Bruno Bertez voit des kleptos partout, même dans les lasagnes

« Le Bertez, il ne joue pas du piano debout, il voit des kleptos partout!

Les lasagnes, le cheval et l’ordre social, économie au quotidien.

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Un peu d’économie au quotidien. Vous avez conscience de certaines articulations théoriques en matière économique. Vous comprenez le lien entre la hausse des prix, les salaires, le pouvoir d’achat, les indexations, les taux d’intérêt, etc. Mais souvent, cela s’arrête là. Il y a une coupure soigneusement entretenue entre votre vie de tous les jours et l’économie. On a réussi, avec l’aide des politiciens, des médias, des syndicats à séparer les deux ; la vie et la pseudo science économique. Le seul domaine ou vous faites à peu près le rapprochement, c’est celui de votre épargne, vous savez que l’on vous vole par des taux réels spoliateurs.

L’affaire de la viande de cheval dans les lasagnes émeut toute l’Europe. Dans un premier temps, nous n’avons guère été intéressés par cette histoire car, d’une part, nous sommes d’un pays où l’on mange quotidiennement de la viande de cheval et, d’autre part, nous avons flairé tout de suite la récupération médiocre dont ce soi-disant scandale allait faire l’objet.

Nous nous bornerons donc à quelques remarques :

– D’abord la France et toute l’Europe ont chaussé les patins de la Grande Bretagne et se sont scandalisés de la présence de viande de cheval dans des plats qui n’étaient pas censés en comporter, alors que ces mêmes pays consomment régulièrement du cheval ; il faut noter que cette viande à tort ou à raison a la réputation d’être plus saine que le bœuf.

– Ensuite, les constructivistes étatistes et dirigistes en tous genres n’ont pas manqué de saisir l’occasion d’augmenter leur pouvoir, et leurs ressources donc, en prônant de nouveaux contrôles, de nouvelles réglementations, de nouveaux étiquetages. Tout cela étant évidemment créateur d’emplois pour leur classe sociale, celle des fonctionnaires étatistes ; et à l’inverse au détriment des salariés normaux du privé exposés à la concurrence, puisque les produits fabriqués par le privé vont se trouver surchargés par de nouveaux coûts. Cela permettra une fois de plus de peser sur l’emploi et les salaires. De détruire les structures de production locales, régionales et nationales, dans lesquels s’incarne un ordre social… et des votes traditionnels. Ainsi en Suisse on encourage maintenant l’implantation des discounteurs comme Lidl et Aldi.

– Enfin, et celle-ci cette fois est de portée générale, nous vous invitons à y réfléchir. A y réfléchir à la lueur de nos multiples développements sur ce que nous avons appelé le système des équivalences. Nous avons expliqué que le pouvoir du Système est en dernier ressort le pouvoir d’imposer des équivalences sur des choses qui ne le sont pas. Exemple : un homosexuel = un hétérosexuel, un marginal équivaut à un bon citoyen, une viande hallal vaut une viande d’animal abattu de façon traditionnelle.

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Le système kleptocratique a un besoin considérable de marges bénéficiaires élevées et de taux d’intérêt bas. Cela signifie que le système kleptocratique pour maintenir en vie son capital fictif a besoin de peser sur les salaires ce qui réduit ses coûts, et a besoin de peser sur les taux d’intérêt pour bonifier son effet d’endettement.

Pour peser sur les salaires, il faut bien entendu comme l’on dit maitriser les indices de prix et qu’ils soient les plus bas possibles. De même pour que les taux d’intérêt soient très bas, il faut que l’on puisse faire croire à la déflation et à l’absence d’inflation.

Vous avez compris où nous voulons en venir. Nous voulons en venir à cette idée que les indices de prix sont totalement bidons pour faire plaisir à la classe kleptocratique (et aux gouvernements complices) grâce à ce que nous appellerons le nominalisme des relevés de prix des services statistiques.

Ces derniers relèvent les prix non pas de produits réels mais d’étiquettes, c’est-à-dire de noms de produits. C’est ce que nous appelons « le nominalisme ».

Si derrière l’étiquette, si derrière le nom que l’on donne au produit, il y a un glissement, et bien, les relevés de prix n’en tiennent pas compte. Avant, sous le nom de foie gras, on vendait du bon foie d’origine française et c’était cher. Maintenant on vend du foie gras fabriqué avec une matière première qui vient d’Israël ou de Hongrie. Inutile de dire qu’il s’agit de cochonnerie, de cochonnerie dangereuse pour la santé. Même chose avec les filets de perche bien connus en Suisse.

Le système a encouragé ce nominalisme. Car il permet de faire ressortir une maitrise des prix mensongère. En fait, le système encourage le glissement vers une qualité de plus en plus basse, comme le saumon chinois pourri de vers, afin de contenir le coût de la vie des salariés, afin de contenir les indices de prix, afin de maintenir des valeurs ajoutées et des cash-flow sur lesquels la finance et les gouvernements peuvent prélever.

Ce phénomène est absolument général. La maitrise des prix, depuis de nombreuses années, est une illusion et une tromperie. Car les prix ne correspondent nullement aux produits tels que vous les avez connus, et tels qu’ils devraient être en toute honnêteté.

Aux Etats unis on vous vend clairement de la cochonnerie et des quasi sous produits chez WalMart et on n’y voit plus que des minorités qui paient avec leurs food stamps. Le client réel qui a encore les moyens va chez d’autres distributeurs comme Safeway , les riches vont chez Whole Foods. Là, les prix montent de 10 à 15% l’an.

Ce nominalisme est un phénomène général. Nous discutions il y a peu, avec un revendeur de produits électriques, électroniques et mécaniques, et il nous disait la chose suivante : « Si vous voulez le produit traditionnel, il vient d’Allemagne. Il a un service après-vente, il est fiable et il vaut 20% de plus que le japonais. Le produit japonais, lui, est fiable, mais sans service après-vente, et il est 30% + cher que le produit chinois. Le produit chinois n’est pas fiable et n’a aucun service après-vente. »

Face à la baisse continue du pouvoir d’achat réel, que font les gens : ils achètent le moins cher. Le maintien du standard antérieur ferait ressortir une hausse des prix considérable, et donc un appauvrissement de leur pouvoir d’achat. Cette perception de l’appauvrissement se traduirait par des revendications salariales, par le déclenchement des indexations des prestations familiales, et bien entendu des retraites. Donc augmenterait la dette des Etats et de leurs agences.

Il est évident que les syndicats, et tous ces gens de gauche et fausse droite, sont évidemment complices du glissement et de cette illusion de maitrise des prix au mépris des gens qu’ils sont censés défendre. Normal il faut qu’ils gardent leur place et donnent l’illusion d’être efficaces.

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Nous résumons par une seule phrase et nous vous demandons de bien vouloir excuser notre grossièreté : Pour continuer de mettre en valeur le capital fictif et les dettes irrécouvrables, la classe kleptocratique et les gouvernements sont alliés, et ils sont complices pour vous faire bouffer de la m…. En attendant, ils vous nourrissent au Canigou ».

Bruno Bertez, le 26 février 2013

Lire aussi : Le scandale alimentaire qui s’annonce (F. Nicolino) [à donner envie de jeûner au minimum un jour sur deux… ou de devenir végétarien, et même végétalien]

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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5 commentaires pour Bruno Bertez voit des kleptos partout, même dans les lasagnes

  1. Garfy dit :

    je ne mange pas de viande de cheval – combien de personnes en mange en France ?
    Et je fais des lasagnes aux champignons et épinards – plus fromage de chèvre
    et je ne donne pas de canigou à mon chat –

  2. matos dit :

    Tiens, justement :

    « Le prix, facteur déterminant pour les consommateurs et l’image des enseignes

    Le prix reste le facteur déterminant de motivation à l’achat pour les consommateurs et sa perception influence notablement l’image des enseignes de distribution et donc leur performance commerciale, notamment dans l’électronique et l’alimentaire, selon une étude.

    Publiée mercredi par par le cabinet deconsultant OC & C, elle est basée sur un échantillon de 2.000 personnes et l’analyse des tarifs de 264 enseignes. Le prix y apparaît comme le premier facteur de motivation à l’achat, 35% des sondés le considérant comme un critère majeur.

    L’influence du prix ressort particulièrement dans les secteurs de l’électronique et dans celui de l’alimentaire, deux des postes majeurs de consommation des Français, fortement impactés par la concurrence d’internet et du discount, et où seuls respectivement 9% et 12% des personnes interrogées déclarent ne pas faire attention au prix.

    http://www.boursorama.com/actualites/le-prix-facteur-determinant-pour-les-consommateurs-et-l-image-des-enseignes-cdfc2adb9ddc07992a0febf79862c270

  3. THEOPT NEWZE dit :

    @Garfy
    Vous devriez essayer la viande de cheval c’est excellent… Pour le reste, bidouillages et triturages : les deux mamelles de la kleptocratie !

  4. Geraldine dit :

    Au nominalisme de Berthez je rajouterais le relativisme moral qui fait que ça passe…

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