A propos de la pub du Crédit Agricole (Bruno Bertez)

« Contrairement à ce que l’on pourrait croire au vu des apparences, nous ne sommes pas systématiquement ennemis des banquiers. Nous avons, nous-mêmes, dans notre jeune âge, été banquier, spécialisé dans l’or, il est vrai, et nous savons, pour l’avoir constaté pratiquement, que la fonction bancaire est absolument irremplaçable dans une économie. La fonction bancaire d’intermédiation entre les agents économiques, la fonction bancaire d’allocation de l’épargne et de sa transformation en capital, la fonction bancaire d’intermédiation dans le temps.

Vous avez remarqué au passage que tout ceci n’a qu’un très lointain rapport avec les fonctions bancaires actuelles, lesquelles se résument à l’exploitation des agents économiques privés et à leur spoliation.

Etant très positif à l’égard de la fonction bancaire, nous n’en sommes que plus à l’aise pour être négatif à l’égard des banques telles que nous les connaissons maintenant.

Nous voyons passer une publicité du Crédit Agricole qui, manifestement, n’est pas trop stupide, car elle tente de modifier l’image que les clients ont de la banque. En clair, les clients, spontanément, pensent comme nous que les banques sont des voleurs, et la publicité qui, nous le rappelons, est bien faite, cherche à démontrer le contraire.

Mais comme toujours, les publicités sont comme les langues, les meilleures et les pires des choses, et là en l’occurrence, ces publicités non seulement passent à côté de l’essentiel, mais elles sont trompeuses. Signalons en passant que celles de la Société Générale ne sont pas meilleures aussi bien au plan économique qu’au plan moral.

L’axe de la publicité du Crédit Agricole, c’est : nous ne cherchons pas à vous influencer à notre profit. Nous ne vous plaçons pas systématiquement les produits les plus pourris, les plus désavantageux, et ceux qui nous sont les plus utiles à nous. Contrairement à la rumeur, nous ne touchons pas un intéressement sur les produits que nous vous vendons.

La publicité du Crédit Agricole nous fait penser au jeu démocratique actuel. Vous avez le choix entre la peste et le choléra, c’est-à-dire entre l’UMP et le Parti Socialiste. Mais, c’est sûr, nous ne vous influençons pas, vous choisissez.

Vous avez compris qu’en matière bancaire comme en matière de démocratie politique, les choix qui vous sont proposés sont des choix structurellement dirigés contre vos intérêts. Et vous qui nous lisez régulièrement savez bien que ce n’est pas par hasard. Les deux complices banquiers et monde politique sont alliés sur votre dos et ils vous enferment dans des pseudo alternatives pour vous b…ser.

C’est structurellement que la banque vous spolie et vous exploite :

1) Elle reçoit gratuitement ce qui vous appartient à vous tous, le bien commun, qui n’existe que par votre souveraineté et vos choix, à savoir la monnaie ; elle la reçoit gratuitement et elle l’utilise avec profit sur votre dos. Les spreads entre son coût d’accès à la monnaie et le prix de vos crédits sont considérables alors que la monnaie, c’est vous, contrairement à la propagande, la monnaie n’appartient ni aux banques, ni aux gouvernements.

2) Cette monnaie, elle est l’intermédiaire de votre spoliation par son émission excessive. La banque est l’agent qui transmet l’inflation qui vous ratisse.

3) Quand la banque fait des c…..ies, ce qui ne cesse de se produire depuis 30 ans, elle gagne beaucoup d’argent, ses employés et ses dirigeants roulent sur l’or, mais c’est vous qui payez leurs ardoises. Les profits sont pour eux ; eux, sous-entendez la classe des banquiers, les pertes sont pour vous, elles sont socialisées.

Nous arrêtons là l’énumération car nous n’avons pas envie de rentrer dans la technique par laquelle la classe bancaire vous ruine, asphyxie vos entreprises, étouffe votre Etat et force les gouvernements à vous imposer l’austérité provoquée par leur comportement usuraire ».

Bruno Bertez, Le blog à Lupus, le 22 novembre 2012

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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11 commentaires pour A propos de la pub du Crédit Agricole (Bruno Bertez)

  1. Jean LENOIR dit :

    Bien d’accord. Mais un contrat est un contrat. Parfois l’imbécilité des banquiers dépasse l’entendement. Le signataire de la présente, pour une opération mûrement réfléchie, demande à un banquier (la banque figure dans l’article de Bruno Bertez) la souscription d’un crédit in fine de 150 000 € en 2007.
    Le crédit est accordé moyennant le dépôt de 100 000 € en garantie du capital à 8 ans – le banquier indiquant « on ne va pas vous demander 150 000 € tout de même » et de proposer d’adosser la garantie à un produit à taux fixe de 4,5% ». Refus pour insuffisance de rendement et proposition alternative d’un nantissement sur de l’or physique. Le directeur d’Agence (une grosse agence avec sans doute plus de 100 employés) n’accepte pas la garantie de l’or et propose d’adosser la garantie à une sicav énergie et ressources, ce qui est signé.
    Il y a quelques mois, le banquier se réveille et envoie une lettre pateline à son client en NZ… afin de lui demander de verser sur le compte 50 000 € pour combler une perte de l’ordre de 35 000 € sur les titres nantis.
    Réponse du berger à la bergère : que nenni, je vous ai proposé une garantie que vous n’avez pas acceptée, l’or – eh bien contentez-vous de ce que vous avez (vos belles sicav maison), sous-entendu je vous paye vos intérêts jusqu’au terme de 8 ans et, après, je ne suis plus client d’une banque qui fonctionne si mal.

    A malin, si vous préférez, malin et demi.

    Jean LENOIR

    PS 100 000 € d’or 2007, c’est pas loin de 300 000 € en 2012 … et non les minables 60 000 à 70 000 € en compte dans la garantie : ne pleurez pas ils s’en sont foutu plein les poches avec mon argent avec des opérations d’aller-retour, d’adossements divers et les commissions qui vont avec

  2. Geraldine dit :

    Bien joué Jean Lenoir !!! Que ces pourris (et/ou incompétents) assument…

  3. On ne devrait pas parler du Crédit Agricole Mutuel en oubliant que c’est une organisation mutualiste sous le contrôle d ‘ administrateurs élus bénévoles – un homme une voie – et que tout cela est une mascarade permettant à la techno-structure en place d’agir sans aucun contrôle, mais tout le monde s’en fout !
    http://legueduyabboq.blog.lemonde.fr/

  4. Fernand dit :

    @ Jean Lenoir : admiration !

  5. Jean LENOIR dit :

    @Fernand

    Merci,
    Mais c’est trop, vraiment. Je ne fais que défendre mes intérêts comme je puis, petit pot de terre que je suis face au grand vilain pot de fer !

    Jean LENOIR

  6. Jean LENOIR dit :

    Mais, c’est vrai, aussi, qu’un jour en 2004 ou 2005 j’ai pu, après sa dérobade, contraindre (oui contraindre) la même banque à financer ce qu’elle avait promis (un bien d’immobilier commercial d’environ 3,7 millions d’euros) par une lettre recommandé écrite sans avocat – personne n’y croyant (avocat, expert-comptable, notaire, partenaires…) – car je ne voulais pas perdre au dernier moment le fruit de plusieurs mois de travail et d’efforts sur un excellent projet, comme cela m’était arrivé environ un an auparavant avec un site d’Airbus à Toulouse.

    Le projet ne devait pas être si mauvais puisque nous avons revendu ledit bien pour 9,5 millions fin 2009 après une acquisition additionnelle d’environ 1 million deux ans plus tard – il est vrai.
    Plus-value pour les structures personnelles du signataire représentant un cinquième du capital au total, un peu plus d’un million d’euros.

    Non pour me vanter …juste pour dire que nous pouvons être plus capables et meilleurs que les banques.

    Jean LENOIR

  7. Ping : A propos de la pub du Crédit Agricole (Bruno Bertez) | Olivier ... | Actualités Crédit Agricole | Scoop.it

  8. njaisson dit :

    On inverse l’ordre des facteurs: la banque n’existerait pas sans l’Etat qui la fait vivre en l’autorisant à utiliser les titres de dette publique comme moyen de financement des actifs bancaires, qui plus est avec effet de levier, ce qui permet à la banque de prendre par exemple des positions excessives sur les marchés financiers avec des notionnels à la Kerviel par exemple sur ses expositions de trading book. Si réllement la dette bancaire plombait l’Etat, et bien l’Etat arrêterait de s’endetter auprès des banques pour financer ses dépenses courantes, comme le fait actuellement l’Agence France Trésor pour payer les fonctionnaires en émettant de la dette, mais aurait recours au produit de l’impôt plus aux avances de la BdF pour financer son budget. Au lieu de quoi, c’est le contraire qui se passe avec la reconduction automatique de la dette par son refinancement sur le marché primaire et son trading sur le marché secondaire, opération très profitable pour l’Etat, qui, faut-il, le rappeler, est le premier bénéficiaire des opérations financières spéculatives des banques par le biais de la TVA et de l’IS (en cas de profits bien entendu). Et que l’on ne vienne pas nous raconter que la dette est remboursée avec nos impôts, ce qui justifierait l’austérité, car l’Etat dispose d’une capacité d’endettement constante auprès des banques, pourvu que sa « note de gueule » se maintienne, c’est-à-dire que les intérêts ne sont pas remboursés par les recettes de l’Etat, mais par la dette elle-même! Autrement dit dans un régime de création monétaire par la dette, l’imposition des revenus privés devient superflu, sauf à maintenir la tête sous l’eau des administrés, c’est-à-dire dans un état de dépendance prolongé par rapport au crédit bancaire d’une part et aux subsides de l’Etat d’autre part qui s’arrange pour capter l’essentiel de la richesse privée sous prétexte de financer son surdendettement indispensable au maintien de l’activité économique (le genre d’ânerie keynésienne dont un Asselineau est un adepte convaincu malgré son opposition à l’euro, monnaie dette par excellence).

  9. Jean LENOIR dit :

    Cher Olivier,

    De plus en plus Njaisson fait penser à quelqu’un (par son style, son mode de raisonnement et de pensée) très proche (par les liens familiaux, mais très distendus dans la réalité) du signataire de la présente – capable d’avoir un avis sur absolument tout (les médecins, par exemple, où la contradiction lui a été récemment appliquée).

    Est-il démasqué ? Nous verrons s’il réagit à ce post…

    Jean LENOIR

  10. njaisson dit :

    Un témoignage unique sur les « bonnes pratiques » de la SG:

  11. Rufine dit :

    A propos de la pub de CA/ {Oui mais! qu’est ce que vous en faîtes de cet argent….}
    Personne ne relève le pléonasme dans cette pub? je suis vraiment déçue que personne pas même les téléspectateurs n’aient relevés cela.
    On ne peut pas dire: Nous voulons savoir ce que vous faîtes de l’argent que nous vous confions..
    et après dire: {oui! nous voulons savoir ce que VOUS EN FAITES de cet argent….}
    C’est pathétique pour des gens qui ont fait de grandes études et nous pondent des oeufs de dinosaures de cette taille là quoi.
    Il faut leur dire de corriger la pub.
    N’importe quoi!

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