Rapport Gallois / Quand Nanette réinvente l’eau tiède ! Ou bienvenue dans le camp des pestiférés (B. Bertez)

« Nous le répétons, nous aimons bien Louis Gallois. Et puis au moins, il sait ce que c’est qu’une entreprise… lui.

Ce que nous savons de son travail est parcellaire, mais la logique de l’information, si elle est respectée, conduit à mettre en avant ce qui est le plus important. Donc, ce que l’on sait à ce jour suffit à nos critiques.

Une dévaluation, cela consiste à réduire le pouvoir d’achat des nationaux, et, en revanche à augmenter le pouvoir d’achat de l’étranger. En clair, par la baisse du change, on baisse les prix exprimés en devise étrangère et donc on augmente le pouvoir d’achat des étrangers. Encore formulé autrement, on augmente le pouvoir de prélèvement de l’étranger sur les richesses produites par les Français. On réduit la part de la France dans la richesse mondiale.

Baisser les charges sociales sur la production française, c’est tenter de réduire les prix français afin qu’ils soient plus bas, entendez par là, c’est le but du travail de Gallois, qu’ils soient plus compétitifs.

De combien, on ne sait pas, car, comme à l’accoutumée, les usines à gaz qui vont être construites empêchent tout chiffrage, pour ne pas dire toute efficacité.

Donc, baisser les charges sociales équivaut à mettre en place une branche de ce que l’on appelle une dévaluation du change.

Passons à l’autre branche, le financement de cette baisse de 6% des charges et de x%, nous disons bien x% de baisse des prix.

Il aurait été antisocialiste de baisser les charges et de réduire les dépenses en contrepartie, redistribution sacrée oblige ; donc, la contrepartie, on en parle déjà, sera une fiscalisation de cette mesure, entendez par là une hausse des impôts.

Qu’est-ce qu’une hausse des impôts ? C’est une baisse du pouvoir d’achat réel disponible des Français. On leur retire du pouvoir d’achat en augmentant les impôts, peu importe à ce stade la forme de l’augmentation de la taxation et son habillage.

L’important est que le pouvoir d’achat intérieur du système français baisse. Le pouvoir de prélèvement des Français sur la richesse et la production mondiale baisse. Nous le répétons. On appauvrit la France, le contraire de la prospérité et de ce que l’on appelle le cercle vertueux à l’Allemagne.

Quelle est la seconde branche de toute dévaluation, de toute amputation du change?

Ben voyons, vous avez deviné, si la valeur extérieure de la monnaie baisse, cela représente une baisse de pouvoir d’achat des nationaux. D’ailleurs, n’est-ce pas, Monsieur Mitterrand, on l’accompagne souvent en plus d’un plan d’austérité pour faire bonne mesure.

Exactement ce qui se passe dans le tour de passe-passe que l’on s’apprête à faire gober aux Français. On augmente le pouvoir d’achat de l’étranger que l’on fait semblant de stigmatiser par ailleurs, et on resserre d’un cran la ceinture des nationaux. On secrète, comme on dit en langage codé, un excédent exportable. Dieu, que cela est bien dit.

On fait une dévaluation masquée, plus ou moins équivalente aux dévaluations internes imposées aux pestiférés grecs, espagnols, italiens. On fait du FMI par anticipation, ou plutôt on tente de rattraper par une dévaluation subreptice une partie de la baisse de compétitivité que l’on a déjà générée en six mois de gestion.

Mitterrand avait tenu plus longtemps avant de se résoudre à la dévaluation/ Canossa!

Mais il est vrai qu’ici, on a l’épée dans les reins de la crise européenne, on ne croit pas à la prolongation du sursis dont bénéficie la France, on rêve de solutions miracles pour le chômage.

On ne se rend pas compte que l’on ne peut à la fois décourager les gens d’embaucher et, en même temps, leur demander d’augmenter leurs effectifs! On ne veut pas admettre qu’il est impossible de stigmatiser la recherche de l’efficacité, de la productivité et du profit et, en même temps, améliorer la compétitivité du système français. On n’arrive pas à intégrer le fait que le mythe de la social-démocratie – une chose et son contraire – est imbécile. On ne peut faire cent fois la même chose et, en même temps, espérer des résultats différents. C’était peu ou prou ce que disait Einstein.

Le constructivisme, illusion des élites auto proclamées de savoir mieux que tout le monde dans tous les domaines, est la cause de la sous-compétitivité française.

Nous n’avons jamais vu un capitaliste, un chef d’entreprise, un artisan, un travailleur indépendant, se priver de la possibilité de gagner plus d’argent, de s’enrichir en se développant, et pourtant, c’est le cas en France.

Si être chef d’entreprise permettait, comme le pensent les socialistes et la fausse droite, de s’enrichir et de vivre mieux en exploitant plus de gens, en en mettant plus au travail, croyez-moi, les chefs d’entreprise le feraient. Alors, s’ils ne le font pas, il doit bien y avoir une raison et c’est cette raison, ces raisons fondamentales, qu’il faut retrouver.

  • Si la vie est plus agréable en étant fonctionnaire, on cherche à devenir fonctionnaire.
  • Si la vie est douce en étant assisté, alors on baigne dans les délices de l’assistanat.
  • Si la vie est plus riche en étant chef d’entreprise, on cherche à devenir chef d’entreprise.
  • Si c’est encore plus agréable, plus gratifiant, alors, on cherche à grossir, à prospérer, à investir, à être le meilleur, à être compétitif, à embaucher ; voilà, c’est tout simplement le bon sens.

La première règle que devrait se donner un gouvernement est d’une simplicité enfantine, facile à formuler, facile à mettre en œuvre : ne pas faire de dégâts, ne pas faire de tort, ne pas nuire… »

Bruno Bertez, Le blog à Lupus, le 6 novembre 2012

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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11 commentaires pour Rapport Gallois / Quand Nanette réinvente l’eau tiède ! Ou bienvenue dans le camp des pestiférés (B. Bertez)

  1. Gribouille dit :

    Il y a une différence entre une dévaluation interne et une dévaluation de la monnaie.
    Dans le cas d’une dévaluation interne, on baisse les salaires. Mais si vous baissez les salaires, admettons de 20%, vous ne baissez pas les coûts de production de 20% mais d’un montant pondéré par le poids des salaires dans les coûts de production (admettons 50%), donc 10%. Enfin, une fois les coûts de production ont baissé de 10%, les entreprises en fonction de la structure de marché (plus ou moins concurrentielle), choisiront de répercuter qu’une partie de la baisse des coûts (admettons 50%). Ce qui donnera une baisse des prix nationaux de 5%.
    En résumé, le salarié qui gagnait 1000 € se retrouve avec 800 €. Le produit qu’il achetait 100 €, ne vaut plus que 95 €.
    Si on avait fait une dévaluation de la monnaie, de 20%. Le salarié serait toujours avec ses 1 000 F, le prix du produit national serait toujours à 100 F, et le prix du produit fabriqué à l’étranger qui valait 100 avant la dévaluation passerait à 120 F.
    Dans le premier cas (dévaluation interne) le salarié à perdu 15% de pouvoir d’achat pour améliorer la compétitivité des produits français de 5%;
    Dans le second cas, le salarié voit son pouvoir d’achat diminuer de l’inflation importée, qui dépendra du poids des produits étrangers dans sa consommation, (si la part des importations représente 30% du Pib, ce qui donnera dans le panier de la ménagère 15% (on compare un CA à une VA))l’inflation sera de 15% de 20%, soit 3% d’inflation, et 3 % de perte de pouvoir d’achat. Mais pour une augmentation de la compétitivité de 20%.
    En résumé, une dévaluation interne, l’effet direct est un appauvrissement de la population et une contraction de la demande intérieure, et un effet indirect, une amélioration à la marge de la compétitivité.
    Dans une dévaluation de la monnaie, l’effet direct est une amélioration de la compétitivité très significative 20%, et un effet indirect lié à une augmentation de l’inflation qui reste marginale 3%.
    Maintenant, refaites les calculs sachant que, la part des salaires dans l’industrie est de 15%, et qu’au moment de la baisse de la TVA dans la restauration, les restaurateurs ont gardé 90% de la baisse de la TVA pour eux.

    Pourquoi ne pas dire franchement que le rapport Gallois est mauvais. Il est parti d’une hypothèse de travail, « le coût du travail trop élevé en France ». Hypothèse contesté par les experts pour préconiser des baisses de charge. En clair c’est de la pure manipulation médiatique qui consiste à transférer des recettes fiscales supplémentaires vers les entreprises. Et pour quelles conséquences ? on rappellera que les dernières baisses d’impôts du quinquennat Sarkozy se sont traduites par une augmentation équivalente des dividendes versés par ces mêmes entreprises. J’imagine que Louis Gallois à oublié de mentionner ce point dans son rapport.

  2. Jean LENOIR dit :

    Oh Olivier,

    Comme toujours on oublie de réduire le train de vie de l’état, de rendre plus productives les dépenses publiques.
    Ces montages vont une nouvelle fois faire de plus amples dégâts, car lorsqu’on réduit (les charges) pour augmenter (les impôts) on fait un talon pointe particulier, en ce sens qu’on ne décolle ni le pied de l’accélérateur ni celui du frein.
    Avec une voiture sportive ça va quelques secondes. A l’échelle de l’Etat on casse tout car dans les têtes de linotte choisies par monsieur Hollande, la consécration du sérail ne développe pas les capacités de la basse-cour en autre endroit que la sotte certitude du bien-fondé des applications des doctriconneries.
    …Et comme le signataire n’est pas le dirigeant de Mitsubishi, il ne risque pas qu’on le débarque de fonctions ou de titres qu’il n’a pas (lui non plus)

    Jean LENOIR

  3. brunoarf dit :

    Mercredi 7 novembre 2012 :

    Espagne : la production replonge.

    La production industrielle espagnole replonge en septembre et affiche un repli de 7% sur un an.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/11/07/97002-20121107FILWWW00375-espagne-la-production-replonge.php

    Espagne : le chômage atteint 25,02 %.

    L’Espagne a enregistré en octobre 128.242 chômeurs (+2,73%) de plus qu’en septembre, tandis que sur un an la hausse est plus prononcée, avec 472.595 demandeurs d’emploi supplémentaires (+10,84%), pour arriver à 4.833.521 chômeurs.

    Selon l’Institut national de la statistique (Ine), qui utilise une méthode de calcul différente, le taux de chômage a franchi au troisième trimestre la barre historique des 25%, avec 25,02% (plus de 52% chez les 16-24 ans), le niveau le plus élevé, après la Grèce, dans l’ensemble du monde industrialisé.

  4. xavib dit :

    Rien n’entre en application avant 2014… autant dire qu’on va continuer de s’enfoncer. Le cap est là disent certains observateurs. Mais comme disait hier je ne sais plus qui, être dans la bonne direction ne sert à rien s’il n’y a pas la vitesse et même l’urgence : un coureur de 800 mètres en queue de peloton va lui aussi dans la bonne direction, n’empêche qu’il sera battu par les autres !

  5. GdV dit :

    Tout le monde avait compris qu’il fallait réduire le pouvoir d’achat des Français pour permettre à l’Etat Français de maintenir son clientèlisme et d’assurer son pouvoir de redistribution.
    C’est le souhait déclaré des Français à travers le résultat des dernières élections. Ils ont voté contre les coups de batons mais ils vont tout de même les prendre.
    Ce qui est surprenant ce n’est pas tellement que les coups de batons soient administrés par les socialistes mais la maladresse avec laquelle les mesures sont prises. Cette maladresse est telle qu’elle va tuer tout l’effet psychologique des mesures prises…Mais tant que les taux resteront bas, la musique pourra continuer et voilà la véritable énigme…Faudra-t-il attendre une forte récession pour que la correction commence, pour l’instant c’est juste deux petites claques.

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  7. AnkSieu dit :

    Bonjour,
    une petite question au passage, pour moi novice du blog qui grâce à vous tente de décortiquer la finance: pourquoi ce n’est pas l’état qui émet l’argent directement? (cf BdF et FED). Pourquoi passer par des banques privées ? J’ai cru comprendre que ça fonctionnait comme ça.
    Merci de votre éclairage !

  8. streit dit :

    Je suis d’accord avec cette stratégie gouvernementale!
    Tout ceci n’est que du bluff. Les personnes sensés savent qu’aucune réforme n’est possible en France à cause du corporatisme! Il faut donc rassurer les marché par n’importe quel moyen pour que l’on puisses continuer à emprunter à de bon taux!
    A bon entendeur!

  9. lechapurti dit :

    Y a juste un truc que tout le monde s’empresse d’oublier : les salaires ont augmenté beaucoup plus en Grèce qu’en France et plus en France qu’en Allemagne depuis la naissance de l’Euro. Soit on revient sur les salaires et les prix, soit on demande aux allemands de se lâcher et de s’endetter plus encore.
    Mais qui paie nos dettes, et les pensions etc …. Inutile de rêver, il faut s’ajuster ou exploser. Dire autre chose, c’est prendre les gens pour des andouilles, ou en être une.
    Les Grecs doivent payer des impôts au lieu de tenir un discours visant à s’exonérer de toute responsabilité, et en tout cas, qu’ils cessent de dépenser plus que ce qu’ils gagnent. Idem pour nous, et les autres.
    On a dansé tout l’été, et maintenant, il faut payer. Comment ne pas le voir ?

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