Modification du modèle bancaire français (J-L Mullenbach)

C’est très technique mais en gros les banques françaises en faillite, au levier vertigineux, vont adopter le modèle anglo-saxon. Mort du crédit en blanc, mort du ROE à 20%, mort du marché interbancaire (déjà mort), mort de l’union bancaire. Chaque pays s’occupera de sauver ses banques, qui titriseront une partie de leurs crédits aux PME pour les refourguer au shadow banking ou à la BCE, qui les acceptera comme collatéraux… Il paraît que ça va dans le bon sens en éliminant le risque systémique. Vous trouvez ça rassurant, vous ?

(BFM Business 30 avril 2013, via Aux infos du nain)

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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13 commentaires pour Modification du modèle bancaire français (J-L Mullenbach)

  1. Galuel dit :

    C’est du vol en meute.
    Refourguer les crédits à la BCE c’est demander aux entreprises d’assumer leurs crédits, tout en refilant le risque à la collectivité et en gardant pour soi les seuls bénéfices dans l’opération.

    Ils ne l’emporteront pas au Paradis.

  2. Ping : PART 01 | MAI 2013 | Business BANKS | Pearltrees

  3. oops dit :

    Il parle du modèle « originate to disribute comme d’une nouveauté » 🙂 alors qu’il s’agit du modèle classique des banques françaises (le fait d’employer une expression anglaise semble suffire pour créer du neuf), qui justement a été perverti par les anglo-saxons en modèle « orginate to securitize » du fait de la confusion entre la banque de détail et la banque d’investissement qui permettait de transformer le risque crédit sur le client en risque de marché sur l’investisseur. Il est tout de même étrange de nous présenter la systématisation de la titrisation comme une nouveauté, alors que ces opérations, pourtant couvertes par les dérivés de crédit et en ultime recours par la FED, sont à l’origine de la crise de 2007/2008. Il repousse l’objection en arguant du fait que les titres de financement passeront du statut junior non sécurisé au statut senior sécurisé grâce au refinancement éventuel de la BCE. La belle affaire: on s’est rendu compte de l’échec du système en matière de couverture du risque de liquidité aux Etats-Unis où les crédits aux PME se sont effondrés.. Apparemment les banquiers se disent que la capacité d’endettement de la BCE, ie son pouvoir de refinancement des crédits, est illimité. Alors pourquoi se gêner?? En attendant on perpétue le système bancaire globalisé et le type d’économie qui va avec fondé sur l’intégration économique mondiale et le contrôle des marchés par les multinationales et les cartels bancaires qui impose le libre-échange. Cela n’est certainement pas une bonne nouvelle pour la vieille Europe qui se condamne à végéter, tandis que son savoir-faire industriel comme ses actifs productifs sont délocalisés dans les pays émergents. Un ultime système de refinancement douteux est destiné à sauvegarder un semblant de croissance assurée par les banques qui compensent la dégradation de leurs portefeuilles crédit par la survalorisation apportée par la BCE. Si le vent est rémunérateur pour les banques, il n’en va pas de même pour les déposants qui voit s’effondrer leurs revenus qui constituent leur seule et unique source de financement, sans possibilité de vendre leur note de crédit contre de la monnaie banque centrale en titrisant leurs revenus futurs comme e font les banques avec leur banque centrale. On remarquera le luxe de précautions oratoires employées par un vieux schnock qui profite de la méconnaissance du public en matière bancaire pour vendre une pseudo-réforme qui n’est que la perpétuation de la perversion du business bancaire qui a conduit aux désastres que l’on sait.

  4. Paul dit :

    C’est du pur délire ! la BCE va encore se charger de crédits irrécouvrables, et qui va payer au final ?

  5. Alcide dit :

    Il suffit de liquider les banques et les banquiers ,plutôt que de « sauver » la fraude , les bonus des fraudeurs payé par notre sacrifice financier et humain.

    C’est moral , économique et bien plus simple.

    Ensuite créer des banques d’état , interdire l’usure .
    Le droit à la monnaie saine qui ne soit la dette de personne doit être écrit comme celui à disposer de l’air et de l’eau .

    Car avant tout , cette crise est morale née d’un abandon de la plus élémentaire justice ainsi que de l’abandon du principe de bien public .

    Si notre avenir c’est la Grèce , puis la chyprisation , puis la somalisation , sans société équilibrée et prospère les plus riches ne pourront même pas profiter de leur richesse .

    Sauver le système maffieux bancaire est immoral et stupide, comme c’est exactement le profil de nos politiciens , il y a peu d’espoir.

  6. THEOPT NEWZE dit :

    Refourguer, refourguer, refourguer… Rien de nouveau. Au final ; vous, moi (eux ils s’arrangeront toujours, y compris boni garantis)

  7. matbee dit :

    C’est la crise, mais les salaires des banquiers augmentent : cherchez l’erreur !

    « Parfois, la recension des faits, bruts de décoffrage, vaut mieux que tous les commentaires savants. Reportez vous à la page 25 du quotidien économique Les Echos, paru ce mardi 30 avril. Titre : « Les rémunérations des dirigeants des banques françaises sont reparties à la hausse en 2012 ».

    Ce n’est pas Marianne qui le dit, ce sont Les Echos, la bible des libéraux français. L’austérité est de mise partout : dans la gestion de l’Etat – qui impose des hausses d’impôts conséquentes et une réduction des dépenses publiques que certains jugent encore insuffisante ; dans les entreprises où la disette salariale dure maintenant depuis plus de 10 ans ; dans la majorité des foyers français où l’on tape dans les comptes d’épargne pour assurer les fins de mois. Partout, donc, sauf dans les banques.

    Ainsi le salaire (fixe + variable) de Jean-Laurent Bonnafé, le patron de BNP Paribas, a progressé de 42,08% à plus de 2,8 millions d’euros. Celui de Frédéric Oudéa, son homologue de la Société Générale, a cru de 30,42% à près de 2,2 millions d’euros – et ce, alors même que le résultat de la banque chutait de 67,5%. Même chez BPCE (Banques Populaires – Caisse d’Epargne), le Pdg, François Pérol, voit sa rémunération augmenter de + 2,62% alors que le résultat de sa banque a perdu 19%.
     »
    http://www.marianne.net/C-est-la-crise-mais-les-salaires-des-banquiers-augmentent-cherchez-l-erreur-_a228540.html

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202727791947-les-remunerations-des-dirigeants-des-banques-francaises-sont-reparties-a-la-hausse-en-2012-563027.php

  8. oops dit :

    Je suis estomaqué par le culot de A. Soumier et de son compère professionnel de la finance, deux grands menteurs devant l’Eternel. Le Soumier sait parfaitement que son interlocuteur ment comme un arracheur de dents quand il ose présenter le modèle « originate to distribute » comme une nouveauté, alors qu’il s’agit d’un retour au modèle « orginate to securitze ».

    Je me souviens encore de ses déclarations sur BFM, à propos du « casse du siècle » au sujet des scandales liés à la titrisation en 2008. La vérité est que face à l’arrêt du marché interbancaire (les capitaux fuient la zone euro) et la panne de la génération de crédits par les banques obérées par les contraintes Bâle III en matière de capital réglementaire sanctionnant l’augmentation du risque crédit, les banques françaises deviennent de plus en plus dépendantes du financement wholesale, c’est-à-dire du papier monétaire collatéralisé par les crédits bancaires émis en direction du shadow banking system (secteur non réglementé où opèrent les hedge funds souvent créés tout exprès par les banques elles-mêmes qui apportent le capital) et du refinancement des actifs bancaires de dette par la BCE via les opérations repo (voire la relance du marche tripartite des opérations repos permettant de faire circuler le collatéral entre établissements bancaires au niveau international, en contrepartie de financement cash overnight permettant de gérer le fameux gap de liquidité entre les dépôts et les crédits originés, en passant par les centrales de clearing).

    Autrement dit la BCE et les régulateurs européens, incapables de freiner la croissance des déficits publics et de juguler la récession, apportent leur caution aux mauvaises pratiques de financement qui avaient causé le surendettement bancaire, du fait de la part excessive du financement wholesale par rapport aux dépôts. Peu importe, du moment que la BCE apporte sa garantie sur des crédits pourris, ceux-ci deviennent « as good as gold » et ouvrent droit à des déductions en matière de capital réglementaire en raison du rehaussement de crédit des titres émis par la banque qui passent de la catégorie de dette junior à celle de dettes seniors ouvrant droit à un remboursement par les déposants au cas où les choses tourneraient mal, comme par exemple si la BCE décidait brusquement de ne plus accepter certains crédits comme collatéral. Nos compères menteurs sont en train de nous expliquer que les banquiers accoquinés aux régulateurs sont en train de nous préparer le prochain coup de grisou qui emportera avec lui l’argent confié par les déposants aux banques pour assurer sa liquidité (des dépôts en cash pas des dettes bancaires dont le liquide qui a en a été extrait est parti sur les comptes courants des banquiers).

    Dormez tranquilles citoyens, ceux qui maîtrisent la technique bancaire s’occupent de vous. A propos, du temps de Rousseau, les banquiers prétendaient déjà que leur métier était trop compliqué à comprendre pour perdre son temps à l’expliquer au bon peuple (Cf.http://www.youtube.com/watch?v=Re6ij1QfrhY). En fait les techniques bancaires de transformation monétaires ne sont pas compliquées, elles sont surtout très tordues intellectuellement et donc difficilement accessible au bon sens commun de celui-ci qui s’imagine naïvement qu’un sou est un sou parce que représentatif d’une valeur stable. Non la valeur de la monnaie n’est pas stable entre les mains des banquiers, elle est fonction de sa liquidité et de sa note de crédit au gré des transformation successives qu’on lui fait subir à travers des mutations entre différentes catégories d’instruments monétaire circulant entre le passif et l’actif des banques et entre les compartiments de dette au gré des règlements et des cycles économiques.

  9. brunoarf dit :

    Dimanche 28 avril 2013 :

    Quand les doutes sur la survie de l’euro infiltrent même le cœur du pouvoir allemand.

    Le président du Conseil consultatif scientifique du ministère des Finances allemand donne à l’euro une chance de survie de cinq ans « limitée ». Il propose une alternative radicale pour sortir de la crise de la dette.

    Plusieurs Allemands haut-placés ont publiquement exprimé leurs doutes quant au futur de l’euro. Quelques politiciens ont essayé de glisser quelques sorties anti-euro au journal télévisé. Et un parti anti-euro, « Alternative pour l’Allemagne », s’est formé juste à temps pour se présenter aux élections de septembre, et espère remporter assez de voix pour entrer au Parlement.

    Mais ceux qui sont les plus proches de l’épicentre du pouvoir, ceux qui gravitent autour d’Angela Merkel, continuent à défendre le dogme officiel. Celui selon lequel l’euro est plus qu’une monnaie, c’est un concept sacré, une sorte de religion qu’il faut sauver à tout prix. Une grande partie de l’opposition allemande adhère aussi à ce dogme. Bien que la possibilité qu’un petit pays sorte de l’euro a été plus ou moins acceptée, l’euro en lui-même est resté intouchable dans ces cercles. Jusqu’à maintenant.

    « Je donne à l’euro une chance de survie à moyen-terme limitée », a déclaré le Dr Kai A. Konrad, président du Conseil consultatif scientifique du ministère des Finances, qui conseille cet épicentre du pouvoir. Au quotidien, il est également directeur de l’Institut Max Planck sur la loi fiscale et les finances publiques. Dans une interview publiée par le Welt am Sonntag, Kai A. Konrad a lancé un ballon d’essai, une alternative, une hérésie pour les Allemands, un grand compromis, une stratégie de sortie, si vous voulez, de sortie de crise pour tous les pays de la Zone euro. Un plan B dont l’existence même a été farouchement niée par le gouvernement.

    Les politiques « d’austérité » mises en place en Europe – le traitement choisi pour maintenir l’union monétaire – ont été l’objet de puissantes attaques. Mais Kai A. Konrad n’y va pas par quatre chemins : « Aucun pays ne peut accumuler arbitrairement de la dette sans s’exposer au risque que les investisseurs finissent par fermer un jour le robinet », dit-il. C’est ce qui est arrivé aux pays situés au cœur de la crise de la dette.

    Il devrait donc être dans l’intérêt de chaque pays de « maintenir sa dette à un niveau aussi bas que possible », assure-t-il. Mais il n’y a pas de seuil fixe, comme les 60% du PIB inscrits dans le traité de Maastricht et maintenant abandonnés de facto. La limite à partir de laquelle un pays entre dans une zone de turbulences varie, selon lui, en fonction de la croissance de son économie et de l’augmentation de sa population.

    Quand le traité de Maastricht a été négocié, ce seuil de 60% était justifié par les prévisions de croissance de chaque pays. Si l’on regarde en arrière, on voit qu’il était trop haut, car « la croissance européenne n’a pas atteint les niveaux attendus au cœur des vingt dernières années », dit-il. « Les pays dont la croissance est trop faible peuvent emprunter encore moins. »

    Il voit un autre problème lié aux limites strictes de la dette et des déficits. « Imposer de telles conditions aux Etats membres ne crée que du ressentiment, et finit par mettre en péril le projet européen ». Référence à la relation entre un pays sous perfusion, la Grèce, et l’Allemagne, relation qui a culminé avec des images de Merkel affublée d’un uniforme nazi. Au contraire, les pays de la Zone euro devraient être libres « d’emprunter tant qu’ils veulent, à la condition qu’ils soient seuls responsable de leur dette ».

    Quelle pensée radicale, en Allemagne, que de dire que chaque pays doit pouvoir emprunter autant qu’il le souhaite ! La seconde partie, que chaque pays doit être seul responsable de sa dette, et non de la dette d’autres pays, était bien sûr l’un des principes du traité de Maastricht, et une des promesses d’airain des politiciens allemands pour que le peuple accepte d’abandonner son Deutsche Mark. Une promesse devenue mensonge à l’heure du premier plan de sauvetage.

    Mais pour Konrad, c’est le grand compromis, le plan B : oublier les limites de la dette et des déficits du traité de Maastricht. Laisser chaque pays flamber tout l’argent emprunté qu’il veut. Mais lorsque les investisseurs fermeront le robinet, il n’y aura ni plan de sauvetage, ni Troïka, ni BCE pour racheter de la dette, ni inspecteurs allemands se promenant dans les ministères des Finances. Il reviendra à chaque pays de se débrouiller avec ses investisseurs et de rembourser ses déficits avec rien du tout.

    Mais pour permettre à un pays de faire faillite au sein d’une union monétaire, il faut rendre le secteur bancaire « immunisé face à la crise », dit-il. Mais il ne parle pas de ratios de fonds propres ou de produits dérivés, mais d’un concept très simple : « les banques ne doivent plus du tout financer des Etats. Ainsi, si l’Etat devient insolvable, les porteurs d’obligations de ces Etats se verront présenter la facture, sans que l’on risque une crise systémique. »

    C’est un changement total de paradigme. Les banques européennes achètent des montants massifs de dette de leurs propres gouvernements, et d’autres Etats. Avec sa proposition, les banques ne possèderaient aucune dette souveraine, et donc seraient protégées de tout risque de crise de la dette. Mais cela serait difficile à mettre en œuvre, vu à quel point les Etats sont dépendants des financements de leurs banques. Il conclut donc sur une note plus sombre – et un ballon d’essai pour une nouvelle doctrine gouvernementale.

    « L’Europe est importante pour moi », dit-il. « Pas l’euro. Je donne à l’euro une chance de survie à moyen-terme limitée. » Quand on lui demande de définir ce qu’il entend par « moyen-terme », le président du Conseil consultatif scientifique du ministère des Finances allemand explique qu’il est difficile de définir une période exacte, car cela dépend de beaucoup de facteurs, mais que « cinq ans semblent réalistes ».

    http://www.atlantico.fr/decryptage/quand-doutes-survie-euro-infiltrent-meme-coeur-pouvoir-allemand-wolf-richter-710405.html

  10. Ping : Modification du modèle bancaire français (J-L Mullenbach) - gastraudiome

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