Hans Werner Sinn à lire et à relire (B. Bertez)

Hans Werner Sinn, President ifo Institute« Il est difficile de contester la compétence de Werner Sinn. On est loin des ronrons politiciens ou des phrases creuses des officiels. Président de l’IFO allemand de recherche économique, il a toutes les distinctions imaginables dans son pays. Chaire d’Economie et de Finances Publiques à l’Université de Munich, chercheur invité à la London School of Economics, à Princeton, à Stanford, etc.

Il vient de republier un entretien dans le Handelsblatt. Comme on en parle peu, nous en profitons pour combler cette lacune et rappeler ses positions : Ce sont celles de quelqu’un qui a accès à toutes les informations, même celles que l’on cache, et qui ne pratique pas la langue de bois. Il est l’ennemi de la bien-pensance européenne. Vous ne lirez pas cela chez les économistes payés par les banques ou dans les médias.

Si on lui demande est-ce que la politique de la BCE est efficace, il répond : «Tout ce que Draghi a fait, c’est d’expliquer aux investisseurs, aux banques, aux hedge funds que les contribuables des pays encore sains allaient payer et faire en sorte que eux puissent faire leur plein sur leurs créances »

Sur la fameuse Banking Union scélerate : « Cela collectivise les dettes des banques. Ces dettes sont trois fois supérieures à celles des souverains. Ce sont normalement les créanciers qui devraient supporter les pertes, pas les contribuables, pas les retraités, pas les épargnants. Les banques devraient être autorisées à faire faillite. L’Union Bancaire ne sauvera ni l’Europe ni l’Euro. Elle ne va bénéficier qu’aux financiers de Wall Street, de la City et à quelques institutions financières allemandes. Les banques continuent à fonctionner sur le dos des citoyens sous couvert de la solidarité ».

Nous ne pouvons qu’applaudir la démystification de cette solidarité que l’on nous jette au visage !

Sur l’Espagne : « La dette extérieure de l’Espagne est supérieure à toute la dette des pays en crise réunis , avec un chômage aussi gros que la Grèce. C’est une terrible combinaison. »

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Cela fait plusieurs années que Sinn alerte sur ce qu’il appelle le scandale des soldes Target 2 de la Bundesbank (le système Target 2 est le système de paiement interbancaire de la zone euro). Avant la crise, les échanges commerciaux ou de capitaux étaient principalement réglés sur le marché interbancaire. La hausse des soldes Target que dénonce Sinn est le symptôme de la profondeur de la crise dans laquelle se débat la zone euro. Ces soldes indiquent que les banques centrales de l’euro zone sont obligées de se substituer au marché interbancaire qui, 4 ans après 2008, n’est toujours pas en état de fonctionner normalement. Sans ça, les banques des pays en difficulté ne pourraient pas couvrir leurs besoins de refinancement. Les banques allemandes montrant une aversion croissante pour s’engager dans les pays en crise, la Bundesbank est contrainte d’augmenter le niveau de ses interventions.

Pour Sinn, ce système de garanties de dettes imposées au réseau des banques centrales européennes – garanties qui atteignent désormais des centaines de milliards d’euros – pourrait constituer un coût effroyable pour les contribuables allemands en cas d’explosion de l’eurozone.

Fin février, Jens Weidmann, le président de la Bundesbank en personne, écrivait une lettre à Draghi pour l’alerter sur les risques posés par ce système de paiement interbancaire Target 2.

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Sur l’Italie : « les réformes de Monti ont été bloquées sitôt que Draghi a avancé son programme d’achat de bonds souverains. En suggérant la printing press, Draghi a retiré la pression, bloqué les réformes. Les syndicats refusent tout maintenant. Hélas l’absence de compétitivité ne disparait pas avec la protection des obligataires ».

Sinn pense que « plus on retarde les ajustements, ce que l’on fait maintenant, plus ils seront douloureux. Pendant ce temps, les investisseurs, les banques (les kleptos NDLR) vendent leurs dettes toxiques sans décote aux fonds gouvernementaux de sauvetage sur le dos des retraités et contribuables des pays qui sont encore sains ».

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Dans son interview, Sinn ne prend pas de gants pour dresser un constat lugubre de la réalité de l’économie des pays du sud de l’eurozone. Puisqu’avec l’euro, les pays en crise ne peuvent plus dévaluer leurs monnaies pour redevenir compétitifs, ils n’ont plus d’autre solution que de procéder à de douloureuses dévaluations internes afin de produire des biens moins chers et capables de soutenir la concurrence des autres pays de l’eurozone.

Malheureusement, selon Sinn, à l’exception de l’Irlande, ces dévaluations internes n’ont pas encore porté leurs fruits et, pire, aussi douloureuses soient-elles, elles continueront à n’avoir aucun effet positif significatif aussi longtemps que le robinet de l’argent des plans de sauvetage européens continuera à couler. Mais sauvetage européen ou pas, in fine, les pays qui ne veulent pas réduire leurs coûts de production n’auront pas d’autre choix que de sortir de l’euro.

Pour Sinn, il faudrait aider ces pays qui sortiraient de l’euro en mettant en place des annulations de dette et en injectant de l’argent dans leurs banques. Mais plus les mesures radicales seront retardées, plus les investisseurs privés pourront continuer à revendre sans perte leurs obligations toxiques aux fonds de sauvetage gouvernementaux. Et pour Sinn, ce sont donc les contribuables et les retraités des pays financièrement sains qui finiront par payer la note.

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Sur Merkel, c’est intéressant car cela permet de comprendre le faux calme actuel : «elle cherche à gagner du temps pour les élections fédérales, il ne se passera rien d’ici là. Elle fait le jeu des banques et des investisseurs, elle espère désamorcer les thèmes de l’opposition pour être réélue. Après on verra ».

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“Les investisseurs gagnent de l’argent et les retraités perdent du temps” affirme Sinn. Le fait que le gouvernement allemand parle de mettre en œuvre des mesures « pour gagner du temps » ne peut être interprété que d’une seule manière : Angela Merkel et ses ministres ont pris le parti des investisseurs privés.

Mais comment a-t-on pu en arriver là ? Pour Sinn, « la puissance de feu de l’industrie de la finance » a permis d’obtenir d’excellents résultats dans sa stratégie d’influence de l’opinion publique. Et c’est pour cette raison que les responsables politiques européens ont fini par considérer que la solution à la crise consistait effectivement à ramener la confiance chez les créanciers des pays du sud grâce à l’argent des contribuables des pays du Nord.

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D’une certaine façon nous croyons comprendre que la position conciliante actuelle de Merkel n’est pas garantie après l’élection… Faut-il alors s’attendre à des réveils agités ?

Sinn, la compétence au service du décapage ».

Bruno Bertez, le 21 décembre 2012

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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8 commentaires pour Hans Werner Sinn à lire et à relire (B. Bertez)

  1. Jean LENOIR dit :

    Les flux vont bientôt se tarir.On finira par s’apercevoir qu’il n’y a plus d’économie, plus de rentrées fiscales …plus rien.
    C’est alors que l’ensemble des européens se retrouvera en haillons, leurs membres bruissant comme les automates à la libération des camps lors de la seconde guerre mondiale.

    Jean LENOIR

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  3. brunoarf dit :

    Samedi 22 décembre 2012 :

    En zone euro, les Etats périphériques sont en faillite.

    Dernier exemple en date : l’Etat chypriote ne peut plus payer ses fonctionnaires.

    Cette semaine, le gouvernement s’est tourné vers les organismes semi-publics : l’Autorité des Télécommunications de Chypre, Electricité de Chypre, ainsi que l’Autorité portuaire de Chypre. Le gouvernement a carrément puisé dans les fonds de pension de ces organismes pour payer les fonctionnaires de l’Etat.

    Depuis 2011, Chypre ne peut plus se financer en lançant des emprunts sur les marchés internationaux.

    Si l’Etat obtient enfin un prêt de la Troïka pour recapitaliser les banques chypriotes, la dette publique de Chypre dépassera largement 120 % du PIB en 2013.

    Conclusion : Chypre va devenir le quatrième Etat de la zone euro placé sous perfusion. Reste que les pays européens rechignent à porter secours à un quatrième État membre après la Grèce, l’Irlande et le Portugal.

    Lisez cet article :

    Toujours pas d’aide pour Chypre, au bord de la faillite.

    Six mois après avoir sollicité le sauvetage financier de l’Union européenne (UE), Chypre est au bord du défaut de paiement.

    L’agence de notation Standard & Poor’s a abaissé vendredi – pour la troisième fois en cinq mois – de deux crans la note souveraine de l’île méditerranéenne, gratifiée d’un « CCC+ ».

    L’incertitude persistante sur le plan de sauvetage du petit État de la zone euro exclu des marchés financiers depuis 2011 rend le risque de défaut «considérable et en hausse», avertit S & P.

    Les ministres de la zone euro auraient dû se mettre d’accord le 13 décembre sur l’assistance à Chypre, dont le secteur bancaire a été très exposé à la dette grecque. Mais les différents bailleurs de la troïka (UE, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) divergent sur les instruments à employer. «Le niveau de la dette publique de Chypre sera tellement élevé après un prêt qu’il ne sera plus supportable», a déclaré vendredi Jorg Asmussen, l’Allemand membre du directoire de la BCE, qui redoute pour Chypre un scénario à la grecque, en pleine campagne électorale allemande.

    La question d’effacer la dette chypriote «ne se pose pas», a affirmé Jorg Asmussen. Une position confirmée par le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, le cénacle des ministres des Finances de la zone euro. En attendant, les premiers créanciers à pâtir d’un effacement de la dette publique chypriote seraient les banques du pays, principales détentrices des bons du trésor de la petite République.

    Nicosie doit encore affiner l’évaluation précise de son besoin de financement, estimé jusqu’ici à 17 milliards d’euros, soit un peu plus qu’un an du PIB du pays. Alors que Bruxelles prévoit une dette publique équivalente à 97% du PIB en 2013, la seule recapitalisation des banques chypriotes (10 milliards d’euros) ferait dépasser largement le seuil de 120% du PIB, au-delà duquel le FMI considère la dette publique comme insupportable.

    Répondant aux exigences de ses futurs bailleurs, Chypre vient d’adopter un budget d’austérité. Reste que les pays européens rechignent à porter secours à un quatrième État membre après la Grèce, l’Irlande et le Portugal.

    Un moyen de soulager le fardeau serait une aide conjointe de Moscou. «Il me paraît important que les Russes soient à bord», plaidait le ministre français Pierre Moscovici le 4 décembre dernier devant l’Eurogroupe. La Russie, dont des capitaux importants sont placés dans le havre fiscal chypriote, n’a pas répondu à la demande de prêt de Nicosie. «Les Russes n’auraient, entre autres raisons, pas apprécié d’être écartés d’un appel d’offres pour la prospection de gaz», décrypte un diplomate européen en poste à Nicosie. Vendredi à Bruxelles, Vladimir Poutine a soufflé le chaud et le froid sur la question.

    Les tractations vont se poursuivre. Jean-Claude Juncker espère avoir «pratiquement fini» de s’occuper de Chypre pour la réunion de l’Eurogroupe du 21 janvier, avant l’élection présidentielle chypriote du 17 février. Le temps presse. L’État chypriote en est déjà réduit à puiser dans des fonds de pension pour payer ses fonctionnaires.

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/12/21/20002-20121221ARTFIG00625-toujours-pas-d-aide-pour-chypre-au-bord-de-la-faillite.php

  4. timeismoney dit :

    Chypre c’est pas un drame . Question renflouement c’est peu pour l’Europe . çà me fait un peu le méme effet que la photo de Sinn , le genre t’as pas 100 balles , alors que la Baviére est loin du besoin , son pb ce serait plutot de ne pas étre mise à contribution .
    Chypre est au milieu d’un lac de gaz et de pétrole , faudrait plutot y investir et négocier le contrat . Là y a un os les US et la Russie sont déjà sur le coup . On se couche alors ?

  5. Jean LENOIR dit :

    Pour l’instant, il semble qu’on fasse abstraction de quelque chose qui devrait mettre la puce à l’oreille. Chypre est fort exposée à la dette grecque, « n’est-il pas ? ».
    Si Chypre se casse la gueule, c’est autant de dettes qu’on pourra effacer …lesquel effacement pourra nettoyer le bilan des banques des pays qui tiennent encore.
    Vous avez dit « cynique »?

    Jean LENOIR

    • Des hedge funds ont fait de très bonnes affaires à l’occasion de la renégociation de la dette grecque avec des haircuts successifs et récemment le rachat de sa dette par le gouvernement grec qui a donné lieu au relèvement de six niveaux de la dette grecque et à resserrement des spreads sur celle-ci. La Russie essaie de rapatrier une partie des fonds offshore réfugiés à Chypre. C’est la raison pour laquelle elle a accepté de participer au renflouement de ce pays qui suivra le scénario bien connu des autres pays secourus qui commence par des cris d’orfraie avant de se terminer par des clameurs de joie dans les salles de marché et des plaintes aiguës dans la rue bientôt suivies d’un ralliement massif des syndicats. Les forces représentatives de la classe laborieuse se montrent toujours unies dans la préservation des avantages acquis qui sont garantis par la perpétuation de la dette qui les finance. Il est bien connu que dans une économie socialiste le budget n’est pas financé par l’impôt prélevé sur la création de richesse, mais par la dette qui est une hypothèque sur les salaires financés par la dette et non par la productivité des entreprises privées, elles-même dépendantes du financement par le crédit bancaire financé par la rétrocession temporaire de la dette publique, sans laquelle les banques ne sauraient les maintenir en vie.

  6. Même si les PIGS retournaient à leur monnaie nationale, cela ne changerait pas grand chose,, car le problème de fond n’est pas tellement celui de l’unification monétaire que celui de l’intégration économique de ces pays au sein de l’économie mondialisée. Cela veut dire que ces pays ont transféré leurs principaux actifs dans l’économie globalisée, sur la base d’un gestion financière assurée par les banques qui contrôlent les flux entrants et sortants à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Europe. Cela signifie que les banques considèrent les actifs italiens par exemple comme des valeurs financières dont la valeur doit être considérée par rapport à leur évaluation sur le marché mondial et non pas seulement italien.. Ce principe de financement et de valorisation explique pourquoi les grandes entreprises italiennes ont toujours été favorables à la monnaie unique et au système de compensation monétaire entre les pays européens qui garantissent leurs débouchés au sein de la zone euro, même si la balance des paiements de leur pays d’origine est déficitaire. Cela n’empêchera pas les banques italiennes de collatéraliser les prêts au accordés aux entreprises italiennes pour obtenir des liquidités auprès de la banque centrale locale, de manière à poursuivre leurs activités de financement des sociétés italiennes à l’étranger, tout comme les importations de produits allemands achetés à crédit, même si les échanges avec l’Allemagne sont fortement déséquilibrés. Cet avantage de financement disparaîtrait si l’Italie renonçait à la monnaie unique pour revenir à une base de financement des entreprises purement nationale qui est loin de suffire à des entreprises italiennes (ou portugaises, ou espagnoles) en mal de débouchés sur les marchés mondiaux.Actuellement la répartition des actifs industriels entre les pays membres de l’UE est décidée par les organisations supranationales, comme la Commission et l’OMC en fonction des objectifs de développement des pays émergents (transferts de savoir-faire, égalisation des revenus) et des avantages comparatifs des différents pays permettant d’optimiser la gestion budgétaire de l’économie monde, qui sert de base à la gestion des actifs financiers bancaires dérivés des actifs de l’économie réelle) et non des économies nationales, ce qui effectivement ne correspond pas aux intérêts des peuples, lorsque ceux-ci ont la malchance de se trouver dans une zone de basse pression en termes de répartition du capital. L’Europe depuis 2008 est répulsive pour les investisseurs étrangers qui attendent que les pays européens fassent leur ménage budgétaire, c’est-à-dire procèdent à des réformes sérieuses de leurs finances publiques, et non en trompe-l’oeil, comme dans le cas de France qui ne réduit pas suffisamment ses défenses, se contentant d’augmenter la pression fiscale, ce qui n’est pas l’objectif premier de la Commission qui joue le rôle de maître d’école. Il est vrai qu’elle-même donne le mauvais exemple en reconduisant systématiquement ses dépenses, voire en les augmentant. Le problème est qu’on ne peut pas compter sur les administrations pour se réformer elles-même, c’est-à-dire couper la branche budgétaire sur laquelle elle sont assises. Il faut que la pression vienne de l’extérieur et qu’elle soit suffisamment forte pour forcer les administrateurs nationaux à agir. C’est ce qui s’est passé en Grèce avec l’envoi d’une task force budgétaire localisée à domicile, de manière à superviser la réalité du changement. Malheureusement il a fallu avoir recours à la manière forte en coupant les vivres au gouvernement grec. On n’en est pas encore là en France, mais un scénario identique à la réforme de la fonction publique grecque n’est pas à exclure, si le gouvernement Hollande continue à faire de l’obstruction au changement, c’est-à-dire à la refonte radicale de son appareil administratif que ni l’Europe, ni la France n’a plus les moyens de financer maintenant que toutes bulles spéculatives qui permettaient aux banques d’acheter de la dette publique convertible en prêts ont éclaté.

  7. très intéressant ce point de vue geo politique…effectivement après l’election allemande…les masques vont tomber…lourdement! j vous invite à lire ceci : http://wp.me/P2eXIR-6G

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