Les armées des banques centrales prêtes à intervenir

« Dans tous les pays et zones économiques, les hélicoptères, les avions, les Canadair se tiennent prêts à décoller pour arroser le monde de liquidités. Si la Grèce chute dimanche, l’intervention sera pour lundi, mais si la Grèce choisit la voie de la zone euro, le largage de liquidités aura lieu quand même mais peut être quelques jours après. Avec la Walkyrie comme dans Apocalypse Now.

Il y a une attente sur les marchés d’une action concertée des banques centrales

C’est la veillée d’armes dans toutes les banques centrales ou presque du monde entier. En fait la situation est très simple. Dans tous les pays développés et même dans les pays émergents, la croissance est nulle ou molle, très molle. La Chine a déjà baissé son taux d’intérêt et cela a été une surprise mais elle va devoir faire plus. Aux Etats-Unis, les chiffres économiques se suivent et se ressemblent avec une croissance insuffisante pour créer massivement de l’emploi, au Japon le rebond post Fukushima s’essouffle et en Europe c’est la récession. La Banque centrale européenne aurait déjà dû baisser ses taux mais elle n’a rien fait. Toutes les banques centrales ont préféré attendre car, à part peut être dans les pays émergents, elles n’ont plus beaucoup de cartouches à tirer et elles ne veulent pas les gâcher.

Elles attendent donc, comme tout le monde, les élections grecques

Mais pas seulement. Il est vrai que si les résultats de dimanche en Grèce sont défavorables à la zone euro, on aura dès lundi matin une intervention massive de la BCE, de la Banque du Japon, de la Banque d’Angleterre, de la Banque centrale chinoise et de la FED, entre autres. Une intervention massive sous formes de baisses de taux, de quantitative easing ou de baisse des réserves obligatoires des banques.

Si le résultat des élections grecques est favorable à la zone euro, y aura-t-il intervention quand même ?

Oui. Toutes les banques centrales doivent intervenir, car Grèce ou pas, l’absence de croissance nécessite une action concertée. La question n’est plus de savoir si les banques centrales vont arroser le monde de liquidités mais quand. En fonction de la Grèce ce sera soit lundi, soit peut être après le sommet européen pour obliger les politiques à parvenir à un accord et compte tenu des échanges verbaux entre la France et l’Allemagne hier, un peu de pression des banques centrales sur les politiques sera nécessaire pour un accord. Les hélicoptères et les Canadair sont prêts à décoller pour larguer des centaines de milliards d’euros, de dollars, de yuans et de yens. Et ne me demandez pas où on trouve de telles sommes dans un monde submergé de dettes… »

Marc Fiorentino, monfinancier.com, le 15 juin 2012

Lire aussi : Royaume-Uni : des prêts jusqu’à 100 milliards de livres pour soutenir l’économie

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 56 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
Cet article, publié dans Actualités, Economie, Monnaies, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

6 commentaires pour Les armées des banques centrales prêtes à intervenir

  1. njaisson dit :

    Les mots son trompeurs, surtout dans la bouche d’un Fiorentino. Quand on parle de liquidités, on veut dire conserver leur liquidité aux titres de dettes conservées par les banques au bilan. Cela veut dire garantir leur refinancement par des prêts cash accordés par la BCE contre les titres obligataires, de façon à permettre aux banques de racheter des titres. La BCE maintient ainsi artificiellement la solvabilité des banques et sauve les Etats surdendettés de la faillite. Le problème est que cela ne compense pas la fuite des dépôts contre lesquels sont émis les prêts vers la clientèle privée et ce d’autant plus que le capital des banques est obéré par leur surendettement au bilan (part des actifs financés par la dette et non par les dépôts). L’UE se rapproche ainsi d’un modèle soviétique créant artificiellement de la monnaie en fonction des besoins estimés des Etats membres en moyens de financement (attitude dirigiste de relance par l’offre a contrario de la relance par la demande où la monnaie est fonction de la richesse créée), à cette différence près que la monnaie n’est même pas dirigée vers l’économie réelle, mais vers les marchés qui financent les Etats. L’UE maintient ainsi la pression sur les Etats nationaux jusqu’à accomplir l’Europe fédérale sur la base de l’unification budgétaire et fiscale s’appuyant sur des réseaux bancaires transnationaux directement supervisés par Bruxelles. C’est ce qui explique le jeu de chaises musicales au sein des directions bancaires, de façon à ce que les managers puissent se repositionner en fonction de la réallocation des cartes entre les Etats nationaux qui se partageront le futur gâteau de la bancassurance paneuropéenne.

  2. phil dit :

    curieux quand même que les banques centrales annoncent la couleur.. habituellement elles ne préviennent pas comme le signale Zero Hedge.

    http://www.zerohedge.com/news/here-comes-mother-all-rumors-g-20-sources-say-central-banks-preparing-coordinated-action

  3. Jean LENOIR dit :

    « Apocalypse now », Cher Olivier, je ne croyais pas si bien dire dans votre précédent post.
    Rien à ajouter, si ce n’est que l’effet d’annonce des banques centrales, est à mon sens celui d’éviter la panique des retraits ou bankrun pour reprendre la terminologie anglo-saxonne.

    Il fait très beau à Mangawhai et les chantiers en cours ne sont pas des chantiers de promoteurs privés, mais de clients bien réels.

    Jean LENOIR

  4. Antoine dit :

    Les marchés ne s’y trompent pas, ils terminent dans un magnifique vert (de joie) pour saluer l’intervention sans doute imminente des banques centrales

    http://www.boursorama.com/actualites/wall-street-en-nette-hausse-pariant-sur-une-action-des-banques-centrales-8d552da1d7e0a8995ba27715950e92dd

  5. Jean LENOIR dit :

    En attendant le vert-de-gris !

    Jean LENOIR

  6. sem dit :

    NICOSIA/ATHENS – A fifth euro zone country turned to Brussels for emergency funding on Monday when Cyprus announced it was seeking a lifeline for its banks and its budget, hours after Spain submitted a formal request to bail out its banks.

Ecrire un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s