Le summum de la confusion entre la finance virtuelle et l’économie réelle ! (P. Leconte)

Pierre Leconte finance virtuelle« Nous sommes parvenus au summum de la confusion. Plus aucun marché financier n’a actuellement de sens puisqu’il n’y a plus de marché libre sur lequel l’offre et la demande non faussées peuvent se confronter, dans la mesure où ce ne sont plus que quelques acteurs dominants monopolistiques qui dictent leur lois et que la finance se résume à une manipulation globale permanente contradictoire des variables monétaires et des taux d’intérêt par quelques banques centrales en conflit les unes contre les autres pour obtenir le maximum de baisse de la monnaie que chacune d’entre elles émet (à des fins supposées de relance de leurs économies en situation réelle calamiteuse). Sauf la BCE qui, sous la pression de la Bundesbank et du gouvernement allemand (qui savent qu’une monnaie forte est un facteur positif dans la durée), est satisfaite de laisser l’euro s’apprécier (et ainsi de retrouver sa crédibilité bien écornée en 2011-2012).

Dans de telles conditions, tout et le contraire de tout peut se produire. Un seul conseil: vendez ou arbitrez obligations comme actions et placez vos avoirs liquides: 1/3 en cash (euros et francs suisses seulement), 2/3 en en métaux précieux (or, argent-métal, platine et palladium en options, à terme, ETF ou physique, mais surtout pas en actions des sociétés minières). Oubliez tout le reste et ne ré-ouvrez vos écrans que dans quelques semaines quand tout ce cirque aura accouché soit d’un effondrement global, soit d’une stabilisation, soit d’une nouvelle embellie, qui dans chacune des trois hypothèses vous aura probablement permis de sauver votre capital via les instruments que nous recommandons ci-dessus !

Vous trouverez peut-être notre attitude exagérée mais, quand on ne peut plus faire de prévision rationnelle parce toute rationalité est devenue absente, on s’abstient au lieu de vouloir paraitre plus malin que les autres ! Absolument personne n’est plus actuellement en mesure de prévoir quoi que ce soit à court terme, mis à part la faiblesse globale du dollar US index, et ceux qui disent le contraire ne sont pas sérieux.

La guerre des monnaies fiduciaires via les dévaluations dites “compétitives” est l’élément le plus négatif possible pour les actifs financiers de papier mais pas pour les actifs réels. Quant au “Central Monetary Planning” de type soviétique visant à SUPPRIMER les prix justes des métaux précieux, des actions et ou obligations, pour faire baisser les premiers et faire monter les secondes, mis en œuvre par la Federal Reserve US et quelques unes de ses acolytes, il se retournera nécessairement contre elles parce qu’elles n’ont pas assez de “biens capitaux” réels pour maintenir artificiellement tout cela et que créer toujours plus de fausse monnaie n’a jamais assuré aucun système économique, monétaire, bancaire ou de marchés financiers ! Le pays le plus riche du monde c’est l’Allemagne, qui pratique le plus possible l’orthodoxie monétaire et budgétaire, pas le Zimbabwe, qui pratique la création monétaire et le crédit extrêmes, hélas devenu le modèle des USA ! La réélection d’Obama à la présidence US et le maintien de Bernanke à la direction de la FED seront un jour, lorsque l’on écrira l’histoire vraie de la période actuelle, considérées comme LES DEUX PLUS GRANDES CATASTROPHES DU XXIe siècle.

Le grand Ludwig von Mises écrivait à ces propos dans *L’action humaine” (le meilleur livre d’économie jamais écrit dont la traduction en français est disponible sur internet) :

« Il faudra bien que l’on comprenne que les tentatives d’abaisser artificiellement, par l’extension du crédit, le taux d’intérêt qui se forme librement sur le marché ne peuvent aboutir qu’à des résultats provisoires et que la reprise des affaires, qui intervient au début, sera forcément suivie d’une rechute profonde, laquelle se traduira par une stagnation complète de l’activité industrielle et commerciale… Un boom d’expansion du crédit doit inévitablement conduire à un processus que le discours commun appelle dépression… La dépression n’étant en fait qu’un processus de réajustement, de remise en ligne des activités de production avec l’état réel des données du marché… Toute tentative de substituer des moyens fiduciaires à des biens capitaux inexistants est vouée à l’échec Il n’y a aucun moyen de soutenir un boom économique résultant de l’expansion à crédit. L’alternative est ou bien d’aboutir à une crise plus tôt par arrêt volontaire de la création monétaire, ou bien à une crise plus tard avec l’effondrement du système monétaire qui est en cause Le résultat de l’expansion du crédit est un appauvrissement général… ». D’où sa conclusion dont on peut vérifier tous les jours l’évidence : « Les crises économiques sont provoquées par les politiques monétaires expansionnistes des banques centrales » ! »

Pierre Leconte, Forum monétaire de Genève, le 27 janvier 2013

Publicités

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
Cet article, publié dans Economie, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

19 commentaires pour Le summum de la confusion entre la finance virtuelle et l’économie réelle ! (P. Leconte)

  1. xavib dit :

    LA FED CONFIRME SA POLITIQUE MONETAIRE ULTRA EXPANSIONNISTE

    « La banque centrale des Etats-Unis (Fed) a noté mercredi, sans s’en inquiéter, la stagnation de la croissance économique aux Etats-Unis et a confirmé l’ensemble de ses mesures de politique monétaire destinées a soutenir la reprise.

    Aux Etats-Unis, « la croissance économique marque une pause depuis quelques mois, en grande partie à cause de perturbations d’ordre météorologique et d’autres facteurs à caractère passager », écrit le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) dans un communiqué publié à l’issue de deux jours de réunion à Washington.

    Compte tenu de cette absence d’amélioration, le Comité a confirmé les mesures d’exception qu’il avait prises lors de sa réunion précédente, en décembre.

    En vertu de ses décisions, la banque centrale continuera de racheter sur les marchés des obligations d’Etat américaines et des titres adossés à des créances immobilières pour un montant total de 85 milliards de dollars par mois jusqu’à nouvel ordre.

    Ces achats exceptionnels dureront « tant que la perspective du marché du travail ne s’améliorera pas nettement », rappelle le FOMC, et le taux directeur de la Fed restera entre 0 et 0,25% tant que le taux de chômage officiel restera au-dessus de 6,5%, que les perspectives d’inflation à moyen terme ne dévieront pas de plus d’un demi point au-dessus de l’objectif de la Fed (2,0%) et que les attentes d’inflation à long terme resteront stables.

    Toutes ces mesures ont pour but de maintenir une pression maximale sur l’ensemble des taux d’intérêt, du plus court au plus long terme, afin de favoriser l’investissement, la consommation et le marché du logement et, in fine, de hâter la reprise du marché de l’emploi.

    La Fed ne semble pas s’inquiéter outre mesure de la direction prise par l’économie américaine. La principale modification dans le communiqué final du FOMC par rapport à décembre est la disparition d’un paragraphe dans lequel la banque centrale disait « craindre que, sans mesures d’assouplissement monétaire suffisantes, la croissance économique ne soit pas assez forte pour permettre une amélioration soutenue de la situation du marché du travail. »

    Les décisions du Comité ont été approuvées à l’unanimité des douze membres votants moins une voix, celle d’Esther George, pour qui, selon le communiqué, la poursuite de la politique ultra-accommodante actuelle augmente « les risques de déséquilibres économiques et financiers futurs » et « pourrait entraîner avec le temps une hausse des attentes d’inflation ».

    http://www.boursorama.com/actualites/etats-unis-la-fed-note-sans-s-en-inquieter-la-stagnation-de-la-croissance-0632e42cb0e80d2cd911c74151a9dff8

  2. njaisson dit :

    Last year we had plenty to worry about in Europe. If it was not Greece, it was Italy. If it was not Italy, it was Spain. The word « drachma » even started to come back into our vocabulary.

    Those 29% bond yields in Greece are now hovering around 10%, and speculators in sovereign debt continue to be rewarded. Soaring Spanish interest rates are now under 5% and the equities markets in Europe are breaking loose.
    http://www.thestreet.com/story/11824710/1/my-biggest-worry-about-this-current-market.html?cm_ven_int=obinsite

    • Même ramenés à 5%, les taux d’intérêt restent destructeurs quand le taux de croissance de l’économie est en-dessous de zéro…

      • njaisson dit :

        Avez-vous vu les résultats trimestriels des entreprises espagnoles?? Il sont bons. Rejoice, man :-)))

      • njaisson dit :

        Il faut distinguer entre le spread sur la dette souveraine et le spread sur les prêts des banques centrales aux banques commerciales (taux repo notamment). Il y a une nuance et de taille! Si les banques peuvent emprunter à 0.1% et acheter de la dette souveraine qui leur rapporte 5%, je ne vois pas où est le problème.

      • Si vous ne voyez pas où est le problème quand un pays emprunte à 5% alors qu’il n’a pas de croissance, je ne peux rien pour vous. Vous pouvez vous réjouir pour les banques si vous voulez… ça fait une belle jambe aux Espagnols.

      • njaisson dit :

        Spanish Manufacturing #PMI up to 46.1 in January (Dec: 44.6). Although still well below 50.0, that’s a 19-month high

        Vous avez dit « pas de croissance »???? Le fait que les spreads sur la dette espagnole soient retombées à 5% (approximatif court terme), ne signifie bien évidemment pas que les banques prêtent aux entreprises à 5% :-), mais que la tension sur les marchés de la dette se détend suite à l’amélioration des conditions économiques
        http://twitpic.com/bzyb4a

      • Vous ne comprenez décidément pas les choses simples… Je parle du refinancement de la dette du PAYS, pas des entreprises. Il se fait à 5% alors même qu’il n’y a pas de croissance.

        Encore une fois : Sans croissance, l’Espagne ne peut que continuer à creuser sa dette puisqu’elle emprunte avec intérêt. Voyez les chiffres de 2012 :

        espagne

        Quant au relâchement de la tension sur les taux espagnols, il n’est pas dû à une amélioration des conditions économiques… mais à la BCE de Mario Draghi qui a déclaré qu’elle était prête à racheter de la dette espagnole, italienne, etc. en quantité ILLIMITEE.

        Ce simple effet d’annonce a permis de calmer les marchés.

    • xavib dit :

      « My biggest worry about this current market is there is nothing to worry about….The best asset allocation right now is stocks, stocks and more stocks. »
      C’est n’importe quoi. L’auteur croit visiblement que les pompes à fric de la Fed assureront une hausse éternelle des actions. L’économie réelle, il s’en fout…

      • njaisson dit :

        Je crois qu’il y a beaucoup de désinformation d’un côté comme de l’autre. On ne peut pas nier que les résultats trimestriels publiés par les sociétés américaines sont encourageants. Il y a une certaine réalité dans la progression des marchés. Maintenant que les chiffres du chômage continuent à être mauvais est tout aussi vrai. Mais c’est un problème différent, dans la mesure où les marchés sont globalisés et qu’il ne faut donc pas apprécier les résultats de l’économie réelle par rapport à des chiffres nationaux mais internationaux. Les gains de productivité et la dilution de l’emploi entre des marchés uniformisés ont aussi leur part de responsabilité dans la stagnation de l’emploi en Europe comme aux EU.

      • kravis dit :

        Economie US en récession au 4è trimestre… malgré le soutien à coup d’argent public et de dette… tout va bien jaisson !

        http://www.economiematin.fr/les-experts/item/3439-crise-etats-unis-croissance-pib

      • Geraldine dit :

        Ils expliquent cette récession du dernier trimestre par les coupes dans les dépenses militaires.

        Donc LA question est : Sans les énormes dépenses militaires (à crédit), y aurait-il eu une croissance américaine ces dernières années?

  3. THEOPT NEWZE dit :

    @xavib,

    Stocks (pour les particuliers) de nourriture, de biens de consommation et de précaution essentiels, c’est plutôt comme cela qu’il convient de voir les choses quand il n’y a plus aucune visibilité… (et ça relance temporairement la consommation). Voir à deux ans et remplacer ensuite au jour le jour (quand on pourra) ce qu’on consomme… initialement acheté (encore) en bon argent sonnant et trébuchant.
    Pas du tout les mêmes stocks donc.

  4. njaisson dit :

    Leconte devrait changer son refrain. Les actifs ça tournent; Il devrait le savoir tout de même!! L’or, il n’y en a que pour l’or. Il a dû se prendre une méga tôle avec la baisse du prix de l’or.

  5. njaisson dit :

    And that surge in demand for gold stopped almost two years ago, as China’s capital inflows have settled down to more manageable levels. Since capital is no longer flooding into China, China’s growth rate is subsiding. Instead of purchasing massive amounts of foreign exchange reserves, China will in the future be purchasing more goods and services from the rest of the world as its economy continues to expand. This is « organic » growth, not super-charged, foreign investment-led growth.
    http://seekingalpha.com/article/1142881-developments-in-china-explain-the-end-of-gold-s-rise

  6. njaisson dit :

    A plan being pushed by the Chinese Central Bank would set up « development zones » in the United States that would allow China to « establish Chinese-owned businesses and bring in its citizens to the U.S. to work. » Under the plan, some of the $1.17 trillion that the U.S. owes China would be converted from debt to « equity ». As a result, « China would own U.S. businesses, U.S. infrastructure and U.S. high-value land, all with a U.S. government guarantee against loss. » Does all of this sound far-fetched? Well, it isn’t. In fact, the economic colonization of America is already far more advanced than most Americans would dare to imagine.
    http://www.activistpost.com/2013/01/chinese-takeover-with-free-trade-zones.html

  7. njaisson dit :

    COMMENT LES « GLOBALISTS » METTENT DEFINITIVEMENT A POIL LES AMERICIANS. CF. SUPRA

  8. L’euro va flamber et il va falloir payer cette folie par une nouvelle baisse du niveau de vie des européens. Un euro si fort qu’il ne servira définitivement plus à rien de produire en Europe, tout sera moins cher importé. L’euro fort détruit l’économie européenne et n’a qu’un but : enrichir l’Allemagne qui fait fabriquer en Europe de l’est et revend au prix fort en euro-zone. Quant à l’énergie, on le paie au maximum de ce qui est acceptable et un euro fort n’y changera rien, le profit ira dans la poche des pétroliers, pas dans la poche des consommateurs : la preuve l’euro flambe mais l’essence ne baisse pas. Si l’euro atteint 3$, l’essence sera au même prix.

  9. zorba44 dit :

    @la phrase déshabillée
    Voilà bien un reflet du libéralisme : décider qui gagne et qui perd… et tant pis pour la casse qui n’est que le problème des cassés.

    Jean LENOIR

Ecrire un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s