Il faut organiser la sortie de la Grèce

« On reparle à nouveau de sortie de la Grèce de la zone euro. Ne laissons pas cette occasion passer. Les Grecs en ont ras le bol de la zone euro et la zone euro en a ras le bol de la Grèce. C’est un divorce par consentement mutuel qui coûtera moins cher que le maintien à tout prix d’un pays qui n’aurait jamais dû entrer.

Le scénario de sortie de la Grèce de la zone euro est à nouveau évoqué

Et j’ai envie de dire enfin. Si on avait utilisé toute l’énergie et l’argent dépensés depuis des mois pour tenter de sauver la Grèce à organiser sa sortie de la zone euro, la crise de la zone euro serait peut-être déjà finie. Rappelons tout de même, une fois de plus, que la Grèce n’aurait jamais du rentrer dans la zone euro. Jamais. Et qu’elle est entrée grâce à une falsification de ses comptes publics. Il est peut-être trop tard, mais il faut tenter de sauver la zone euro en organisant au plus vite l’expulsion de la Grèce de la zone euro.

Cette sortie serait selon les spécialistes extrêmement coûteuse pour la zone euro

Sûrement. Mais combien de centaines de milliards d’euros avons-nous déjà perdus directement ou indirectement en tentant de la maintenir artificiellement dans la zone euro. Et combien cela nous coûtera-t-il encore dans les mois qui viennent. Il vaut mieux utiliser l’argent destiné à un sauvetage impossible pour une sortie organisée. Le maintien de la Grèce au sein de la zone euro est intenable pour la zone euro, mais il est intenable aussi pour la Grèce. La situation de la population grecque est dramatique. Elle a mené à une explosion des partis extrémistes les plus effrayants et cela pourrait encore empirer. La Grèce ne peut s’en sortir que par une annulation totale de sa dette, une sortie de la zone euro et une dévaluation massive de sa monnaie.

Le problème aussi c’est de créer un antécédent et de provoquer un effet domino

Il faut une soupape pour la zone euro. On a créé un zone euro en prévoyant l’entrée de pays, mais sans prévoir de sortie. C’est une erreur fondamentale qui provoque un phénomène d’asphyxie totale. Si la Grèce sort de l’euro, cela créera un précédent et c’est une bonne nouvelle. En cas de difficulté insurmontable pour un pays membre, la zone euro ne sera pas systématiquement plombée et tirée vers le bas et le pays aura la possibilité de sortir de la zone euro. Quitte à revenir plus tard quand sa situation financière se sera améliorée. Il faut créer une meilleure fluidité dans la zone euro. Elle existe à l’entrée, mais pas à la sortie. Je suis prêt à parier que si on annonçait clairement qu’on allait organiser une sortie contrôlée de la Grèce, l’euro remonterait et la situation en Europe se détendrait. C’est la peur de l’inconnu qui effraie les marchés. Le sentiment qu’il est impossible de sortir de la zone euro. Or c’est possible, c’est faisable et il faut le faire ».

Marc Fiorentino, éditorial du 10 mai 2012

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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21 commentaires pour Il faut organiser la sortie de la Grèce

  1. Mario dit :

    Les théoriciens du laboratoire grec n’apprécieront pas! Il faut laisser les Grecs expérimenter jusqu’au bout la potion amère de l’austérité perpétuelle….. après seulement on pourra dire si on les largue, ou pas.
    De toutes façons ils sont déjà abandonnés à leur triste sort. Quand je dis les Grecs, je veux dire les classes populaires et moyennes; les autres, ceux qui ne paient pas d’impôts, s’en sortent encore.
    Quand la Grèce sera sortie de l’euro la balance sera égale entre tous. Tous boiront le bouillon et tous remonteront ensemble la pente.

  2. Garfy dit :

    Mais oui la sortie est possible – voir François ASSELINEAU – il vous expliquera tout !!!

  3. njaisson dit :

    Le problème n’est pas tant l’euro que la socialisation de la société française permis par la monnaie dette, ie monnaie correspondant aux besoins de financement de l’Etat, permis par les excédents d’épargne de nos voisins les plus riches par le subterfuge de la mutualisation de la dette. Autant Asselineau est convaincant sur le plan juridique, autant il l’est beaucoup moins en ce qui concerne les moyens de guérir la France du socialisme, c’est-à-dire comment piquer des revenus improductifs dans les économies des « partenaires » productifs. Son idée maîtresse est de revenir à la Constitution de 1945 et de rendre à nos élites nationales toute l’étendue de leurs prérogatives, tout en faisant fie des réalités économiques et sociales de le mondialisation, notamment la fuite de la base fiscale, la délocalisation du capital productif transformé en filiales étrangères et les phénomènes migratoires, en proposant de retourner au communisme larvée des années cinquante avec une économie paralysée par les partenaires sociaux en lutte perpétuelle pour le partage de la valeur ajoutée et les barons administratifs jaloux de leur micro pouvoir. Et Asselineau de balayer les objections au nom de la frilosité intellectuelle. C’est risible.

  4. BA dit :

    Vendredi 4 mai 2012 :

    Le fonds souverain norvégien s’est débarrassé au cours du premier trimestre 2012 de la majorité des obligations souveraines dépréciées qu’il détenait au sein de la zone euro.

    Le fonds a vendu ses obligations souveraines portugaises et irlandaises, et a également réduit ses investissements dans les dettes de plusieurs pays, dont l’Italie et l’Espagne, a précisé son directeur général Yngve Slyngstad.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/05/04/97002-20120504FILWWW00583-la-norvege-se-mefie-de-la-zone-euro.php

    Jeudi 10 mai 2012 :

    China Investment Corporation ne veut plus de dette de la zone euro.

    « Nos équipes cherchent toujours des opportunités d’investissement en Europe, mais nous ne voulons plus acheter d’emprunts d’Etat »… La remarque serait anodine si elle provenait d’un investisseur lambda. Le problème est qu’elle a été formulée par le président de l’un des principaux fonds souverains chinois, China Investment Corporation (CIC). Créé en 2007, celui-ci gère la bagatelle de 440 milliards de dollars, ce qui le positionne comme le cinquième plus gros fonds souverain au monde selon le Sovereign Wealth Fund Institute.

    S’agit-il d’une volte-face des autorités chinoises ? En février, le gouverneur de la banque centrale, Zhou Xiaochuan, indiquait que l’institution était prête à investir dans les fonds de sauvetage européens et qu’elle continuerait à acheter de la dette souveraine de la zone euro. Pas forcément. En effet, CIC n’est pas le seul fonds souverain chinois et, contrairement au fonds SAFE (State Administration of Foreign Exchange), sa priorité n’est pas d’investir sur le marché obligataire. Fin 2010, les obligations représentaient seulement 27 % de son portefeuille.

    Nombreux sont les investisseurs qui, à l’instar de CIC, se tiennent à l’écart de la dette des pays de la zone euro, depuis que la tension est montée d’un cran, suite aux élections législatives en Grèce, qui ont composé une chambre à la fois sans majorité et dominée par les opposants aux plans de rigueur dictés par l’Europe.

    Selon un sondage effectué par Bloomberg auprès de quelque 1.500 investisseurs, analystes et traders, 57 % des opérateurs de marché estiment qu’au moins un pays aura abandonné l’euro d’ici à la fin de l’année. 80 % d’entre eux s’attendent à une détérioration de la situation sur le marché obligataire.

    • njaisson dit :

      Les Chinois ne veulent plus de la dette européenne, ni de la dette américaine. Le seul ennui est que la situation financière de la plupart des provinces chinoises n’est guère plus brillante que celle de la Grèce: la faute à trop de centralisme bureaucratique, des plans de relance financant des infrastructures qui ne servent à rien, des opérations de titrisation destinées à financer les communes qui laissent les banques exsangues parce qu’elles sont obligées d’acheter les titres après avoir grevé leurs bilans avec des prêts non rentables. D’où des plans de renflouement successifs de la part du gouvernement chinois obligé de transférer une partie des dettes vers des entités publiques. La relance par l’offre monétaire ne marche pas plus Chien Chine, qu’en Europe ou aux Etats-Unis.

      Historical Chinese Bank Recapitalizations:

      1998: China recapitalized its four largest state-owned banks by issuing $33 billion in bonds.
      1999: China created four state-owned asset managers, funded them with $48 billion and allowed them to issue $121 billion in state-guaranteed bonds. These asset managers then bought $170 billion of bad loans from the four largest banks at face value.
      2003: China recapitalized its four largest banks with $80 billion.
      2008: State investment arm injected $19 billion into the fifth largest state-owned bank (Agricultural Bank of China, Ag Bank).
      2009: The government again recapitalized Ag Bank with an additional $30 billion.
      2010: The government recapitalized the state-owned banks with an estimated $56 billion (including the $22 billion IPO of Ag Bank).
      Note: Excluding 2010, the figures cited above do not include IPOs.

      Ultimately, this is one reason Chinese financial system reform is needed, or China will eventually experience great difficulty once their infrastructure productivity wanes. But that point likely isn’t in 2011, and with over $3 trillion in foreign currency reserves, China easily has the needed funds to execute a bailout right now, if desired.
      http://www.marketminder.com/s/fisher-investments-china-bank-bailout-rumor/749e140c-87a8-4f3a-b669-0756a5809b4c

  5. zorba44 dit :

    Pour la Grèce, il est trop tard. La sortie se fera dans le chaos et la douleur. Les antagonismes des doctriconnards de l’orthodoxie financière restent exacerbés : ils font semblant mais restent sur leurs positions…

    Jean LENOIR

  6. BA dit :

    Vendredi 11 mai 2012 :

    La zone euro peut supporter une sortie de la Grèce, estime Schäuble.

    « La zone euro peut supporter une sortie de la Grèce », a estimé le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, dans un entretien au quotidien régional allemand Rheinische Post, paru vendredi.

    A la question « La zone euro peut-elle supporter une sortie de la Grèce », M. Schäuble répond : « Nous voulons que la Grèce reste dans la zone euro. Mais elle doit aussi le vouloir et remplir ses devoirs. Nous ne pouvons forcer personne. L’Europe ne coule pas aussi facilement. »

    http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___La_zone_euro_peut_supporter_une_sortie_de_la_Grece_estime_Schauble93110520120816.asp

    • Merci BA.

      Schaüble aurait dû dire : « La zone euro ne peut plus supporter un maintien de la Grèce »…

      • njaisson dit :

        Le précédent intéressant sera aussi le licenciement de masse de centaines de milliers de fonctionnaires que l’Etat grec ne pourra plus payer, comme le retour à la campagne de millions d’urbains pour fuir le chaos qui s’installera dans les villes. Il est probable que l’état d’urgence doive être proclamé au moins temporairement et que les banques seront nationalisées le weekend précédant l’annonce officielle de la sortie de l’Euro. Le côté intéressant de ce bouleversement est qu’un gouvernement de gauche sera obligé de pratiquer une politique que d’aucuns qualifieraient de « populiste » ou de « corporatiste », i.e. d’extrême-droite, de façon à permettre la reconstitution d’une économie fondée sur la petite entreprise et l’agriculture de survivance, en attendant que la Grèce puisse reprendre en main son destin économique par la recréation de pans entiers de son industrie qui ont fait les frais de sa spécialisation dans le tourisme décrétée par les organisations internationales en charge des échanges mondiaux. De ce point de vue la Grèce a certainement une carte à jouer en ce qui concerne le développement de ses relations économiques avec la Turquie, dont elle gagnerait à se rapprocher. Une fusion avec l’espace anatolien n’est pas à exclure de façon à intégrer la Grèce dans une « grande Turquie » jouant le rôle de plaque tournante entre les pays arabes et l’Asie centrale.

      • Sur le brutal « retour au réel » après la sortie de l’euro, je suis évidemment d’accord ; pour la fusion turco-grecque j’imagine que c’est votre côté provocateur…

  7. dom dit :

    faire sortir la Grece qui empeche l entree de la Turquie semble evident le reste n est que bla bla je ne me fais plus prendre aux ecrans de fumee souhaitons que vous non plus

  8. Garfy dit :

    comprends pas pourquoi la Grèce empêche l’entrée de la Turquie ? – on veut sortir de l’UE alors la Turquie , aucune raison qu’elle entre dans l’UE – en plus d’autres problèmes !!!!

  9. zorba44 dit :

    D’une façon générale, en commençant par la Grèce, il est à craindre que les mouvements soient brutaux, inorganisés et que rien ne se passe réellement comme on le voudrait. Pour cette raison les risques de conflits militaires sont en train de revenir sur le devant de la scène… et alors, a fortiori, on sait comment ça commence mais bien serait devin qui pourrait dire comment cela se terminera… proche du néant quant à l’opinion du signataire à l’autre bout du monde

    Jean LENOIR

  10. Geraldine dit :

    Les banques se préparent au retour de la drachme

    « Certains établissements financiers n’ont jamais effacé la drachme de leurs systèmes informatiques après l’adoption de l’euro par la Grèce en 2001. Ils seraient prêts en un clin d’oeil si le problème de la dette contraignait le pays à revenir aux bonnes vieilles pièces et billets libellés en drachmes. »

    Et on nous disait que l’euro était un aller sans retour…..

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202058341038-grece-les-banques-se-preparent-au-retour-de-la-drachme-322468.php?xtor=RSS-2059

    • njaisson dit :

      Il y a une solution pour la Grèce: revenir à une économie pastorale avec des distributions massives de chèvres accompagnées d’un kit survie (tabouret pour la traite, tablier pour ces dames, nécessaire à la confection du fromage de chèvre) plus un jardin par famille pour les fruits et légumes. Afin de combler les temps libres et d’élever les esprits, les oeuvres des Pères de l’Eglise seraient rééditées en masse et distribuées gratuitement. La monnaie serait limitée à des jetons de bronze servant aux menus échanges essentiels type achat du combustible de chauffage ou habillement rudimentaire (une tunique de laine par personne avec une ceinture en cuir). C’est simple, pratique efficace. Circulez, le problème est réglé.

  11. Garfy dit :

    et la banque de france a fait des briquettes avec les billets – les francs – qu’elle a distribué comme souvenir/déco ……….

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