Parité des pouvoirs d’achat, élections européennes et Oints du Seigneur (Charles Gave)

charles-gave« Les économistes ont une grande qualité. Ils ont une capacité remarquable à créer des noms compliqués pour décrire des choses simples, le but étant bien sûr de faire croire au ‘’ vulgum pecus” qu’ils savent des choses importantes.

L’un de ces mots, qu’il m’est arrivé, hélas, d’utiliser sans le définir (mea culpa) est la “parité des pouvoirs d’achat”. Cette chronique va donc commencer par une espèce de “fiche” que le lecteur pourra garder dans un coin pour l’utiliser lorsque qu’un quelconque Diafoirus prononcera le mot dans une émission télévisée.

La notion est simple.

Imaginons deux pays, le premier avec un taux d’inflation de zéro, le deuxième avec un taux d’inflation de 10 % par an. Pour que les entrepreneurs du deuxième pays restent concurrentiels avec ceux du premier pays, il va falloir que le taux de change du pays «inflationniste» baisse de 10 % par an en moyenne pour que le système reste à l’équilibre.

La parité des pouvoirs d’achat c’est donc le taux de change corrigé du taux d’inflation et c’est tout. Il s’agit bien sur d’un prix “théorique”, censé représenter l’endroit où le taux de change devrait se trouver s’il s’ajustait parfaitement à la réalité.

L’étape suivante consiste bien sur à comparer le taux de change de “marché” au taux de change « théorique « pour voir laquelle des monnaies est surévaluée -ou sous évaluée- par rapport à l’autre.

Voici un exemple de parité des pouvoirs d’achat entre l’Italie et l’Allemagne.

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Explications

La ligne verte, c’est notre taux de change théorique calculé à partir de la différence des prix de détail entre les deux pays. Comme le lecteur peut le voir, les prix en Italie ont cru cinq fois plus vite qu’en Allemagne depuis 1967.

Quant à la ligne jaune, c’est le taux de change de « marché » entre la Lire et le DM s’ils existaient toujours. Quand la ligne jaune monte, cela veut dire que le DM monte (la Lire baisse). On voit que sur le long terme, ligne jaune et ligne verte suivent la même évolution et que donc le prix de marché a suivi le prix théorique, sauf bien sur depuis 2000 et l’introduction de l’Euro. Dans l’ensemble, les marchés ont très bien fait le boulot qui leur avait été confié.

Quand la ligne jaune est en dessous de la ligne verte, l’implication est que le DM est sous évalué et si la ligne jaune est au dessus de la ligne verte, la Lire est sous évaluée.

La ligne rouge (graphique du bas) est simplement le rapport entre la production industrielle Italienne et la production industrielle Allemande base 100 en 2000. Si la ligne rouge monte cela veut dire que la croissance Italienne en volume est supérieure à la croissance Allemande, le contraire étant également vrai.

Comme le lecteur peut le constater

  • de 1967 à 1973, l’Italie n’est pas compétitive et sa production croit moins que la production en Allemagne.
  • De 1974 à 1985, la Lire est » sous évaluée ». Et fort normalement la production Italienne croit plus vite que la production Allemande.
  • De 1986 à 1992, la lire, redevient sur évaluée et re belote, l’Italie fait moins bien que l’Allemagne. Sortie fracassante par la Lire du SME en 1992, la Lire redevient compétitive et hop ! L’économie Italienne fait à nouveau mieux que l’économie Allemande. Vient le drame final : la rentrée de la Lire dans l’Euro et depuis l’économie Italienne ne cesse de s’effondrer… et va continuer de s’effondrer puisque coût du travail et coût du capital sont plus élevés en Italie qu’en Allemagne… et que les Italiens ne peuvent plus dévaluer.

Ce qui m’amène à la deuxième partie du papier de cette semaine, la différence entre une analyse pragmatique et une analyse normative lorsqu’il faut faire des recommandations de politique économique.

Le taux de change n’est qu’un prix de marché parmi d’autres mais pour certaines personnes, la volatilité des taux de change est une très mauvaise chose, ce qui m’a toujours paru idiot.

Bloquer le taux de change est aussi imbécile que bloquer le prix des loyers. Mais enfin je peux admettre qu’une décision « « politique » soit prise de réduire, puis de supprimer cette volatilité -à terme- entre deux pays qui commercent beaucoup entre eux.

Le fait indiscutable est que l’Italie a une inflation structurelle plus élevée que l’Allemagne et ce depuis 1945 au moins, ce qui rendait nécessaire de constantes dévaluations de la Lire contre le DM.

La question posée est donc : comment arriver à stabiliser le taux de change entre les deux pays ?

Que va dire l’économiste « pragmatique » ? Sa recommandation sera : Il va falloir que l’Italie fasse des réformes de structure pour que son taux d’inflation converge vers le taux Allemand et cela va prendre un temps fou. Quand les deux taux d’inflation auront convergé de façon durable, on pourra alors fixer les deux taux de change l’un par rapport à l’autre…ce qui d’ailleurs ne sera plus nécessaire puisque les taux de change de marché ne bougeront presque plus l’un par rapport à l’autre (voir la Couronne Suédoise et l’Euro).

Que va dire l’économiste « normatif » que j’appelle toujours « oint du Seigneur » (1) parce qu’il sait mieux que moi ce qui est bon pour moi.

Voila ce qu’il va dire. L’Italie est un pays gouverné par des démagogues, incapables d’effectuer la moindre réforme. Il faut donc bloquer le taux de change entre l’Italie et l’Allemagne pour FORCER ces incompétents notoires à faire les réformes nécessaires. On remarquera que l’oint du Seigneur de base (Delors ou Trichet par exemple) n’a jamais été élu par personne, mais cela ne le dérange guère puisqu’il a une ligne directe de téléphone avec Dieu. Le blocage a lieu, l’économie Italienne s’effondre et mes oints du Seigneur d’expliquer que décidément les Italiens, qui se débrouillaient très bien sans eux, puisque la croissance Italienne et la croissance Allemande avaient été la même de 1945 à 2000 sont encore plus nuls qu’ils ne le pensaient et qu’il faut leur envoyer un Gauleiter de toute urgence (un autre oint du Seigneur). Ce qui est fait (Monti) et bien sur, la détérioration s’accélère.

Le résultat net de leur intervention est simple : Avant les deux économies ne divergeaient jamais et le prix à payer pour cette convergence perpétuelle était une dévaluation Italienne de temps en temps, ce qui me permettait d’aller passer des vacances à Rome à bon compte.

Maintenant, elles divergent constamment et de plus en plus et nous allons vers un défaut de paiement inéluctable de l’Italie.

Il n’y a pas de solution médiane, car on ne peut reformer un pays en dépression.

Mes oints du Seigneur ont remplacé la probabilité de dévaluations Italiennes par la certitude d’une faillite de l’Etat Italien.

En fait, ils ont mis la charrue avant les bœufs, ce qui rend difficile de tirer son sillon. Mais tout cela va finir bien sur par exploser à la figure des Oints du Seigneur, et sans doute pour des raisons politiques.

Ils ont méprisé la Démocratie, elle va se venger.

Ce qui m’amène bien sur à terminer par quelques réflexions « politiques », ce qui est loin d’être mon domaine de compétence.

La première sera que c’est un Droit essentiel pour un Pays Souverain d’être mal géré si la majorité de la population le souhaite.

Par exemple, les Français souhaitent avoir 40 % de fonctionnaires de plus que les Allemands et si le maintien de la cohésion nationale est à ce prix, eh bien ils doivent pouvoir le faire. Entre la cohésion nationale et le taux de change, je choisirai toujours la cohésion nationale. La réalité cependant est que nous ne pouvons avoir 40 % de fonctionnaires en plus ET un taux de change fixe avec l’Allemagne sans tuer tout le tissu industriel Français, ce qui est en train de se passer.

La deuxième sera que nous allons avoir des élections au Parlement Européen l’an prochain.

Que va-t-il se passer si un ou plusieurs pays envoient à Strasbourg une majorité de députés hostiles à l’Euro et qui donc voteraient à Strasbourg pour sortir de l’Euro ?

Que voila une question intéressante, à laquelle je n’ai pas de réponses et les oints du Seigneur à Bruxelles ou là Paris encore moins !

En fait, les élections au Parlement Européen représentent la première possibilité qui va être donnée aux Peuples Européens de donner leur avis sur l’Euro, ce Frankenstein financier qui a détruit leurs vies. Il va donc s’agir d’un referendum, pour ou contre l’Euro et C’EST TOUT.

Dieu, que ces élections, pour une fois, vont être passionnantes !

Les Peuples vont pouvoir enfin donner leur avis.

Saloperie de Démocratie ! »

(1) « Oint du seigneur » est une traduction de Thomas Sowell «the anointed»

Charles Gave, Institut des libertés, le 17 novembre 2013

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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16 commentaires pour Parité des pouvoirs d’achat, élections européennes et Oints du Seigneur (Charles Gave)

  1. Ping : Parité des pouvoirs d’achat, élections européennes et Oints du Seigneur (Charles Gave) - gastraudiome

  2. « Mes oints du Seigneur ont remplacé la probabilité de dévaluations Italiennes par la certitude d’une faillite de l’Etat Italien. »

    Dans une économie de type socialiste, l’Etat ne peut pas faire faillite, puisque la banque centrale crée autant de monnaie que l’exige les besoins de financement du Trésor public. C’est exactement ce qui se passe dans la zone euro, où les banques s’engagent à financer le papier émis par l’Etat, tant que la la BCE continue à garantir la valeur du dit papier pourvu’il continue aussi à servir de collatéral à l’émission de leurs instruments de financement.

    On est donc face à une situation de poker menteur dans une économie qui se dit libérale, alors que le dit marché n’existe plus depuis belle lurette, puisque ce sont les banques centrales qui déterminent les prix du marché par leur politique d’intervention consistant à maintenir les taux d’intérêt très bas et à refinancer le papier bancaire et étatique dans des proportions illimitées. Parler de faillite de l’Etat dans un contexte d’économie dirigée n’a donc pas de sens, dans la mesure où c’est l’Etat, par l’entremise des banques centrales prétendument « indépendantes » et les « primary brokers » qui placent le papier public sur les marchés, qui font le marché. Par ailleurs le différentiel de compétitivité est corrigé par les mécanisme de redistribution fiscale au niveau européen, qui agissent comme un jeu de vases communicants entre les Etats membres de la zone euro de manière à conserver un perpétuel équilibre des balances des paiements, notamment par la correction des déficits commerciaux.

    En fait le terme fiscal est trompeur, dans la mesure où ce système de compensation monétaire, l’Eurosystem, repose non sur des flux budgétaires mais sur des flux de monnaie banque centrale transformant les dettes ou les créances des banques centrales européennes sur leurs consoeurs en débit ou en crédit auprès de la banque centrale européenne. Le bilan de la BCE a ainsi enflé démesurément à mesure qu’elle refinançaient les créances de la Bundesbank sur ses partenaires, la BdF et la banque centrale italienne notamment, qui compensent leurs déficits sur l’Allemagne par la monnaie banque centrale créée par la BCE. Ce mécanisme de compensation des balances des paiements est censé atténuer les différences de prix entre les pays de l’Eurozone, à l’instar du système soviétique qui créaient de la monnaie en fonction des besoins de financement estimés de chacune des régions formant feu l’URSS, quels que soient les déséquilibres commerciaux d’une zone par rapport à une autre, en vertu du principe selon lequel l’intégration économique prime sur la compétitivité d’une zone par rapport à une autre. Donc, je trouve que les raisonnements basés sur la compétitivité et les taux de change pour estimer le succès où l’échec d’une union économique et monétaire n’ont pas de sens, dans la mesure où les théories fondées sur les lois du marché libre sont inopérants dans ce genre de configuration.

    Les économistes libéraux, notamment ceux de l’école de Chicago ou de l’école autrichienne, s’obstinent à croire dans l’existence d’un marché libre qui ferait un « merveilleux boulot », dans l’estimation des prix réels corrigés de l’interventionnisme étatique opérés par les « Oints du Seigneur », alors que ce marché est une pure fiction. L’histoire économique serait plutôt dominée par les oligopoles, bancaires en particulier, qui ont triomphé partout des lois du marché libre en imposant le systèmes des banques centrales qui leur donnaient la pleine maîtrise des flux financiers en faisant la pluie ou le beau temps dans les différentes parties du monde selon leurs intérêts économiques et financiers du moment. Les manipulations du marché au XXème siècle par la FED et la BOE, sans oublier la BRI, sont trop criantes et dramatiques par leurs conséquences géopolitiques, pour que cette fiction du marché libre puisse résister un seul instant à l’examen objectif du fonctionnement des marchés financiers.

    • Jules dit :

      Brillant, clair. Merci.

    • matbee dit :

      Ce petit jeu du refinancement par les banques centrales ne pourra quand même pas durer éternellement. Il n’y a pas de marché libre mais les banques centrales possèdent un bilan qu’il va bien falloir apurer un jour. La planche à billets c’est très gentil, ça paraît facile pour ceux qui maîtrisent les flux monétaires mais l’heure de vérité sonnera à un moment donné. Quand ? personne ne connaît l’heure….

      A partir de là il n’y a pas 36 solutions : soit c’est la destruction de la monnaie, l’hyperinflation, soit on rince toute une série de créanciers et on repart à zéro…

    • Miro dit :

      « Dans une économie de type socialiste, l’Etat ne peut pas faire faillite, puisque la banque centrale crée autant de monnaie que l’exige les besoins de financement du Trésor public. »

      Il serait au contraire préférable que l’Etat fasse faillite, comme ça a été le cas de très nombreuses fois dans l’histoire, sinon les lendemains vont déchanter…. la monnaie centrale n’est pas une potion magique !

  3. zorba44 dit :

    Quand on mélange les torchons et les serviettes, la cuisine s’installe dans le désordre… ou la salle à manger! Toutefois il est difficilement admissible qu’un pays puisse avoir des déséquilibres tels de ses comptes qu’il met en danger tous les autres…
    L’exemple du nombre de fonctionnaires français (« leur taux de pénétration ») dans l’économie nationale est un fléau ; qu’on imagine un seul instant que le nombre de fonctionnaire ne cesse de croître pour atteindre 90% de la population active.
    France, Grèce …et on voit ce qui se passe.
    L’Italie c’est différent : elle a (avait) fait de l’économie souterraine (celle qui torpille le poids excessif de l’appareil de l’état) un sport national. On dit que la France serait en passe de réaliser ce scénario …et il faudra bientôt 90% de fonctionnaires pour fliquer tous les mouvements des administrés et de leurs activités économiques illégales ou non.

    Et puis que penser alors des Etats-Unis et de leurs dérives effrayantes monétaires et budgétaires, exportées avec un dollar vérolé.

    La dépréciation monétaire est un fléau qui ne résout rien, mais la monnaie unique est un fléau pire car elle accélère la destruction de pays « faibles ».

    Attention en croyant que les élections européennes vont être un moyen de sortir de l’euro. Imaginez un seul instant qu’on invalide les résultats des candidats élus qui prônerait la sortie de l’euro. Pire, imaginez (et pourquoi pas) que on en vienne à sélectionner les candidats qui seraient oints par la Commission, à votes secrets.

    Méfiez-vous de l’imagination des mafieux …méfiez-vous des mafieux comme de la peste !

    Jean LENOIR

  4. La Gaule dit :

    M. Lenoir, vous brûlez les étapes. Pour imposer des mesures politiques semblables, il faut un Grand Evènement (GE) générateur de Choc Psychologique Consensuel (CPC).
    Il faut un 11 décembre (je reste incertain sur la date pour me laisser le temps de plonger par la fenêtre face aux dénonciateurs de complot et autres lyncheurs du Bien) ou un incendie du Reichstag.
    Naomi Klein avait délayé -trop à mon goût- ce poisson là il y a déjà bien des années, dans sa Stratégie du Choc.
    L’Euro ayant échoué a créer une improbable tribu européenne, que diriez vous de quelques bombes placées à bon escient -quelques centaines de morts et d’estropiés- dans les métros ?
    Coup de sifflet indispensable pour resserrer les rangs face à une tribu ennemie indiscutable parce que désignée comme tel depuis des lustres (Iran, Liban, Syrie, que sais-je), et bien sûr leurs relais complaisants locaux dans des officines politiques locales que tout le monde s’accorde à identifier comme des foyers pathogènes de Haine.
    Alors seulement l’improbable tribu de circonstance, dans son hébétude et sa sidération, sera prête pour les mesures techniques dont vous parlez (Les gazetiers titreront « naissance d’une opinion européenne », les larmes aux yeux).
    M. Gave, dans sa perspicacité accomplie, commet l’erreur générale des économistes qu’il brocarde au passage. L’économie n’est qu’une manière d’étendre la guerre des intérêts particuliers –et les formes politiques qui en découlent- par d’autres moyens.
    Au-delà d’un certain niveau de pouvoir, personne n’est dupe.

    • zorba44 dit :

      Vous auriez eu mille fois raison il y a trente ans… Maintenant plus personne n’est dupe de la perversité des intervenants qui en sous-main ferait porter à d’autre le chapeau.
      Voyez ce qui s’est passé lorsqu’Obama a voulu capitaliser sur une très douteuse affaire de gaz sarin pour casser la gueule à Bachar. Leur allié britannique n’a plus voulu commettre l’erreur de mordre à l’hameçon.
      Ce qui a changé, c’est que, grâce à la Toile, tout se sait …par conséquent des bombes dans le métro ça pèterait mais l’opinion ne prendrait pas.
      Le signataire persiste à penser, en attendant le moment où le château de cartes financier s’écroule, que les élections européennes pourraient être largement bidouillées.

      Jean LENOIR

  5. Ping : Le Fichage pour Tous | Pour un débat sur le libre-échange et sur l'euro…

  6. La zone Asie Pacifique commence à accuser sérieusement le coup face au dégonflement de la bulle immobilière chinoise et à l’essoufflement de son modèle productiviste:

    Rating agency Fitch has estimated that China’s ratio of total debt-to-GDP, including
    government, corporate and household debt, will reach 218% of GDP by the end of
    2013, up 87-basis points since 2008. In July, the IMF warned that similarly rapid debt runups
    have been associated with financial crises in other countries. The interest owed by
    Chinese borrowers rose to an estimated 12.5% of GDP this year, up sharply from 7%
    in 2008, Fitch Ratings estimated. By the end of 2017, it may climb to as much as 22%
    and “ultimately overwhelm borrowers.”
    China’s total debt could double to almost 250% of GDP by then, from 130% in 2008,
    according to Fitch. As such, China’s banks and trusts might face credit losses of as much as $3-
    trillion as defaults, Goldman Sachs estimated in August. Now that the PBoC is engineering a
    rise in short-term cash rates and the 7-year T-note yield by withdrawing liquidity from the
    Shanghai money markets via open market operations in recent weeks, – currency traders have
    reacted by dumping the Aussie dollar, – treated as a bellwether of China’s economy.
    On October 29th, Australia’s top central banker stopped a rally in the Australian dollar dead in
    its tracks, when he predicted the Aussie would fall materially in the future given the country’s
    declining terms of trade. Reserve Bank of Australia (RBA) chief Glenn Stevens issued words of
    caution for foreign exchange traders, saying the recent rise in the Australian dollar had come
    from “levels that were already unusually high.” “These levels of the exchange rate are not
    supported by Australia’s relative levels of costs and productivity. « Moreover, the
    terms of trade are likely to fall, not rise, from here. So it seems quite likely that at
    some point in the future the Australian dollar will be materially lower than it is
    today,” he warned. Within seconds, the Australian dollar fell about a third of a US- cent in
    reaction to his comments, hitting a session low of $0.9541.
    Prior to his warning, the Aussie climbed almost +8% higher against the US- dollar, in large part
    due to the Fed’s surprising decision to delay the tapering of its QE-3 scheme. Indeed, Stevens
    noted that when the Fed did finally start to wind back its stimulus, this would weaken the
    Australian dollar and help support the economy in the face of a slowdown in mining investment.
    Australia’s A$1.5 trillion-a-year economy is in its 23rd year of uninterrupted expansion, yet the
    latest growth pulse of +2.6% is short of the +3.3% pace that economists consider “normal.”
    On Nov 5th, the RBA held its cash rate at a record low of 2.50% for a third month saying past
    cuts were supporting demand, but cautioned that a full recovery might not be possible without
    a weaker currency. The Reserve Bank of Australia’s latest protest about currency strength was
    enough to knock the Australian dollar down a quarter of a U.S. cent, to 94.75-cents.
    “The Australian dollar, while below its level earlier in the year, is still uncomfortably
    high, » RBA chief Stevens warned in a brief statement. “A lower level of the exchange
    rate is likely to be needed to achieve balanced growth in the economy
    http://www.sirchartsalot.com/newsletters.php

  7. Les économistes de JP Morgan (récemment condamnée à la plus grosse amende dans l’histoire financière des Etats-Unis pour son rôle dans le déclenchement de la crise de 2007/2008, mais ces gens ont toujours raison, quoi qu’il advienne) se sont également fendus d’une lettre au Pape pour défendre le libéralisme de marché (comprendre le libéralisme financier à ne pas confondre avec le libéralisme économique), dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’est guère convaincante.http://www.businessinsider.com/jp-morgan-economist-responds-to-pope-2013-12

    Le principal argument est dé prétendre que le libéralisme financier est encore le moins mauvais des systèmes économiques pour enrichir les masses qu’une courbe globale montre émergeant de la pauvreté , notamment dans les pays émergents, depuis une quarantaine d’années. L’ennui est que si ce genre de libéralisme produit un enrichissement aussi temporaire qu’illusoire, il n’est pas moins vrai que les masses peuvent retourner dans un état de pauvreté pire que le précédent, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Les chiffres sur l’appauvrissement des classes moyennes ces dix dernières années exprimé en dollars constants, tant dans les pays dits développés que les émergents (la Grèce, by the way, est redevenu un émergent pour bénéficier de conditions plus favorables de la part des bailleurs de fonds internationaux) le montre amplement. http://www.zerohedge.com/news/2013-10-28/29-uncomfortable-truths-about-soaring-poverty-america
    http://www.zerohedge.com/article/detailed-look-global-wealth-distribution

    Ce système a en effet ceci de pervers que l’enrichissement est exprimé sous la forme du prix d’actifs, notamment immobiliers, qui sont artificiellement gonflés par la spéculation, elle-même nourrie par l’offre monétaire des banques, tandis que les ressources réelles des populations laborieuses sont exprimées en monnaie subissant l’érosion de la valeur captée par la création de la fausse monnaie bancaire. La fausse monnaie chassant la bonne, les ressources capitalistiques préfèrent s’investir dans la spéculation que la production, coupant ainsi les classes laborieuses des ressources indispensables à leur prospérité. Les classes moyennes aux Etats-Unis et en Europe (le phénomène est aussi vrai pour des pays comme l’Inde ou le Brésil) se retrouvent ainsi avec des ressources monétaire dévaluées et précaires tandis que les banques continent à créer des moyens de financement dans des proportions astronomiques, sans rapport avec les besoins des entités productives de l’économie réelle réduites à la portion congrue quand elles n’ont pas d’accès direct aux marchés financiers, comme les multinationales. Voir les chiffres publiés par « the economique collapse » et zerohedge à ce sujet.

    http://theeconomiccollapseblog.com/

  8. Ping : Zone euro : « Une lutte de vampires au nom de la compétitivité » | Pour un débat sur le libre-échange et sur l'euro…

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