But premier de l’espionnage américain de l’UE : « défendre les intérêts économiques »

NSA espionnage economique« James Bamford, auteur américain expert de la National Security Agency, n’a aucun doute : l’agence a espionné aussi bien l’Union européenne que les banques suisses.

James Bamford résume le scandale des écoutes révélé par Edward Snowden à une partie de poker : «Washington veut savoir quelles sont les autres cartes des joueurs». Auteur de plusieurs livres, cet auteur américain est aussi un spécialiste de la National Security Agency (NSA), accusée d’avoir mené des activités d’espionnage dans des pays alliés.

Il s’agissait moins d’empêcher des actes de terrorisme que de défendre les intérêts économiques. «Les USA veulent renforcer leur position dans les négociations actuelles», comme il l’a expliqué dans un entretien téléphonique avec le Tages-Anzeiger.

Les Etats-Unis et l’Union Européenne (UE) devaient démarrer lundi 1er juillet des négociations de libre-échange à Washington. Mais la commissaire Viviane Reding juge la discussion impossible avec un pays «qui espionne les bureaux de nos négociateurs».

Qui se souvient d’Echelon ?

Ce genre de pratique ne surprend pas James Bamford. «La NSA a pris depuis des années l’habitude d’écouter», rappelle-t-il, précisant que les Américains placent sous écoute tous les participants lors de conférences internationales.

Seuls quatre pays, tous anglo-saxons, ont échappé aux filets de la NSA et même collaboré activement : la Grande-Bretagne, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, qualifiés d’amis proches. «Ce qui nous ramène à la Seconde Guerre mondiale», juge Bamford, «lorsque les USA avec ces quatre Etats luttaient contre le Japon et l’Allemagne.»

La collaboration s’est même renforcée entre ces pays, considérés comme les «cinq paires d’yeux». Ces Etats participent au traité UKUSA qui a été signé en secret peu après la fin de la guerre et qui a permis de mettre sur pied le réseau Echelon dont l’existence a été révélée à la fin des années 90. Ce réseau était déjà chargé d’intercepter les communications, par satellites notamment.

La Suisse en première ligne

Viennent ensuite les pays membres de l’OTAN ou encore l’Allemagne et la France, des Etats placés sous surveillance de la NSA comme le montre une note secrète de l’agence publiée par le journal allemand Spiegel : «Nous pouvons intercepter les signaux de la plupart des pays de ce groupe et nous le faisons». Les communications entre ces Etats sont exploitées «surtout en cas de conflit», ajoute Bamford.

Où se situe la Suisse ? Le chroniqueur estime qu’elle fait l’objet d’une surveillance poussée «La Suisse fait partie du premier cercle des cibles en raison des banques.» Leurs activités, et surtout leurs transactions, sont suivies de très près par les agences américaines. «Chaque fois que quelqu’un communique avec une banque suisse, la NSA l’apprend, surtout si la communication n’est pas chiffrée.» Ce qui est le cas la plupart du temps. En outre, la NSA dispose de l’expérience suffisante pour «très bien craquer les codes».

Un budget annuel de dix milliards de dollars

L’attention de la NSA s’est déplacée des satellites aux réseaux de fibre optique. «Qui y a accès en apprend le plus», explique Bamford mais l’effort est colossal. Selon le New Yorker, le budget annuel de la NSA avoisine les dix milliards de dollars et l’agence emploie envion 40 000 personnes.

Ces connaissances amènent James Bamford à se montrer prudent, d’autant qu’il écrit depuis 1982 sur la NSA, «l’agence la plus grosse et la plus dangereuse du monde». Lorsqu’il communique avec ses sources, il évite tout contact téléphonique. «Jamais de la vie. Je les rencontre toujours personnellement.» »

Le Matin, le 2 juillet 2013 (via Fortune)

Lire aussi : Révélations sur le Big Brother français

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Et pour rire un peu : François Hollande exige « que cela cesse immédiatement »

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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8 commentaires pour But premier de l’espionnage américain de l’UE : « défendre les intérêts économiques »

  1. Ping : But premier de l’espionnage américain de l’UE : "défendre les intérêts économiques" - gastraudiome

  2. THEOPT NEWZE dit :

    Intérêts économiques…
    Quand l’incendie fait rage dans la maison, on n’écoute pas son voisin.
    Priorités : les seaux, les lances, le sauvetage

    USA ou la pratique à contre-courant

  3. mix21 dit :

    Oh le Guignol à pâte molle….. sûr que Barack doit trembler en ce moment !! 🙂

  4. An interesting point of view about the turrmoil taking place in Egypt and its causes:

    The rage that helped topple Egyptian President Mohamed Mursi was nurtured by the Arab
    Spring’s failure to deliver the green shoots of economic recovery. With growth already the
    weakest in two decades, unemployment stands at a record 13.2-percent. The United
    Nations said poverty and food insecurity had jumped in Egypt over the past three years. It
    estimated 17% of the population struggle to secure enough food, up from 14% in
    2009. The malnutrition rate has risen to 31% of children under five, up from 23% in 2005.
    More than 1-million Egyptians have lost work since the start of 2010 and of those without work,
    80% are under the age of 30-years. One of every 2 Egyptians lives on less than $2 a
    day. Three years ago, 40% of Egyptians lived on $2 per day. The IMF forecasts economic
    growth of +2% this year, about the slowest since 1992. The lender says the country could end
    up with the fastest inflation +8.2%, and slowest growth among all the Middle Eastern countries
    with traded foreign debt. The rating of Egypt’s debt has been pushed further into junk
    status, to CCC+ by the three main ratings companies since the Arab Spring.

    As Egypt’s first freely chosen president took the stage last summer, thousands arrayed in
    Cairo’s Tahrir Square roared their approval. After a knife’s-edge vote, the Muslim Brotherhood’s
    Mohammed Morsi had clinched the country’s most powerful civilian position – the secretive
    Islamist organization’s goal for over eight decades. But one year on, Morsi’s unofficial
    inauguration in downtown Cairo seems more like the pinnacle of the Islamists’ power then the
    emergence of a Sharia-compliant Egypt. Their selling point that the establishment of an Islamic
    state that would take Egypt back to the glory days of Islam was proven to be hollow.
    An Egyptian economy that was ailing when Morsi took power a year ago has crashed under his
    leadership and is at the root of the unrest gripping the Arab world’s most populated country.
    The prime reasons: Political instability drove away investors. Morsi’s unwillingness to
    compromise with the political opposition prolonged and exacerbated the political crisis. The
    politics of no compromise was at fault for a good part of the economic disaster.
    With the government issuing more debt, and the central bank’s cash reserves melting away,
    and unemployment and inflation on the rise, the regime’s solution was to seek more loans to
    cover expenses that include subsidies on food and fuel that help millions of Egyptians. Cairo’s
    debt to foreign and domestic debtors has grown from $30-billion before the
    revolution that ousted Hosni Mubarak in February 2011 to $40-billion now. Arab
    nations tried to prop- up the regime with loans — at least $4-billion from Qatar, $1-billion from
    Libya and smaller amounts from Saudi Arabia. The Egyptian public bought government bonds.
    US President Barrack Hussein Obama pledged $5-billion of debt relief for Egypt. But the Mursi
    government continued to spend the central bank’s cash reserves, which declined from $36-
    billion shortly after the revolution to as low as $13.4-billion in April ‘13.

    In a country of 84-million people, the cash crunch puts the government at risk of
    being unable to import enough food and gas for its population, and machinery to
    maintain the electrical grid. Debt payments have grown from $5-billion to $8-billion a year,
    while inflation is up from +3% before the revolution to +8.5% now, on average. The country,
    which should be a natural gas exporter, but it has fuel shortages made worse by fuel
    subsidies that artificially drive up demand, while investment in new refining or
    production capacity has been non-existent.
    The economy is so fragile, the government can’t raise taxes or reduce subsidies, as the
    International Monetary Fund demands in exchange for a new $4.8-billion loan that Morsi has
    sought. The IMF wants Egypt to reduce spending on subsidies for vital items such as food and
    fuel and to increase taxes, – a bitter austerity plan similar to what the IMF demands of Debtor
    countries in the Euro-zone and elsewhere. But Morsi has hesitated because most Egyptians are
    poorer than they used to be. The ranks of Egypt’s poorest, those who live on less than
    $2 a day, have grown from 40% before the revolution to 50% now.
    The bottom line, Egypt’s economy is in big trouble. In some places water and electricity don’t
    run for parts of the day. In some places it’s hard to find bread. Getting a job for a young man
    or woman is near impossible unless you have contacts with certain groups. That used to be the
    moneyed class. Now it’s people connected to the regime at the moment.
    http://www.sirchartsalot.com/download.php?newsletter_id=1115

  5. ici-bas dit :

    Une Femen ukrainienne obtient l’asile politique en France…on n’en attendait pas moins de Flanby !

    PARIS (Reuters) – La France a accordé l’asile politique à une Ukrainienne membre du mouvement Femen qui s’estime menacée dans son pays après avoir en 2012 abattu à la tronçonneuse une croix orthodoxe à Kiev pour protester contre le procès du groupe russe Pussy Riot.

    Inna Shevchenko avait demandé l’asile en France en février dernier et sa requête, qui a été acceptée le 9 avril après plusieurs entretiens sur les menaces dont elle fait l’objet, vient de recevoir les documents, a-t-elle déclaré lundi.

    C’est la première « Femen », un groupe de femmes qui s’est fait connaître en manifestant seins nus, à obtenir ce statut dans le monde, à l’issue d’une procédure menée par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA).

    « La raison en est que j’ai abattu à la hache une croix chrétienne à Kiev en soutien des activistes russes Pussy Riot », a-t-elle déclaré à Reuters, précisant que les Femen comptaient ouvrir « des écoles révolutionnaires pour les femmes » en France.

    « Le principal quartier général des Femen est maintenant en France, avec son accord », a-t-elle ajouté.

    http://www.boursorama.com/actualites/une-femen-ukrainienne-obtient-l-asile-politique-en-france-ac5f3191db7dec567dff550c94afee03

  6. Abc dit :

    ESPIONNAGE • « Le pacte » entre Allemands et Américains

    « Le Pacte, » titre le magazine de Hambourg, qui consacre sa une pour la troisième fois en un mois, à l' »Affaire de la NSA » – qui est en passe de devenir une « Affaire Merkel ». Sur la foi de documents fourni par l’ex-analyste du renseignement américain, Edward Snowden, Der Spiegel affirme qu’il a existé une « coopération secrète » entre les services américain et allemand de renseignement. Il estime même que c’est « sous l’ère Merkel [que] la coopération entre Washington et Berlin dans le domaine de la reconnaissance et de la défense numériques s’est considérablement intensifiée. »

    Pour exemple, il cite une visite au cœur de la NSA réalisée par le Bundesnachrichtendienst (BND), l’agence allemande du renseignement étranger. En avril dernier, 12 fonctionnaires s’étaient envolés pour les Etats-Unis afin d’obtenir « des directives et des conseils », explique le magazine.

    Et leur vœu a été exaucé : les Américains ont organisé une « conférence de planification stratégique » afin que leurs homologues allemands « passent la vitesse supérieure ». Ont suivi entre autres des présentations des méthodes actuelles d’acquisition de données… Un vrai séjour à l’école du renseignement américain en somme. Et ce voyage d’études à Washington n’était ni le premier ni le dernier.

    Des allégations qui fragilisent les premières déclarations de la chancelière, prétendant n’avoir « rien su » des activités d’espionnage américain révélées par Edward Snowden.

    Si la coopération germano-américaine, souligne le magazine, est vieille d’un demi-siècle, les partenaires allemands ont de toute évidence montré un grand « empressement [pour] satisfaire les besoins d’informations des Américains », en particulier depuis 2007, sous le gouvernement de grande coalition d’Angela Merkel, et encore plus au cours des deux dernières années.

    Cette affaire, assure Der Spiegel, pourrait ébranler durablement la confiance dont jouit Angela Merkel. Elle altère son image de fiabilité dans la gestion gouvernementale et pourrait induire un tournant dans la campagne électorable pour sa réélection en septembre prochain.

    http://www.courrierinternational.com/une/2013/07/23/le-pacte-entre-allemands-et-americains

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