La guerre monétaire se déroule sur tous les fronts (B. Bertez)

« On parle beaucoup, ces derniers temps, de « currency wars ». On en parle à tort ou à travers, à propos de choses très différentes. Les « currency wars » sont, comme le nom l’indique, des actes de guerre dont la monnaie se trouve au centre. Des actes de guerre, agressions ou ripostes.

Ces agressions peuvent être multiples et surtout recouvrir des actes et des situations différentes. Notre hypothèse, depuis le début de la crise financière ouverte de 2008, est que nous sommes entrés dans une guerre froide monétaire.

russian money

La crise pose la question de savoir qui va trinquer, qui va payer en termes de nations, de groupes sociaux, d’ensemble économique. La croissance facile disparaît, la question de la destruction du capital et des dettes anciennes se pose ; la question du chômage devient aigue. La crise provoque des réaménagements et, dans ces réaménagements, certains seront gagnants, d’autres seront perdants.

C’est cette sorte de compétition stratégique de plus en plus agressive et de moins en moins coordonnée que recouvre l’expression de « currency wars ».

Les peuples ont beaucoup de difficultés à admettre que l’on vit dans un monde d’affrontements sans pitié réelle, camouflés par des discours angéliques. Au niveau global, c’est le règne de la force qui domine ; pourtant, tout est habillé du manteau ou du voile de la concertation. Il y a une sorte d’accord tacite entre les grandes nations pour faire comme si. On essaie, avec de plus en plus de difficultés il est vrai, de maintenir la fiction de l’harmonie universelle, tout le monde est beau, tout le monde est gentil.

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Tout se passe comme s’il y avait un double phénomène pour expliquer cette situation paradoxale d’un monde d’affrontement sans pitié d’un côté, et d’un discours lénifiant adressé aux peuples, de l’autre. Les nations s’opposent les unes aux autres, mais, pour conserver prestige et crédibilité, les gouvernements évitent de mettre les conflits avec l’étranger sur la place publique. Voire les chefs gouvernements s’embrassent pour les caméras et étalent leur connivence.

Nous expliquons cela de la façon suivante, les nations sont compétitrices, rivales, mais les gouvernements sont complices pour maintenir leur pouvoir sur les peuples et ils savent qu’il vaut mieux, pour y parvenir, afficher la solidarité que les conflits.

Il y a double jeu institutionnalisé par suite de convergence d’intérêts bien comprise. Pour parler clair, tout se passe comme si les Pouvoirs se disaient, nous sommes ennemis, mais nous avons un intérêt commun, qui est celui de rester en place et de tromper les peuples. Il y a un intérêt supérieur, un intérêt de classes dominantes qui prime sur la logique de l’affrontement avec l’extérieur. Le principal ennemi, nous pesons nos mots, des classes dirigeantes, ce sont les peuples.

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Le découpage archaïque, marxiste, des pays en classes de capitaliste et prolétaire est une mystification qui permet d’empêcher de percevoir et de formuler clairement le vrai clivage, le vrai découpage, qui est celui entre classes dirigeantes et classe dirigée.

La vraie ligne de partage de nos sociétés n’est pas l’argent ou le capital ; la vraie ligne de partage, c’est le Pouvoir. Un exemple, la solidarité de classe est plus grande entre Bernard Arnault et le faux couple Hollande qu’entre Hollande et les troupes de la CGT. Il nous souvient d’un temps où, patron de presse, nous négociions en cachette avec les dirigeants syndicaux sur le dos des salariés…

La lutte des classes, la fausse, permet la division de groupes sociaux qui, normalement, devraient s’allier pour mettre à la porte toutes les cliques au Pouvoir. C’est une chose que l’on peut toucher du doigt s’agissant de la question de l’euro. Les classes dominantes de gauche, de droite et du trou du milieu, sont alliées, font bloc, pour sauver leur monnaie sur le dos des peuples, sur le dos des générations présentes et futures. Il est impossible, dans le cadre de cette coalition, de faire porter le débat sur la validité des choix actuels, sur leur coût, sur leurs conséquences non voulues. Ils sont solidaires pour maintenir la chape de plomb.

Les guerres monétaires, disons-nous, sont multiples et c’est certainement cette multiplicité qui entretient la confusion, confusion qui empêche une claire prise de conscience.

On a parlé récemment de guerre monétaire à propos de la dévaluation de la monnaie japonaise, puis de la livre sterling. C’est l’acception la plus classique, celle qui est rentrée dans l’histoire lorsque, dans les années 1930, les Anglais ont tiré, décroché les premiers. Cet acte de guerre économique consiste à essayer de voler la croissance de ses partenaires commerciaux, à essayer de leur exporter son chômage.

Nous sommes dans une de ces guerres, une guerre évidente, mais que les gouvernements refusent de reconnaître, car, s’ils le faisaient, les pressions seraient fortes en faveur de l’escalade, ce qui déboucherait sur la séquence inflation, récession et dislocation. Les classes dominantes font l’autruche pour ne pas relever les défis, cela est particulièrement vrai de l’Europe qui, sous la conduite des Allemands, mène une absence de politique de change suicidaire.

German Chancellor Merkel gives her closing speech at end of the CDU party convention in Leipzig

La guerre du change, ou guerre de l’avilissement du change, masque une guerre beaucoup plus fondamentale, la vraie guerre est celle des monnaies, celle du système monétaire international dissymétrique, conçu et imposé au seul bénéfice du dollar. Le système monétaire international donne aux Etats-Unis la possibilité de créer autant de monnaie et de crédit qu’ils le veulent. C’est à dire de dépenser sans compter et de drainer à leur profit les richesses réelles mondiales. Ils accumulent les déficits, paient leurs factures internationales en monnaie de singes, en jetons, en billes inconvertibles dont les créanciers, ils le savent maintenant, ne verront jamais la contrevaleur. Ce système leur permet de financer le beurre et les drones. Pas besoin de se priver pour payer sa suprématie militaire, c’est le reste du monde qui est mis à contribution. C’est le tribut de la Pax americana.

En 2008, les Chinois, les Russes et les Européens ont tenté de profiter de l’affaiblissement passager des Etats unis pour faire glisser le système monétaire, réformer le FMI, bref, pour imposer une réforme de ce régime par trop dissymétrique. Le choix américain de la fuite en avant, la division des Européens, l’absence de clairvoyance de Sarkozy, ont empêché la constitution d’un front solide face aux Américains. La montée des difficultés intérieures en Chine, la fragilité russe ont fait le reste. L’ambition de saisir l’opportunité a été sinon perdue, du moins repoussée. La guerre, sur ce front monétaire, est devenue guerre des tranchées. Les Chinois, les Russes, certains émergents, se préparent, s’enfouissent, pour être en position de supporter un conflit plus aigüe, plus ouvert. Les Chinois, les Russes et leurs alliés accumulent l’or jaune, sécurisent l’or noir et le gaz, futures monnaies d’échange.

En particulier, les opposants ont pris conscience du fait que la puissance monétaire américaine c’était sa dette. La dette américaine et la persistance des déficits ont structuré le système bancaire international, le système des paiements internationaux, de telle façon que les Anglo-saxons contrôlent tout, voient tout. En matière financière, les maitres ont érigé un panopticon qui leur permet de tout surveiller, tout contrôler, tout bloquer. Véritable prison dont ils ont, encore à ce jour, seuls, la clef…

De telle façon que les rivaux, tout étant très riches de créances, soient, en réalité, très faibles puisque leurs créances sont logées… dans le système qui est contrôlé par l’ennemi potentiel. Les embargos et blocus américains, auxquels s’est jointe récemment la BCE qui a décrété le blocus bancaire de Chypre, ont donné à réfléchir. La BCE est vassale de la Fed, elle a besoin, en cas de coups durs futurs et probables, sinon certains, de pouvoir compter sur les swaps en dollars des Etats-Unis.

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Le combat de tranchées passe par la désintrication des systèmes bancaires des pays « rogues », opposants, du réseau mondial, la mise en place de système de trocs et de règlements hors du pouvoir anglo-saxon, la mise en place de zones monétaires alternatives, la constitution de centres financiers autonomes, d’installations de stockage de l’or, de marchés de capitaux protégés, etc. Il y a aussi beaucoup d’autres mesures en cours ou en préparation, mais on voit déjà clairement avec ces exemples ce dont il s’agit. Il faut ajouter les réflexions en cours sur l’ordre juridique mondial, lequel est, à ce jour, entièrement dominé par les Anglo-saxons. On prend acte du refus américain de donner la clef du FMI et d’y partager le pouvoir, on prend acte de l’usage de la violence cachée par le biais des embargos financiers et bancaires.

La durée du combat de tranchées n’est pas prévisible, le temps de l’histoire n’est pas le temps des individus. Le cours de l’histoire est chaotique, même si le sens est évident. L’histoire bégaie. La guerre froide financière peut durer longtemps comme elle peut s’accélérer. On se souvient du rôle de facteur déclenchant de la faillite du Krédit Anstalt en son temps. Il y a le hasard d’un côté et les terrains propices de l’autre.

Ce qui paraît évident, c’est que la voie suivie, imposée par les Etats-Unis, conduit à un renforcement des contradictions qui débouche sur une crise beaucoup plus grave. On achète du temps au prix de l’aggravation des déséquilibres futurs, de l’exacerbation des tensions sociales. On détruit en profondeur le système et les principes sur lequel il repose, on brise les alliances, on fait éclater les sous-ensembles comme l’ensemble européen. On mine la confiance et les légitimités, etc.

Les solutions en cours pour préserver l’ordre ancien, ou le désordre ancien, brisent les cohésions sociales, nationales et internationales. Quand le butin à se partager se réduit, les antagonismes s’exacerbent. C’est une loi de la vie.

On parle peu de la troisième guerre monétaire et c’est presque un sujet que nous déflorons. Nous travaillons depuis longtemps dans ce cadre de réflexion et ce n’est pas un hasard si nous avons popularisé, il y a longtemps, les concepts de « répression et de violence financières ». Ce n’est pas un hasard si nous avons listé et expliqué les mesures de répression financière, leur sens et leur nécessaire dérive, vers de plus en plus de confiscation au profit des Etats et de la finance.

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La répression financière consiste à faire payer les erreurs, fautes et crimes, des classes dominantes kleptocratiques, ploutocratiques, par les peuples. C’est notre fameux tiers payant. A faire payer les peuples par le racket fiscal, par les taux d’intérêt négatifs qui amputent les épargnes, par l’inflation de monnaie Banque Centrale au seul profit des financiers… La panoplie vient de s’enrichir normalement par la confiscation d’une partie considérable des dépôts bancaires à Chypre. Cela avait été fait en Grèce par des prélèvements automatiques sur les comptes, mais on en avait peu parlé. On étudie la question en Espagne, en Italie, on prépare les arsenaux législatifs et règlementaires au niveau européen et dans certains pays. On réétudie la question des frontières et des polices.

Ce phénomène, nous l’appelons la guerre monétaire de l’intérieur, contre les citoyens, contre ses propres ressortissants. Notez bien que la guerre monétaire contre ses ressortissants peut se dérouler sur le front extérieur. Ainsi, quand on assiège la forteresse Suisse avec l’appui des socialistes locaux, en réalité, c’est une guerre domestique délocalisée. Ainsi, quand on fait pression pour l’abandon du secret bancaire, quand on taxe unilatéralement les ressortissants à l’étranger, c’est de la guerre monétaire contre ses propres citoyens, masquée par une guerre contre les pays dits non coopératifs. La guerre des Américains contre la Suisse, le Lichtenstein, ne s’analyse pas autrement.

On remarque que les arguments moraux, dont tout le monde se fiche en réalité, s’arrêtent aux portes du Delaware, des Caraïbes ou des Iles anglo-normandes. Certains pays ont compris qu’il fallait préserver le fond d’investissement et de domination futurs, ils conservent des sanctuaires pour leurs classes klepto-dominantes. La montée de la social-démocratie s’inscrit dans le cadre de la guerre monétaire contre les peuples, contre les dominés. La social-démo, c’est ce qui gère les valeurs dites de progrès, les médias, les émotions, les perceptions simplettes et simplistes, spontanées, spontanément dictées, des citoyens. C’est ce qui, ouvertement ou souterrainement, sème la résignation et la culpabilisation des dominés. Chacun interprètera.

A la différence de l’époque qui a précédé 1971, le pouvoir des klepto-dominants n’a plus de limite naturelle en matière monétaire.

  • Pour deux raisons :

La première est que les monnaies n’ont plus de référent et que, dès lors que tout le monde les avilit et les inflate, au sens propre d’en augmenter la quantité, le peuple ne le voit pas. Il vit dans le nominalisme imbécile. Il a beau constater, toucher du doigt la hausse des prix, souffrir de la chute de son pouvoir d’achat, il doute de ce qu’il voit. L’estampille des médias et des syndicats manque pour que le peuple ait confiance en ce qu’il touche chaque jour du doigt : la dérive folle des prix. Et bien sûr, celle de la qualité…

Les prix en France exprimés en euros ont rejoint cette année les prix en France d’avant l’euro, qu’importe, le peuple avalise la propagande de la « maîtrise des prix ».

Les cours des changes ne donnent aucune indication, puisque toutes les monnaies subissent la dépréciation. On mesure avec des élastiques. Les dévaluations ne sont plus redoutées, elles ont cessé d’être des sanctions. Elles sont un signe de force, voire d’arrogance.

Il n’y a plus de limite naturelle en matière monétaire et on peut pousser la guerre contre les peuples aussi loin que l’on veut. Pourquoi ? Dans les temps anciens, la spoliation butait sur le mur de l’argent, l’épargne se rebellait, fuyait, refusait de souscrire aux emprunts du gouvernement ou de financer les entreprises. Il est fini le temps où l’on parlait du pouvoir de l’épargne « du plébiscite des porteurs de bons ». Ce temps est révolu. Les gouvernements ne sont plus « emmurés », ils ont abattu le mur de l’argent domestique, celui des citoyens en utilisant le crédit. Ce sont les banques qui financent les gouvernements, les banques domestiques et les banques internationales, pour le compte du grand capital spéculatif globalisé.

On peut se passer et on se passe de l’épargne. Elle n’a plus son mot à dire, on n’a plus à la cajoler ; au contraire, on peut la tondre à merci. En revanche, on se doit de peloter les banques, la grande Finance, de coucher avec elles. On peut détruire les héritages, taxer les économies de son peuple, amputer ses retraites, prélever sur les comptes de dépôts ; peu importe, les citoyens ont été dépossédés de leur pouvoir de sanction, de leur pouvoir de faire la grève financière. On se passe d’eux.

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Dans le cadre de la guerre monétaire de l’intérieur, les dominants copinent entre eux, financiers, banquiers, classe politique, hauts fonctionnaires, ultra riches, MEDEF, médiacrates, etc.

La politique qui sert de masque à la guerre monétaire contre les peuples, se résume à ceci, un prélèvement sur l’actif privé des citoyens au profit du passif sans limite du public. Pour que l’ordre kleptocratique puisse se reproduire. Et ne pas être trop contesté.

La social-démocratie a lancé dans les années 30 le thème de la bastille de l’argent. Une belle image. En ce temps-là, ils parlaient de la prendre la Bastille, aujourd’hui… ce sont eux qui la défendent. Contre les sans culottes des classes moyennes.

La guerre monétaire contre les citoyens est multiforme. Et c’est pour cela que la prise de conscience en est difficile. Et puis elle est technique.

Qui comprend que le problème de la déflation, c’est le fait que le tiers de la masse monétaire mondiale est gelé, que ce tiers est stocké, neutralisé par la Banque et la Finance et que tout le problème est de réalimenter la circulation de cette monnaie.

Qui comprend qu’au lieu de forcer, de faire en sorte que ce stock gelé par la finance, soit remis en circulation, on préfère amputer le petit capital des citoyens, leur serrer la gorge pour les forcer à se départir de leurs réserves de précaution contre les aléas de l’avenir, et que s’ils ne le font pas, alors on les oblige en les menaçant d’amputation ?

On veut que les citoyens remettent dans le circuit leurs maigres réserves pendant que la Finance et la Banque font des stocks. Car tel est le sens des menaces, même plus voilées des eurocrates, qui disent à l’épargne et aux citoyens, maintenant c’est à vous de payer, c’est à vous de sauver vos banques. Et on précise bien, ce sont vos banques !

Drôle de système que celui dans lequel l’épargne ne sert plus à financer les investissements, mais à éponger les pertes des banques.

Les Allemands n’hésitent même plus à l’écrire et à le publier. L’un des objectifs annexes visés par les eurocrates en menaçant les dépôts bancaires est de faire peur, d’inciter les gens à dépenser leur épargne. Dans une note de la Deustche Bank, J.Reid ose écrire : « peut-être que le maître-plan qui sous-tend toutes ces mesures est de forcer les gens à dépenser leur argent plutôt que de le garder en dépôt ».

Bruno Bertez, Le blog à Lupus, le 31 mars 2013

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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13 commentaires pour La guerre monétaire se déroule sur tous les fronts (B. Bertez)

  1. Ping : PART 01 | AVRIL 2013 | Business BANKS | Pearltrees

  2. 2fis dit :

    … magnifique article … du grand Bertez … la Finance et la Banque préfèrent bien évidemment s’approprier les actifs des épargnants … car ils trouvent leurs origines dans des valeurs économiques ajoutées tangibles … alors que leurs stocks de réserves financières sont d’origine purement bidon …

  3. THEOPT NEWZE dit :

    Pas de doute. Pas de BMW. Pas de PORSCHE ou autres véhicules de luxe…
    Pour se les faire voler, pour les voir détruites.
    Mauvais calcul…
    Sortir vite vos fonds. En convertir l’essentiel en métal précieux : comme les Chinois et les Russes/

    Plus vite ce sera, plus rapide sera l’écroulement de l’oligarchie…
    Pas demain…
    Maintenant

  4. oops dit :

    En attendant le marché immobilier américain est toujours autant subventionné par l’Etat américain qui alimente comme avant la spéculation financière basée sur l’immobilier dont les paris enregistré par Fanny et Freddie entraînent des profits mirobolants en période d’expansion comme des pertes abyssales en période de récession:
    More importantly, Fannie Mae continues to use questionable methods. Its use of “inverse floaters,” which are bets on homeowners staying in expensive mortgages, received some congressional scrutiny last year.

    The company said it stopped making the bets, but you can see the problem here. Fannie and Freddie are still overwhelmingly the biggest buyers of mortgages in the country. The government backs more than 90% of such loans — more than twice the amount it did a decade ago.

    http://www.marketwatch.com/story/fannie-mae-and-fuzzy-math-2013-04-02?siteid=nwhfirsttake

  5. fc dit :

    « Le monde merveilleux des marchés qui ne baissent jamais

    Franchement, je me demande si Wall Street et ses pairs ne sont pas en train de toucher à la perfection. Je ne sais pas, j’ai quitté très tôt l’école, donc je n’ai peut-être pas toutes les compétences requisent actuellement pour faire banquier comme métier et encore moins analyste financier (en effet ma licence de physicien nucléaire avec option chirurgie du cerveau n’a pas abouti), mais je dois que quand je m’assois au fond de mon fauteuil et que je regarde le marché avec un peu de recul je me dis qu’il y a quand même deux poids, deux mesures.

    Je m’explique; il est de notoriété publique eu que le marché des actions a TOUJOURS anticipé ce qui se passe ou plutôt ce qui va se passer dans l’économie. Selon les « experts », il est commun de dire que le marché nous montre aujourd’hui ce que sera l’économie dans six à neuf mois. Si l’on se tient à ce parallèle, ça va être champagne et cotillons d’ici le 31 décembre… bon, en même temps le 31 décembre.. de toutes manières ça sera champagne et cotillons, mais vous voyez ce que je veux dire. Quand on regarde le comportement du marché, on se dit que d’ici l’hiver prochain le chômage aura diminué de moitié, la croissance sera indécente de force, de stabilité et de puissance et le plus gros problème de l’économie sera le fait que Ferrari n’arrivera à plus à livrer des voitures dans les quartiers populaires.

    Je suis un optimiste de nature et j’espère sincèrement que c’est ce qui va se passer (j’avoue qu’en ce qui concerne les Ferrari, j’ai peut-être exagéré un poil), mais je ne sais pas pourquoi, quand je regarde les chiffres qui ont été publié hier en Europe et avant-hier aux USA, je me pose tout de même des questions. Une question en tous les cas : « Qu’est-ce qui va se passer qui va nous faire inverser la tendance économique ? », en Europe en particulier ? Non parce que je ne veux pas enfoncer clou encore une fois, mais les chiffres du PMI publiés hier étaient tout de même immondes, non ? Bon, on va dire que c’était la dernière fois que l’on a touché le fond et que l’on va remonter à toute vitesse à la surface… Admettons. Espérons.

    C’était, en tous les cas en ce qui me concerne, la chose qui me surprenait le plus hier ; des chiffres économiques immondes en Europe et les marchés qui galopent à la hausse tel le cheval sur une plage au soleil couchant dans un rêve sous produits illégaux. En Europe on était donc en plein euphorie, à un tel point que l’agence anti-dopage de l’UCI a demandé à faire des contrôles d’urine à la fin de la journée. J’avoue que je suis bluffé que si ça ne tenait qu’à moi j’aurais bien fait un malaise tellement ça montait trop vite.

    Si l’on regarde ce qui s’est passé hier en Europe, on voit que le marché montait parce qu’il y avait un fort sentiment optimiste alors que la réalité était immonde. On s’attend à voir un démantèlement de Vodafone, puisque Verizon et AT&T seraient en train de fomenter un plan d’action pour nous faire un montage financier qui permettrait à Vodafone de prendre encore près de 40% alors que le titre est déjà au plus haut depuis 5 ans. Ailleurs on saluait le fait que Chypre devrait recevoir son accord et ses milliards dans les jours qui viennent. Que le ministre des finances chypriote démissionnait – tiens, ils avaient un Ministre des finances à Chypre ??? C’était pas flagrant.

    Et puis autrement c’était partout upgrade et positivisme exacerbé. Glencore repoussait (encore) le merger avec Xstrata : positif. Astrazeneca a perdu un procès sur une patente aux USA : positif parce qu’ils vont faire appel et que JP Morgan les a mis sur neutre à la place de « sous-pondéré ». Chiffres économiques pas bons, mais certaines se disent que du coup Draghi va devoir baisser encore les taux : positif !!! Positif, positif et positif encore… Et puis en mathématique + et + ça fait plus.. donc TOUT-VA-BIEN.. Bayer et Sanofi ont même été nommés « pharmaceutiques les mieux placées dans les marchés émergeant » selon Fitch.. alors c’est vrai que si c’est Fitch qui dit, c’est que c’est vrai…. C’est absolument génial, c’est bien simple, hier en Europe 19,071 millions de personnes étaient dans la rue pour saluer la hausse fabuleuse des indices. En effet, 19.071 millions de chômeurs profitaient de l’occasion pour dire « BRAVO !!! ». Ils étaient nettement soulagés de voir que tout allait si bien et que leurs portefeuilles d’actions allaient bientôt leur permettre de prendre leur retraite…

    Franchement, c’est très bien que tout monde, mais la dichotomie (oui, j’ai mangé un dico hier soir) entre la hausse des marchés et l’état de l’économie me fait peur..

    Aux USA c’était pareil. En moins euphorique. Mais il est vrai que l’économie US est nettement moins puissante que celle de l’Europe. Néanmoins il fallait tout de même constater que les intervenants saluaient la « bonne série » de chiffres économiques (Factory Orders étaient bons hier et les ventes de voitures étaient pas mal), signalons tout de même que c’est les MÊMES intervenants qui pleuraient lundi parce que l’ISM et le PMI US étaient en-dessous des attentes. En fait dans les marchés une « série de bons chiffres » c’est UN chiffre… Un chiffre à lui tout seul peut être une série aux USA. C’est ça aussi le rêve américain.

    Là bas aussi tout va bien. Les assureurs ont reçu de bonnes nouvelles sur les remboursements médicaux qui vont leur faire économiser du pognon, du coup tout le secteur était plein de joie et de bonheur. C’était trop cool. Un point noir à noter ; Hewlett qui perdait plus de 5% après avoir été downgradé par Goldman Sachs sur SELL… ça rigole pas. Le retrait d’Apple de la liste de convictions à l’achat chez le même Goldman n’a pas eu l’impact souhaité, le titre terminant en légère hausse – au passage sur notre site, Genua a décidé qu’il se mettait à la hausse sur le titre : http://investir.ch/?p=4965 – le trade de la séance d’hier était donc définitivement BGC qui annonçait que le Nasdaq lui rachetait sa plateforme de trading obligataire, le titre bondissait de 49%, pendant que l’action du Nasdaq prenait la place du plus gros tocard de la journée sur le S&P500 en perdant près de 12%.

    Et puis, et puis surtout, il ne faut pas oublier que le Dow Jones ET le S&P500 ont tout deux terminé à des niveaux historiquement les plus élevés de tous les temps, même les dinosaures n’avaient pas vu de tels niveaux à Wall Street. Moi je vous dis, nous sommes en plein ivresse des cimes, on doit manquer d’oxygène quelque part. Il y a néanmoins un énorme soucis qui plane sur Wall Street : « Avec des performances pareilles, comment va-t-on faire pour payer des bonus indécent sans que ça se remarque ??? ».. Oh ben on fera comme d’habitude.. en plein jour et puis tant pis pour le qu’en dira-t-on.

    Cependant il y a un secteur, une asset class, un endroit où il ne faisait pas bon être hier, c’est l’or. Le fabuleux métal jaune-multi-usage qui est censé nous protéger de tout quand ça va mal, s’est fait taper sur le coin du lingot hier. En effet, le dollar était fort, les marchés étaient fort, ce n’était donc pas un bon environnement pour l’or qui perdait près de 1.5%. Ce matin l’once est à 1567$. Ouch. Sans compter que la Société Générale vient de publier un rapport intitulé : «la fin de l’ère de l’or », super. Ça fait des mois que l’on nous dit que l’or est la solution à tous nos maux, qu’il va à 2’000, puis à 3’000 et finalement à 10’000 et là, tout d’un coup, la banque de Kerviel nous annonce que non en fait tout est fini, vendez votre or et commencez une collection de coquillages à la place, vous pourrez toujours les troquer au marché aux puces dans 30 ans. SocGen estime que la hausse des taux à venir, associé à la hausse du dollar qui devrait aller de pair, ne permettra plus à l’or de monter comme un bouchon de liège. Ils parlent même de « perfect storm » qui se met en place sur l’or. En plus il semblerait que les ETF’s sont en train de subir des désinvestissements massifs ces derniers mois. Ils jouaient quoi comme musique sur le Titanic déjà ??? Ah oui, « Plus près de toi mon Dieu »… Ici, le résumé de l’analyse de la Soc Gen : http://tinyurl.com/d3kehe6
    Le pétrole a baissé aussi. Le dollar est fort et les chiffres publiés pas l’API, l’autre EIA, étaient nettement, nettement supérieurs aux attentes des analystes. Ce qui fait plaisir, démontrant que les analystes sont aussi mauvais en prévisions sur les chiffres de l’API que sur ceux de l’EIA. En gros les stocks de pétroles sont deux fois supérieurs aux attentes. Pourtant dans les chiffres de ventes de voitures, il n’est signalé nulle part que la voiture la plus vendue aux USA est la Zoe de chez Renault. Ce matin le baril est à 96.69$.

    En Asie, après avoir baissé pendant deux séances de suite et vu que personne ne suivait le mouvement en Occident, le marché japonais a donc décidé d’entamer un rebond. Et puis comme le dollar remonte et que le yen s’affaiblit, ça nous fait une excuse pour acheter les exportatrices même si certains commencent à dire que le mécanisme n’est pas aussi simple et qu’il n’est pas prouvé que les Sony & Co vendent plus avec un yen faible.. En tous les cas ce n’est certainement pas proportionnel aux mouvements de marché. Les financières sont un peu en retrait alors que l’on attend l’annonce de la Bank of Japan pour demain. Le reste de l’Asie va nulle part. Le seul secteur qui sort du lot, c’est tout ce qui touche aux matières premières, mais malheureusement c’est à la baisse à cause du comportement déplorable du métal jaune.

    Autrement comme tout va bien et que tout monte dans le calme (parce qu’il est plus facile de tondre un mouton quand il est calme et qu’il ne bouge pas. Dixit Olivier Delamarche sur BFM TV), on se pose des questions sur le reste. Le Washington Post se demande qui sera le prochain Bernanke. Son terme arrive à échéance l’an prochain et il n’a pas l’air hyper-motivé pour rempiler une troisième fois. Il a raison, autant partir tant que son Ponzi-Quantitative-Schem-Easing fonctionne. Janet Yellen part favorite pour le trône, mais quelques viennent ensuite pourraient émerger d’ici-là. Il y a même Timothy Geithner qui est mentionné. Par contre pas de trace Richard Fuld, ancien patron de Lehman et encore moins de signe de vie de Marcel Ospel.

    Il y a aussi un article très drôle sur l’inutilité de François Hollande pendant la crise chypriote. Vu depuis les USA, ils disent que le Président Français était « missing in action ». En attendant que Chuck Norris aille le récupérer, on peut dire pour sa défense qu’il était bien plus occupé par l’affaire Cahuzac qui est en train de passer sur son Gouvernement un peu comme une mousson que l’on attendait pas. On se demande ce qui va rester de Hollande Premier dans quelques jours. La bonne nouvelle pour lui, c’est que du coup, personne n’a remarqué le chiffre de du PMI d’hier qui était de loin le plus moche du continent ou presque. Mais là encore, l’affaire Cahuzac aura fait « tenue de camouflage ». Surtout que là, c’est sûr, il a menti et il a même menti en face de François Hollande lui-même. Le suspens est insoutenable. On espère juste que l’histoire sera finie d’ici cet été, sinon on aura de la peine à suivre les développement des la grossesse de la princesse Kate.

    C’est vrai que jusque-là, personne n’aurait soupçonné UNE seconde qu’un politicien français puisse avoir eu un compte à l’étranger et à plus forte raison en Suisse. Jamais on aurait pensé un truc pareil … Bon, assez rit. La suite :

    Google se fait alpaguer par la commission européenne pour une histoire de violation de la vie privée sur internet. Ben fallait pas mettre les photos de vacances sur Google + et puis c’est tout. Les chinois on développé un nouveau virus de la grippe aviaire, plusieurs cas sont confirmés. Entre la pandémie qui nous guette et le taré de Corée, l’avenir est tout rose. Une nouvelle méthode pour suivre la publication des résultats du trimestre est en train de se mettre en place. La SEC considérera désormais la publication des chiffre sur Facebook ou sur Twitter comme un média valable pour publier les chiffres, faisant suite à un commentaire sur FB d’un top shot de NetFlix lors de la dernière saison. Il va donc falloir se connecter sur : #Usearnings
    Dans les médias financiers français on ne parle QUE de l’affaire Cahuzac qui est « dévasté par le remord et avoue une faute inqualifiable » (là j’ai assez envie de lui dire « mais te fous pas ne nous non plus.. »).. C’est donc L’AFFAIRE du jour à Paris, on se demande même si le CAC va ouvrir aujourd’hui. Wells Fargo est devenu le leader de l’hypothèque aux USA. En quelques années ils ont récupéré 28.8% du marché aux USA. On parle du fait qu’Apple pourrait mettre leur nouvel iPhone en production ce trimestre, on parle d’un lancement officiel le 29 juin, reste à savoir avec quel organe va pouvoir faire bouger l’écran.

    Le Barrons reprend la théorie de la Société Générale sur l’or et explique pourquoi l’or va à 1375$. Alors que le marché est au plus haut de tous les temps, les Retail Investors aux USA sont en train de revenir dans le marché, on attend avec impatience les articles boursiers dans le 20 minutes pour appuyer sur le bouton « SELLLLLLLLL »… On parle toujours timidement de l’Apocalypse nucléaire selon Kim Machin-Chose et on se demande si la phrase « acheter au son du canon » fonctionnera toujours en cas de bombardement de Séoul. En tous les cas, le marché ne semble pas du tout stressé par la chose.

    Pour moment les futures US sont en en baisse de 0.10 point sur le S&P500, autant dire que ça n’apportera pas grand-chose aux Européens qui vont devoir gérer leur hausse de la veille. Côté chiffres économiques nous aurons les MBA Purchase Applications, l’ADP Employment Report qui nous donnera un avant-goût de vendredi, l’ISM Non Manufacturing et les chiffres EIA du pétrole, que des bonnes nouvelles qui devraient propulser le marché encore plus haut, puisque que pour le moment, c’est une certitude, tout est bonne nouvelle, il suffit juste de savoir l’interpréter.

    Je crois que c’est tout ce qu’il y a dire pour ce matin. Il plane donc un doux parfum d’euphorie sur les marchés financiers qui semblent indestructibles. C’est fascinant. Moi je vous souhaite une très belle journée, revenez souvent sur le site http://www.investir.ch car il évolue heure après heure… et on vous remercie de la très belle audience d’hier, pas mal pour un premier jour alors que la moitié de la ville est en vacances.

    On se retrouve demain, comme d’habitude.

    Bon café !!!

    Morningbull »

  6. Ping : La guerre monétaire se déroule sur tous les fronts (B. Bertez) | Econopoli | Scoop.it

  7. oops dit :

    Les BRICS semblent se débarrasser de leurs réserves en euros….:

    Brussels has been forced to eat a generous slice of humble pie: A massive sell-off of the euro is underway in the wake of a persistent financial crisis, as holdings in the European currency by emerging economies were slashed by almost 8 percent last year.

    Emerging economies – including Brazil, Russia, India, China and South Africa (BRICS) – are dumping the euro, having sold €45 billion of the currency in 2012, according to data gathered by the International Monetary Fund.
    http://rt.com/business/eu-banking-crisis-imf-euro-brics-141/

    • 2fis dit :

      … oui … les BRICS sont en train de se débarrasser de leurs euros … mais pas pour les remplacer par des dollars … en utilisant leurs propres monnaies pour les échanges entre eux … et leurs réserves en dollars pour le commerce avec le reste du monde … jusqu’au jour où ils auront de nouveau besoin de dollars …

  8. nazeem dit :

    Merci ,très bon article

  9. zorba44 dit :

    La guerre des monnaies est une constante de l’hypocrisie de façade qui règne dans les séances de louches et de bisous des grands messes internationales. La monnaie ne se photographie pas.
    Ce sont des mains occultes qui sont chargées de « faire » leur valeur relative par rapport à leurs cousines, les autres monnaies.
    Comme de bien sûr, l’objectif est de sortir le calibrage adapté à ses intérêts économiques nationaux. Et c’est bien pour cela que l’Europe se déchire au grand jour : sa monnaie, l’euro, est « plus euro » pour les uns que pour les autres (rappelez-vous Coluche : « certains sont plus égaux que les autres »).
    Tant que perdurera l’Euro, la pression dans la cocotte ne cessera de monter…

    Jean LENOIR

    • 2fis dit :

      … tout à fait d’accord avec toi Jean … seulement les Etats-Unis feront tout pour que l’Euro perdure … car cela leur donne un pouvoir d’arbitre dans la désunion Européenne … sans l’intervention américaine l’Euro aurait déjà implosé lors de la faillite de la Grèce … en tant qu’obligée de son créancier … l’Europe est bien forcée accepter cet arbitre qui est à la fois juge et partie …

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