Jacques Sapir : « L’euro est la cause essentielle de nos malheurs économiques depuis plus de 10 ans »

 (LCP, 24 octobre 2013)

« Ce n’est pas la fiscalité le problème ! Vous voulez parler compétitivité ? Alors parlons compétitivité : Le vrai problème, c’est le taux de change de l’euro… et personne n’en a parlé (…) La solution, c’est de dissoudre la zone euro, comme l’a dit Joseph Stiglitz, le prix Nobel d’économie. L’euro nous plombe depuis 7 à 8 ans. Il faut savoir que l’euro est la cause essentielle de nos malheurs économiques depuis maintenant plus de 10 ans… »

Voir ici le débat dans son intégralité

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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16 commentaires pour Jacques Sapir : « L’euro est la cause essentielle de nos malheurs économiques depuis plus de 10 ans »

  1. Ping : Jacques Sapir : « L’euro est la cause essentielle de nos malheurs économiques depuis plus de 10 ans » - gastraudiome

  2. Garfy dit :

    oui -c’est bien ce que dit François Asselineau (UPR)

  3. zorba44 dit :

    Les « vannes » de l’emploi aidé largement ouvertes, et la bonde de la dette qui siphonne de plus en plus… Bien, bien, très bien …continuez ainsi ! Avec l’euro comme cerise sur le gâteau…

    Jean LENOIR

  4. Ping : Jacques Sapir : "L'euro est la cause essen...

  5. Jacques Sapir, Joseph Stiglitz et… Maurice Allais !
    Un gauchiste et deux prix Nobel convaincus du bien fondé d’une sortie de l’euro : nos politiques sont bien volontairement sourds et au service d’obscures puissances aux desseins bien réglés !!

  6. Merci pour vos références toujours très instructives et pertinentes !

  7. Nicolas Jaisson dit :

    Sapire confond la fin et les moyens. L’euro est la résultante d’une volonté d’endettement en vue de fonctionnariser et de socialiser la société française. Le taux de change ne change rien à l’affaire qui veut que le choix a été fait en fonction d’une relance par l’offre monétaire monétaire et non par la productivité des entreprises. Quand Mitterrand a envoyé Jacques Delors à Bruxelles pour vendre l’idée du Marché unique et de la Monnaie unique à Bruxelles, il avait en tête de créer un marché de la dette suffisamment large et profond pour éviter de sombrer sur l’écueil contre lequel s’était fracassé le « programme commun » de 1981, lorsque les marchés avait sanctionné la politique budgétaire laxiste de la Gauche. Avec la monnaie unique et la libéralisation des marchés financiers, les gouvernements de la zone euro pouvaient se permettre de plonger les mains dans les ressources démultipliées du marché de la dette souveraine libellée en euro qui se trouvait mutualisée entre les Etats membres et transformée en outil de financement par les banques qui était sensées s’en servir pour relancer l’économie.

    Au lieu de quoi, on a assisté parallèlement à l’explosion de la dette publique et à la formation de bulle spéculatives dans l’immobilier et à l’explosion des marchés actions. Parallèlement à la création de ce marché « fixed-income » en euro, s’est dessiné naturellement un mouvement de globalisation des actifs financiers fondé sur l’intégration et l’harmonisation des zones économiques entre elles. Au lieu de financer des actifs économiques nationaux, les banques ont profité de ces nouvelles ressources financières pour soutenir le développement des pays émergents et appuyer les délocalisations d’entreprises nationales vers les nouveaux marchés, tandis que les valuers du « CAC40 » étaient transformées en sous-jacents de produits dérivés. La France paie donc le prix fort de l’explosion de sa dette et de la fuite de ses actifs économiques financiarisés par les banques, sous la forme du démontage des capacités de production et de l’imposition d’une gestion adaptée aux normes de la libre concurrence et de l’harmonisation juridique des marchés globalisés.

    Il sera difficile de revenir sur ce mouvement d’internationalisation des actifs nationaux en fonction du développement des marchés émergents, d’autant plus que la demande nationale est condamnée à s’effondrer si la France ne peut plus payer ses millions de fonctionnaires et de retraités. L’Allemagne est aussi concernée par ce phénomène de délocalisation de ses industries dans les pays ateliers d’Europe de l’Est et d’Asie, à cette différence près par rapport à la France, qu’elle a conservé suffisamment d’entreprises compétitives pour alimenter ses excédents de la balance des paiements. On peut dire que la France aura fait tous les mauvais choix en misant sur la fonction publique et la banque pour revitaliser son économie, alors que nos voisins ont su conserver des capacités productives plus importantes qu’elles pourront rapatrier en partie, le jour où l’intégration des zones économiques composant le marché globalisé ne sera plus alimenté par la dette comme auparavant, du fait de l’effondrement de la demande dans les pays émergents.

    L’heure est redoutable car on assiste à la faillite simultanée de toutes les gouvernances structuralistes monétaristes incapables d’assurer un développement durable à leurs populations sacrifiés aux impératifs de l’enrichissement d’une minorité qui profite à plein d’une manne monétaire de plus en plus mal répartie. Le monde est la recherche de nouveaux équilibres économiques et monétaires loin des schémas productivistes et rationalisant qui ont fait la prospérité des multinationales et de leurs acolytes bancaires mais qui ne répondent plus aux besoins de populations qui voient leurs ressources vitales s’effondrer sous la pression conjointe du poids de la dette et des impératifs de compétitivité.

    D’où toutes les manifestations de tendances centrifuges de la part de populations tentées de reprendre en main leur destin trahi par des élites ayant perdu tout contact avec la réalité à force de poursuivre des chimères économétriques qui se transforment en cauchemar quand la dette n’est plus en mesure de payer la paix sociale par des subventions ou des prestations sociales. L’heure est donc à l’irrédentisme au moment où l’autorité des Etats nationaux est battu en brèche par l’ineptie de directives européennes condamnées à retourner chez leur concepteurs plutôt que de creuser la tombe de leurs consommateurs.

  8. Mathys dit :

    C’est fou le nombre de gens qui croient encore que l’euro est un bien pour les Européens…qu’il est facteur de croissance et d’échanges…

    Ils ne le croient plus ?? Alors pourquoi votent-ils encore pour ces traîtres de politiciens qui nous vendent aux banquiers et aux multinationales ?

  9. cruzoë dit :

    Zone euro = zone de plus faible croissance mondiale. Rien à rajouter.

  10. Nicolas Jaisson dit :

    Sapir n’explique jamais comment il financera la dette sans l’euro. Même si certains prétendent, comme Asselineau, qu’il suffit de faire défaut sur sa dette (c’est simple, non??), il n’en reste pas moins que les charges en face de la dette restent au bilan de l’Etat. Faudra-il faire financer les dépenses courantes, comme la paye de fonctionnaires ou des retraités, par la planche à billets de la BdF en attendant que les ressources productives de la France rentrent au bercail bien gentiment sous prétexte que la France se serait converti brusquement au libéralisme entrepreneurial en délaissant définitivement le libéralisme financier comme le socialisme dirigiste? Le marché français est-il suffisant pour compenser la perte des autres marchés ouverts par l’intégration économique et financière avec les partenaires chinois ou américains? Que vont dire nos voisins lorsque le retour à des économies nationales remettra au goût du jour la concurrence intra-européenne? Sapir oublie que la construction europénne est bâtie au tour d’un jeu donnant donnant, où les excédents des uns sont sensés compenser les déficits des autres, l’Eurosystem jouant le rôle d’égaliseur des balances des paiements grâce à la capacité de la BCE de refinancer les créances des pays bénéficiaires nets en termes de cash flow financés par les banques des pays débiteurs. Sur quelle donne va s’établir le retour à une Europe du type Marché commun qui a justement fonctionné grâce à la libéralisation du commerce intra-européen sur la base d’une intégration progressive des économies des Etats-membres? Le raisonnement est tellement enfantin que je m’étonne que des économistes de son acabit se laissent aller à de tels égarements.

  11. Nicolas Jaisson dit :

    Comment les pays d’Europe de l’Est profitent à plein régime de la désindustrialisation des pays du Sud…Il y a sans doute une donne à changer dans la « répartition des termes de l’échange » entre Etats européens, dans la mesure où l’essentiel des délocalisations s’effectue à l’intérieur de l’Europe, le reste des délocalisations servant des besoins non européens à l’extérieur du Marché unique.

    Während die Verlagerung von Produktionskapazitäten aus den USA heraus neben Mexiko vor allem nach China, Indien und in andere asiatische Länder gerichtet war, fand der größte Anteil der Produktionsverlagerungen europä-ischer Firmen innerhalb der EU statt. Durch den gemeinsamen Binnenmarkt bot sich den Unternehmen aus den westeuropäischen EU-Staaten die Möglichkeit, in osteuropäischen Ländern erheblich kostengünstiger produzieren zu können, ohne Handelshemmnisse (Zölle, unterschiedliche Standards, Schwierigkeiten bei Aufenthaltsgenehmigungen für Fachkräfte) in Kauf nehmen zu müssen. Im Jahr 2012 fertigten beispielsweise jene deutschen Unternehmen, die auch eine eigene Produktion im Ausland unterhalten, noch immer 61% ihrer Gesamtpro-duktion in Deutschland, weitere 21% in anderen Ländern der EU und lediglich 8% in Asien.19 Die Mehrheit der aus Kostengründen verlagerten Produktion hat Europa bisher also nicht verlassen. Allein durch Re-Shoring von Produktionska-pazitäten aus Nicht-EU-Ländern wird es daher nicht möglich sein, den europä-ischen Industrieanteil signifikant zu erhöhen, zumal die Motivation für den Auf-bau von Produktionsstätten in Asien (v.a. in China) in vielen Branchen primär in der Bedienung der lokalen Nachfrage liegt.
    http://www.dbresearch.de/PROD/DBR_INTERNET_DE-PROD/PROD0000000000322935/Re-Industrialisierung+Europas%3A+Anspruch+und+Wirklichkeit.pdf;jsessionid=EAD410A25C0FF2B0AE2379667A99D937.srv-loc-dbr-de

    • Jules dit :

      Cher Nicolas Jaisson, je lis régulièrement vos posts (sur cet excellent blog) et trouve vos analyses très justes et détaillées, précises, assez techniques.

      Permettez moi de partager avec vous (afin d’avoir votre avis) une question que je me pose depuis 3 ou 4 ans : quand l’ensemble des populations comprendront-elles qu’il n’y aura aucun retour en arrière et que le concept de « Nation » est en train de devenir caduc ? … (en Occident).

      Je pense que les prochaines étapes sont le marché commun EU/US, l’accroissement de la répression financière (contrôle des particuliers et des entreprises), puis la négociation entre blocs asie et Us Eu autour de leurs monnaies. J’ai le tort peut-être de penser que les Troikas Fed Bri Fmi et consorts disposent désormais de moyens suffisants (banques centrales, armée, police, technologie, juridique) pour réaliser leurs ambitions : dans 10 ou 15 ans, la nouvelle génération acceptera d’oublier le concept de « nation ». ???

      Amicalement.

  12. Ping : Jacques Sapir : “L’euro est la cause essentielle de nos malheurs économiques depuis plus de 10 ans” | Prêchi-Prêcha

  13. Ping : Vidéo « Ça Vous Regarde : le débat : Chômage : la courbe qui défie … » | Pour un débat sur le libre-échange et sur l'euro…

  14. Ping : Vidéo « Ça Vous Regarde : le débat : Chômage : la courbe qui défie le président » 3 minutes | Forum Démocratique

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