Toujours l’euro des élites (Bruno Bertez)

« Vous vous en doutiez mais cela est encore mieux en le précisant : Les élites ne se posent pas la question de savoir quelle est la meilleure politique pour les Peuples, les Gens, ou même les Nations, bref pour tout ce qui est concret, non, ils se posent la question de ce que l’on peut et doit faire pour sauver l’euro. D’ailleurs DSK ne se cache pas dans son intervention au Yalta Forum, ce qu’il propose c’est pour empêcher, éviter l’explosion de l’euro. Nulle allusion à la croissance, à l’emploi, aux libertés, à la justice, ou même à la démocratie.

Faites-y attention maintenant chaque fois que vous lirez ou entendrez un article sur la crise, faites attention à ce qui apparaît ou n’apparaît pas. Ce que l’on propose concerne-t-il le sauvetage des kleptos, de leurs alliés, des politiciens qui ont attaché leurs noms à cette erreur ? Ou bien ce qui est proposé est-il en faveur du bien-être des Peuples ?

Vous serez surpris de ce que vous découvrirez. Vous constaterez que l’on ne parle que de sauver des abstractions sur le dos de ce qui existe concrètement, les Peuples, les Nations.

Le journal allemand Die Zeit fait sa “une” ce jour sur un sondage qui, lui, fait parler les Peuples. C’est un comble que la soi-disant démocratie escamote, nie les Peuples, et que ce soient les sondages qui les réintroduisent.

  • On y découvre que le soutien des Citoyens à l’euro est au plus bas historique.
  • On y découvre que 49% des Allemands pensent qu’ils seraient mieux sans l’euro, 39% seulement pensant qu’ils sont mieux avec l’euro.
  • On y découvre que 34% des Français seulement pensent qu’ils seraient mieux sans l’euro. Le retard des Français dans la prise de conscience est intéressant car il prouve le rôle des politiques, le rôle des corps intermédiaires, le rôle de l’obscurantisme entretenu par les médias dans la fabrication de l’opinion.

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Les Allemands sont 65% à estimer qu’ils iraient mieux personnellement si leur pays avait conservé le deutschemark plutôt que d’adopter l’euro. Seulement 36% des Français estiment que leur situation personnelle serait meilleure si le franc était resté leur monnaie, selon cette étude publiée par la Fondation allemande Bertelsmann.

Les Allemands sont également une majorité (49%) à déclarer qu’ils iraient mieux personnellement si l’Union européenne n’existait pas. Les Français sont moins nombreux dans ce cas: 34% affirment qu’ils iraient mieux ou beaucoup mieux sans l’UE. L’étude qui a également été menée auprès des Polonais montre que seuls 28% d’entre eux estiment qu’ils iraient mieux sans l’UE.

Concernant les chances sur le marché du travail, 37% des Allemands interrogés affirment qu’elles seraient plutôt meilleures sans l’UE. Les Français sont 35% à le croire tandis que les Polonais sont 24% à partager cette opinion.

Quelque 69% des Allemands estiment pourtant que l’Union européenne est un modèle pour le reste du monde, tandis que 56% des Français et 59% des Polonais sont de cet avis.

L’étude pour la Fondation Bertelsmann a été menée par téléphone auprès d’un échantillon représentatif de 1.001 personnes en Allemagne, 1.004 en France et 1.000 en Pologne entre les 3 et 8 juillet. (AFP)

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En Allemagne le débat sur l’euro est éclairé par la Bundesbank, les Professeurs d’Université, les partis politiques et bien sûr une vraie presse. Ce n’est pas le cas en France ou, à l’inverse, on a réussi à faire passer l’idée que la France était comme l’Espagne, l’Italie, dans le camp des pestiférés et les Français par conséquent croient que leur intérêt est d’être du côté des profiteurs.

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La décision de la Banque centrale européenne de financer des gouvernements incapables d’assumer leurs engagements, au prix d’une perte d’indépendance à l’égard des politiques, a provoqué une hausse des actions bancaires, des obligations des Etats périphériques et de l’or. Mais ni l’emploi ni le sens des responsabilités ne figurent parmi les gagnants. La BCE a adopté le «modèle du Mezzogiorno», selon la NZZ. Elle devient la patrie des pays peu scrupuleux sur l’emploi de l’argent d’autrui et désireux de vivre en partie des transferts financiers.

Est-ce vraiment une zone où les engagements ne sont pas tenus ? Les faits sont clairs : sur les sept exigences de Jean-Claude Trichet et Mario Draghi posées en août 2011 au nouveau premier ministre italien, Mario Monti, et liées à un programme de rachats d’obligations italiennes, six n’ont pas été remplies, selon la Frankfurter Allgemeine, qu’il s’agisse de la baisse des dépenses publiques ou des privatisations massives, ou encore de la libéralisation de l’électricité ou de la réforme du financement des régions.

Le coût à long terme de l’élargissement du mandat et de la transformation de la BCE en «dictateur bienveillant», pour reprendre le titre du Börsen Zeitung, n’a pas été présenté au public. De facto, il appartiendra effectivement à la BCE de déterminer qui appartiendra ou non à la zone euro. Logique ? Non, c’est une décision à prendre par les gouvernements. La BCE mélange les genres. Le coût de cette perte d’indépendance et de l’opposition de la Bundesbank sera double : une volatilité accrue de la monnaie, une hausse de l’inflation et un profond changement politique en Allemagne à l’égard de l’Union européenne. (Le Temps)

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Les Français ne comprennent pas qu’on les tond pour sauver les Grecs, Espagnols, Italiens…etc… et que l’austérité et les prélèvements qu’on leur impose ne sont pas destinés à bonifier leur situation mais à permettre de soutenir et garantir les dettes des pestiférés. Il faut être solvable parce que les Espagnols et les Italiens ne le sont pas. Cela, les Français ne l’ont pas compris.

La France a une situation réelle, appréciée par les marchés, qui ne nécessite, en elle-même, aucun sacrifice. Ses taux courts et moyens ne sont pas en danger, avec de temps à autre, même, des taux négatifs.

Les sacrifices que l’on impose aux Français sont uniquement justifiés par la solidarité, c’est à dire l’agenda de l’Internationale Socialiste, les Socialistes et les Socio démos.

Y a t il un politicien dans la salle ? »

Bruno Bertez, le 18 septembre 2012

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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9 commentaires pour Toujours l’euro des élites (Bruno Bertez)

  1. Jean LENOIR dit :

    Il est à supposer que « politicien » est le contraire de doctriconnard. Tout citoyen qui comprend la situation et se révolte de l’abdication de la démocratie dans les sondages est un fin politicien. A ce titre Bernard Arnaud semble un fin politicien.
    Allons… un peu de provoc !

    Jean LENOIR

  2. Garfy dit :

    Vous avez dit « les élites » – moi je cherche un autre nom pour les qualifier !!

  3. yoyo74 dit :

    Bonjour,

    J’administre un blog récent sur le risque de perte de contrôle de l’inflation par les pouvoris publics et je souhaiterais mettre à disposition de mes abonnés un document gratuit contenant 50 mots d’experts sur les moyens de se protéger financièrement.

    En quelques mots, quel est votre meilleur conseil pour une personne ayant peu de moyens financiers pour se protéger en cas d’hyperinflation ?

    Le lien de votre blog sera bien-entendu ajouté à la fin de votre conseil.

    Merci beaucoup à vous !

    PS : Je suis de près votre blog depuis un certain temps et je tenais à vous féliciter pour votre travail collossal d’analyses.

  4. jack dit :

    Depuis longtemps on a oublié le réel, la praxi, la vie, et c’est une des principale cause de la faillite de ce système, quand l’abstraction prend le dessus, quand une idéologie domine, ici le lbéralisme financier, tout n’est que théorie.
    Etudiez l’histoire et vous verrez que c’est chaque fois le même mécanisme : l’oubli du réel, Nous n’avons rien appris de la chute du communisme et nous suivons le même chemin, disons que cette fois c’est une autoroute à la vitesse grand V. Cela vient de la nature même du capitalisme qui est le champion de l’aliénation si ce dernier n’est pas régulé. Aliénation extraordinaire, noyée dans le consummérisme de tout genre et surtout financier.
    Ce qui intéresse un banquier aujourd’hui, se n’est pas le souci de faire gagner son client, mais de le tondre et d’empocher un bonus au travers d’un placement pourri.

  5. Jean LENOIR dit :

    @yoyo74
    Il n’y a pas d’autres moyens de se protéger de l’hyperinflation si ce n’est d’avoir des réserves en marchandises que l’on peut troquer et un peu de métal jaune et silver.
    Si on vous propose un placement miracle, fuyez le à tire-d’aile.

    Jean LENOIR

  6. Jean LENOIR dit :

    @jack

    Petite rectification : ce n’est pas d’aujourd’hui qu’un banquier se préoccupe plus de ses intérêts que des vôtres…
    J’ai été témoin d’une scène hallucinante alors que j’attendais un rendez-vous assis dans le couloir jouxtant des bureaux de la première banque française. Cela remonte à la mise sur le marché de parts importantes de FRANCE TELECOM, une dizaine d’années en arrière. Depuis une porte entre-ouverte, j’ai entendu une chargée de compte appeler un médecin spécialiste (en pleine consultations) pour lui vanter l’affaire (conversation avec amplification). Après lui avoir dit qu’il consultait, le médecin lui demande si c’est un bon placement « oui, oui très bien, je vous le recommande » et de lui suggérer une somme à 6 chiffres, approuvée par son auditeur…
    Je me rappelle particulièrement de l’affaire car j’ai, à l’époque, conseillée à une personne de connaissance de se défaire de sa participation – ce qu’elle fit au plus haut avec une plus-value appréciable…
    N’importe quelle analyse sérieuse aurait fait fuir l’investisseur potentiel.

    Jean LENOIR

  7. jack dit :

    Les partisans de l’Euro on vraiment un système de pensée et une idéologie romantique qui croit pouvoir dépasser la finitude et l’individualité de l’homme en subordonnant théoriquement l’individu vivant à des puissances anonymes censées le dominer et le déterminer de l’extérieur, Le paradoxe est que le romantisme tout comme le capitalisme affairiste, se présente comme une pensée de la liberté humaine,alors qu’elle en est tout le contraire. Pour le romantisme et le système hégélien en particulier, une chose n’est elle même que dans le flux de la totalité.
    Aussi, l’individu n’est-il jamais qu’un épisode d’un prosessus incessant, une éphémère manifestation d’une durée, qui, elle,ne meurt pas. Ce qui revient à dire que la pensée doit ne point s’en tenir à l’écorce de la vie, là où l’individu naît et meurt, elle doit s’abîmer dans le fleuve immuable qui porte ces alternances de vie et de mort.
    On imagine aisément tous les ravages qu’une telle pensée peut produire, une fois changée en idéologie et en programme politique.
    En ce sens on peut affirmer que la zone Euro se dirige vers une dictature.

  8. Jean LENOIR dit :

    @Jack,

    Le fait même que vous l’exprimiez, l’individu, démontre que vous ne pouvez pas croire que la zone euro se dirige vers une dictature. Les individus tuent les dictatures et, sauf erreur, cela s’appelle révolution ou guerre civile.

    Jean LENOIR

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