Hausse des Bourses, le crime de la monétisation se profile à l’horizon (B. Bertez)

« La hausse des marchés financiers sous la conduite du secteur bancaire n’est pas le fait du hasard ou de la pression atmosphérique. Nous la prenons très au sérieux, d’autant plus au sérieux qu’elle s’est faite sous le leadership, la traction du secteur bancaire. Nous émettons l’hypothèse que le débat sur la monétisation des dettes en Europe est au centre du dispositif de sauvetage qui est discuté dans les coulisses , nous émettons l’idée que contrairement aux apparences, l’Allemagne est en partie complice, malgré ses airs de vierge effarouchée. La position de l’Allemagne s’apparente pour nous de plus en plus à un hommage du vice à la vertu, hypocrite. Ceux qui refusent la spoliation organisée à la faveur du grand mystère monétaire sont de moins en moins nombreux, ceux qui la veulent reçoivent chaque jour de nouveaux renforts. Les pires ce sont les hypocrites.

Tout ce qui est monétaire est complexe. Cela est normal. La genèse de la monnaie est un processus historique, long, chaotique, un processus d’abstraction. Derrière la monnaie de multiples intérêts sont en jeu. Pas seulement des intérêts monétaires. Derrière la monnaie il y a le Pouvoir. Ce n’est pas un hasard si la chose monétaire a été accaparée par les Etats, ce sont les instruments essentiels de leur fonctionnement et de leur perpétuation.

Vous comprenez que les Pouvoirs, quels qu’ils soient, n’ont aucun intérêt à ce que l’une des armes essentielles à leur domination tombe dans le domaine public. Par essence, la monnaie est un bien public, puisque c’est la forme générale des équivalences, c’est un bien commun qui ne vaut que parce que vous le reconnaissez comme tel, mais ce bien commun est retourné contre vous parce qu’il est confisqué. Confisqué par les Puissants et leurs alliés.

Il suffirait que vous vous en rendiez compte pour que ce Pouvoir qui est exercé contre vous, qui vous soumet, se retourne contre ceux qui l’ont confisqué : Il suffirait comme l’on dit vulgairement que vous perdiez confiance pour que ce Pouvoir, cette domination cessent. Ils n’auraient plus de moyen de pression, de répression. Vous détenez, par la Confiance que vous octroyez ou que vous refusez, la clef de votre subordination ou de votre libération.

Ce n’est pas un hasard si on dit couramment que l’Etat et ses alliés détiennent deux armes : la monétaire et la fiscale. Ce sont des vraies armes qui leur servent à piloter votre vie, à faire de vous des sujets. Peu à peu le mouvement de l’action étatique se précise et se clarifie, les deux domaines, le fiscal et le monétaire se complètent, pour augmenter les contrôles, les prélèvements sur votre activité, restreindre vos libertés, vos choix, vos possibilités.

L’enjeu de la crise est social. C’est l’ordre social. La répartition des richesses, des places dans la société, des statuts. C’est aussi et surtout l’avenir de vos enfants. La coalition en cours, Etats, Système Bancaire, Bureaucratie, Assistés bénéficiant de la manne répartitrice destinée à acheter les votes, la coalition en cours veut se reproduire, durer et même si c’était possible, au passage augmenter ses pouvoirs tout court et son pouvoir de prélèvement. C’est humain.

Ce qui est humain également, c’est que vous vous y opposiez. Aucune raison de se laisser faire, de tendre la joue gauche, vous n’avez commis aucun crime, les crimes ce sont eux, les dirigeants qui les ont commis. Ces dirigeants qui cherchent par la culpabilisation et la propagande à vous en faire payer le prix. Même si vous n’êtes pas va-t-en-guerre vous devez vous y opposer, c’est un devoir que vous devez à vos enfants et aux générations futures. Vous leur devez non seulement de leur laisser une éducation, forme d’héritage, mais un héritage matériel, et surtout un héritage systémique, un système propre, digne. Un système dans lequel ils pourront s’épanouir, exercer leurs talents, leurs libertés. Transmette l’héritage c’est la responsabilité que l’on prend en décidant de transmettre la vie. Nous devons à nos prédécesseurs, nous devons à nos enfants. La chaîne ne s’arrête jamais. Contrairement à ce que cherche à implanter la fausse gauche sociale démo, le changement est une escroquerie. La société change toute seule et elle n’a pas besoin de ces usurpateurs pour évoluer, pour s’adapter. Leur crédo du changement n’est que la mystification qui leur permet de nier, de dévaloriser ce à quoi vous tenez, vous croyez.

Ils dévalorisent ce que vous êtes pour mieux imposer ce qui leur est favorable, voilà la réalité des mots d’ordre du changement manipulé par les constructivistes. La civilisation ne les pas attendus pour progresser, créer des richesses, du bien être, allonger la durée de la vie, créer tous les instruments quasi magiques dont nous disposons maintenant… malgré eux.

La crise est un processus, ce n’est pas un événement, pas une situation ponctuelle, non c’est un processus qui se déroule. Processus symétrique de celui qui lui a donné naissance, le processus de financiarisation : La financiarisation a commencé au début des années 70, elle s’est développée, sophistiquée : Elle s’est enrichie et a enrichi beaucoup de gens. Son principe a été simple : repousser les limites de la rareté, par le crédit. Hélas, comme la normalitude du Français François Hollande et la bravitude de son ex compagne, le crédit a ses limites. Ces limites ce sont celles de la solvabilité. A force de faire des promesses, le système se place dans la situation de ne plus pouvoir les tenir. C’est simple, c’est clair et tout le reste n’est que poudre aux yeux pour vous tromper.

Si toutes les promesses ne peuvent être tenues, vous comprenez l’enjeu de la crise : cet enjeu c’est de savoir quelles promesses, quels droits vont être détruits. Vous comprenez aussi que ceux qui tiennent le pouvoir n’ont qu’une idée en tête, à savoir que les promesses qui doivent être reniées, détruites ce ne sont pas les leurs, pas celles de leurs acolytes et complices, non celles qui doivent être détruites ce sont les vôtres. La crise est une lutte sociale pour ne pas être détruit, pour conserver ce que l’on a, ce à quoi l’on pense avoir droit. Et vos droits valent autant que les leurs, à condition… qu’ils soient défendus.

La crise et son traitement ce n’est rien d’autre que ce processus par lequel trop de promesses ont été faites, promesses que l’on ne peut honorer et le traitement de la crise consiste à sélectionner ceux qui vont trinquer, ceux dont les droits vont être détruits, ceux qui vont s’appauvrir, ceux qui vont perdre.

Personne n’a les moyens de résoudre la crise, il n’y a que des menteurs et des charlatans, les soi disant traitements de la crise ne consistent qu’à repousser les échéances au prix d’une aggravation de la situation, c’est-à-dire au prix d’une augmentation des promesses que l’on ne peut tenir. Il n’y a pas de solution à la crise, pas de remède, la seule inconnue c’est de savoir qui va payer, à qui l’on va faire payer l’addition.

La solution à la crise c’est la destruction de toutes les promesses qui ont été faites à crédit depuis 30 ans, promesses que l’on ne peut tenir. L’enjeu du traitement de la crise c’est la sélection pour savoir qui va payer, qui va voir ses acquis réduits, qui va être spolié. D’où l’importance de la détention du pouvoir politique, puisque c’est le politique qui oriente la destruction des patrimoines, des droits acquis, des promesses. D’où l’importance de la détention du pouvoir monétaire puisque c’est ce pouvoir qui subrepticement, hypocritement oriente les destructions et les enrichissements.

Vous détenez un capital considérable, vous n’en avez pas conscience. Non seulement il y a vos économies, votre épargne, votre entreprise si vous êtes entrepreneur, votre retraite, vos droits sociaux, etc. Vous détenez tout le capital enfoui dans les structures cachées de nos sociétés, dans son héritage, car oui, il vous appartient à condition de le transmettre et de ne pas le dilapider. Globalement vous êtes certainement plus riches que tous les kleptos et leurs alliés réunis. Non seulement par ce que vous avez maintenant, par tout ce qu’ils peuvent hypothéquer sur votre dos, sur celui de vos enfants, par les traites qu’ils peuvent tirer sur votre compte présent et à venir.

C’est ce capital considérable qu’ils lorgnent. Vous pensez qu’ils ne lorgnent que ce qui est visible, vos biens, vos revenus, par le biais de la prédation fiscale, détrompez-vous, le fiscal n’est rien. C’est de la poudre aux yeux, on transfère peu de choses tous comptes faits par le fiscal. Les vrais, les gros transferts, c’est par la monnaie, par la création monétaire, puis par la dépréciation, la dilution monétaire qu’on les réalise.

Ce fut un grand subterfuge de faire semblant de remettre le pouvoir monétaire à une instance soi disant indépendante : les Banques Centrales. Astuce qui a permis de détourner le pouvoir monétaire encore plus sûrement et discrètement que si les souverains les avaient conservés et exercés directement. Rendre le pouvoir monétaire indépendant, le confier à la classe klepto et faire alliance, faire partage du butin avec elle était bien plus fin et plus efficace. Plus fin car le mythe de l’indépendance des Banques Centrales est un beau cache sexe, plus efficace car on peut faire accepter plus de fausse monnaie et plus longtemps grâce à ce subterfuge.

Votre capital, celui que j’ai énuméré ci-dessus est plus colossal que le leur, normal vous êtes plus nombreux même si vous êtes moins riches. Et puis il est intergénérationnel, pas instantané. C’est à la fois un capital et un flux de richesses à venir ; et cela les intéresse. La masse de vos droits accumulés est considérable et ils préfèrent que ce soient vos droits qui soient détruits et confisqués plutôt que les leurs. Les ultras riches ont des biens réels, les kleptos ont des biens hedgés, ils sont à la fois propriétaires d’actifs monétaires, mais débiteurs de monnaie comme c’est le cas des banques. Les alliés ont des créances indexées grâce à leur complicité politique.

Dans tous les cas la dépréciation monétaire, la dilution monétaire non seulement ils s’en fichent mais ils en profitent. Même chose pour les Etats et leurs bureaucraties, plus la monnaie se dévalorise plus la base , l’assiette de leurs prélèvements s’accroît. Tous ces gens sont gagnants dans le grand transfert de la création monétaire, dans la monétisation.

La monnaie est un fétiche. Elle fait prendre les vessies pour des lanternes, elle sert à exploiter, à appauvrir les uns au profit des autres. La monnaie masque la réalité des transferts et des spoliations.

Et ce que l’on vous propose en Europe, sous l’impulsion et les pressions des fausses gauches et pseudo droites, c’est ni plus ni moins que le Grand Transfert, le Grand Rateau qui va transformer les dettes des uns en or et les avoirs des autres, c’est-à-dire les vôtres, en plomb ».

Bruno Bertez, le 6 août 2012.

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 56 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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9 commentaires pour Hausse des Bourses, le crime de la monétisation se profile à l’horizon (B. Bertez)

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  2. Alcide dit :

    …le Grand Transfert, le Grand Rateau qui va transformer les dettes des uns en or et les avoirs des autres, c’est-à-dire les vôtres, en plomb”….
    C’est exactement le phénomène en cours.

    Les crapules au pouvoir gagent l’or des banques centrales nationales , de la BdF en particulier, au FMI contre du dollar de la FED et s’engagent à vendre à l’encan les biens des nations , des biens « durs » , des choses bien concrètes , contre … des bits d’ordinateurs… pour payer une dette virtuelle constituée de monnaie fiat inventée.

    C’est une grossière arnaque et un crime pour tous les entrepreneurs ,artisans , paysans , ruinés et parfois amenées au suicide.

    De même la totalité de l’impôt sur le revenu est mobilisé pour payer les seuls intérêts de cette dette odieuse.

    C’est un ignoble racket , réveillez -vous car quand bien même vous seriez un bon bourgeois repus , vos enfants hériterons d’une société détruite par la montagne de prélèvement que suppose le maintien dans l’euro , la mutualisation des dettes virtuelles , le sauvetage permanent des banques en faillie systématique par les conséquences de l’usage de la magie des réserves fractionnaires dans une économie réelle en perdition.
    Et à terme , le bourgeois sera aussi ruiné , c’est l’inéluctable pouvoir de l’argent dette privé.

    Bienvenue en Somalie Occidentale .

  3. BA dit :

    Mardi 7 aout 2012 :

    L’Italie s’enfonce dans la récession au deuxième trimestre.

    L’économie italienne s’est enfoncée dans la récession au deuxième trimestre avec une nouvelle contraction de 0,7% de son Produit intérieur brut (PIB) par rapport au trimestre précédent, selon une première estimation publiée mardi par l’institut de statistiques Istat.

    Cette contraction correspond exactement aux prévisions des économistes, qui tablaient sur une baisse de 0,7%, selon un consensus établi par Dow Jones Newswires.

    Plombée par la crise de la dette et des plans d’austérité à la chaîne destinés à rassurer les marchés, la troisième économie de la zone euro est entrée en récession au quatrième trimestre 2011 avec un repli de 0,7% du PIB.

    Avec cette nouvelle contraction de 0,7%, le PIB italien enregistre une baisse pour le quatrième trimestre consécutif. En glissement annuel, celui-ci s’est contracté de -1,9%, selon les données diffusées mardi par l’Istat.

    La contraction du deuxième trimestre reste néanmoins inférieure à celle du premier trimestre 2012 (-0,8%) et bien moindre que celle enregistrée au premier trimestre 2009 quand le PIB s’était effondré de 3,5% sur un trimestre, sous les coups de boutoir de la crise économique mondiale.

    Le 17 juillet, la Banque d’Italie a revu à la baisse ses prévisions pour le PIB italien tablant sur un repli de -2% en 2012 (contre un maximum de -1,5% prévu précédemment) et une poursuite de la récession en 2013 (-0,2%) alors qu’auparavant elle misait sur une reprise (+0,8%) l’an prochain.

    Pour sa part, le gouvernement italien table toujours sur une contraction de 1,2% du PIB en 2012 et un retour à la croissance de 0,5% en 2013, tandis que Bruxelles et le FMI sont plus pessimistes prévoyant respectivement une contraction de 1,9% et de 2% pour le PIB italien.

    « Les prévisions du gouvernement sont clairement dépassées », a analysé pour l’AFP Chiara Corsa, économiste à Unicredit.

    L’experte tablait en réalité sur un net ralentissement de la récession au deuxième trimestre et une chute du PIB limitée à – 0,5%. « Après l’annonce de mardi, la fin de l’année suscite une forte inquiétude », a-t-elle souligné.

    « Nous sommes dans une phase de contraction grave. Les investisseurs sont désormais à la recherche d’une preuve que le gouvernement Monti peut aller au-delà de l’austérité, vers la croissance », a estimé Giuliano Noci, expert économique à l’Ecole polytechnique de Milan.

    L’Istat ne donne pas de détail sur les composantes du PIB, mais selon les dernières statistiques publiées, la production industrielle, pilier de l’économie italienne très liée aux exportations manufacturières, s’est contractée de 1,7% au premier trimestre 2012, et de 8,2% sur un an.

    La consommation a également accusé un nouveau repli de 0,2% en mai sur un mois, après avoir déjà enregistré des baisses de 1,7% en avril et 0,7% en mars, selon des données diffusées par l’institut de statistiques Istat, les Italiens se serrant la ceinture sur fond d’austérité et de récession.

    http://www.romandie.com/news/n/_L_Italie_s_enfonce_dans_la_recession_au_deuxieme_trimestre44070820121321.asp

  4. Galuel dit :

    Excellent post ! Ca fait juste 5 ans que je dis la même chose… Pourquoi donc se réveiller 5 ans après la bataille ? Mieux vaut tard que jamais ! http://www.creationmonetaire.info/2012/08/bilan-zone-champagne.html

    • Tout le monde n’a pas la chance d’être un prophète comme vous… Sans doute avez-vous crié dans le désert.

    • Sylvie dit :

      5 ans, 10ans, 50ans… Qu’est-ce que ça change ? L’important c’est de s’en rendre compte… Et même si on s’en rend compte…qu’est-ce que ça change ? La fiscalité et la monnaie asservie le peuple, on nous gouverne de notre plein gré, on nous donne même le droit de voter…mais au fond qu’est-ce que ça change ?
      Au fond l’Homme se complait dans cet état, c’est peut-être dans notre nature…
      Sur ce, je dois aller acheté ma nouvelle TV, de marque chinoise évidement, et puis je vais regarder les nouvelles, car les malheurs des uns font le bonheur des autres…

  5. Raphael Hene dit :

    Les banques ont le bon dos, et que dire des petits spéculateurs boursiers qui se comptent par milliers et qui tradent des actions ou le forex de façon virtuelle, voir même avec des systèmes automatisés.

  6. Jean LENOIR dit :

    Tiens, un article zappé.
    A la différence du pétrole, il n’y a pas pénurie à l’horizon de la fabrication du papier monnaie. Les sociétés deviennent des singes à l’instar de la monnaie : justement.

    Jean LENOIR

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