« Les élites françaises ont honte de la France » (M.-F. Bechtel)

Le phénomène n’est pas nouveau, De Gaulle le déplorait déjà. Il explique largement la fuite en avant dans un fédéralisme européen mortifère pour les libertés et la souveraineté du peuple français. On aurait aimé une analyse un peu plus poussée sur le rôle des institutions et des lobbies mondialistes qui détiennent le vrai pouvoir dans notre pays. Mais venant d’une représentante ô combien éminente du système oligarchique, un discours aussi décapant ne peut qu’être salué. OD

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« L’ancienne directrice de l’ENA, députée de l’Aisne apparentée au groupe socialiste, livre ici un regard très critique sur le rapport des classes dirigeantes françaises à notre nation. De sa fréquentation des politiques à celle des élèves des grandes écoles, Marie-Françoise Bechtel a rapporté de nombreuses anecdotes édifiantes ».

Marianne : Vous venez d’affirmer dans un entretien publié dans l’Expansion que «la spécificité française tient surtout à la détestation des élites envers la nation». Pouvez-vous préciser cette pensée et la justifier par quelques exemples ?

Marie-Françoise Bechtel : C’est une idée qui me poursuit depuis assez longtemps. Je me souviens l’avoir soutenue pour la première fois dans un entretien accordé à Joseph Macé-Scaron dans le Figaro fin 2000. Je lui avais dit que j’étais très frappée de voir à quel point les élites britanniques étaient fières de leur nation. Aujourd’hui, pour moi, c’est plus que jamais un constat absolu et évident. Les élites françaises ont honte de la France, ce qui n’empêche qu’elles peuvent avoir un comportement extrêmement arrogant, même si cela peut paraître paradoxal. Je cite souvent l’exemple de Jean-Marie Messier. Ce pur produit des élites françaises avait qualifié les Etats-Unis de «vraie patrie des hommes d’affaires», et ce, juste avant de s’y installer. Ici, le propos est chimiquement pur. Toutes les élites ne sont pas aussi claires, mais beaucoup n’en pensent pas moins.

Ça ne fait qu’un exemple !

M.-F.B. : Je peux vous en trouver des dizaines. Prenons celui des grands patrons dont les groupes investissent à l’étranger et qui se soustraient au versement de leurs impôts en France. Vous ne pouvez pas dire que ce sont des comportements patriotiques… Total ne paie quasiment pas d’impôts en France. Bien sûr, à l’étranger, nombreux sont les groupes qui ont les mêmes comportements, mais ils savent être présents quand leur pays a besoin d’eux. Regardez aussi la façon dont on traite les commémorations de la guerre de 1914-1918 : les élites, dont le PS, incriminent les nations. On oublie que les peuples ne voulaient pas la guerre, et que c’est le déni de la nation qui nous entraîne aujourd’hui dans une Europe qui ne cesse de faire monter l’extrême droite. Autre exemple qui m’a été raconté de première main et qui illustre ce mélange de déni et d’arrogance. Dans les négociations européennes de 1997 à 1999, en vue de la conclusion du traité de Nice, Pierre Moscovici, alors ministre délégué aux Affaires européennes, avait traité les petits pays avec une morgue incroyable, coupant la parole aux uns, leur demandant d’abréger leur discours, exigeant que le représentant de la Belgique se taise. C’est ce même Pierre Moscovici, toute son action le démontre, qui est persuadé que la nation française a disparu, que nous sommes devenus une région de la grande nébuleuse libérale et atlantisée.

Face à ça, dans cette période de crise, en France, le peuple se replie sur la nation, et comme on lui interdit d’être fier de son pays, qu’à longueur d’émission de télévision on lui explique que la France est une nation rance et sur le déclin, il prend le mauvais chemin, une mauvaise direction. Tous ces petits messieurs font le jeu du Front national.

Mais il est intéressant aussi de se demander quand ce mépris de la nation a commencé à se développer chez nos élites. Je pense qu’une réponse se trouve dans les écrits de Jean-Pierre Chevènement. Il a pour la première fois, me semble-t-il, abordé cette question dans la République contre les bien-pensants, dans les années 90, il l’a ensuite développée dans La France est-elle finie ? En substance, il démontre que cette haine de la France et du peuple date de l’immédiat après-guerre, et je partage cette idée. Je pense que les élites ont trahi le peuple, qu’elles se sont compromises avec le régime de Vichy et qu’elles portent sur leur dos la défaite de 1939, «l’étrange défaite». C’est à ce moment-là que tout se joue. J’ai recueilli à travers des entretiens qui vont d’ailleurs être prochainement publiés les souvenirs du dernier membre vivant du CNR, Robert Chambeiron. Il explique avec beaucoup de précision l’état des partis politiques en 1940. La situation était catastrophique ! Ils n’ont plus aucune légitimité. Robert Chambeiron raconte ce discrédit et la façon dont peu à peu les principaux partis se sont reconstitués en admettant la nécessité d’une union nationale. Il raconte le premier entretien dans une pissotière entre Daniel Mayer, qui représente la SFIO, et l’envoyé du PC. L’entrée en matière est violente. Le premier envoie à l’autre les accords Molotov-Ribbentrop, l’alliance entre Staline et Hitler. Le communiste s’offusque et lui répond : «Comment pouvez-vous nous faire la morale après Munich ?» Tout le monde s’était déballonné devant Hitler. La chance des partis, il faut bien le dire, ça a été les Etats-Unis. Les Américains se méfiaient de De Gaulle, ils voulaient s’assurer du soutien des partis et des syndicats. C’est Washington qui les a réellement remis en selle.

Après la guerre, la droite a eu une chance, c’est ce même de Gaulle. De Gaulle a racheté la droite. C’est pour cela que toute la droite s’est retrouvée gaulliste pendant de longues années. Mais cela n’a pas duré…

Si de Gaulle a racheté la droite, qui pourrait racheter la gauche ?

M.-F.B. : C’est une bonne question, celle de savoir si la gauche est rachetable. Je ne vois qu’une seule personne pour la racheter, c’est Jean-Pierre Chevènement. Pierre Mendès France y a participé à sa manière et je ne pense pas que François Mitterrand mérite tout le mal que de nombreuses personnes disent de lui. Mais je ne dirais pas qu’il a racheté la gauche parce qu’il a fait l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui.

Aucune partie de nos élites ne trouve grâce à vos yeux ?

M.-F.B. : Je n’ai aucune admiration pour la grande majorité des élites économiques, mais je pense qu’il y a des exceptions. Ainsi, par exemple, Jean-Louis Beffa, l’ancien patron de Saint-Gobain, me semble avoir encore une conscience nationale. En revanche, ce n’est pas du côté des banques qu’il faut chercher. L’épargne française est énorme, 17 % du revenu… Qu’en font-elles ? Rien, ou plutôt rien d’utile à notre pays. Quant aux élites politiques, je les fréquente au quotidien, ils sont atteints d’un double syndrome : d’une part, ce que mon ami Sami Naïr appelle le «bonisme», c’est-à-dire la bien-pensance vertueuse. D’autre part, elles sont obsédées par l’idée que la gauche manque de légitimité. Celle-ci doit donc être convenable et le montrer. A chaque fois que des ministres se font agresser par la droite, ils se défendent en disant qu’ils respectent les codes du monde libéral. Aujourd’hui, je ne vois guère qu’Arnaud Montebourg qui sorte du lot, même s’il y a quand même des ministres qui travaillent utilement, Michel Sapin par exemple.

Dans les médias aussi, c’est un peu la Berezina. Le mot «nation» hérisse. Libération reste le journal du courant «libéral-libertaire», même si on y trouve encore quelques pépites ici et là. Le Monde ne cesse de me décevoir, cela remonte déjà à assez loin et c’est encore plus vrai ces derniers temps, il ne reste plus grand-chose de ce grand journal. Le Figaro ? Il est devenu l’organe officiel de la mise en accusation de la gauche au pouvoir et à peu près rien de plus.

Et les hauts fonctionnaires ? En tant qu’ancienne directrice de l’ENA et en tant que conseillère d’Etat, vous en avez beaucoup côtoyé…

M.-F.B. : Généralement, ils partagent l’idéal européiste angélique et vertueux. Ils ont tous appris que «l’Europe est notre avenir». Sur ce sujet, leur esprit critique est assez peu développé. Ils pensent tous que la France est une affaire dépassée.

Mais il faut se méfier des amalgames. Dans cet univers, il y a d’abord et surtout Bercy. Le gros morceau, c’est le couple Trésor-Budget. C’est là où tout se joue, tout se décide. C’est impressionnant, le pouvoir qu’ils ont, et je pèse mes mots. Laisser faire Bercy, c’est une grave erreur. D’abord, ces messieurs se méfient des politiques. Ils font bloc. J’ai été membre de la mission d’enquête sur l’affaire Cahuzac, eh bien, nous n’avons rien obtenu des directeurs ou responsables de ces deux administrations. Rien. Aucune réponse ! Blanc ! C’était impressionnant. Mais il y a en même temps des différences entre les deux. Les gens du Trésor sont toute la journée dans l’avion, un jour à Singapour, le lendemain à New York, pour placer l’argent public. Ils pensent en anglais. Au bout d’un certain temps, ils ne connaissent plus la France, c’est juste leur employeur. L’autre administration de Bercy qui compte, c’est le Budget, et cette direction serait plutôt gangrenée par l’idéologie allemande, si j’ose dire. Elle est devenue obsédée par l’équilibre budgétaire.

En dehors de ces deux administrations, certaines se tiennent encore bien. Je pense d’abord à mon corps d’origine, le Conseil d’Etat. La plus haute juridiction administrative française a longtemps résisté aux dérives européennes.

Même si c’est fini aujourd’hui, et je le déplore, elle reste une instance irremplaçable de conseil. Je pense ensuite à la préfectorale. Le corps des préfets me semble être une institution qui résiste. Elle le fait d’abord parce qu’elle est un corps qui représente l’Etat et non les féodalités régionales. Ces hauts fonctionnaires sont en contact avec la diversité des problèmes, ils vivent en province, rencontrent quotidiennement les Français. Il y a aussi l’armée. Lorsque j’étais directrice de l’ENA, j’ai rencontré régulièrement les dirigeants de Polytechnique ou de Saint-Cyr. L’armée a fait un très gros effort pour s’ouvrir à la nation, après la malheureuse suspension du service national par Jacques Chirac.

Mais vous avez une responsabilité dans cette histoire puisque vous avez sélectionné les élites et vous les avez formées lorsque vous étiez à l’ENA !

M.-F.B. : Il y a deux choses que je dois d’abord préciser. En tant que directeur de l’ENA, vous ne formez personne, ce sont les grandes administrations qui désignent les enseignants dans l’école. En revanche, c’est moi qui proposais au ministre les membres du jury, et j’avais d’ailleurs à l’époque choisi un journaliste de Marianne. Notre regretté Philippe Cohen avait ainsi participé à la sélection des futurs hauts fonctionnaires. Le deuxième élément que le grand public ignore souvent, c’est que l’ENA fonctionne comme une école d’application de Sciences-Po. Car, ne nous trompons pas, c’est Sciences-Po, la grande école. C’est là que les étudiants sont formés, voire déformés. Or Sciences-Po est devenue «l’école du marché», selon les termes mêmes de Richard Descoings, qui a reformaté cette école. Cet homme, à la fois très intelligent et très dangereux, était persuadé que le marché était la loi et que la loi était le marché. Il n’avait d’ailleurs pas vu venir la crise. Mais il a légué à cette école un formatage sans précédent. La victoire du marché se mesure aussi parce qu’il y a de plus en plus d’élèves d’écoles de commerce, notamment de HEC, qui entrent à l’ENA, tout ce petit monde jurant, la main sur la poitrine, que depuis sa plus tendre enfance il rêve de servir l’Etat. La conséquence est dramatique, ils récitent des discours appris. Je me souviens que de nombreux membres du jury m’ont dit que ces étudiants étaient tellement formatés que c’était difficile, voire impossible de les choisir, et encore moins de les classer. Et quand ils sont choisis, je me suis aperçue que je ne pouvais plus grand-chose pour des gens aussi – comment dire ? – fermés sur des certitudes, aggravées par le manque de culture.

D’où peut venir l’espoir ?

M.-F.B. : Je suis d’un tempérament optimiste. Regardez les Allemands. Il y a un renouveau de la langue et, au-delà, de la fierté allemande. Il y a dix ans, douze ans, j’avais été invitée à un colloque sur un thème tout particulièrement intéressant aujourd’hui : l’Allemagne a-t-elle le droit d’avoir sa propre élite ? L’Allemagne était à ce moment-là dans un trou, elle n’allait pas très bien. Il y avait là un conseiller de Gerhard Schröder qui était un peu sa tête pensante, un homme très connu à l’époque, je lui ai fait remarquer ma surprise de voir des Allemands qui parlaient en anglais de l’avenir des élites allemandes. Cela me paraissait très paradoxal. Eh bien, ce jour-là, nos hôtes me faisaient part de leur envie : «Vous vous rendez compte, dès que vous avez une réunion publique, politique, vous avez la Révolution française derrière vous, cela vous porte, et nous n’avons pas d’équivalent. Pis, se référer au passé est difficile.»

Je pense aussi que nous avons des bases solides. Nous sommes un très grand pays. Nous sommes encore la sixième puissance mondiale. Nous sommes encore une grande puissance économique, une grande puissance exportatrice, malgré notre déficit commercial. Je pense que tout cela est très mal enseigné. On devrait apprendre à nos élites le respect de cette histoire, de cette nation, et on leur apprend l’arrogance et la morgue.

Troisième élément, et non des moindres : je ne sais pas si c’est la nation ou l’Etat qui résiste, mais quelque chose en nous résiste. Nos bases, jusqu’à un certain point, restent solides.

Pour conclure, avec de tels propos, ne craignez-vous pas de rejoindre les intellectuels et politiques qui ont été qualifiés de «néocons» par l’hebdomadaire le Point ? Méfiez-vous, vous vous retrouvez en compagnie de Marine Le Pen…

M.-F.B. : Oublions le ridicule inventaire du Point. Je pense que, si l’on avait davantage écouté Jean-Pierre Chevènement, mieux, si on l’avait élu en 2002, on verrait aujourd’hui ce qu’est la différence entre une conception ouverte, généreuse et patriotique de la nation et le repli frileux, pour ne pas dire infantile, sur des valeurs régressives. Le problème aujourd’hui est de faire comprendre aux Français que la nation bien comprise est source de modernité, non de repliement : mais comment le leur faire comprendre alors que, à gauche comme à droite, l’Europe telle qu’elle dérive est devenue «la grande illusion» ?

Marianne.net, le 19 janvier 2014 (Propos recueillis par Bertrand Rothé)

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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35 commentaires pour « Les élites françaises ont honte de la France » (M.-F. Bechtel)

  1. OOPS dit :

    Nous sommes un très grand pays. Nous sommes encore la sixième puissance mondiale. Nous sommes encore une grande puissance économique, une grande puissance exportatrice, malgré notre déficit commercial.

    Peut-être justement faudrait-il arrêter de raisonner en termes de rapport de forces entre les nations qui rivaliseraient entre elles pour étendre leur puissance dans le monde. Cette dame semble ignorer l’influence philosophique allemande sur le monde moderne, notamment les philosophes du matérialisme historique et de la volonté de puissance qui ont inspiré et inspire encore le monde actuel dirigés par des structuralistes utilitaristes qui ne savent raisonner qu’en termes de puissances qu’il faudrait intégrer le plus possible afin d’éviter la destruction mutuelle. Moyennant quoi les conflits de tous ordre n’ont jamais été aussi nombreux dans le monde, ce qui serait déjà suffisant pour démontrer l’échec complet des valeurs humanistes laïques propagées par la technostructure dans le monde entier pour édifier une civilisation globale. L’héritage intellectuel des Lumières repris par les philosophes allemands qui ont édifié cette conception particulière de l’Histoire fondé sur le Progrès continue vers un Humanité perfectible réconciliée avec elle-même débouche sur un désastre complet, à cause de son incapacité à trouver une réponse au problème du mal qui continue à exercer ses ravages dans les intelligences et les coeurs quelles que soient les tentatives pour perfectionner et moraliser le Nouvel Ordre Mondial qui sombre dans la tyrannie absolue à mesure qu’il prétend devenir plus vertueux.

    • zorba44 dit :

      Oui mais à force de descendre l’échelle… on se rapproche du bas tandis que c’est vers le haut qu’il faut regarder.
      Quant aux forces du mal que vous citez justement, elles n’ont pas plus d’intelligence que la batte de base-ball d’Al Capone, pas plus de visions car c’est vers le mur qu’elles nous entrainent.

      Jean LENOIR

    • Trend dit :

      Sixième puissance ? Retirer tout ce qui est parastatal: EDF,France Télécom,etc…
      Etes-vous encore dans les vingt premiers ?
      Corée du Sud pays parmi les plus pauvres dans les années 60 , 10ème mondial actuellement
      Interpretons comme l’on veut, la Chine 2ème mondiale mais revenu et PNB par habitant loin dans le bas du classement

    • Faites la distinction entre l’économie (assez simple de compréhension) et la compétition économique sans optimum possible et tout deviendra claire !
      Voir : http://lois-economiques.fr/index.php

  2. OOPS dit :

    En dehors de ces deux administrations, certaines se tiennent encore bien. Je pense d’abord à mon corps d’origine, le Conseil d’Etat. La plus haute juridiction administrative française a longtemps résisté aux dérives européennes.

    Mais elle ne résiste pas à un coup de téléphone de Manuel Valls quand il s’agit de prendre une décision en accéléré, à cause d’un troublion à l’ordre public qui mettrait la République en danger. Cette Dame se fout de nous dans le grand style des hauts fonctionnaires républicains, sur l’air de « c’est la faute des autres, mais certainement pas de la mienne ».

  3. OOPS dit :

    Elle a peut-être résisté aux dérives européennes, mais certainement pas à ses DIRECTIVES (dont la France a souvent eu l’initiative, comme l’idée du Marché unique de Jacques Delors).

    • Vous faisiez allusion à la décision rendue dans l’affaire Dieudonné : elle semble la déplorer comme vous…

      Sinon vous avez raison, le Conseil d’Etat est une juridiction soumise au pouvoir politique (voir par exemple les nominations au tour extérieur).

  4. Ping : "Les élites françaises ont honte de la France" (M.-F. Bechtel) - gastraudiome

  5. La Chine sera-t-elle la bulle de trop pour l’économie européenne?:

    « Everything is too big too fail, » Chovanec said. « Even the smallest trust or company is too big to fail because the consequences of any kind of default tend to have a domino effect. » Moreover, it’ll make it harder to sell the next trust or WMP because people will realize they’re assuming a lot more risk and that would make it much harder to roll over bad debt.

    When we take these waves of trust defaults, WMP defaults, the credit crunch we saw in December and back in June, and the surge in local government debt at a time when China’s economy is slowing, the picture gets a little scary.

    « People have said for some time that China’s shadow banking sector, including trust sector, are an accident waiting to happen and now it’s happening, » Chovanec said.

    Read more: http://www.businessinsider.com/wave-of-chinese-trust-defaults-coming-2014-1#ixzz2qwGpTy5l

  6. brunoarf dit :

    Olivier Demeulenaere écrit :

    « le Conseil d’Etat est une juridiction soumise au pouvoir politique »

    L’exemple le plus célèbre est l’occupation.

    Pendant l’occupation, le Conseil d’Etat s’est déshonoré en validant toutes les lois anti-juives, en étant d’une sévérité horrible envers les citoyens français juifs, etc, etc.

    Dernière chose très importante : parmi tous les membres du Conseil d’Etat, un seul avait choisi de rejoindre Londres, et TOUS LES AUTRES ONT COLLABORE.

    Le seul membre du Conseil d’Etat qui n’a pas collaboré s’appelait Pierre Tissier, maître des Requêtes au Conseil d’Etat.

    Lisez la page 94 et surtout la note en bas de page :

    « le projet de Pierre Tissier, maître des requêtes au Conseil d’Etat ayant rejoint Londres, qui souhaitait à la Libération que soit dissoute une assemblée disqualifiée par sa complicité avec l’envahisseur »

    http://www.u-picardie.fr/labo/curapp/revues/root/31/daniele_lochak1.pdf_4a07dd27e560c/daniele_lochak1.pdf

    Malheureusement, à la Libération, Charles de Gaulle n’a pas osé dissoudre le Conseil d’Etat.

    Ce genre de comité Théodule doit être supprimé.

  7. yvan dit :

    En parlant de honte, certains n’en ont AUCUNE :
    http://www.lavoixdunord.fr/economie/dexia-proche-de-la-faillite-trois-de-ses-dirigeants-ia0b0n1857485
    Peut-être que ces personnes :
    « Nommés mi-décembre au comité de direction de la banque, le directeur financier Pierre Vergnes, le responsable des risques Marc Brugière et le secrétaire général Johan Bohets ont vu leur rémunération passer de 340 000 euros à 450 000 euros »
    sortent-elles du « sérail »..??

  8. brennec dit :

    Socialiste et nationaliste? Il y a des cousinages dangereux. Comme tous les socialistes, le FN, et l’extrème gauche, cette dame met tous nos malheurs sur le libéralisme, lequel n’a jamais été au pouvoir après la libération. Le marché est accusé de tous les maux mais il n’a jamais fonctionné sans que l’état le manipule outrancièrement. Il est de bon ton d’accuser le libéralisme de la crise économique, ça évite d’avoir a se pencher sur ses propres responsabilités. Du point de vue économique le libéralisme c’est l’école autrichienne s’il y avait eu des libéraux au pouvoir, jamais l’étalon or n’aurait été abandonné, et en consquence aucun des pays occidentaux n’aurait pu s’endetter comme il l’a fait. Un code des impots de 3400 pages, la france championne du monde des normes, une régulation financière qui ne régule rien parceque l’état a besoin des banques pour placer sa dette, des grandes entreprises qui couchent avec l’état et se font faire des règlements sur mesure pour éviter la concurrence, un code du travail monstrueux générateur de chomage, des lois qui se mèlent de la vie privée des citoyens, jusque dans leur lit…etc tout cela n’a rien a voir avec le libéralisme mais tout avec l’étatisme et le social-capitalisme ou le capitalisme de copinage lequel réunit nos élites dans le mépris qu’elles ont du crétin de votant qui ne voit rien, ne comprend rien et qu’il ne faut surtout pas laisser faire. Le mépris de l’escroc vis a vis de celui qu’il dépouille. Cette dame qui se prétend socialiste se gausse de ceux qui pensent qu’on ne peut pas emprunter indéfiniment, ce n’a pas toujours été le point de vue socialiste qui avait bien compris que la dette est un impot distributif… a l’envers, du contribuable vers les plus riches. Elle dit ne pas former nos fonctionnaires, pour ma part je pense que c’est heureux. Elle se réfère a la révolution, mais il faudrait savoir laquelle, la révolution libérale de 1789, celle des droit de l’homme, ou bien la révolution étatiste de 1793, celle des droits de l’homme raccourci?

    • yvan dit :

      Bel exemple de discours de la religion de l’argent…
      Saviez-vous que Napoléon, malgré qu’il ait détesté la plèbe qui ne lui servait qu’à faire la guerre, détesta largement plus les ROTURIERS..?? Rentiers, en langage actuel.
      Ainsi, il limita le pouvoir du « préteur de deniers » car ce veau s’était déjà rendu compte du pouvoir abusif de ceux-ci.

      De même, il permit un commerce équilibré en inscrivant dans la Loi des articles qui réputèrent des clauses de contrats privés comme étant « non-inscrites ».

      Nos trente trop longues années de droitisme ainsi que le pouvoir des US ont eu pour résultat de flinguer cet équilibre afin d’obtenir une jungle commercial ET financière dans notre pays, alors que NOUS avons fonctionné largement mieux que le reste de la planète pendant 200 ans.

      Et ne venez pas pleurer bientôt pour votre cassette alors que VOUS avez la situation sous les yeux et CONNAISSEZ l’ordolibéralisme de l’ « école » de Vienne.

  9. Les élites de la Chine vont-ils avoir honte honte de la Chine? A mon avis c’est déjà fait, parce que les grandes fortunes chinoises quittent massivement la Chine pour se réinstaller aux Etats-Unis la plupart du temps (choix curieux)…

    The latest audit of Chinese government debt showed that local government debt is up to 17.9 trillion renminbi (about $2.8 trillion).

    If the market for WMPs collapses, then Chinese local governments, banks, both shadow and official, and the businesses invested in them could all go down too.

    Last Thursday Reuters reported that an official with the Industrial & Commercial Bank of China (ICBC) said the bank would not repay a 3 billion yuan ($495 million) trust product that is expected to mature on Jan. 31.

    The ICBC isn’t some back-alley shadow bank. It’s China’s largest state-owned bank. It sold this WMP to raise funds for coal-miner Shanxi Zhenfu Energy Group. However as China’s economy slows and commodity prices fall, many miners are unable to repay the debt that funds the payments on that WMP.

    http://seekingalpha.com/article/1954451-china-syndrome-the-next-global-melt-down?source=feed

    http://www.businessinsider.com/chinese-millionaires-leaving-the-country-2014-1

    • soyouZ dit :

      Go where the Chinese government is going !

      Veteran investor Jim Rogers believes the global equity market ‘party’ will come to a nasty end – but before it does, look to Chinese government spending for clues on the best investment opportunities.

      • yvan dit :

        C’est en effet globalement pour cela qu’une confrontation musclée semble obligatoire entre Chine et US…
        S’ont une prod’ de porte-avions débridée, actuellement, nos chers Asiatiques.
        (débridée, j’ai pas fait exprès…) 😉

  10. Trend dit :

    N’ayons crainte de ces communistes, leur porte avion c’est de l’occase.
    Lire l’excellente lettre de placement Gartman letter à ce sujet

  11. Geraldine dit :

    Les « zélites » de gauche se f… de la France, elles dilapident l’argent public et saccagent les biens nationaux :

    http://fr.sott.net/article/19036-Elysee-des-revelations-fracassantes

  12. Geraldine dit :

    Hervé Kempf, journaliste au Monde a écrit un bon livre en 2011 : « L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie ».

    Etienne Chouard en parle ici :

    « C’est un bon récapitulatif des turpitudes, des malhonnêtetés, de la corruption généralisée de nos prétendues élites, sous couverture (prétendument) démocratique.

    Tous les faits sont bien sourcés (c’est l’exigence d’un bon journaliste du Monde — il y en a encore quelques uns — qui veut ça) : on pourra donc puiser là de bonnes raisons de s’indigner, preuves à l’appui.

    Mais si ce n’était que ça, il ne serait pas le premier et ce ne serait pas très original. J’ai à la maison quelques autres ouvrages qui décrivent en détail (depuis des siècles) les intrigues et les outils des riches d’une l’époque pour conserver et accroître leurs privilèges : tyrannie, empire, colonisation, terreur, propagande, mensonges, traîtrises, idéologie de la propriété et du travail forcé, institutionnalisation du chômage qui rend tout le monde docile, prise de contrôle de la création monétaire, puis des partis, donc des élus, financement des fascismes et des totalitarismes (de gauche comme de droite), novlangue, storytelling, fabrique du consentement, diabolisation des opposants anti-oligarchiques significatifs, focalisation de l’opinion sur de faux ennemis (appelés « barbares » puis « terroristes », ou « extrémistes » ou « antirépublicains »), attentats sous faux drapeau, lobbying, pantouflage, corruption, guerre 1) brutale quand la révolution menace trop les riches et 2) permanente pour faire tourner les usines et pour entretenir un besoin de sécurité (techniques classiques de la maffia historique : terroriser, puis se présenter en protecteur, en échange de la docilité et du travail forcé)…

    En plus de proposer un florilège personnel — dense, court et fiable, donc utile à tous — des pires corruptions et trahisons du moment, l’originalité du livre d’Hervé Kempf est surtout de mettre UN NOM — OLIGARCHIE — sur cette corruption des pouvoirs politiques publics par des puissances économiques privées, et au passage, de nettoyer, de décaper un peu — mais pas assez à mon avis, pas jusqu’au bout, j’y reviendrai — un autre nom galvaudé, déformé, inverti — DÉMOCRATIE.  »

    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/02/08/116-l-oligarchie-ca-suffit-vive-la-democratie-mais-pas-de-democratie-sans-tirage-au-sort

    • Rien de nouveau sous le soleil cela a toujours été ainsi depuis la nuit des temps et dans toutes les civilisations.
      Il y a en réalité deux classes sociales ceux qui exploitent et ceux qui sont exploités.
      Dénoncer un fait historique connu ne sert donc à rien, ce qu’il faut c’est énoncer des règles pour cela ne puisent pas se produire….
      Etienne Chouard est bien gentil mais ces idées il les tire de la démocratie athénienne qui vivait sur une civilisation basée sur l’esclavage et infiniment moins complexe que la notre.
      Le tirage au sort de nos jours est une utopie complète…

  13. Tom dit :

    Les « zélites » ont honte de la France ?.. pas de souci : la France et les Français le leur rendent bien !!

  14. Ping : DECEMBRE 2014 |L'ELITE OLIGARCHIQUE | Pearltrees

  15. Les Juifs sont derrière ce dénigrement !

  16. Ping : Les élites françaises ont honte de la France |

  17. Ping : Elle balance fort / l’oligarchie française cette oligarque pourtant socialiste. « FNACAB

  18. Ping : Elle balance fort contre l’oligarchie française cette oligarque pourtant socialiste. |

  19. Matrax dit :

    On devrait plutôt dire que « les élites françaises FONT HONTE aux Français »…

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