Pourquoi il n’y aura pas d’élection présidentielle en 2017

Un titre choc. Mais je me demande bien comment l’auteur réussit le tour de force de ne parler ni de la dictature bancaire et financière, ni du fédéralisme européen, les deux antichambres du mondialisme…

« L’année 2012, baignée de la peur inconsciente de l’apocalypse du calendrier maya, a le parfum des terreurs de l’an mil, avec son cortège de catastrophes naturelles, d’émeutes et de dislocations géopolitiques. Dans cette ambiance millénariste, les guerres de position des leaders de la droite en vue de l’élection présidentielle de 2017 ont quelque chose de surréaliste, en miroir des gesticulations gouvernementales, aussi spectaculaires qu’impuissantes face au chaos des événements.

Car il faut bien se rendre à l’évidence : il est hautement probable que ces élections n’aient tout simplement pas lieu. Point n’est besoin de faire montre d’un catastrophisme dramatisé pour se rendre compte que nous approchons à grands pas du dénouement final de la crise, celle qui a commencé en 1973 avec le premier choc pétrolier, et qui ne touche pas seulement notre économie mais la plupart des piliers de notre civilisation.

Pourquoi 1973 ? Parce que, depuis 1974, aucun budget n’a été voté en équilibre par le Parlement. Autrement dit, c’est depuis 1974 que la génération 68, toujours au pouvoir, non seulement s’est endettée sur ses enfants et petits-enfants pour maintenir le capricieux niveau de vie auquel elle a exigé avoir droit, mais a prolongé la fausse abondance de la société de consommation grâce aux importations de produits à bas coût venus d’Asie. Quitte à fermer les usines européennes qui produisaient ces mêmes produits, pour rester compétitifs sur les marchés des émergents qui nous vendent aujourd’hui des produits concurrents, et pas seulement sur le créneau manufacturier, mais aussi sur celui des produits et services à haute valeur ajoutée. Quitte à allonger la durée des études pour masquer la hausse du chômage et le tarissement de nombreuses filières, sans parler de l’embauche massive de fonctionnaires. Quitte à continuer d’accueillir à bras ouverts une immigration majoritairement sous-qualifiée, bien au-delà de nos capacités d’accueil et d’intégration, prolétariat de substitution pour la gauche et nouvelle armée industrielle de réserve pour le capital, selon la formule marxiste, juste en l’espèce. Et quitte, enfin, à encourager la destruction écologique planétaire engendrée par nos modes de vie.

Tout a un prix, et celui du consumérisme européen, qui nous appauvrit, se paye par un déclassement durable : selon un rapport[1], les pays membres de l’OCDE, qui réunit une trentaine d’Etats parmi les plus riches de la planète et qui représentaient seulement 51% du PIB mondial en 2010 (contre 60% en 2000), devraient devenir minoritaire, à 43%, à l’horizon 2030. En fait, nous transférons notre appareil productif vers le reste du monde, sous les chaleureux applaudissements d’une Union européenne obsédée par le dogme libre-échangiste et le sauvetage de l’euro, dont on ne voit pas en quoi il pourrait nous préserver de la déroute économique.

La question qui se pose aujourd’hui est pourtant simple : lorsque nous n’aurons même plus de quoi acheter les produits de nos « partenaires commerciaux », que feront-ils de nous ? Ils commenceront par acheter ce qui reste, comme le font déjà le Qatar et la Chine, qui nous traitent comme un pays du tiers-monde, avant probablement de nous brader au plus offrant. Et nous, Européens, retournerons à l’usine pour confectionner les petits jouets des enfants chinois. Pendant ce temps-là, dans nos banlieues, les policiers se font tirer dessus avec des « mortiers »[2], des fusils de chasse et des kalachnikovs… tandis que nos dirigeants semblent n’avoir pour seul programme que d’accélérer la destruction de la seule institution qui tenait encore bon : la famille.

Bref, en 2017, il serait extraordinaire qu’un effondrement de notre société, doublé d’une crise politique majeure, ne se soient pas produits. « Ca va péter », entend-on un peu partout. Et cette fois-ci peut-être, pour de bon ».

Pierre-Henri d’Argenson, Atlantico, le 2 octobre 2012

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[1] Le basculement de la richesse, rapport de l’OCDE du 16 juin 2010.

[2] « La guerre d’Amiens a bien eu lieu », Gilles Gaetner, Valeurs actuelles du 20/09/2012.

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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9 commentaires pour Pourquoi il n’y aura pas d’élection présidentielle en 2017

  1. Olivier dit :

    On n’y est pas encore. Il va se passer beaucoup de chose avant, enfin je pense. Comme vous le signalez, Olivier, l’analyse reste classique, dommage.

  2. prb dit :

    Vous vous demandez « comment l’auteur réussit le tour de force de ne parler ni de la dictature bancaire et financière, ni du fédéralisme européen, les deux antichambres du mondialisme… ».
    L’auteur est à l’UMP, et ne voit « aucune alternative » dans les différents partis souverainistes, DLR, FN ou UPR… Bref ce « haut fonctionnaire » n’est pas très subversif et semble miser sur un ripolinage (un de plus) du parti dominant à droite. Un certain nombre d’électeurs ne se feront pas avoir une fois de plus. Du moins on peut l’espérer.

  3. Adrien dit :

    C’est un haut-fonctionnaire de l’ENA apparemment. Un esprit formaté, pas un esprit libre…

  4. 2017? Il faut voir plus loin que la politique!Quoi qu’il en soit c’est une vision claire de l’avenir,un réalisme redoutable,des objections bien fondées.Après avoir envoyé Arcelor aux oubliettes,que nous reste -t-il à brader?Mais pourquoi pas Dassault? Avec ce marché du siècledont Sarkosi disait à la télé le 30.01.2012: »c’est un succés commercial sans précedent ». Oui mais devrons-nousenvoyer nos techniciens,nos machines nos brevets aux Indes?Désormais le tiers monde achètera morceau par morceau,notre patrimoine:immeubles,hôtel,usines etc…Il faut faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’état afin d’embaucher 40.000 fonctionnaires supplémentaires(lutte contre le chomage) Ils se fichent éperdument du reste.leur problème c’est de protéger leur avenir.leur situation politique, leur caste.Le pressage du raisin est commencé mais ce n’est pas le peuple qui boira le vin.Honteux.probus

  5. offres d’emplois. vu sur un écriteau: » cherchons homme expérimenté, bonne instruction même sans diplômemais connaissances indéniables en économie,finances ,comptabilité et budget./Prière d’envovoyer votre C.V à l’adresse suivante: R.F Palais de l’Elysée PARIS.Une réponse vous sera adressée.probus

  6. Jean LENOIR dit :

    Oui, on pourrait arriver à Fort Chabrol, c’est un suicide collectif économique assisté par une caste de « grands » maffiosi, lesquels sont aveuglés par leur situation.
    …La fin programmée d’une civilisation

    Jean LENOIR

  7. xavib dit :

    Cet homme vient juste, si j’en crois son blog, de quitter l’UMP. S’il a attendu jusqu’à maintenant pour le faire, c’est que son cerveau est trop épais pour être complètement pénétré par la lumière.

  8. 2017.Comment faut-il dire à nos compatriotes:il n’y a plus ni droite,ni gauche:il y a un corporatisme politique appuyé par le lobbying et le trusting.Au final c’est le citoyen qui fait connaître son point de vue devant les urnes.Pour orchestrer les débats médiatiques politiques,nous allons faire venir la musique de la Légion Etrangère et un sergent por rythmer les interlocuteurs » :<>.Depuis 30 ans,nos présidents sont passés sans prendre aucune décision fondamantale pour l’avenir:une inertie totale.On a laissé nos affaires (banques, insdustries,commerce )sans contrôle.Politique des chiens « crevés au fil de l’eau.Il fallait ététer,élaguer à la tronçonneuse les grosses branches pourries comme un bon jardinier sait le faire en temps voulu.Au lieu de considérer le consommateur comme le mouton à tondre,attention au retour de bâton.Si ce consommateur fait la grève des achats,çà devient un tumulte indescriptible.Ce n’est pas à lui de payer les pots cassés.Au temps oû les feux étaient verts il fallait créer un un impôt spécial prévisionnel sur les entreprises et le commerce.On pouvait le faire à une certaine époqueaujourd’hui çà paraît inaccessible.Arroser un arbuste qui commence à sécher il y a peu de chance de le sauver même en les noyant.Dommage que nous n’ayons pas un Scipion pour remettre de l’ordre dans ce « foutoir ».probus

  9. le sergent: »droite,gauche,droite gauche, » méa culpa probus.

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