Les eurobonds, c’est déjà fini

La mesure-clé de la campagne présidentielle de François Hollande, sa solution anti-crise, vient d’être prestement remballée. Notre président-qui-va-faire-plier-Angela a laissé à son Premier ministre le soin de l’annoncer : « Je souhaite que nous parlions des eurobonds à Bruxelles comme d’une perspective. Le système de mutualisation de la dette exige une plus grande intégration politique qui est nécessaire. Cela prendra sans doute plusieurs années. Cependant, sans attendre, il faut agir », déclare aujourd’hui Jean-Marc Ayrault dans un entretien au journal allemand Die Zeit.

(France 2, le 20 juin 2012)

Plus largement, sur les 3 axes prioritaires que François Hollande se proposait d’aborder au G20 (taxe sur les transactions financières, relance de la croissance par les fonds structurels et les eurobonds, stabilité européenne), c’est un zéro pointé. Comme le souligne Nicolas Doze, le G20 a été une fois de plus un « G vain ».

(BFM Business, le 20 juin 2012)

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 53 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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8 commentaires pour Les eurobonds, c’est déjà fini

  1. brunoarf dit :

    Jeudi 21 juin 2012 :

    L’Espagne paye très cher pour réussir son émission.

    Madrid a émis plus de 2 milliards d’euros d’obligations à moyen-terme à des taux très élevés. Sur les titres à 5 ans, l’Espagne a dû s’acquitter de taux d’intérêt jamais expérimentés depuis la création de l’euro.

    C’est dans la douleur que l’Espagne a couvert aujourd’hui 60% de son programme d’émission à moyen et long terme pour 2012. Le Trésor espagnol a réussi à placer ce matin 2,2 milliards d’euros d’obligations à deux, trois et cinq ans, dépassant son objectif maximum de 2 milliards grâce à une bonne demande, mais au prix de taux d’intérêt très élevés.

    Les rendements moyens sont ainsi ressortis à 4,706% sur les titres à deux ans, à 5,457% sur ceux à trois ans, et 6,072% sur ceux à cinq ans, contre respectivement 2,069% en mars, 4,876% et 4,960% en mai.

    Selon Reuters, les taux concédés par le Trésor sur les titres à 5 ans sont les plus élevés depuis la création de l’euro.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202131494640-l-espagne-paye-tres-cher-pour-reussir-son-emission-336263.php

  2. Utb dit :

    Il va se déculotter chaque jour un peu plus notre cher Flamby…… et flamber un peu moins; il n est qu un président « normal ».

  3. brunoarf dit :

    Mercredi 13 juin 2012 :

    Considérant que l’Union Européenne était à un moment « crucial », le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a décoché de son côté des flèches en direction de celles des « capitales » qui ne mesurent pas l’urgence de la situation.

    « Nous avons un problème systémique devant nous, nous devons avoir un cap et le maintenir. Je ne sais pas si l’urgence est bien comprise par toutes les capitales aujourd’hui », a-t-il déclaré devant le Parlement européen à Strasbourg.

    Jeudi 21 juin 2012 :

    Le Comité européen des risques systémiques (CERS) a appelé jeudi les autorités et gouvernements européens à agir de manière unie et rapide pour sauvegarder la stabilité financière dans l’Union européenne.

    « LE CERS renouvelle son appel à ce que toutes les autorités nationales et européennes agissent pour sauvegarder la stabilité financière et à le faire à l’unisson, avec rapidité et ambition », selon un communiqué publié à l’issue de sa sixième réunion.

    Le comité, dont la première réunion remonte à janvier 2011, s’inquiète en effet d’une situation où « le risque systémique demeure élevé » malgré les efforts déjà accomplis.

    « La poursuite du ralentissement économique et une aggravation de la crise de la dette souveraine pourraient mettre en danger la résistance d’un secteur bancaire déjà sous tension, perturber la fourniture de liquidités à l’économie réelle et exacerber un risque systémique déjà élevé », poursuit le CERS.

    Selon lui, le « défi fondamental reste de limiter la contagion entre les Etats membres de l’Union Européenne et promouvoir une stratégie macroéconomique qui soutienne la croissance et la consolidation budgétaire ». Concernant les banques européennes, il recommande le « soutien de mécanismes crédibles de recapitalisation et restructuration du secteur bancaire » et la poursuite des mesures pour améliorer leur résistance.

    http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/afp-00450722-le-cers-reclame-des-actions-rapides-et-unies-pour-la-stabilite-financiere-336369.php

  4. Marc dit :

    Hollandréou est trop marrant, de toutes façons le système financier est mort. Dettes + dettes = encore + de dettes pour essayer d’empêcher l’air de s’échapper de la Bulle Planétaire mais celle-ci a déjà explosé ; le trou d’air est là, il n’y a plus qu’à attendre la Chute finale…

  5. Jean LENOIR dit :

    Les eurobonds auraient pu être créés, à la naissance d’une Europe politique et économique harmonisée dès avant le lancement de l’euro. Les eurobonds ne verront jamais le jour car la construction européenne va imploser sous le poids des évènements.
    Monsieur Hollande aura été une fois encore ridicule… voilà ce qu’il en est de continuer à voter dans un système de démocratie fantoche.

    Jean LENOIR

  6. brunoarf dit :

    Vendredi 22 juin 2012 :

    Boule de neige : l’Etat espagnol précipite ses banques dans une crise à la grecque.

    La situation de l’Espagne s’aggrave parce qu’elle emprunte à des taux de plus en plus élevés, cela nous le savons. Mais il se produit également un autre phénomène qui aggrave la crise que connaît ce pays, et qui l’entraîne droit vers la situation de la Grèce : ce sont essentiellement les banques espagnoles qui achètent – à crédit – la dette émise par Madrid. Il faut bien lire ce passage d’un article des Echos :

    « La taille modeste de l’opération d’aujourd’hui [émission de 2 milliards d’euros d’obligations à moyen-terme] a permis aux acheteurs domestiques d’absorber l’offre », explique Nicholas Spiro, directeur de Spiro Sovereign Strategy. Depuis les injections de liquidités de la Banque centrale européenne (BCE), les banques espagnoles ont pris le relais des investisseurs étrangers, qui fuient le marché de la dette publique espagnole.

    Les investisseurs étrangers sont partis, ils ne prêtent plus à l’Espagne, ni d’ailleurs à ses banques, plombées par la bulle immobilière. Ces dernières n’ont donc plus accès au marché interbancaire, elles se tournent alors vers la BCE à qui elles empruntent de l’argent à 1% (le taux directeur de la BCE) pour acheter de la dette espagnole qui rapporte 4 à 6%.

    Les banques espagnoles le font parce que Madrid les oblige à le faire (sinon personne n’achèterait ses obligations !), et comme le pouvoir soutient les banques en difficulté, elles ne peuvent pas refuser. Elles le font aussi parce que c’est rentable (emprunter à 1% et acheter des obligations qui rapportent 4 à 6%). Cependant ce bénéfice reste minuscule par rapport à leurs créances immobilières douteuses, mais cela apporte une amélioration temporaire.

    Ce faisant, la quantité de dette dans le système (BCE-banques espagnoles-Etat espagnol) augmente, on ne fait ici que gagner du temps. Et les banques espagnoles remplissent ainsi leur bilan d’obligations espagnoles : quand l’Espagne devra restructurer sa dette, cela impactera toutes ses banques, et il faudra – encore – les renflouer ! C’est exactement ce qui se passe en Grèce en ce moment. Et la situation devient inextricable car tout le système financier plonge, tandis que l’Etat a toujours besoin d’émettre des obligations parce que son déficit ne diminue pas.

    L’étape suivante, on la connaît, c’est le bank run. Les populations se mettent – légitimement – à douter de la solidité de leurs banques, elles retirent leur argent pour le placer à l’étranger ou dans des filiales de banques étrangères. Ce mouvement existe depuis 2011 en Grèce, depuis quelques semaines en Espagne, et il a pour conséquence d’aggraver – encore – la situation des banques, qui doivent emprunter encore plus à la BCE…

    La hausse des taux auxquels empruntent les Etats n’est qu’un aspect du problème de la crise de la zone euro, il se développe également une gigantesque bulle obligataire qui risque d’éclater un jour ou l’autre.

    Philippe Herlin, chercheur en finance, chargé de cours au CNAM.

    http://www.atlantico.fr/decryptage/effet-boule-neige-comment-etat-espagnol-est-en-train-entrainer-propres-banques-dans-crise-grecque-philippe-herlin-397254.html

    Conclusion :

    Les six Etats européens périphériques foncent vers le défaut de paiement.

    Le Portugal, l’Irlande, l’Italie, la Grèce, l’Espagne, Chypre, sont en faillite.

    Malgré cela, les Etats européens du nord refusent toujours de DONNER des centaines de milliards d’euros aux six Etats européens périphériques.

    L’idée européenne est morte.

    L’Union Européenne va mourir.

  7. BA dit :

    Vendredi 22 juin 2012 :

    Merkel ne plie pas face aux demandes des pays du sud de la zone euro.

    Pour la chancelière allemande, la recapitalisation directe des banques par les fonds de secours « viole les traités ». La chancelière rejette aussi toute intervention de la Banque centrale européenne ou des fonds de secours pour racheter les obligations des Etats en difficultés, alors que Mariano Rajoy et Mario Monti sont pour. Elle ne veut pas, non plus, entendre parler des euro-obligations, dont François Hollande continue de demander la mise en place « avant dix ans ».

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/06/22/merkel-ne-plie-pas-face-aux-demandes-des-pays-du-sud-de-la-zone-euro_1723453_3214.html?google_editors_picks=true

  8. BA dit :

    Lundi 25 juin 2012 :

    « Quand je pense au sommet du 28 juin, je crains qu’une fois encore, nous nous attachions trop aux différentes manières de partager la dette », a dit Angela Merkel lors d’une conférence à Berlin.

    « La mutualisation des dettes au sein de la zone euro ou la création d’un fonds de rédemption seraient inconstitutionnelles », a-t-elle ajouté.

    « Je considère en outre que ce partage du fardeau des dettes et cette mutualisation des dettes seraient économiquement erronés et contre-productifs », a-t-elle dit.

    Chypre fait appel à l’aide européenne.

    « Chypre a fait officiellement appel à l’aide européenne aujourd’hui », a annoncé le gouvernement chypriote par communiqué.

    « L’objectif de cette demande d’aide est de contenir les risques pour l’économie chypriote », explique le gouvernement, notamment ceux liés « à la forte exposition des banques du pays à l’économie grecque ».

    Chypre aura recourt également à un emprunt de 3 à 5 milliards d’euros réalisé auprès de la Russie.

    Il s’agit du deuxième pays à faire à l’aide européenne ce lundi, après l’Espagne ce matin.

    A terme, cinq pays de la zone euro bénéficieront, avec ces deux nouveaux États, de l’aide européenne (Grèce, Irlande, Portugal, Espagne, Chypre).

    (Dépêche Reuters)

    Les Bourses européennes ont clôturé lundi en forte baisse, les marchés étant nerveux et inquiets à quelques jours d’un sommet européen censé apporter un début de réponse à la crise de la dette souveraine en zone euro.

    Paris a perdu 2,24 %, Londres a perdu 1,14%, Francfort a perdu 2,09%, Milan 4,02%, Madrid 3,67% et Athènes 6,84 %.

    L’indice Stoxx des banques (-3,02%) a accusé la plus forte baisse sectorielle en Europe, les financières étant fortement corrélées au aléas de la crise de la dette en zone euro.

    « Il y a une grande nervosité sur le marché à l’approche du sommet européen de la fin de semaine. Il y a un gros consensus négatif sur le déroulé des opérations. Les investisseurs craignent que ce soit une nouvelle fois une déception », explique un analyste financier basé à Paris.

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