Mario Soares : « Si le Portugal ne peut plus payer ses dettes, il doit faire défaut »

mario soares« Le Portugal ne pourra jamais payer ses dettes, au lieu de cela il s’appauvrit. Si vous ne pouvez pas payer, la seule solution, c’est de ne pas payer. Quand l’Argentine était en crise, elle n’a plus payé. Est-ce que quelque chose s’est produit ? Non, rien n’est arrivé », a déclaré Mario Soares, l’ex-Premier ministre socialiste portugais qui a dirigé les deux premiers gouvernements à la suite de la dictature de Salazar. Estimant que le gouvernement portugais était devenu le serviteur servile de la Chancelière allemande Angela Merkel, il a exhorté les forces politiques du pays à s’unir pour « faire chuter le gouvernement » et à faire cesser la politique d’austérité imposée par la troïka composée du Fonds Monétaire International (FMI), de la Commission Européenne, et de la Banque Centrale Européenne (BCE). « Dans leur avidité à obéir à ‘Senhora Merkel’, ils ont tout vendu et ruiné ce pays. En deux ans, ce gouvernement a détruit le Portugal », fulmine-t-il.

Ses déclarations ont été formulées alors que la cour constitutionnelle portugaise à jugé la semaine dernière que la suppression du 14ème mois des salaires des fonctionnaires et des pensionnés, proposée par l’actuel Premier ministre Pedro Passos Coelho, était illégale.

Par ailleurs, une fuite dans un rapport de la Troïka a indiqué que le pays menace d’entrer dans une spirale de la dette, et qu’il pourrait nécessiter à terme un second plan de sauvetage. En effet, selon ce document, les besoins de financement du Portugal pourraient atteindre 15 milliards d’euros en 2015, c’est-à-dire plus que les montants dont il avait besoin avant la crise, et alors même que sa cote de crédit s’est dégradée. Précédemment, il ne nécessitait que 10 à 12 milliards d’euros annuels.

Cependant, vendredi, les ministres de l’Eurogroupe ont donné leur accord pour une extension de 7 ans des prêts que le Portugal a reçus dans le cadre de son plan de sauvetage.

Pour Dario Perkins de Lombard Street Research, un défaut du Portugal pourrait exclure le pays de la zone euro. L’Allemagne pourrait s’inquiéter que d’autres pays adoptent la même attitude et elle pourrait choisir de se montrer inflexible. Il pense que les pays de la périphérie redoutent d’être exclus de la zone euro, car ils ressentent que leur économie pourrait être anéantie. Mais il prédit qu’à la longue, les citoyens de ces pays voteront de plus en plus pour des politiciens opposés aux politiques d’austérité, à l’image de ce qui s’est passé en Italie, et que l’UE perdra son emprise ».

Audrey Duperron, Express.be, le 13 avril 2013

Rappel : Le Portugal au bord du désespoir

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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15 commentaires pour Mario Soares : « Si le Portugal ne peut plus payer ses dettes, il doit faire défaut »

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  2. 2fis dit :

    … « l’ex-Premier ministre socialiste portugais qui a dirigé les deux premiers gouvernements à la suite de la dictature de Salazar » … est historiquement inexact … Salazar décède in 1968 … Marcelo Caetano lui succède jusqu’à la révolution en 1974 … Mario Soares deviendra le 4ème premier ministre post-révolutionaire en 1976 … ces événements me sont très familiers car je résidais au Portugal pendant toutes ces années …
    … les propos que tient Mario Soares aujourd’hui sont les mêmes que je tenais déjà il y a plus de 2 ans auprès de mes amis portugais … malheureusement le contrôle de leur destinée semble leur échapper … ajouter 7 années au remboursement de leurs dettes … ne fait que remettre leur insolvabilité à plus tard … en repoussant le début de la reconstruction économique du pays … et en prolongeant inutilement la misère de la population …

  3. THEOPT NEWZE dit :

    L’enfer c’est Angela. Nourriture : le sang de l’Europe. Miniature d’Amérique. Même volonté d’hégémonie …à vouer aux gémonies !
    Oui à Soares

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  5. brennec dit :

    On fait défaut et on repart d’un bon pied. Oui, pourquoi pas, mais il faut bien se rendre compte que le défaut une fois acté le portugal ne pourra plus se financer sur les marchés, il devra donc soit vivre de la charité européenne, soit réformer de manière drastique sa dépense publique, le 14e mois des fonctionnaires sera alors le moindre des soucis portugais. Concernant l’exemple argentin on oublie de dire que l’argentine n’a pas eu accès aux marchés pendant 10 ans.

    • Malthus dit :

      Et l’Argentine ne disposait pas d’une Banque Centrale pour ses besoins monétaires ? Ça coûte combien l’argent des marchés (en fait celui du peuple si l’on considère le système monétaire sérieusement) ?

      Nous n’avons pas besoin des marchés. Nous avons de notre banque centrale et de donner un bon coup de pied au cul aux rentiers avec un peu d’inflation, le contrôle des capitaux et une fiscalité sur la thésaurisation excessive très contraignante.

    • nick tesla dit :

      Pourquoi voudriez vous que le Portugal ait de nouveau besoin de se financer sur les marchés? Une fois sortie de l’UE, il ne sont plus soumis à l’art 123 du traité de Lisbonne (ex art 104 de Maastrich) et se faisant il emprunteront à 0% à leur propre banque centrale nationale. Donc oui, ils iront beaucoup mieux.
      Si nous faisions pareil, nous économiserions 50Mds€/ans de service de la dette. On supprime les niches fiscales 30Mds€. Voila on est déja à l’équilibre budgétaire. On va chercher le gras sur le gaspillage d’argent public, la fraude fiscale à travers le contrôle des capitaux (interdit aujourd’hui par l’art 63 du traité de Lisbonne), ça fait 50Mds€ de plus pour en faire ce qu’on veut. Quand est ce que quelqu’un aura les balls pour nous sortir de cet enfer.

  6. brunoarf dit :

    Jeudi 11 avril 2013 :

    Plusieurs Etats de la zone euro foncent vers le défaut de paiement :

    1- Grèce : dette publique de 301,193 milliards d’euros, soit 152,6 % du PIB.

    2- Italie : dette publique de 1995,143 milliards d’euros, soit 127,3 % du PIB.

    3- Portugal : dette publique de 201,003 milliards d’euros, soit 120,3 % du PIB.

    4- Irlande : dette publique de 190,954 milliards d’euros, soit 117 % du PIB.

    5- Belgique : dette publique de 380,923 milliards d’euros, soit 101,6 % du PIB.

    6- France : dette publique de 1818,147 milliards d’euros, soit 89,9 % du PIB. Prévision : la dette publique de la France dépassera 94 % du PIB en 2014.

    7- Chypre : dette publique de 86,5 % du PIB. Prévisions de la Troïka : 2013 : dette publique de 109 % du PIB. 2014 : dette publique de 123 % du PIB. 2015 : dette publique de 126,3 % du PIB.

    L’ex-commissaire européen Bolkestein veut une monnaie parallèle à l’euro.

    Une monnaie parallèle à l’euro pour les pays solvables comme les Pays-Bas et l’Allemagne doit voir le jour, a déclaré Frits Bolkestein, ancien leader des libéraux néerlandais du VVD et ancien commissaire européen au marché intérieur au début des années 2000. Frits Bolkestein a lancé son appel sur une chaîne de télévision néerlandaise.

    Pour l’homme politique néerlandais, la France ne peut être concernée par cette monnaie parallèle car elle est « pratiquement en faillite » et « mal dirigée ».

    La réalisation d’une autre monnaie pour les pays solvables (« appelée mark ») devrait venir de la banque centrale allemande. Pour Bolkenstein, si ce n’est pas pour tout de suite, cela finira bien par devenir une réalité. « Dans cinq ans, ils auront un autre discours », dit-il.

    Selon lui, nous n’en serions qu’au début des problèmes. « Il est grand temps de mettre de l’ordre dans le chaos ».

    Grâce à une autre monnaie, les pays solvables sont en position de déterminer leur propre politique financière. « Les pays déficitaires vont résister comme le diable à de l’eau bénite », prévoit Bolkestein.

    Mais, au final, une « monnaie des pays du nord » plus chère sera une bonne chose pour leur propre concurrence.

    http://www.rtbf.be/info/monde/detail_l-ex-commissaire-europeen-bolkestein-veut-une-monnaie-parallele-a-l-euro?id=7969366

  7. Alcide dit :

    Bien évidemment que la seule et unique réponse à la spoliation par la dette inventée est la répudiation de toutes les dettes.

    Aucun gouvernement ne l’envisage , ce qui prouve simplement que tous les gouvernements sont totalement corrompus et aux ordres de la finance qui dispose du privilège exorbitant , aurait dit le Général , d’inventer la monnaie afin d’acheter la dette dite souveraine des états.

    Nous y viendrons obligatoirement car la dette est impayable mais le plan consiste d’abord à dépouiller les nations de leurs fleurons et de leur or , comme nous le voyons actuellement en Grèce , Chypre et Portugal.
    Accessoirement , l’austérité inutile et même nuisible au plan économique , n’est qu’une arme psy pour assommer le peuple mouton le détourner des vrais problèmes globaux … avant la tonte générale,

    C’est un crime absolu qui se déroule devant nos yeux.

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  9. 2fis dit :

    … défaut ou pas défaut pour le Portugal? … les avantages et inconvénients de l’alternative sont bien définis dans les commentaires précédents … je n’ai cessé de préconiser une 3ème voie … la création d’un euro portugais dévalué pour l’usage local en plus de l’euro existant pour le commerce international … mais comme cette solution raisonnable ne trouvera jamais d’écho européen … il ne reste au Portugal que le chois entre « défaut = faillite » et « pas défaut = coma » … pour Mario Soares comme pour toute personne de bon sens le choix est évident … et plus longtemps la décision sera repoussée … plus elle sera pénible …

  10. Geraldine dit :

    Pour le Portugal vont-ils essayer de nous refaire le coup de la Grèce : des rallonges de prêts à n’en plus finir… puis un défaut non avoué (haircut) sans sortie de l’euro ? Minables zérocrates.

    Il n’y a pas d’autre issue pour le Portugal qu’un défaut de paiement en bonne et due forme, suivi d’une sortie de l’euro pour retrouver une monnaie adaptée à la compétitivité et aux besoins du pays.

    L’euro n’est qu’une fiction politique et idéologique. Même pas une vraie monnaie unique !

  11. En réaction a ces nouvelles, l’Euro a encore gagné 2%…..Chouette,se disent les créanciers, on va encore pouvoir prêter aux européens à 5%, on se demandait vraiment où nous pouvions encore placer les milliers de milliards que nous prête gratuitement la BCE.

  12. KALMAN Rudolf dit :

    On peut espérer que le refus du Portugal de payer sa dette entraînerait par réaction en chaîne le refus (préférons ce terme à celui de « défaut », que nous laisserons aux banquiers) de l’ensemble de l’Europe du sud (France comprise), ce qui mènerait certes à l’effondrement du système bancaire planétaire, mais permettrait une reprise collective de la souveraineté monétaire de ces pays, sous la forme d’un « Eurosud » en sécession d’avec l' »Euromark » actuel, et permettrait aussi d’avoir une banque centrale qui ne serait plus « indépendante » de la volonté des peuples dont elle émet la monnaie.

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