La kleptocratie, masque du socialisme (Bruno Bertez)

A lire absolument ! L’une des analyses les plus remarquables que j’aie jamais lues sur la crise systémique…

« Nos articles font souvent référence à la kleptocratie. Littéralement, la kleptocratie est le gouvernement de, par et pour les voleurs.

Souvent cette appellation péjorative est associée à la pratique généralisée de la corruption.

Souvent aussi, on utilise le terme pour désigner l’exploitation par un groupe de personnes qui détiennent le pouvoir, des richesses naturelles d’un pays à leur profit. Elles détournent ce qui est un bien public, un bien commun.

                                                                                  Le sens dans lequel nous prenons kleptocratie est plus proche de cette seconde utilisation. Bien que la corruption, le népotisme et les prébendes accompagnent généralement les pratiques kleptocratiques. Le bien commun exploité par les kleptocrates dans le cas présent est la monnaie.

Ceci mérite un petit développement.

La monnaie est un bien commun comme l’air ou comme la liberté individuelle, selon l’heureuse expression de Charles Gave. Elle appartient à tous. Elle ne saurait être captée par un seul et surtout pas par l’Etat et ses complices, Banques Centrales et système bancaire.

La capture, le détournement de la monnaie est une tentation constante en particulier depuis qu’elle est devenue un outil de régulation économique. Cet outil est manipulé par la classe kleptocratique à son profit.

Le lien entre la monnaie et les impôts est étroit. Les nations imposent leur monnaie en leur donnant le pouvoir de libérer de l’impôt. Notons au passage que l’usage de ce pouvoir ne constitue pas en lui-même un détournement du bien commun.

Quand l’Etat dépense plus qu’il ne prélève, c’est-à-dire quand il est en déficit, il s’endette par l’émission de dettes souveraines, lesquelles, il faut bien le comprendre, sont des titres qui constituent des promesses de donner de la monnaie plus tard. Un emprunt souverain à 10 ans est une promesse de donner de la monnaie au terme de 10 ans. C’est de la quasi-monnaie à maturité longue, ce que nous répétons régulièrement en expliquant que la monnaie, elle, est de la quasi monnaie à maturité zéro, instantanée.

Quand les Banques Centrales distribuent gratuitement, pour rien ou en-dessous de son prix, de la monnaie et qu’elles le donnent au système bancaire, pour qu’il achète des emprunts d’Etat, comme c’est le cas depuis le début de la dérégulation, alors le système kleptocratique de détournement du bien commun se met en place. Les détournements commencent. Dans ce système, les monnaies cessent d’être un bien commun, comme les ressources naturelles dans les pays dominés par des tyrans malhonnêtes, elles sont accaparées, détournées, pour former et entretenir la classe kleptocratique.

Revenons à notre fil conducteur.

Plus spécifiquement, nous stigmatisons le système économique, financier et politique qui est issu de la grande dérégulation des années 80, dérégulation rendue possible par la coupure du lien entre l’or et les monnaies et l’universalisation des fiat monnaies. La dérégulation est partie d’un constat, constat très important, mais qui n’a pas été théorisé par les économistes classiques. Ce constat, c’est qu’il y a un lien entre le taux de croissance d’une économie et le taux de croissance du crédit dans cette économie. Ceci a été théorisé récemment par l’économiste australien Steeve Keen, mais auparavant, en l’absence de théorie, il s’agissait d’un constat empirique et de corrélations.

La dérégulation visait à augmenter les possibilités de crédit en augmentant les fonds propres des banques et leur rentabilité. Le ressort de la dérégulation, c’est l’enrichissement des banques, c’est le pouvoir qui leur a été donné de capter le bien commun, la monnaie, pour attirer à elles les richesses, pour extraire de la plus-value du système productif.

Le fond de la dérégulation, c’est une opération magique, une opération d’alchimie. Pour tenter de faire simple, disons qu’elle se réduit à ceci: on accorde au système bancaire et financier au sens large la possibilité de prélever, disons 1 unité de surproduit sur la richesse productive ou sur les ressources des épargnants, cette unité devient leurs bénéfices et remonte pour augmenter leurs fonds propres. Cet accroissement des fonds propres, multiplié par le levier d’endettement pratiqué par la banque, mettons de 12, permet une création de crédit supplémentaire 12 fois supérieure à la somme initiale prélevée sur l’économie productive. Le fond de la dérégulation, c’est, grâce au détournement du bien commun qu’est la monnaie, la possibilité donnée au système bancaire de prélever sur les revenus gagnés par les agents économiques et de leur rendre sous forme d’un multiple par le biais du crédit. La dérégulation comporte en elle-même, à la fois la spoliation et, en même temps, les germes de l’insolvabilité.

Ce choix a été fait dans le cadre d’un constat de tendance au ralentissement de la croissance auquel il convenait, pensait-on, de s’opposer. Déjà, il s’agissait d’une entreprise dirigiste, constructiviste, d’hommes qui jouaient aux apprentis sorciers, véritables démiurges.

La dérégulation reposait sur la soi-disant indépendance des banques centrales à l’égard du politique, sur la prééminence des marchés, sur l’extension de la capacité d’endettement et de ce que l’on appelle l’effet de levier. L’alchimie de la financiarisation qui a permis l’émergence de la kleptocratie a réussi le tour de force de transformer le plomb en or, l’eau des égouts en eau de source. Elle reposait, mais c’était un grand secret, sur la dissémination du risque financier sur le public. Sur la masse des ignorants.

La dérégulation, pour faire simple, conférait, et confère toujours, au secteur bancaire, quasi bancaire et shadow bancaire le pouvoir d’augmenter ses profits, ses capitaux propres, sur le dos de l’économie productive, sur le dos des États, sur le dos des particuliers, sur le dos des contribuables, sur le dos des épargnants, sur le dos des investisseurs.

Ce n’est pas un hasard si, juste avant le début de la grande crise de 2007/2008/2009/2010/2011/2012 et des années à venir, le secteur financier représentait le secteur vedette des bourses, et s’octroyait jusqu’à 40% des profits d’un pays comme les Etats-Unis. Evaluation restrictive qui n’inclut pas les traces de kleptocratie enfouies dans des firmes non financières.

Une classe kleptocratique s’est ainsi formée, basée sur l’exploitation d’un bien commun, la monnaie, à son profit. Avec la complicité des banques centrales que, pratiquement, elles contrôlent et la connivence des gouvernements qui dépendent d’elle pour se financer.

La crise a démasqué la kleptocratie et ses complices. On a vu les bail out, c’est à dire le sauvetage des banques sur le dos des contribuables, les taux d’intérêt nuls qui spolient les épargnants, le transfert des risques des banques sur les Trésors Publics, sur les Banques Centrales, sur les Institutions de prévoyance, etc. Les bénéfices sont restés aux kleptocrates, les pertes ont été, sont, et vont encore plus être socialisées, payées par les citoyens.

La chose financière est chose complexe, très complexe, surtout quand elle est présentée par et pour les gouvernements. C’est à la faveur de l’ignorance entretenue, d’un vocabulaire abscons et de contrevérités que le système kleptocratique se maintient. Tout le monde est complice, les banques, les Banques Centrales, les gouvernements, les medias, les économistes main street, etc.

De plus, on entretient la confusion, la kleptocratie actuelle, ce n’est pas le règne de la richesse, ce n’est pas le règne de l’accumulation du capital de production, ce n’est pas le capitalisme ; au contraire, la kleptocratie actuelle, c’est le socialisme, le dirigisme connivent, socialiste, de toute une élite formée de membres des gouvernements, d’institutions financières nationales, internationales, mondiales et mondialistes. Nous sommes en présence d’une forme de socialisme, même pas, surtout pas, d’une perversion du capitalisme comme tente, pour les besoins de sa propagande, de le faire croire l’ultra gauche.

La confusion est grave, car elle discrédite le système capitaliste alors qu’il est l’une des principales victimes de la kleptocratie. Elle discrédite l’épargne et la richesse légitimement gagnées, le capital productivement accumulé. La kleptocratie écrème, « front-run » à son profit les bénéfices du système économique réel. Exploite au sens marxiste, les épargnants, elle tond le vrai capital.

La confusion est entretenue parce que les grands établissements kleptocratiques font plusieurs métiers, sains, utiles, honorables, comme la gestion de fortune, d’épargne, allouent le capital en faveur des entreprises. Mais c’est l’hommage du vice à la vertu, la réalité étant que, par le biais de leurs opérations dites de marchés, par le biais de leur accès à l’argent gratuit et aux liquidités infinies des banques centrales, ces établissements sont de gigantesques hedge funds qui spéculent pour leur compte, pour celui de leurs employés et pour celui de happy few.

Il ne faut pas confondre, nous ne stigmatisons pas les banques privées, les family office, les gérants d’épargne institutionnelle, les sociétés de gestion ; non ; ce que nous critiquons et condamnons est à la fois plus vaste, en capitaux, et plus restreint en nombre de bénéficiaires.

C’est une œuvre de défense de l’intérêt public que de mettre à jour les pratiques kleptocratiques, l’alliance des Banques Centrales, la connivence des gouvernements.

C’est une œuvre de protection et de défense de l’accumulation privée du capital, du vrai capitalisme, des libertés, que de lutter contre ce qui se fait passer pour un excès du capitalisme, alors qu’il n’est que le masque honteux du socialisme ».

Bruno Bertez, le 2 juin 2012

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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39 commentaires pour La kleptocratie, masque du socialisme (Bruno Bertez)

  1. brunoarf dit :

    Lundi 4 juin 2012 :

    Pékin se préparerait à une possible sortie de la Grèce de l’euro.

    Le gouvernement chinois a demandé à des institutions telles que la banque centrale de présenter des plans d’urgence dans le cas d’une sortie de la Grèce de la zone euro, ont déclaré lundi à Reuters trois sources proches du dossier.

    Préserver la stabilité du yuan, augmenter les contrôles des mouvements de capitaux transfrontaliers et accélérer les mesures de stabilisation de l’économie intérieure pourraient constituer autant de mesures à l’étude, ont ajouté les sources.

    La Commission nationale de développement et de réforme, ainsi que l’autorité de tutelle du secteur bancaire ont également été sollicitées par Pékin, ont dit encore les sources.

    « C’est très urgent », a affirmé l’une d’elles. « Le gouvernement a demandé à tous les ministères d’analyser des mesures en cas de sortie de la Grèce de la zone euro et de présenter leurs propositions le plus vite possible ».

    http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE85304E20120604

  2. bernhardt dit :

    Mathieu Laine défend le libéralisme, à l’occasion de la sortie de son livre
    http://www.contrepoints.org/2012/04/26/80946-80946
    Nous ne sommes pas en régime libéral mais étatiste et dirigiste : le sauvetage systématique des too big to fail c’est le contraire de la responsabilité qui est au coeur du système libéral (si ça marche, l’entrepreneur gagne, si ça ne marche pas il perd et assume ses pertes, il fait faillite)

    • njaisson dit :

      C’est que la banque n’est pas une entreprise comme les autres. Une banque ne sert pas d’abord à gagner de l’argent, aussi bizarre que cela puisse paraître, mais à assurer le financement de l’économie par la dette ou par le crédit. Quand les politiques privilégient le financement de l’économie par la dette, c’est-à-dire par la dépense publique, ils font un choix de société qui correspond à un mode de fonctionnement socialiste, le salaire des improductifs est payé en prenant dans la poche des productifs, et non à un mode de fonctionnement libéral où les individus comme les entreprises sont libres et capables de se financer par eux-mêmes et non par la dépense publique et/ou la dette émise par les banques.. En mode socialiste la société civile est privée des moyens de s’auto-financer par son propre capital du fait de la pression fiscale et du monopole de financement accordé aux banques seules habilitées à prêter aux agents économiques. Ce faisant l’économie privée est prise en otage par les politiques qui l’obligent à passer par les banques pour trouver des moyens de financement et opérer des transactions financières qui doivent toujours être réalisées en passant par les circuits bancaires. La crise actuelle est le résultat direct du pouvoir monétaire exorbitant mis entre les mains des banquiers avec la complicité des politiques qui ont trouvé dans la monétarisation de la dette sublimée par l’ingénierie financière une source de financement infinie de leur interventionnisme débridée.

      • bernhardt dit :

        Soutenir les canards boîteux – et faillis – n’est pas le meilleur moyen d’assurer la pérennité du système, quand bien même on ouvre les vannes du crédit de façon illimitée. C’est une fuite en avant qui rend toujours plus difficile le retour à la normale
        Quand vous dites que les banques ne sont pas des entreprises comme les autres, je vous rappellerai qu’il n’y a pas que les banques à avoir été sauvées : souvenez-vous de General Motors et de Chrysler par exemple, bénéficiaires du TARP bail out
        La Fed arrose des tas d’entreprises non bancaires dans le monde
        Le too big to fail s’applique au delà de la banque et de l’assurance puisque tous les secteurs se sont surendettés par le crédit public et privé pour financer leur croissance artificielle

      • njaisson dit :

        La banque n’est que le masque libéral du système technocratique d’inspiration socialiste qui s’est étendu à la planète toute entière sous le couvert de la démocratie faisant croire à une représentation du peuple alors qu’il n’a que le droit de se taire dans un système où l’Etat décide de tout. Nos technocrates ont beau jeu de faire porter le chapeau de la crise au libéralisme, alors que celui-ci n’a jamais existé que dans la tête d’économistes idéalistes qui voulaient nous faire croire à une pseudo main invisible qui représenterait une sorte de justice immanente entre les acheteurs et les vendeurs qui s’équilibreraient lorsque la fixation des prix n’est pas dérangée par l’Etat. Naturellement il n’en jamais été ainsi, encore moins aujourd’hui qu’hier, alors que les multinationales bénéficient de financements illimités de la part des banques grâce leur pouvoir de création monétaire démultiplié par l’ingénierie financière que la libre circulation du capital financier a complètement débridé. Chacune des parties prenantes au produit de financement entre zones économiques trouvent dans cette ronde incessante de la monnaie dette un intérêt marginal à travers les échanges d’expositions financées par le collatéral issus des prêts originés par les banques aux entreprises transnationales On est donc en face d’une confiscation générale de la richesse produite au profit d’une coterie auquel l’Etat démocratique sert de légitimatio, tandis qu’elle feint de servir les intérêts des peuples qui ne reçoivent qu’une part de plus en plus marginal des profits engrangés grâce à la monnaie créée par les banques qui est dirigée d’abord et avant tout vers le remboursement de la dette, entendez le refinancement des produits de la dette circulant autour de la planète, donc la perpétuation de l’Etat cleptocrate auquel la dette tient lieu de flux vital en dialyse permanente, et accessoirement vers le financement de la société civile mise à rançon par l’Etat et son bras armé spoliateur qu’est le secteur financier.

  3. njaisson dit :

    Quand il dit que le coût de la dette est supportée par les citoyens, ce n’est pas tout à fait exact. En fait nombreuses sont les catégories sociales à vivre de la dette qui paie leur salaire. Parmi elles, il faut compter les différents corps de fonctionnaires du niveau local au niveau transnational, plus tous les les assimilés fonctionnaires travaillant pour les agences dépendant des administrations, plus les réseaux d’association fort nombreuses en France. Il faut bien que ces personnes non productives au sens de la comptabilité privée, c’est-à-dire productrices de biens ou de services se traduisant par des cash flows entrants pour l’employeur, soient payées par quelqu’un d’autre. Ce quelqu’un c’est le travailleur dans les usines des pays émergents qui rémunèrent par sa plus-value, c’est-à-dire les excédents de la balance des paiements, la dette émise par les pays développés comme la France pour payer ses fonctionnaires.

  4. Jean LENOIR dit :

    Tout cela c’est du vivre à crédit forcé et c’est hautement méprisable et condamnable.
    Nous vivons dans un monde d’accapareurs qui rendra gorge.

    Jean LENOIR

  5. Momo dit :

    croyez vous vraiment que ce seront les accapareurs qui vont « rendre gorge » ? Celà m’étonnerait à voir les « remèdes » appliqués jusqu’à present !
    Ce seront « vous et moi » -en tous cas ceux qui ont économisé sans s’endetter- qui seront tondus à ras et c’est bien commencé, socialiseme ou pas !!

  6. Ivan dit :

    Vous partez d’une analyse juste, la captation toujours plus grande de la richesse par le capital financier, pour en arriver à une conclusion totalement absurde et affligeante :
    « C’est une œuvre de protection et de défense de l’accumulation privée du capital, du vrai capitalisme, des libertés, que de lutter contre ce qui se fait passer pour un excès du capitalisme, alors qu’il n’est que le masque honteux du socialisme »
    Soit vous ignorez complètement le sens du mot socialisme soit vous êtes incapable de concevoir les contradictions actuelles du système capitaliste de production. Je penche personnellement pour la deuxième hypothèse. Car, contrairement à ce que vous affirmez, le système financier profite à tous les détenteurs de capital financier, il s’agit de bien plus que d’une petite « clique de profiteurs ». Même les économistes du FMI, pourtant monétaristes convaincus, reconnaissent aujourd’hui que les inégalités excessives dans la répartition de la richesse sont responsables de la crise systémique actuelle. Les politiques de dépression salariales et de concentration de la richesse ont eu pour effet de comprimer la demande (cette concentration s’est faite à la faveur de la dérégulation financière). Le hausse du crédit à permis pendant un certain temps de compenser les pertes de pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires, avec les conséquences que l’on connait aujourd’hui. Il faudrait arrêter de délirer et regarder la réalité des contradictions capitalistiques en face plutôt que de anôner au « socialisme ».
    Cet aveuglement idéologique est inquiétant, il est similaire à celui des anciens apparatchiks soviétiques qui mettaient toutes les difficultés de l’URSS sur le compte des « ennemis du peuple » et qui expliquaient les problèmes structurels de l’Union Soviétique par le fait que le communisme n’y était pas encore pleinement réalisé…

    • anonymous dit :

      Je crois que l’auteur Bruno Bertez par le mot socialisme, veut dire la mutualisation des pertes ; le fait qu’au lieu (comme dans tout système capitaliste et libéral) de laisser le marché sanctionner les pays et les institutions en faillite, on prétend les sauver en « socialisant les pertes »…

      Privatisation des bénéfices, socialisation des pertes comme disent O. Demeulenaere et quelques-autres.

      On ruine tout le monde pour en sauver quelques-uns…qui au final ne seront même pas sauvés! Car parti comme c’est, tous les pays seront emportés dans la tourmente.

      • Le capitalisme qui profite essentiellement aux kleptocrates par la captation des richesses de l’ensemble des citoyens, c’est en effet une forme de socialisme…

        Sans compter que sur le plan politique, ce socialisme-là est un bon tremplin pour le fédéralisme. La mutualisation des dettes nous enferme dans un destin commun qui devient de plus en plus irréversible… comme l’union monétaire ou budgétaire. Du reste, dette et monnaie, c’est presque la même chose.

        Si j’osais, je dirais : kleptocrates et eurocrates, même combat !

        Ensemble ils forment l’oligarchie politico-financière.

      • Geraldine dit :

        Oui Olivier la crise pousse clairement à plus de fédéralisme. De là à dire qu’elle a été voulue…

  7. Ivan dit :

    Non, lorsqu’une petite oligarchie s’enrichit sur le dos de la population, c’est exactement l’inverse du socialisme. Cessez d’entretenir cette confusion absurde.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Socialisme
    Pour être précis dans votre analyse il faudrait parler de « socialisation des pertes », ce qui est très différent. Cette socialisation des pertes, qui n’a donc strictement rien à voir avec le socialisme, s’accompagne de son corollaire, la privatisation des bénéfices, où, pour résumer : « face je gagne, pile tu perds »…

    • C’est exactement ce que je dis : privatisation des bénéfices, socialisation des pertes. Une excellente définition du « socialisme » à travers l’Histoire, car le socialisme finit toujours par profiter à une petite frange de la population, qu’on l’appelle nomenklatura, oligarchie ou hyperclasse…

      C’est la ruine du peuple et l’enrichissement de quelques-uns – au nom du « peuple ».

      • njaisson dit :

        Grave erreur que vous commettez-là, à vrai dire la même que celle commise par la casse momenklaturiste des économistes qui monopolisent le débat face à des gens qui n’y connaissent rien, En effet ce qu’il faut bien comprendre dans cette escroquerie de la monnaie dette mise en place en France à l’initiative de J. Attali et de J. Delors de concert avec une coterie d’énarques de l’Inspection des Finances devenus PDG des banques françaises privatisées (SG, BNP, Credit Agricole, Crédit Lyonnais, etc), c’est que la monnaie émise par l’Etat sous la forme de titres obligataires sert de monnaie d’échange aux banques privées pour créer leur propre monnaie bancaire sous la forme de produits de financement (crédit, dérivés, etc). Ce n’est pas un hasard si la privatisation des banques et la libéralisation des marchés coïncident. avec l’explosion de la dette publique dans tous les pays développés, y compris et surtout aux Etats-Unis depuis Reagan, chantre du libéralisme et de la réduction des déficits publics. Cette apparente contradiction s’explique par le fait que dans le système monétaire actuel de fiat money l’endettement public peut être transformée en actifs privés par les banques qui se servent des titres de dette émis par l’Etat comme source de liquidités auprès de la banque centrale. Les opérations de « repurchase agreement » via les comptes de réserve des banques privées aet les systèmes RTGS uprès des banques centrales sont la base du fonctionnement financier actuel. Grâce à ce système d’échange de prêts cash contre titres les banques pouvaient financer indéfiniment les déficits publics, car elles trouvaient dans ces déficits une source de financement inépuisable de leurs actifs financiers via la banque centrale offreuse de liquidités qui leur permettaient de se refinancer à taux zéro tant que la banque centrale garantissait le zéro défaut des Etats surendettés. Cette offre de liquidités, qu’une banque centrale finançant directement l’Etat n’aurait jamais pu envisager, a donc permis aux banques de générer des actifs qui ont alimenté la course à la globalisation via les instruments de financement fournis aux multinationales comme aux Etats en développement grâce à la libéralisation concomitante de la circulation des capitaux qui permettait aux banques d’échanger leurs instruments de financement entre places financières mondiales en fonction des besoins de financement dans les différentes zones géographiques d’une part et de gérer leurs portefeuilles d’actifs en fonction des opportunités d’investissement d’autre part. L’enrichissement de la banque provient donc du surendettement public qui a nourri le socialisme dans les Etats développés, grâce au capital illimité alimentant l’interventionnisme public et au pillage des actifs productifs privés dans ces mêmes pays, par le biais de la fiscalité et des délocalisation dans les pays en développement. La transformation de l’endettement public en capital bancaire a en effet créé les conditions financières du développement économique en Asie ou ailleurs par la création artificiel de moyens de financement bancaire (dont a vu la provenance) et les bulles spéculatives concomitantes. CQFD. Faire passer à E. Chouard entre autres, please.

  8. Ivan dit :

    Non, ça ne correspond absolument pas à la définition du « socialisme » à travers l’histoire. Car dans un système économique socialiste on aurait également, entre autres différences avec le système libéral capitaliste actuel, une socialisation des bénéfices.
    A moins, bien sûr que vous ne considériez que les gouvernements Obama ou Sarkozy aient été des gouvernements « socialistes » auquel cas il est urgent d’aller consulter.
    L’analogie la plus pertinente pour qualifier la kleptocratie au pouvoir c’est la mafia.
    Du reste, la recapitalisation des banques ne s’est pas faite « au nom du peuple », mais au nom de principes macro-économiques. Cela dit je vous rejoint sur le fait que les expériences historiques du socialisme, sauf quelques exceptions, ont toujours mené à la formation d’une nomenklatura parasitaire gouvernant dans les faits à son profit et confisquant les principes démocratiques (comme ce fut le cas en Russie avec les bolchéviques contre les soviets). Il semble que l’on ait affaire à un invariant de l’histoire.

    • njaisson dit :

      Qu’est-ce que le socialisme si ce n’est la socialisation des revenus, c’est à dire la transformation du capital privé en capital public. Que je sache la part des dépenses publiques sous les gouvernements de droite n’a pas diminué, mais a au contraire augmenté. Grâce à qui? Aux banques naturellement qui sont des machines à transformer le patrimoine privé en dettes publiques par le biais de la fiscalité confiscatoire des revenus et spoliatrice de la propriété privée. Cette dette publique a augmenté non du fait des intérêts cumulés en premier lieu, mais du refinancement continu de la dette par la dette, qui outre le fait qu’elle garantit à l’Etat un financement inépuisable, sur la base de la socialisation de la richesse produite, permet aux banques de prospérer au détriment de l’économie réelle, en transformant la dette publique en actifs privés bancaires, pourvu que la notre de crédit des Etats reste suffisante pour garantir la valeur des titres obligataires transformables en cash par les banques moyennant un haircut et une croissance suffisante pour rémunérer les instruments de financement émis par les banques. C’est grâce à ce système transformation de la richesse privée en dette publique ou bancaire que le socialisme a pu s’étendre à la planète toute entière. La réglementation sert à l’Etat de légitimation dans le rôle du gendarme par rapport au méchant banquier, mais la dissimulation ne trompe que ceux qui sont ignorants du fonctionnement du système bancaire actuel. je vous invite à vous reporter aux documents de la BCE concernant le fonctionnement de l’eurosystem et des systèmes RTGS de réglement/livraison. Quelques cours de finance ne seraient pas non plus superflus pour comprendre comment les banques émettent des produits de financement servant aux multinationales ou à leurs contreparties bancaires à financer leur trésorerie.

      • Ivan dit :

        « L’enrichissement de la banque provient donc du surendettement public qui a nourri le socialisme dans les Etats développés, grâce au capital illimité alimentant l’interventionnisme public et au pillage des actifs productifs privés dans ces mêmes pays, par le biais de la fiscalité et des délocalisation dans les pays en développement. »
        L’enrichissement du secteur financier provient effectivement de la dette publique, comme de plus en plus de personnes le comprennent aujourd’hui. Cependant, cette dette publique contribue de moins en moins à la redistribution des richesses (que vous nommez à tort socialisme).
        En France, contrairement aux idées reçues, la part de la dépense publique en % du PIB est stable depuis 20 ans.

        Cependant, les intérêts cumulés de la dette n’ayant cessé d’augmenter depuis les années 70, le service de la dette capte une part toujours plus grande de la dépense publique. Aujourd’hui il représente le second poste budgétaire avec plus de 48 milliards d’euro dans le budget 2012.
        Et il s’agit bien là d’un « retour » de l’argent public vers le domaine privé, c’est à dire les créanciers, les banques (et assurances), leurs actionnaires et les détenteurs de placements financiers !
        Enfin les délocalisations ne sont pas, que je sache, le fait de l’interventionnisme public (ce serait le monde à l’envers) ! Elles constituent au contraire un double manque à gagner : sur la fiscalité des entreprises et sur les cotisations salariales (et je n’ai pas pris en compte le coût des indemnités de chômage).
        Enfin, il n’y a pas de « fiscalité confiscatoire » de quoi que ce soit (et encore moins sur la propriété privé) puisque celle-ci ne cesse de diminuer depuis 20 ans. Vous aurez noté que la part du capital dans le pib a augmenté d’environ 10% sur ce laps de temps. Les idéologues libéraux avancent toujours les mêmes causes en se bouchant bien fort les yeux (le prétendu socialisme étatique) pour expliquer des crises structurelles et 100% capitalistiques…

      • njaisson dit :

        Primo vous n’avez pas compris que le service de la dette est payé par la dette et non par l’argent du contribuable. Cela est tellement vrai que l’Etat comprenant qu’une fiscalité excessive risquait de tuer la base imposable ou de la faire fuir à l’étranger, il a fallu trouver un moyen pour compenser ce manque à gagner de l’Etat. Ses fonds propres constitués par les revenus fiscaux ne cessant de diminuer, il a fallu avoir recours à l’endettement, en contournant les limites posées par la banque centrale. En effet une banque centrale ne peut se permettre de financer le fonds de roulement de l’Etat, c’est-à-dire ses frais de fonctionnement, comme l’Etat le fait actuellement avec les banques dites privées qui créditent ses frais de fonctionnement, la paye des fonctionnaires et assimilés entre autres, sept mois par an. Le stratagème trouvé est d’avoir recours à l’endettement privée via l’émission d’obligations souscrites par les banques d’affaires. En contrepartie du financement de l’Etat, ces banques jouissent du privilège d’échanger les titres achetés contre des prêts cash auprès de la banque centrale (FED, BOE, BCE, etc) de façon à financer leurs actifs, c’est-à-dire à assurer le « funding » de leurs crédits ou de leurs dérivés de financement. Le procédé est couramment utilisé pour les opérations de financement de hors bilan à l’origine de l’effondrement boursier des subprimes causé par l’effet de levier trop important sur les expositions des banques au bilan. Donc l’origine de la crise du crédit n’est pas là, où vous croyez.

        Secundo vous refusez de prendre en compte la réalité de la socialisation de la société permise par ce système bancaire, je veux dire la socialisation de la richesse produite dans un pays ou les dépenses publiques représentent près de 60% du PIB et où la population active est quasiment fonctionnarisée à plus de la moitié de ses effectifs. Le retour de l’endettement, il est bien à chercher dans la captation de l’économie privée par le secteur public et par les multinationales qui jouissent en premier du financement bancaire (surtout du financement de marché pour les opérations interzones), bien que cela soit moins vrai aujourd’hui du fait de l’ébranlement de la solidité des établissements financiers par excès de générosité dans la création de produits de dette. Maintenant si vous vous plaignez de la portion congrue qui est dévolu au secteur public en matière de rémunérations, d’avantages sociaux, de retraites, etc, la faute n’en incombe certes pas à l’économie privée pillée par l’Etat et les banques qui lui confisquent sa valeur ajoutée par les intérêts et les taxes, mais aux excès de l’endettement public lui-même et de ses relais bancaires conduisant à la faillite généralisée. Il ne faut pas inverser l’effet et la cause! L’Occident qui n’a rien de libéral (au sens du respect de la propriété privée, de l’intégrité des émetteurs de monnaie et de la préservation des libertés individuelles élémentaires) suit en bonne logique le destin de feu son modèle soviétique, où la création de fausse richesse et la manipulation de la monnaie avait conduit à l’effondrement économique et financier. Bis repetita placent.
        Tertio, ce que vous appelez le retour vers le privé, des gains financiers nés du commerce de la dette publique transformée en instruments de marché par les banques, n’est que la conséquence logique d’un système de confiscation de la vraie valeur produite par la fausse valeur spéculative. La poursuite de l’endettement publique nécessitant la perpétuation de la dette bancaire, les Etats se font un devoir de préserver la solvabilité des banques de manière à ce que celles-ci gardent le contrôle des moyens et des circuits de financement. Car outre le fait que les banques sont le bailleur de fonds de l’Etat, elles jouent également le rôle de gardien du système dirigiste étatique, dans une société socialiste où l’Etat s’occupe de tout et prétend régenter les moindres domaines de la vie civile. Cela a naturellement un coût en termes de non sens économique se traduisant par des gouffres financiers que seule la perpétuation de la dette permet de combler. Cette fraude compatible consiste à creuser un trou pour remplir le trou précédant. Cela peut durer longtemps, mais comme vous dites, la cavalerie de la dette ne nourrit pas son homme qui a besoin de richesse « equity » pour vivre, c’est-à-dire de capital correspondant à une épargne libellée en vraie valeur pouvant servir de support à ses dépenses et non à celles de l’Etat spoliateur des revenus privés.

      • Ivan dit :

        « Primo vous n’avez pas compris que le service de la dette est payé par la dette et non par l’argent du contribuable. »
        Il est faux de dire que le remboursement des intérêts de la dette est financé uniquement via de nouveaux emprunts sur les marchés. Cela est en parti vrai actuellement, de même que pour une très grande majorité des pays développés, via un gigantesque système de Ponzi, mais nous avons déjà remboursé des sommes phénoménales, via les rentrées fiscales.
        Ainsi entre 1995 et 2001 nous avons remboursé 658 mds d’euros d’intérêts.
        http://www.cadtm.org/La-charge-de-la-dette-francaise#haut
        Pour la période 1973/2008 le total s’élève à 1320 milliards d’euros !
        http://www.dettepublique.org/
        J’apprends d’ailleurs grâce à vous via le site du CADTM que le capital remboursé (via les rentrées fiscales), n’apparaît pas dans la présentation du budget par les services fiscaux.
        La dette publique constitue un véritable racket, via les intérêts cumulés. Elle permet également de justifier toutes les politiques de prédation sociale et de déflation salariale, ce qui devrait vous normalement vous contenter.
        Cette dette n’a pas vocation à être remboursée, mais seulement à alimenter le secteur financier, comme vous l’avez souligné, via le versement des intérêts. Le remboursement du principal n’arrangerait vraiment pas ce dernier qui dispose d’une rente commode. D’ailleurs tous les gouvernements qui se sont succédés ont pris soin de voter des budgets en déséquilibre chronique depuis 40 ans et l’interdiction du financement directe par les banques centrales (mis à part Jospin, il me semble).
        Le retour de l’endettement, comme vous dites (en réalité il ne s’agit pas d’un retour mais d’un système chronique), n’est pas dû au secteur public, qui, comme les liens que j’ai cité plus haut le montrent, est stable depuis 20 ans (environ 56% du pib). L’endettement a doublé depuis 2007, du fait de la crise économique et de la baisse des rentrées fiscales, mais aussi par simple effet mécanique de l’application du taux d’intérêt cumulé qui a un effet exponentiel.
        Je vois cependant que vous semblez être un libertarien, disciple de Ron Paul. Cependant il est faux de dire que l’occident n’évolue pas vers une diminution de la sphère d’intervention de l’état, notamment au niveau des prestations sociales, en tout cas au niveau de l’Europe. Les politiques mises en place ces 20 dernières années vont toutes dans ce sens.
        (Cela dit je vous rejoint sur votre analyse du fonctionnement du système financier)
        Enfin je pense que des mécanismes de solidarité et de réduction des inégalités par la redistribution des richesses sont nécessaires et utiles, mais il s’agit là de questions non exclusivement économiques, qui touchent à la morale et d’une certaine façon à la conception que l’on se fait de l’humanité etc… Je pense personnellement que l’économie doit être au service de la société.

      • njaisson dit :

        Demandez-vous aussi combien l’Etat récupère en taxes sur les plus-values financières grâce au commerce de la dette publique sur le marché secondaire (spot et futures), auquel il faut ajouter le marché des dérivés, vanille cou complexes, qui permet de démultiplier les revenus tirés du financement des produits dérivés par les titres de dette publique (type un TRS financé synthétiquement par la mise en location d’obligations ou swap de taux dont l’exposition est financée par la mise en pension d’un portefeuille obligataire chez un broker qui le fait circuler entre les banques comme collatéral).

      • Ivan dit :

        « Demandez-vous aussi combien l’Etat récupère en taxes sur les plus-values financières grâce au commerce de la dette publique sur le marché secondaire (spot et futures) »
        Oulà, je tremble de peur là. Tobin n’a qu’à bien se tenir. Non mais sérieusement, à qui voulez-vous faire croire que l’état « spolie » les acteurs financiers ? Et sur le marché de sa propre dette ?
        Il y a des limites au portnawak quand même.
        Cela dit, vous pouvez toujours partager vos chiffres que l’on voit un peu l’ampleur de la « spoliation »…

      • njaisson dit :

        Vous ne connaissez visiblement pas grand chose au fonctionnement d’une banque, ni de la finance publique, ni de la finance des marchés, ni de la fiscalité des produits financiers. Dans ces conditions, il est difficile d’échanger sérieusement. Je vous renvoie donc à vos mantras émotionnels diffusés par les Soral, Larouche et consors. Grands amuseurs publics quand il s’agit de problèmes économiques et financiers.

      • njaisson dit :

        D’où proviennent les revenus d’une banque? Réponse: essentiellement des revenus sur les taux d’intérêts (agios sur les crédits) et des plus-values financières sur ses expositions de marché inscrites au banking et au trading book, plus les opérations de hors bilan sur dérivés OTC notamment dont les revenus s’expriment en spreads de taux d’intérêt. Quelle est la taxe sur les bénéfices d’une banque? Il me semble qu’elle est de 33%. Par ailleurs je n’ai pas jamais parlé de spoliation des acteurs financiers mais de spoliation de l’économie productive privée par l’Etat ou les banques. J’espère que vous saisissez la nuance.

    • bernhardt dit :

      @Ivan
      « A moins, bien sûr que vous ne considériez que les gouvernements Obama ou Sarkozy aient été des gouvernements “socialistes” auquel cas il est urgent d’aller consulter. »

      Mais oui, Obama et Sarkozy sont bien des socialistes, vous les croiriez donc libéraux ? La bonne blague
      Ce sont des dirigistes et des interventionnistes, sur le plan budgétaire, fiscal, réglementaire. Pour Obama, il y a Medicare et Medicaid, les guerres ruineuses, le gouffre budgétaire et l’incapacité à ne serait-ce que stabiliser les dépenses fédérales mais ça passe aussi par les manipulations monétaires incessantes de la Fed (pas aussi indépendante que ça) qui faussent totalement le marché
      Quant à Sarko qui a créé 35 taxes et impôts en 5 ans, amené le taux de prélèvements obligatoires et de dépenses publiques à des niveaux jamais vus, endetté le pays de 600 milliards supplémentaires en particulier pour faire de la « relance », créé et voté le FESF et le MES afin de « mutualiser » les dettes au niveau européen…. il serait donc libéral ?
      A hurler de rire
      Je trouve Mr Demeulenaere bien gentil de ne pas vous moucher quand vous lui dîtes d’aller consulter
      C’est vous qui devriez aller consulter… les livres, les chiffres, les faits… et le B.A.-BA de la pensée économique
      En France on est décidément dépourvu de bon sens économique

      • C’est vrai, je suis trop gentil. 🙂

      • Ivan dit :

        « Mais oui, Obama et Sarkozy sont bien des socialistes, vous les croiriez donc libéraux ? La bonne blague
        Ce sont des dirigistes et des interventionnistes, sur le plan budgétaire, fiscal, réglementaire. »
        Vous mélangez tout : évidemment qu’Obama et Sarkozy sont interventionnistes sur le plan fiscal, réglementaire et budgétaire, c’est l’essence de leur mandat ! Les politiques font les lois, préparent le budget de l’Etat, font la fiscalité, le genre de choses qui font parti des missions régaliennes… C’est fou d’en arriver à ce niveau d’incompréhension.de la réalité !
        Donc en gros, Bernard, un Etat, ce n’est pas une entreprise 🙂
        Concernant le gouffre budgétaire d’Obama et les guerres ruineuses, il est dans la droite ligne de la présidence Bush, qui lui, n’est pas franchement un démocrate. Mais pour vous et Ron Paul, Bush est probablement « socialiste » 🙂
        Quant à Sarkozy, vous ignorez la réalité pour vous complaire dans des fantasmes : les prélèvements obligatoires ont légèrement diminué sous sa présidence (avec, cependant de fortes disparités et un allègement conséquent des prélèvements pour les plus riches).
        http://www.challenges.fr/elections-2012/20120403.CHA4942/pourquoi-nicolas-sarkozy-a-ete-le-president-des-rentiers.html
        Je vous renvoie à l’étude détaillée consultable ici :
        http://www.ipp.eu/wp-content/uploads/2011/11/fiscalite-redistribution-rapport-IPP-mars2012.pdf

      • bernhardt dit :

        C’est vous qui ne comprenez rien, qualifier de libéraux des néo-keynésiens qui ne savent que prélever et dépenser toujours plus en prétendant relancer l’économie, c’est vraiment n’importe quoi
        Le socialisme, c’est la socialisation de l’économie, c’est aussi simple que cela
        Peu importe à qui en vont ensuite les fruits: en tout cas certainement pas à la société dans son ensemble, elle s’appauvrit toujours avec l’application de politiques socialistes

      • Ivan dit :

        Relisez (ou plutôt lisez tout court) Keynes, et après vous pourrez me parler de « néo-keynésiens ».
        http://www.les-crises.fr/de-l-autosuffisance-nationale/
        Dire cela de Sarkozy et Bush, on croit rêver ! Il s’agit simplement de politiciens clientélistes (l’un étant l’obligé du complexe militaro-industriel et pétrolier), l’autre celui des grandes fortunes pour lesquelles il a mené une politique fiscale sur mesure. On est ici dans l’expression d’un état mafieux, sûrement pas dans du keynésianisme. Pour mémoire, une politique keynésienne, comme celle de Roosevelt par exemple, c’est un montant de prélèvements obligatoires proches de 70%. On en est loin, particulièrement aux US…

  9. Ivan dit :

    Comme, vous, par contre, avez l’air très au fait, j’attends toujours votre chiffre concernant la fiscalité sur le commerce de la dette publique (secondaire et dérivés)…Je sens que ça va être énôôôôrme 🙂

    • njaisson dit :

      Se référer aux code des impôts relatifs aux revenus issus des instruments obligataires. Ci-dessous le code fédéral américain, votre préféré, j’en suis sûr :-)))

      http://www.irs.gov/pub/irs-pdf/p1212.pdf

    • njaisson dit :

      Comme vous dites, énorme, en effet!:

      Total Tax Rates
      The average Total Tax Rate for FS companies in the 2011 study is 47.5%4 This is 1%
      lower than the Total Tax Rate in the 2010 study, but 11.1% higher than in 2007, before
      the financial crisis.
      The Total Tax Rate is a measure of the cost of taxes in relation to profitability and
      calculates the total taxes borne as a percentage of profits before all those taxes
      borne. Only taxes borne are included in the Total Tax Rate calculation; taxes
      collected are not included.
      Figure 6 shows the average Total Tax Rate in each of the four studies. In the 2009
      study, the average rate rose sharply above the first (2007) study carried out before
      the financial crisis. This was due to falling profits between the two years. In an
      economic downturn, corporation tax payments will fall with declining profit, but not
      payments of the other taxes borne, which are not so directly linked to profits and
      remain more stable, so that Total Tax Rates rise.
      As profits have recovered in the two years since the 2009 study, Total Tax Rates have
      reduced, but are still considerably above the 2007 levels.
      Taxes paid, when measured against the revenues (turnover) of FS companies rather
      than their profits, are a more stable percentage. Here we include both taxes borne
      and collected, as an indication of the size of the Total Tax Contribution of these
      companies in relation to the size of their businesses.
      On average, the Total Tax Contribution was equivalent in size to 18.9% of revenues in
      2011, split 7.0% taxes borne and 11.9% taxes collected5. Figure 7 shows the
      comparison with previous studies.
      http://217.154.230.218/NR/rdonlyres/04A4C44B-E8F7-426D-AB11-15994BD06A30/0/BC_RS_TotalTaxContributionofUKFSweb_4thEdition.pdf
      http://www.cityoflondon.gov.uk/corporation/LGNL_Services/Business/Business_support_and_advice/Economic_information_and_analysis/index.htm

      • Ivan dit :

        Et quand on vous demande l’heure, vous donnez toujours la date ?

      • njaisson dit :

        Quand on socialise la richesse produite par l’économie privée, les revenus sont détournés vers les détenteurs de la richesse spoliée, que ceux-ci soient les actionnaires des banques ou l’Etat lui-même rémunéré par les banques. L’existence de passe-droits fiscaux n’est là que pour conforter le système de la création de la fausse valeur financière rémunérant la dette publique au détriment de la vraie valeur créée par les acteurs économiques privés de la sphère productive. Vous aurez compris que les montages financiers passant par les paradis fiscaux permettent à la banque d’engranger des revenus grâce à des transferts d’actifs entre le secteur réglementé et le secteur non réglementé en utilisant comme moyen de financement des entités ad hoc créés dans ces zones de non droit du collatéral souvent constitué par des obligations d’Etat type OAT. Votre question concernant la fiscalité est donc un faux problème, dans la mesure où d’une part le régulateur complice du superviseur ferme les yeux sur certaines pratiques occultes qui sont souvent légalisées dans la réglementation (cf. Bâle 2 et Bâle 3, plus CRD volet instruments de transfert de risques) et d’autre part parce que les revenus des grands groupes bancaires qui financent l’Etat doivent être appréciés au niveau global et intersectoriel et non seulement national. C’est ainsi que les groupes de bancassurance , type SG ou BNP Paribas, bénéficient d’allègement en termes de capital réglementaire sur leurs montages de refinancement de hors bilan du fait de la possibilité de couvrir leurs propres expositions obligataires via l’émission de CDS ou de se refinancer synthétiquement via la vente de CDS à des entités ad hoc collatéralisées par des OAT qui vont émettre du papier défiscalisé vers les investisseurs. C’est ainsi que l’Etat a facilité et facilite encore le financement des crédits aux particuliers, grâce d’une part au titre de dettes publiques achetées par les banques et d’autre part à la défiscalisation de leur refinancement de hors bilan. Vos questions trahissent encore une fois votre méconnaissance des mécanismes de financement privé ou public.

  10. Ivan dit :

    Vous avez une capacité étonnante à poser des diagnostics justes mais à vous tromper de boucs émissaires. Cela s’explique par votre parti pris idéologique libertarien. Ce que vous dites sur le fonctionnement du marché financier est en parti exact mais il faut imputer ce fonctionnement au lobbying des banques et des acteurs financiers. Ce sont eux, en plaçant leurs hommes de confiance aux responsabilités publiques, comme en France Pompidou par la loi « scélérate » dite Pompidou-Giscard, qui ont orienté la réglementation en leur faveur, notamment en ce qui concerne le financement public et l’interdiction du financement de l’état auprès de la banque centrale (ce sont des hommes de Goldamn Sachs qui tirent les ficelles en europe). Il s’agit d’une dérive mafieuse, contraire à l’intérêt général, génératrice d’une spirale d’endettement par le biais de l’intérêt composé, qui profite exclusivement au secteur financier, cela n’a rien à voir et ne correspond pas à un quelconque « socialisme » ou autre keynésianisme, l’argent créé via le refinancement quasi gratuit auprès des banques centrales (et la dégradation du collatéral) ne retourne pas à l’état, qui lui doit toujours produire l’intérêt (sauf l’Allemagne qui emprunte à 0% actuellement), comme vous le prétendez. Des taux d’imposition des plus values financières de l’ordre de 20% ne permettent pas à l’état de « récupérer » l’argent de la dette, sans compter les montages qui permettent l’évasion fiscale. C’est tout le contraire puisque cette rente financière créée artificiellement alimente les détenteurs de capitaux au détriment de l’économie réelle et forme des bulles spéculatives destructrices (l’immobilier espagnol par exemple, ou les matières premières. Comme les nuages de sauterelles, ces bulles hypertrophiés détruisent systématiquement les économies où elles atterrissent.), lesquelles, comme vous l’avez souligné, échappent largement à l’impôt. C’est le financement par le biais du marché qui pose problème (ce que, par idéologie, vous refusez d’admettre).

    • njaisson dit :

      C’est que l’objectif du socialisme n’est rien d’autre que la prise de pouvoir absolu d’une secte organisée sur les masses par l’entremise de l’Etat et des banques qui lui permettent de s’approprier la richesse mondaile. Déjà Lénine reconnaissait le rôle essentiel joué par une banque centrale dans la socialisation de la société. Les banque et l’Etat ne sont que des moyens en vue d’une même fin, qui est celle du dirigisme absolu sur les masses (définition du communisme selon Lénine qui envisageait le stade ultime où les libertés collectives se confondraient avec les libertés individuelles), mais cela ne doit pas faire oublier que les banques sont l’instrument du dirigisme socialiste ou libéral (cela revient au même) et non la finalité ultime du système qui serait là pour rémunérer les banquiers. Cette vue de l’esprit plaît aux populistes lobotimisés parce qu’elle leur fournit une cible idéale mais illusoire dans la mesure où les banques ne sont pas le noeud du problème. D’ailleurs les populistes n’ont aucun remède crédible à proposer, contrairement aux années 1920, pour sortir du système actuel (voir l’exemple grec où règne le silence absolu du côté des alternatives à l’esclavage bancaire), dont ils reprennent les arguments principaux (paix sociale, solidarité, droits de l’homme, égalité, rôle protecteur de l’Etat) parce qu’ils sont prisonniers de la même idéologie qui est celle du rationalisme athée faisant confiance à la raison éclairée par la justice pour résoudre les problèmes sociaux. Echec sur toute la ligne, comme le montre l’histoire économique et sociale de 1929 à nos jours. Regardez Farage qui propose un retour à l’idée de l’Europe comme zone de libre-échange. Parlez-moi d’un libre échange dans un monde dominé par la puissance financière anglo-saxonne. D’ailleurs il ne mentionne jamais la City, pourtant responsable de l’endettement du RU à hauteur de 1000% du PIB, étant donné la position des banques anglaises comme contreparties de leurs partenaires européens, américains ou asiatiques sur le marché des dérivés de financement.

      • Ivan dit :

        « C’est que l’objectif du socialisme n’est rien d’autre que la prise de pouvoir absolu d’une secte organisée sur les masses par l’entremise de l’Etat et des banques qui lui permettent de s’approprier la richesse mondaile.  »
        En théorie, non. L’objectif déclaré, si l’on se reporte au manifeste du parti communiste, c’est la société sans classes : « A la place de l’ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classes, surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous. »
        Cependant, comme vous l’avez remarqué, aucune société communiste ou socialiste n’est parvenue dans les faits à ce stade (à part peut-être Cuba, dans une certaine mesure). Ainsi, vous avez raison de citer Lénine qui, avec les bolchéviks, a dés le début, confisqué la révolution russe et dépossédé les soviets de tout pouvoir au profit du parti et du comité central…
        Cependant, des solutions sont avancées aujourd’hui, il me semble, contrairement à ce que vous affirmez, y compris sur la Grèce. Le défaut sur les créances, par exemple,serait une première étape pour ce pays… La création monétaire est au centre des problématiques de l’endettement actuelles : faut-il laisser le monopole de la création monétaire au système financier où revenir à un monopole régalien ? Le principal argument qui a servi à justifier l’abandon de la souveraineté monétaire était la prétendue irresponsabilité de l’état (on cite ainsi volontiers l’exemple de John Law, qui commence pourtant à dater !) et la dérive inflationniste. On voit ce qu’il en est aujourd’hui de la responsabilité des marchés financiers et de leur vertu concernant la maîtrise de l’inflation monétaire… De plus, l’obsession inflationniste qui ne sert que les intérêts de la rente, conduit invariablement à mener des politiques récessives (comme celles pratiquées en Europe depuis 20 ans), comme le montre la courbe de Phillips.
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Courbe_de_Phillips
        De même, de plus en plus d’économistes osent à nouveau prononcer le mot « protectionnisme » (Jacques Sapir, par exemple) même si, dans les média, le terme est encore sacrilège.
        De toute manière il faudra bien procéder au désendettement, par le défaut ou l’inflation, et liquider la bulle des actifs financiers…

      • njaisson dit :

        Je pense qu’il faut considérer les phénomènes économiques conjointement avec d’autres facteurs tels que philosophiques, politiques ou religieux. Quand les évolutions économiques et sociales sont portées par les mêmes personnages pendant deux siècles, je me dis qu’il doit y avoir un dessein global, surtout quand nous avançons à marche forcée vers la troisième guerre mondiale. Le socialisme n’était qu’une étape sur la voie de la destruction de l’humanité dont l’élite ne sait plus que faire. La plateforme Erika, Fukushima, les guerres nucléaires déguisées du MO ont ouvert le bal. Maintenant nous arrivons au grand acte qui se déroulera cet été, selon toute vraisemblance.

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