Pour les Français, « ras-le-bol » est le mot de l’année 2013

impots(Le Figaro) – L’Institut Médiascopie et Kantar Media ont demandé aux Français de se prononcer sur les mots de l’année.

«Ras-le-bol». Pour les Français, c’est le mot de l’année. La hausse des impôts, la multiplication des taxes, le sentiment que la France s’enfonce dans la crise avec peu d’espoir d’en sortir indemne, et une impatience grandissante des Français vis-à-vis de leurs élus ; autant de motifs de récrimination que l’Institut Médiascopie et Kantar Media ont détectés en demandant aux Français de se prononcer sur les mots de l’année, en notant sur 10 chaque item selon qu’ils les ont plus moins aimés en 2013, et s’ils pensent qu’ils seront plus ou moins présents en 2014. A titre de comparaison, l’an passé, «la France des illusions perdues» s’était imposé comme mots de l’année.

«En 2013, écrivent les auteurs de l’étude, les niveaux d’exposition médiatique des sujets d’actualité sont en baisse et les médias semblent plus mesurés dans le poids donné à certaines informations. Las des années de crise, profondément déçus par un changement de majorité qui n’aura rien résolu, furieux contre les inégalités d’un monde qui semble plus que jamais permettre aux « puissants » de s’accaparer les richesses, les Français ne cachent plus leur “ras-le-bol”, qui s’exprime», au travers de l’étude de Médiascopie. Selon Denis Muzet, son directeur, ce «ras-le-bol» peut être analysé à l’aune de cinq critères: l’agenda des Français, qui s’est replié sur les questions nationales ; le climat délétère des affaires et des tricheurs ; l’impopularité record de ­François Hollande ; la montée du Front national et, enfin, les manifestations et les mobilisations de la fin d’année 2013. «Face à une crise qui n’en finit pas, l’espoir de changement issu de la présiden­tielle est largement déçu, écrit Denis ­Muzet. Les mauvaises nouvelles s’accumulent sur les épaules du chef de l’État, tandis que les réformes engagées n’ont pas réussi à convaincre». Les affaires n’ont fait qu’entretenir les Français dans leur sentiment d’exaspération.

Le «ras-le-bol fiscal» a atteint des sommets, avec une note de 6,5/10 en 2013, et qui devrait perdurer selon les Français en 2014 avec une note de 7,6. L’expression fait donc presque l’unanimité. «Le ressentiment des Français est vif. Pour couronner le tout, les avancées – puis reculades – sur les divers projets de taxes ont semé la confusion, tandis que la taxe à 75 % sur les hauts revenus, mesure emblématique du candidat Hollande, très appréciée l’an dernier, a vu son effet médiatique estompé par son retoquage par le Conseil constitutionnel fin 2012 et les hostilités du milieu footballistique». Et comme le fait remarquer l’Institut Médiascopie, «la grande remise à plat fiscale annoncée par Jean-Marc Ayrault pour 2015 ne génère pas un grand enthousiasme, avec seulement 4,7/10.»

L’affaire Cahuzac est celle qui a le plus marqué les esprits

L’affaire Cahuzac est celle qui a le plus marqué les esprits et «terni l’image d’un gouvernement qui se voulait exemplaire», en n’obtenant qu’une note de 3/10. Les électeurs les plus à gauche sont encore plus sévères avec Cahuzac en notant 2,4 l’affaire qui porte son nom. La mise en avant de cette affaire par l’Institut Médiascopie est confirmée par Kantar Media et son «unité de bruit médiatique» (UBM) qui mesure l’impact médiatique d’un événement. À titre de comparaison, l’affaire Cahuzac a obtenu un pic de 2 226 UBM le 3 avril 2013 contre 727 UBM pour l’expulsion de Leonarda le 17 octobre. Le FN pourrait, selon les Français interrogés par Médiascopie, tirer en partie profit de ce «ras-le-bol», non parce qu’il suscite l’enthousiasme, mais plutôt «une émotion forte», aversion ou engouement… »

Le Figaro.fr, le 13 janvier 2014

Lire aussi : La guerre civile froide ? (Jacques Sapir)

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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11 commentaires pour Pour les Français, « ras-le-bol » est le mot de l’année 2013

  1. Bonnal dit :

    De la désillusion de 2012 au ras-le-bol de 2013…. En effet, on approche à grands pas de la guerre civile « chaude » en 2014 !

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  5. Olivier dit :

    Ou quenelle ! Une journaliste Américaine la perçoit comme signifiant « on en à marre ».

  6. Cependant il est pour l’établissement anglais tout entier
    un péril bien autrement imminent, inévitable surtout.
    L’Angleterre, en tuant le travail chez tous les peuples, pour faire
    de ceux-ci des consommateurs, c’est-à-dire des tributaires de
    son industrie, a tué la richesse de ces peuples. Elle a tari
    conséquemment les sources de la consommation elle-même,
    d’où cette conséquence, qu’il faut qu’elle périsse de faim tôt ou
    tard, au milieu de ses monceaux de richesses manufacturées. Et
    le jour de l’événement n’est pas loin, car tous les progrès de la
    science mécanique, toutes les alliances douanières nous en
    rapprochent. Et ce jour-là sera l’ère de l’affranchissement des
    travailleurs et des esclaves dans tous les pays du monde, et les
    prolétaires des deux côtés de la Manche se tendront une main
    dé[73]sormais amie et fraternelle, et le souvenir des vieilles
    discordes des deux, peuples s’éteindra dans la joie de
    l’émancipation commune : voilà pourquoi j’appelle ce jour-là de
    tous mes voeux.

    Toussenel (1886)

  7. THEOPT NEWZE dit :

    Ras le bol …ras le bol
    Ras la touffe
    Les politiques comme des hydres partout… mais sans actes sur le réel …veaux d’or inutiles …prédateurs infinis
    En finir, en finir, en finir…

    • yvan dit :

      Bonjour.
      Si … « mais sans actes sur le réel » que ça : »prédateurs infinis »..??
      Les politiques actuels ne sont que les pantins des vrais puissants qui les dirigent.

      Il a existé, jadis, de grands politiques. Rares et souvent décriés par les puissances de l’argent actuelles.
      Roosevelt, pour n’en citer qu’un.

  8. peps dit :

    The Fall of France

    « It’s a stretch, but what is happening today in France is being compared to the revocation of 1685. In that year, Louis XIV, the Sun King who built the Palace of Versailles, revoked the Edict of Nantes, which had protected French Protestants – the Huguenots. Trying to unite his kingdom by a common religion, the king closed churches and persecuted the Huguenots. As a result, nearly 700,000 of them fled France, seeking asylum in England, Sweden, Switzerland, South Africa and other countries.

    The Huguenots, nearly a million strong before 1685, were thought of as the worker bees of France. They left without money, but took with them their many and various skills. They left France with a noticeable brain drain.  »

    http://www.newsweek.com/fall-france-225368

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