La citation du jour

corporate-fascism« Le fascisme devrait plutôt être appelé corporatisme, puisqu’il s’agit en fait de l’intégration des pouvoirs de l’Etat et des pouvoirs du marché ».

Benito Mussolini (1883-1945)

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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12 commentaires pour La citation du jour

  1. Cette citation peut prêter à confusion. En effet ce serait un contresens total que de rapporter cette citation de Mussolini qu’il a prononcée dans les années trente à la situation actuelle qui est l’exact opposé du système que le conducator italien avait voulu mettre en place. Comme le rapporte F. Delaisi dans sa « révolution européenne », le souci des leaders facistes était de faire échapper le monde du travail à l’emprise du capitalisme financier anglo-saxon qui s’était emparé des marchés européens à la suite de l’afflux des liquidités américaines qui cherchaient des placements profitables dans une Europe dévastée par la guerre qui présentait de nombreuses opportunités de financement des marchés publics. C’est contre cette collusion entre la finance internationale et l’Etat que Mussolini avait voulu lutter en réformant le système de financement de l’économie qui ne serait plus dépendant de l’apport des capitaux du marché international mais des commandes de l’Etat alimentées par des fonds publics. Derrière cette réforme dite corporatiste du système financier on trouvait la volonté de désamorcer l’aliénation du travail par le capital financier maître à la fois de salaires et des prix du marché par le contrôle des prix et de la création monétaire strictement dépendante de la création de valeur sous la forme de travail exprimée en valeur ajoutée transférable et non en monnaie dette finançant les salaires. En retirant les entreprises du marché financier sur lequel les prix de vente des produits et services étaient déterminés par les banques, l’Etat voulait garantir le niveau de vie des travailleurs, dont le pouvoir d’achat serait préservé par le versement d’un salaire en monnaie équivalent travail et non par une monnaie dette dont la valeur est déterminée en fonction du rapport entre l’offre et la demande dans cette monnaie sur le marché des capitaux. Donc le corporatisme de Mussolini n’a rien à voir avec l’intégration du pouvoir de l’Etat et celui des marchés à laquelle on assiste actuellement avec le financement quais intégral des dépenses publiques par les marchés financiers, précisément ce que Mussolini avait voulu éviter.

    • Geraldine dit :

      Je pense que c’est un peu plus compliqué que cela. Vous n’avez pas tort, les marchés financiers n’étaient pas associés au pouvoir de Mussolini (de toutes façons ils n’existaient pas dans leur forme actuelle et n’étaient pas tout-puissants) mais celui-ci a été porté au pouvoir par des forces de réaction aux agitateurs de rue et à la menace socialo-communiste. Le fascisme italien a été financé par les industriels, les banquiers et les grands propriétaires terriens pour sauvegarder l’ordre établi, le vernis nationaliste en plus. En ce sens le fascisme italien est bien une alliance entre l’Etat et les entreprises corporate.

      Quelques citations qui montrent que le Duce était très favorablement au capitalisme et au libéralisme économique et ne voulait pas du tout que l’Etat s’approprie les moyens de production :

      – « Je suis un libéral. La nouvelle réalité de demain, répétons-le, sera capitaliste. La vraie histoire du capitalisme ne commence que maintenant. Le socialisme n’a plus une chance de s’imposer. Il s’agit de choisir entre un passé presque mort et des possibilités illimitées d’avenir… Il faut abolir l’Etat collectiviste, tel que la guerre nous l’a transmis, par la nécessité des choses, et revenir à l’Etat manchestérien. » (Premier discours de Mussolini au Parlement le 21 juin 1921)

      – « Je pense que l’État doit renoncer à ses fonctions économiques et surtout à celles qui s’exercent par des monopoles, parce qu’en cette matière l’Etat est incompétent. »

      – « Nous voulons dépouiller l’État de tous ses attributs économiques : assez de l’État cheminot, de l’État postier, de l’État assureur… »

      – « Autre point du fascisme : la reconnaissance du capital et du capitalisme. Ici nous sommes nettement antisocialistes. »

      – « Les capitalistes modernes sont des capitaines d’industrie, de grands organisateurs… Que peuvent demander ces hommes ? Le succès de leur industrie. Ce succès, c’est celui de la Nation. »

  2. « Quelques citations qui montrent que le Duce était très favorablement au capitalisme et au libéralisme économique et ne voulait pas du tout que l’Etat s’approprie les moyens de production  »

    C’est bien pourtant ce qu’il a fait avec la militarisation de l’économie italienne. Mussolini comme Hitler étaient de grands admirateurs de F.D. Roosevelt et ont copié ses recettes du New Deal pour faire repartir leurs économies en jouant à fond la carte de l’autarcie et du dirigisme économique étatique, sur la base de la création de conglomérats contrôlés par l’Etat, de façon à couper l’herbe sous les pieds du parti communiste et neutraliser les effets de la crise économique propagée par Wall Street et les marchés financiers. Contrairement à ce que vous affirmez (Delaisi l’explique longuement dans la Révolution européenne), le capitalisme financier anglo-saxon contrôlaient les principaux marchés mondiaux (notamment des matières premières et des denrées agricoles via les centrales d’achat propriété des banques), du fait de leur contrôle des flux de capitaux et de la fixation des prix sur les marchés internationaux par les banques d’affaire.

    Roosevelt never had much use for Hitler, but Mussolini was another matter. « ‘I don’t mind telling you in confidence,’ FDR remarked to a White House correspondent, ‘that I am keeping in fairly close touch with that admirable Italian gentleman.' »(p.31). Rexford Tugwell, a leading adviser to the president, had difficulty containing his enthusiasm for Mussolini’s program to modernize Italy: « It’s the cleanest. . .most efficiently operating piece of social machinery I’ve ever seen. It makes me envious. »(p.32, quoting Tugwell)

    Why did these contemporaries sees an affinity between Roosevelt and the two leading European dictators, while most people today view them as polar opposites? People read history backwards: they project the fierce antagonisms of World War II, when America battled the Axis, to an earlier period. At the time, what impressed many observers, including as we have seen the principal actors themselves, was a new style of leadership common to America, Germany, and Italy.
    http://mises.org/misesreview_detail.aspx?control=311

  3. Suite de la réponse:

    Roosevelt himself called Mussolini “admirable” and professed that he was “deeply impressed by what he has accomplished.” The admiration was mutual. In a laudatory review of Roosevelt’s 1933 book Looking Forward, Mussolini wrote, “Reminiscent of Fascism is the principle that the state no longer leaves the economy to its own devices.… Without question, the mood accompanying this sea change resembles that of Fascism.” The chief Nazi newspaper, Volkischer Beobachter, repeatedly praised “Roosevelt’s adoption of National Socialist strains of thought in his economic and social policies” and “the development toward an authoritarian state” based on the “demand that collective good be put before individual self-interest.”
    http://www.cato.org/publications/commentary/hitler-mussolini-roosevelt

  4. Suite de la réponse:

    Both socialists and fascists have taken a great liking to massive economic interventionism and Keynesian economics. Benito Mussolini said « Fascism has taken up an attitude of complete opposition to the doctrines of Liberalism, both in the political field and in the field of economics ». (Source)

    Obviously, Mussolini and Hitler were opposed to the individualist concept of economic liberalism. They were anti-liberal to an extreme but today this is referred to as classical liberalism. This, if not labeled properly, is often called libertarianism and also fits some strains of American conservatism. It should also be noted that not only Hitler and Mussolini were against the philosophy of classical liberalism, but so was Lenin, Stalin, Mao and all the other collectivist/statist rulers of the time. With classical liberalism ousted as an option, the rivalry between two competing collectivist systems occurred in the early twentieth century. Mises pointed out that fascism “began with a split in the ranks of Marxian socialism…. Its economic program was borrowed from German non-Marxian socialism” and that “its conduct of government affairs was a replica of Lenin’s dictatorship.” Mises also argued that the philosophy of Nazism was “the purest and most consistent manifestation of the anticapitalistic and socialistic spirit of our age”The traditionalist Marxists and the Fascist’s, therefore, are rather like two baseball teams fighting for power over people with the same mindsets. Hence, like two competing teams of any game, there was a bitter rivalry back in the early 20th century and dissent would cause too much social interruption so it could not be tolerated by any of the rulers.

    To tie these systems together it should be noted that Mussolini personally set his approval and signature over a book which proclaims:
    “Fascism entirely agrees with Mr. Maynard Keynes, despite the latter’s prominent position as a [so called] Liberal. In fact, Mr. Keynes’ excellent little book, The End of Laissez-Faire (l926) might, so far as it goes, serve as a useful introduction to fascist economics. There is scarcely anything to object to in it and there is much to applaud.”and ‘ »all that (Keynesian teaching) is pure Fascist premises ». (1929), Universal Aspects of Fascism
    http://traditionalliberalism.blogspot.fr/2010/09/fascism-keynesianism-socialism.html

  5. Extrait, F Delaisi, la « Révolution européenne »:

    Q uant aux banquiers, comme ils ont en dépôt des
    sommes, sur lesquelles ils payent un intérêt à leurs
    clients, il leur fallait bien trouver à ces capitaux un
    emploi productif.
    C’est ainsi qu’ils ont, sans même se concerter, établi
    cette règ le appliquée à tous les placements américains,
    dans tous les pays. pendant cette période _:
    , 1 • faciliter les ~missions de sociétés industrielles, en
    s a ttachont de préférence a ux plus grosses, car le place~
    ment des titres est plus facile ;
    2• porter à un chiffre au moins égal les emprunts des
    administrations publiques afin de donner aux précédentes
    une clientèle nouvelle suffisante pour assurer leur déve~
    loppement ~ au moins jusqu’à ce que leurs titres soient
    « classés » dans le pub:ïc ;
    3o fa ciliter le développement dans tous les pays des
    grandes entreprises qui fou rnissent les matières premières
    ou les demi~prod uits indispensables : charbon, pétrole, fer
    et acier, coton, laine, caoutchouc et machines agricoles,
    matières grasses, etc …
    Tels furent les trois _~::rincipes qui ont régi la formidable
    expansion de crédits américains, ~ qui devait pres~
    que aussitôt déclencher la terrible crise qui dure encore.
    Dans la carence des pouvoirs publics (toute direction
    19
    imposée à l’économie au nom de J’intérêt général étant
    ex: clue), c’est le financier qui dirige.
    Naturellement. les banques ont cherché d’abord l’emploi
    des capitaux américains dans le pays même.
    Aux Etats~Unis. De 1921 à 1929. elles ont mis à la
    disposition des sociétés privées («COrporations»). $ 3.986
    millions. soJ t $ 500 millions par an en moyenne.
    Du coup. la métallurgie, la mécanique, la chimie. déjà
    si dévelop1)ées par la guerre. ont fait de nouvelles insta l~
    lations : l’automobile, au plein de son essor. a bsorbe des
    somme3 considérables.
    Puis. ce sont les industries ~extiles, et surtout le buil~
    ding, le bâtiment. qui donne du travail à toutes les corpe~
    ra tions : fer, cimen t, meubles. tapis. Pour leur procurer
    des acheteurs, $ 5.506 millions sont mis à la disposition
    des administrations publiques, non seulement par le gou~
    vernement fédéral. mais pat· les 48 Etats et les innom~
    brables municipalités.
    Et comme les classes moyennes ont de la peine à
    acheter tous les prodlJits nouveaux qu’on leur offre, on
    lance des sociétés de vente par mensualités, …- moyennant
    quoi, l’ouvrier améri~ain achète la petite maison. l’auto,
    le vélo, le phono, l’appareil ùe radio, sur le produit d’un
    salail·e qu ·il n’a pas encore gagné.
    Et les usines nouvelles tournent à plein.
    Pour leur donner les matières premières indispensa~
    bles, on fore des puits de pétrole. on ouvre des mines de
    cuivre, de fer ; on organise de puissantes sociétés de cré~
    dit agricole pour d évelopper la culture du blé. du coton,
    des fruits, etc.
    20
    Les agriculteurs ont peur de ne pouvoir suffire à la
    demande.
    Grâc~ à cet afflux de dollars, en 8 ans ( 1921-29). la
    production du coton élugmente aux E tats-Unis de 31 %.
    la laine de 27 %.
    le sucre de betterave de 57 %.
    Les industries de base vont plus vite encore :
    fer et acier : 30 %,
    coton fil: 35 %.
    papier: 35 %.
    pétrole brut: 22 %,
    pétrole ra ffiné : 68 %.
    Tout cela est assurément magnifiqu e.
    . Et pourtant, ce total impressionnant de $ 8.593 milh.
    ons ne rep~ésente gue 48 % de J’ensemble des émisSlons
    sou~c~·ltes sur le mnrché nméricain. Ainsi, malgré
    so~ magntflque développement économique, le pays n’a
    meme pas ~u absorber la moitié des capitaux offerts sur
    s.on marche. Bien plus, si l’on déduit du total ($ 17 mil –
    lwrcls 959 _m illions) • les c np1’t a ux m· vest1. s par les étran~
    gers ( $ 4 .tOO millions) • on voit gue l’Oncle Sam ,
    u tT · h · • n a pu 1 JSer c ez hu que les deux tiet·s à peine de sa r
    ~~~ p~
    Les banquiers américa ins ont donc été contraints, pour
    procu~er u_n revenu à l’énorme masse de capitaux qui
    affluaient a leurs guichets, de leur chercher des pl
    t • )’ · acemen
    s a etranger. E t c’est ainsi que Wail Street est
    devenu . le plus gr.a nd marché des C » » ‘pt’ t aux cl e 1′ unt.v ers.
    011 s adresse d abord aux pays voisins.
    21

  6. Momo dit :

    Donc, si l’on vous suit bien, conclusion en quelques mots: dans un système de libéralisme économique surabondance de capitaux (épargne des agents économiques) en quête de placements promet , à court terme,crise économique catastrophique. N’est-on donc pas encore entrain de prolonger ou aggraver celle qui sévit depuis 2008 avec ces fameux « quantitative easings » ?
    Trouvez et faites adopter des remèdes de toute urgence afin que nous n’en sortions pas par la guerre comme en 1939 !!
    Prions en atte ndant !

    • zorba44 dit :

      Inutile de brûler des cierges… On est descendu trop bas …la planète n’en peut mais (Fukushima et Pacifique Nord)… La guerre nous l’avons en raison des politiques-fléau que nous subissons de personnages mafieux et malsains qui n’ont pour compétence que celle de leurs intérêts à courte-vue.

      Jean LENOIR

    • On ne peut que constater la très étrange similitude entre l’exubérance financière des années vingt et celle des années 2000 qui ont conduit toutes les deux à une dépression économique d’autant plus profonde que l’afflux de liquidités laissaient croire dans les deux cas à une prospérité sans fin remplacée brusquement par une austérité qui n’en finit pas. A la dépression économique succède la guerre des monnaies puis la guerre tout court qui reste encore le meilleur moyen de détruire la capacité excédentaire de production et de rebattre les cartes de la répartition des actifs au détriment du vaincu. Ici le cocu semble migrer des Etats-Unis vers la Chine qui commence à se demander si elle ne va pas être grugée par une nouvelle répartition des actifs mondiaux que les Etats-Unis essaient de rapatrier chez eux et leurs voisins asiatiques regroupés dans les accords du TPP qui aura pour effet de placer les marchés sous le contrôle des normes US et de faire jouer le moins disant salarial au détriment de la Chine qui ne fait partie des signataires du Trans Pacific Partnership. On comprend ainsi le regain de tension en mer de Chine avec une agressivité chinoise motivée par le souci de ne pas perdre la face dans une confrontation économique dont elle n’est pas sûre de sortir gagnante, étant donné toutes les fragilités accumulées à cause d’un système de développement malsain dont elle découvre les menaces en termes de fragilisation d’un pouvoir rongé par la corruption et la révolte des masses des chômeurs délocalisés privés de perspective de retour à la terre.La relève du marché intérieur chinois reste un pari risqué pour un pouvoir centralisé à l’extrême qui va devoir affronter le dégonflement de la bulle spéculative sur les crédits dans l’immobilier et les infrastructures.

  7. brunoarf dit :

    Décidément, l’Allemagne est en train de construire une Europe allemande.

    Lisez cet article :

    Europe : austérité, acte III en vue !

    Berlin va proposer des « contrats de compétitivité et de croissance ». Une façon de modeler encore l’Europe à l’image de l’Allemagne.

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20131217trib000801475/europe-austerite-acte-iii-en-vue-.html

  8. Le problème est que l’Allemagne loin de donner le bon exemple en matière de maîtrise des dépenses publiques, alors qu’elle se lance dans des programmes sans précédent de relance par la consommation alimentée par l’accroissement considérable des dépenses budgétaires. On reste donc dans le faux semblant libéral cachant des politiques socialistes caractérisées par la transformation de la création de richesse privée marginale en dépenses publiques grâce à l’effet de levier de l’émission de monnaie dette collatéralisée par l’impôt, au profit de l’Etat et des conglomérats privés associés aux programmes d’investissement étatiques, dont ni la rationalité économique ni la bienfaisance sociale ne sont prouvées. Il est bien connu que l’émission de monnaie dette s’effectue au détriment des éléments les plus vertueux de la société civile en encourageant les comportements déviants anti-économiques qui sont subventionnés par la dépense publique (cf. les aberrations dans les domaines de la politique sociale et de la santé notamment). Enfin tout cela aura une fin, que l’on espère heureuse, pour celui qui n’a pas oublié les leçons de justice divine, même tardives, inscrites dans le Bible qui reste toujours une référence en matière de Sagesse éternelle.

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