Les causes et les effets (Bruno Bertez)

« La capacité d’anticipation des Pouvoirs est, il faut oser le dire et le répéter, nulle. Ce n’est pas une critique, c’est un triste constat. Vous l’avez vérifié en lisant le rappel sur J.C.J. Et pourtant il s’agissait du Président de l’Eurogroupe. Tout ce que ces gens font ou disent est marqué du coin du court termisme le plus flagrant, jamais de projection dans l’avenir, jamais d’examen des conséquences non voulues. Non, on se contente toujours de l’optimum bébête du moment. Après, on verra !

C’est un vice fondamental de la pensée politique et administrative qui tient :

  • A l’irresponsabilité originelle de leurs fonctions.
  • Au tiers payant, ils ne paient jamais leurs bêtises.
  • A leur mode de sélection déconnecté du réel.
  • A la formation donnée à l’ENA.
  • Au fait qu’ils se reproduisent et vivent en vase clos.
  • Au fait qu’en France les corps intermédiaires sont soit discrédités soit à la botte.

Nous avons à l’ occasion de l’affaire Peugeot attiré l’attention sur le fait que si vous faites rendre gorge aux Capitalistes français, au capital national, il se passe des choses très désagréables et lourdes de conséquences.

Soit ils cessent d’investir, soit ils vendent à l’étranger.

Nous avons ajouté que dans tous les cas c’était une catastrophe concrète car la victime dans tous les cas était l’emploi et les recettes fiscales.

Nous avions en son temps constaté cela à l’occasion des difficultés de la sidérurgie, l’industrie est passée en mains étrangères, qui, à juste titre a eu moins de scrupules à licencier et délocaliser, sélectionner ses sites, que le capital français. Le propriétaire étranger est moins sensible aux pressions, aux sentiments, donc il recherche le taux de profit moyen mondial avec plus d’âpreté.

Beaucoup de secteurs sont, en France, passés sous contrôle étranger, même les plus insignifiants en apparence.

Nous expliquions il y a quelques années à un élu du douzième à Paris que la colonisation de son arrondissement était provoquée par un retrait du tout petit capital français, écrasé de taxes et de réglementations. À la faveur de ce retrait français, les asiatiques raflaient tout le quartier. Pour y travailler en famille donc sans cotisations, sans impôts, pas de comptabilité, on paie en liasses de billets lors des contrôles fiscaux, etc.

Le bon sens ce n’est donc pas de limiter l’implantation asiatique, mais de voir ce que l’on peut faire pour garder au travail, et non au chômage, les Français. Bien sûr rien n’a changé, la politique est ainsi faite, par des nuls.

Dans le cas présent on étrangle la famille Peugeot pour faire le beau dans les meetings et les salons et dîners parisiens, quoi qu’elle fasse ce n’est jamais assez. D’accord, mais ce que l’on voit, c’est la vente d’un fleuron détenu par la famille, fleuron du transport aux Russes, contents de l’aubaine. La rentabilité de Gefco est faible en raison de spécificités françaises, croyez moi, elle va s’améliorer très vite, hors comptabilité, sans scrupules, avec beaucoup de dérivations au détriment à la fois des salariés français et du fisc ».

Bruno Bertez, le 20 septembre 2012

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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Un commentaire pour Les causes et les effets (Bruno Bertez)

  1. Jean LENOIR dit :

    Le français est le roi de l’inconséquence et de la masturbation intellectuelle. Descendons le destin de l’industrie nationale automobile : il ne restera alors que des salariés inutiles mais grassement rétribués dans les administrations qui continueront à perturber le fonctionnement de la moindre boutique jusqu’à que tout soit réduit à portion de néant.
    Et de croire que d’alimenter sur le dos des tondus en prébendes insensées le secteur bancaire, sauvera le système et leur permettre de continuer à se gaver sur la poussière de rien.
    Et de s’étonner lorsqu’il ne restera aucune trace d’activité manufacturière et que la colère éclatera et ainsi que les violences, sur les décombres du vide.

    Jean LENOIR

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