Ph. Béchade : « On est toujours dans l’irréalité la plus totale »

(Philippe Béchade vs Serge Négrier, BFM Business, 8 janvier 2014)

« On est dans un système déflationniste (…) La France est en récession et elle est en déflation, c’est la double peine (…) La déflation, c’est très facile à faire apparaître statistiquement : Regardez aujourd’hui les salaires à l’embauche. Et ce n’est que le début du processus, ça va empirer (…) L’Espagne, l’Italie donnent l’exemple. Les salaires à l’embauche ont baissé de 20% en 5 ans. La France va forcément s’aligner. Ou alors, s’il n’y a pas d’alignement par le bas, il y aura moins d’embauche, c’est tout (…) Tout n’est qu’artifice (…) On paie 18 fois les bénéfices… et pourquoi pas 20 ? ou même 40 ? ».

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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8 commentaires pour Ph. Béchade : « On est toujours dans l’irréalité la plus totale »

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  2. Même les opérations de titrisation des crédits immobiliers sont reparties comme aux meilleures années des subprimes, avec un peu d’exotisme en plus, puisque cette fois-ci ce ne sont plus des subprimes qui sont titrisés par « paquets amalgamés » (credit packages), mais des crédits aux abris pour SDF ou des data center. Normal: il faut répondre à des demandes d’investisseurs dont l’appétit pour le risque dépend plus de leurs estimations des performances futures des acheteurs de crédit immobilier que de leurs mauvais résultats relatifs présents :-):

    http://www.ft.com/intl/cms/s/0/a7ed435c-7ae8-11e3-80ff-00144feabdc0.html?siteedition=intl#axzz2qIKuWxYN

  3. On remarquera le sophisme primaire du « Négrier » consistant à justifier la déflation comme une étape normale du rétablissement du système bancaire, alors que la déflation est caractérisée par l’élimination des mauvaises dettes passant par la faillite des porteurs de ces dettes et non leur maintien en survie artificielle par les banques centrales, comme c’est le cas actuellement. La politique de nos gouvernants qui privilégie le sauvetage des banques par rapport à celui de l’économie réelle a pour effet de maintenir en vie ceux qui créent de la fausse valeur par la création de monnaie électronique sur les marchés issue des opérations de la valorisation d’actifs financiers sous-jacents aux actifs bancaires et non et d’asphyxier les créateurs de vraie valeur économique qui supporte le poids du remboursement marginal de la dette bancaire dont la persistance se traduit par une compression des moyens de financement à l’économie réelle et donc une pression continue à la baisse des salaires. Autrement dit pendant que le banquier et le rentier qui vivent de la dette publique financée par les banques continuent à s’enrichir, ceux qui vivent de leur travail productif s’appauvrissent, ce qui est exactement l’inverse d’une politique déflationniste consistant à laisser disparaître les acteurs surendettés de l’économie pour permettre la reconstitution du capital productif sur de meilleures bases financières, c’est-à-dire-libérées de l’endettement bancaire parce que répondant à une demande solvable passant par l’augmentation des salaires alimentée par une offre financée par du capital equity issu de la valeur ajoutée productive et non de l’hypothéque de cette valeur par l’origination de crédit bancaire.

    • Entièrement d’accord. On est là au coeur du problème. La purge nécessaire (quoi qu’il en coûte) n’a jamais été entreprise et cette fuite en avant dans le sauvetage des acteurs faillis aux dépens des acteurs sains montre bien à quel point les intérêts du secteur bancaire et financier l’emportent sur toute autre considération. Et ne laisse aucun doute sur la trahison des politiques.

      • zorba44 dit :

        Oui Olivier, c’est bien cela. Le gouvernement mange dans la main des banquiers et c’est bien là que se trouve le couac : on ne coupe pas la main qui vous nourrit. Nous savons tous qu’il faudra passer par une amputation mais qu’entretemps c’est toute la société qui en souffre.
        Quand Hollande clame dans les minutes passées qu’il prend des risques, mais c’est une bouffonnerie… C’est le citoyen qui supporte les conséquences de cette pantalonnade qui consiste à le dépouiller au profit d’un système mis en place, avec la complicité des dirigeants politiques soudoyés (au moins intellectuellement), par les banksters.

        Jean LENOIR

  4. Les analystes Socgen sont aussi inénarrables dans le genre « je mets le doigt dans l’oeil »:

    Albert Edwards says the ECB is complacent on periphery deflation risks and that Japan could spread deflation to the EU and US via QE.
    Back in August he said an almighty crash was coming that would see the S&P hit 450 and gold $10,000. He did also say at the beginning of 2013 that European stock prices we’re a “lifetime opportunity” to buy on the cheap.

  5. brunoarf dit :

    Aujourd’hui, en Europe, il n’y a plus aucune locomotive.

    Aujourd’hui, même la soi-disant « locomotive » allemande est en train de s’arrêter.

    Mercredi 15 janvier 2014 :

    Allemagne : tirée par la consommation, la croissance a été de 0,4 % en 2013.

    Selon les premières estimations de Destatis, le PIB allemand a cru de 0,4 % l’an dernier. Son plus faible niveau depuis 2009.

    L’Allemagne a connu l’an dernier une croissance très faible de 0,4 %. C’est ce qu’a annoncé ce matin Destatis, l’office fédéral des statistiques, qui communiquait ce mercredi matin ses premières estimations pour le PIB 2013. Si l’on exclut la forte récession de 2009 (-5,9 %), c’est le plus faible taux de croissance du pays depuis 2003. En 2012, la croissance allemande avait atteint 0,7 %.

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20140115trib000809600/allemagne-tiree-par-la-consommation-la-croissance-a-ete-de-04-en-2013.html

    Evolution du PIB de l’Allemagne :

    2009 : le PIB baisse de 5,9 %.
    2010 : le PIB augmente de 4,2 %.
    2011 : le PIB augmente de 3 %.
    2012 : le PIB augmente de 0,7 %.
    2013 : le PIB augmente de 0,4 %.

    • Ceci entraîne cela: les apprentis sorciers de la création monétaire à outrance et de la croissance à tous crins ne savent plus comment faire renter le diable de la liquidité dans sa boite sans provoquer une récession destructrice à tout point de vue, notamment pour le maintien au pouvoir d’un parti communiste chinois de plus en plus mal supporté par sa population, malgré le luxe des technologies de surveillance déployées pour la maintenir sous la botte du régime:

      Meanwhile, the People’s Bank of China is also striving to squeeze liquidity out of the banking system, allowing money rates to rise. So far its results have been mixed. True, rates are significantly higher today than they were in the first half of 2013. But the central bank is discovering just how difficult it is to tighten monetary policy without creating a market panic. Last year, on two separate occasions – one in June, the other in December – a spike in the interbank lending market forced the monetary authorities to inject liquidity in order to ease the crunch.
      http://www.ft.com/intl/cms/s/0/3a5de202-7ddf-11e3-b409-00144feabdc0.html?siteedition=intl#axzz2qDO2rXHn

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