychopathes pathologiques qui ne reculeront devant aucun génocide pour conserver le pouvoir absolu sur les masses qu’il leur a fallu plusieurs siècles à conquérir. Même les dirigeants chinois commencent à s’entre-déchirer pour la succession de l’équipe au pouvoir, sur fond de tensions économiques et financières à cause des plans de relance qui n’ont fait que gonfler artificiellement les chiffres de la croissance sans garantir un développement durable du pays, en proie à des déséquilibres profonds: faillite des provinces et des banques à cause des projets d’infrastructures ubuesques qui s’avèrent non rentables, destruction de l’environnement à cause de l’urbanisation folle, grave déficit en ressources hydriques, chômage galopant à cause des millions de diplômés formés à l’occidental qui ne peuvent trouver à s’employer dans les services, etc. Cf. http://www.theepochtimes.com/n2/china-news/chinese-tv-host-says-regime-nearly-bankrupt-141214.html

      • gidmoz dit :

        @njaisson
        Je partage votre pessimisme sur l’évolution future des pouvoirs politiques. Je l’exprime autrement. L’endettement excessif des États provoque un grave dysfonctionnement des monnaies. Ce qui nuit à la production, nuit à l’économie.

        La seule limite aux impôts est la crainte de l’État de diminuer la recette fiscale. C’est une application de la courbe de Laffer. Mais certains États voudront accroitre encore leur pouvoir, et leurs interventions, pour aller vers un modèle proche du communisme.

        Tout impôt détruit autant de production que le montant de l’impôt. Une intervention de l’État ne peut donc que détruire. La soif de puissance des dirigeants étatiques sera plus forte que le risque de détruire la production d’un pays.

      • njaisson dit :

        Quand vous dites que toute unité monétaire est une obligation de la banque qui l’a émise, vous commettez une erreur, à mon sens. En effet une bonne partie de la monnaie émise l’est sous forme de crédit que vous ne mentionnez pas, vous limitant à la monnaie fiduciaire et la monnaie scripturale. Par ailleurs le terme d’obligation est vague. Car en fait d’obligation, elle incombe plus à l’emprunteur qu’au prêteur à cause bien entendu des obligations de remboursement. Toutse passe comme si l’emprunteur émettait une obligation acheté par le banquier en contrepartie du prêt accordé par le banquier. L’émetteur lui n’a pas d’obligation autre que celle de maintenir sa solvabilité en maintenant l’équilibre entre son capital et les actifs générés pondérés en risque (le fameux ration Mc Donough Bâle II) par un usage modéré de l’effet de levier qui lui permet de démultiplier le capital disponible pour générer du crédit par le biais de l’endettement. C’est ici qu’intervient l’obligation pour le banquier, qui doit rester en mesure de faire face à ses échéances de déboursement en direction de ses créancier à qui il a acheté des titres de dette pour financer ses actifs. Il faudrait prendre également en compte dans votre raisonnement la capacité d’endettement du banquier qui se transforme en obligations de remboursement pour les emprunteurs sur la base d’une monnaie créée qui n’existe que par la dette souscrite par le banquier lui-même au passif. La base de l’émission monétaire sur la base de l’équivalence stricte entre le capital disponible plus les dépôts et la monnaie émise en direction des emprunteurs ne tient pas dans le cadre d’une économie moderne qui a besoin de générer de la croissance pour rembourser les intérêts du crédit émis par les banques. La monnaie correspondant à ces intérêts ne peut venir en fait que des prêts souscrits par le banquier lui-même dans la partie dette du passif. C’est ainsi que l’endettement des uns financent la croissance des autres sur la base de la fluidité du capital dont la vélocité est une des composantes essentielles de la robustesse de la croissance.

      • gidmoz dit :

        @njaisson
        Je ne vous répond que sur le point de l’existence d’une obligation pour toute unité monétaire. C’est essentiel.

        Je disais que « toute unité monétaire est, toujours et partout, une certaine obligation de la banque émettrice ». Vous contestez ce point. La monnaie est créée soit lorsque la banque émettrice prête à un emprunteur, soit lorsque la banque émettrice dépense pour ses achats. Votre argument est que la monnaie émise proviendrait du crédit. Oui, la monnaie provient du crédit. Mais cela n’infirme pas mon affirmation que toute unité monétaire est une obligation de la banque.

        Pour être moins abstrait, je prend quelques exemples bien connus. Au 19e siècle, chaque unité monétaire émise était l’obligation de la banque de verser 1 gramme d’or. La pseudo-monnaie émise par une banque de second rang est une promesse. Un euro-BNP est le chiffre écrit sur le relevé de compte d’un client de la BNP. Un euro-BNP est la promesse de la BNP de verser un euro de la banque centrale.

        Un euro de la banque centrale est lui aussi une promesse de la banque centrale. Un euro-BCE est la promesse que cet euro donnera un certain pouvoir d’achat dans la vie quotidienne en euroland.

        Ainsi, vous voyez bien que, dans tous les cas, toute unité monétaire est bel et bien une certaine obligation de la banque émettrice.

      • njaisson dit :

        Au 19e siècle, chaque unité monétaire émise était l’obligation de la banque de verser 1 gramme d’or.

        Non cela n’est pas exact. Au moins en ce qui concerne la BOE et la BdF, la création monétaire reposait déjà en partie sur l’endettement du fait des besoins de financement générés par le développement fantastique du commerce mondial à partir de la fin du XVIIème siècle (début de la révolution industrielle anglaise) jusqu’à nos jours. Vous semblez oublier que les effets de commerce avaient déjà valeur de monnaie à cette époque puisqu’ils étaient échangeables contre de l’or. Cela a d’ailleurs posé un problème majeur aux autorités monétaires tant en Angleterre qu’en France à cause du déséquilibre entre la monnaie en circulation et l’encaisse or. Les Français se sont cassés les dents avec la substitution des billets émis par la compagnie des Indes aux métaux précieux alors que les Anglais semblent avoir trouvé la bonne solution par la possibilité offerte aux détenteurs de titres de dette de transformer leurs dettes court terme soit en actions des compagnies coloniales (reconnues comme seules habilitées à trader les obligations du trésor), soit en titres long terme grâce à la création d’un second marché obligataire et d’un marché action conjugué à des produits innovants comme les convertible bonds inventés par les Hollandais et des règles de pricing des actions/obligations fondé sur les options introduites au XVIIIème siècle.

      • gidmoz dit :

        @njaisson
        Ma formulation était maladroite. Vous avez raison de me signaler mon imprécision. Je rectifie. Dans le principe monétaire du 19e siècle, chaque unité monétaire vaut un certain poids d’or prédéfini. mais ce principe d’équivalence avec l’or était appliqué de manière très différente, et même parfois très élastique, selon la monnaie, selon l’État, selon la période.

        Ainsi, pendant la période de free banking écossais au 18e siècle, un utilisateur s’était vu refuser d’obtenir son or contre son billet. Et bizarrement, le tribunal avait donné raison à la banque. Selon l’économiste White, cette décision judiciaire s’expliquait peut-être par la période de guerre que traversait alors le pays.

        Et même jusqu’en 1971, les monnaies occidentales étaient, en principe, échangeable contre de l’or. Cependant, cet échange était réservé aux seuls échanges entre Banques Centrales. En outre, un État s’autorisait à dévaluer sa monnaie lorsque cela lui convenait.

        Vous faites peut-être allusion aux lettres de change des frères Fugger qui furent, au 16e siècle, l’ancêtre de principe de la monnaie contemporaine, laquelle est la promesse d’une banque. Elles permettaient de payer, dans un autre pays, et sans transporter l’or-métal.

        On peut aussi citer aussi l’union latine du 19e siècle qui autorisait des dettes en or et en argent-métal entre plusieurs États d’Europe.

        Merci pour ces rappels de l’Histoire monétaire. Elle nous enseigne sur l’excellence de logique commerciale et financière de ces époques anciennes.

      • njaisson dit :

        Je vous conseille la lecture de l’étude suivante concernant les méthodes employées par la BOE pour restructurer sa dette. Elles ressemblent étrangement à celles employées aujourd’hui dans les pays émergents surendettés: syndication de la dette, transformation des titres via des structures ad hoc de titrisation qui permettent de consolider la dette entre les mains des sociétés commerciales admises comme actionnaires de la Banque d’Angleterre, négociation des titres de dette au second marché et possibilité de transformer des dettes court terme en actions ou en annuités. Tout y est. A noter que les créditeurs de la BOE étaient payés en effets de commerce échangeables contre les créances détenues par les fournisseurs des sociétés commerciales anglaises, ce qui était une manière de subventionner ces sociétés de commerce en les payant avec des moyens de paiement garantissant un accès privilégié aux fournitures dont elles avaient besoin dans les colonies. http://www.international.ucla.edu/economichistory/eh_papers/quinnucla.pdf

  4. xavib dit :

    Assouplissement monétaire : Pékin demande aux Etats-Unis une « attitude responsable »

    « Le gouverneur de la Banque centrale chinoise, Zhou Xiaochuan, a appelé mardi les Etats-Unis a adopter une « attitude responsable » en matière monétaire afin d’éviter des flux de capitaux vers les économies émergentes, a rapporté l’agence Dow Jones.

    Au moment où les marchés financiers s’attendent à de nouvelles mesures s’assouplissement monétaire de la part de la Fed pour soutenir l’activité aux Etats-Unis, M. Zhou a estimé qu’il serait alors « inévitable que certaines économies émergentes souffrent d’influx trop abondants de capitaux », lors du Forum de Boao (sud) sur l’intégration économique en Asie.

    La politique monétaire ultra-accommodante des Etats-Unis provoque des flux de capitaux vers les pays émergents où les placements sont plus rentables, et alimente l’inflation dans ces pays.

    La Chine a combattu avec un certain succès la hausse des prix l’an dernier mais estime que le danger d’une nouvelle accélération n’est pas complètement écarté, notamment en cas de hausse du prix du pétrole ou des matières premières. »

    http://www.boursorama.com/actualites/assouplissement-monetaire-pekin-demande-aux-etats-unis-une-attitude-responsable-9cce64974cccf23923a19bc6d317fb27

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