Jacques Sapir : « Ce que Sartre aurait appelé des « saloperies »

jacques-sapir« Les temps sont malsains. A force de prétendre que nous sommes dans une situation comparable aux funestes « années 1930 », certains journalistes et hommes politiques sont en train de créer une atmosphère particulièrement délétère. Les insinuations, les amalgames et les mensonges tiennent lieu aujourd’hui d’arguments. On a franchi un nouveau cap avec l’article du sieur Colombani dans Direct Matin et avec les accusations proférées à mon endroit par Pierre Moscovici, Ministre de l’économie et des finances. Les deux m’apparaissent liés. On en voit l’origine : la volonté d’un pouvoir aux abois et d’une élite discréditée de sauver l’Euro à tout prix en qualifiant les adversaires de la monnaie unique d’extrémistes. C’est en soi un acte de déni de la démocratie. Mais on pourrait aussi les comparer à ce que Jean-Paul Sartre appelait des “saloperies”[5]. Rassurons les; l’histoire ne repasse pas les plats. Ce n’est pas les “années trente” qui nous attendent, mais quelque chose de nouveau. Le raisonnement dans des cadres conceptuels dépassés ne sert qu’à masquer des problèmes d’aujourd’hui, qui eux sont bien réels. L’histoire s’écrit la première fois en drame et la seconde en farce. Reste que cette farce à sa raison d’être. Au mieux le refus d’admettre ses erreurs. Au pire, des intérêts particuliers qui aujourd’hui s’opposent à celui du plus grand nombre.

Une “saloperie” écrite.

Commençons par le sieur Colombani, ci-devant ancien directeur du Monde, directeur de Slate.fr, et qui devrait savoir, pourtant, que les mots ont un sens. Il écrit donc, dans le journal gratuit Direct Matin du lundi 3 février [1] :

« Une France du rejet de l’autre – aussi bien l’immigré que l’Européen, l’Arabe ou le Juif – est en train de s’affirmer. C’est la France du repli identitaire et du refus de l’euro. »

Venant après les diverses manifestations de ces dernières semaines, ces phrases procèdent à 2 amalgames. Le premier, assez ignoble, entre des expressions de l’antisémitisme (car Juifs ET Arabes sont des sémites…) et un sentiment anti-européen. Que des personnes aient manifestées leur haine des Juifs et des Arabes est une chose. C’est stupide, c’est immonde, mais c’est. Et nous savons que ces gens ne sont qu’une petite minorité. Mais, associer dans la même phrase un mouvement anti-Union Européenne et ces illuminés est un amalgame qui non seulement est ignoble, on l’a dit, mais de plus parfaitement irresponsable. Le sieur Colombani sait parfaitement, on n’occupe pas les responsabilités qui furent les siennes sans y acquérir quelques rudiments de sociologie, que cet amalgame entre deux mouvements parfaitement différents dont le but est de discréditer le mouvement anti-UE, va aboutir à légitimer la folie des antisémites de tout poil. Notons, d’ailleurs, qu’il y a un amalgame au sein de l’amalgame : c’est de traiter d’anti-Européens des gens qui contestent l’Union Européenne. Et je signale au sieur Colombani qu’un récent sondage réalisé aux Pays-Bas montre que 55% des personnes interrogées sont partisans d’un retrait de l’UE[2]. Or, l’Union Européenne n’est pas l’Europe. Une partie des pays européens ne sont pas dans l’UE, et l’on ne confond pas une réalité géographique avec une institution.

Le second amalgame est clairement insultant et encore plus ignoble que le premier. C’est l’assimilation du rejet de l’Euro (qui progresse à l’évidence dans notre pays et chez nos voisins[3]) aux groupuscules identitaires. Je signale au sieur Colombani que certains groupuscules de cette mouvance sont de plus favorables à l’Euro. Mais, ici encore, c’est bien la volonté de diffamer, de nuire, qui se manifeste. Il faut à tout prix montrer que seuls les « extrêmes » s’opposent à l’Euro. Alors, nous avons plus d’un tiers des Français qui sont extrémistes. Est-ce à cela que vous voulez aboutir sieur Colombani ? Non seulement vos propos sont ignobles et insultants, mais ils sont surtout parfaitement et profondément irresponsables. En fait, les positions anti-Euro rassemblent largement, à droite comme à gauche. L’appel du European Solidarity Manifesto prouve, s’il en était besoin, que cette opposition vient de tous les milieux, et que des économistes parfaitement connus et ayant exercé des responsabilités importantes les soutiennent[4]. Mais, l’ignoble est un registre qui n’est hélas pas étranger au sieur Colombani. Il avait tenu des propos similaires lors du référendum de 2005 sur le projet de traité constitutionnel. Quelle que soit la manière dont on les entend, ils peuvent constituer une “saloperie” au sens où l’entendait Jean-Paul Sartre.

Ce genre de propos n’est d’ailleurs pas nouveau. Fin novembre 2013 on y avait été déjà confronté avec le dossier du Point, reprenant des affirmations fausses et diffamatoires, et dont il fut rendu compte dans la note « La Littérature à l’estomac »[6].

Les dits de Pierre Moscovici.

Il se fait, par le plus grand des hasards, qu’il y eût ce même lundi 3 février débat sur France 2 entre Pierre Moscovici et Marine le Pen. Or, à cette occasion, Pierre Moscovici a dit que j’étais un économiste d’extrême droite. Notons, tout d’abord, que la formule n’a pas de sens. Un économiste peut être classé parmi les différentes écoles de la pensée économique. On peut dire qu’il est « néo-classique », « hayekien », « keynésien », « néo-keynésien », « post-keynésien », « monétariste », « marxiste » ou, en France en particulier, « régulationniste », et j’en oublie certainement. Il s’agit de qualifier l’origine de sa pensée, en se référant aux textes qu’il utilise et qu’il produit. Mais, parler d’un économiste d’extrême droite ou d’extrême gauche n’a tout simplement pas de sens. C’est confondre la position du citoyen avec celle de l’économiste. On ne peut qualifier quelqu’un qu’en référence à ses propos, à l’oral ou à l’écrit. Or, je mets au défi Moscovici et consorts de trouver dans mes écrits et mes paroles quoi que ce soit qui fasse l’apologie d’idées d’extrême droite. Quand on se permet d’accuser, on prouve, ou on se tait! Et, de plus, je le renvoie à la brève note qu j’ai publiée sur ce sujet[7]. Mais, Pierre Moscovici ne se contente pas d’être, au regard des résultats qu’il obtient, ce que certains pourraient considérer comme un déplorable Ministre des Finances[8], Il me connaît personnellement. Il a donc menti en pleine connaissance de cause. Il faut alors se demander pourquoi.

La réponse pour moi est claire : ce sont mes positions sur l’Euro, positions que je tiens publiquement depuis 2006, qui sont la cause de ce gros mensonge. Comme les positions anti-Euro sont en train de progresser dans la société française, à l’instar du sieur Colombani, on sort la grosse artillerie. C’est donc l’air de la calomnie qui nous est chanté sur tous les tons.

Joseph Goebbels, de sinistre mémoire, disait déjà qu’il voulait jouer sur l’émotion et non la raison. Peu importe donc les arguments que j’ai pu avancer, arguments qui peuvent être considérés comme juste ou faux suivant les opinions, mais qui n’en restent pas moins des arguments. Il s’agit de me déconsidérer et, à travers moi, tous ceux qui pensent que l’Euro est une mauvaise chose, et ils sont de plus en plus nombreux que ce soit parmi les économistes[9] ou dans la population. Il s’agit de les associer, dans les représentations collectives, avec ce monstre à cent têtes qu’est « l’extrême droite ».

La ficelle est donc un peu grosse. Surtout, venant d’un Ministre qui fait son possible pour accroître la désespérance de la population, qui courbe l’échine devant les banques et les banquiers. On attendait autre chose d’un Ministre de la République. Je le dis publiquement : c’est indigne et c’est scandaleux. Qu’il soit partisan de l’Euro est son affaire. Cela ne prouve qu’une chose, que ses connaissances en économie sont limitées, à l’évidence. Mais, son savoir faire dans la communication est quant à lui expéditif, à l’image de son ambition.

Pierre Moscovici, Ministre des Finances de la République, a donc commis, un acte bien détestable. Que cela ait été fait dans le cadre d’un débat public et télévisé ne change rien à l’affaire. Je constate d’ailleurs que le meneur de jeu de l’émission, Monsieur Yves Calvi, s’est aussitôt démarqué de ces propos, sachant fort bien qu’ils pourraient, si j’en exprimais l’envie et le désir, donner lieu à une action en justice.

Une origine présidentielle.

Mais, qu’il s’agisse de Colombani ou de Moscovici, il est clair que l’on n’a pas affaire à des dérapages individuels, qu’un âme charitable pourrait mettre sur le compte d’un aveuglement passager. Ces attaques sont hélas trop coordonnées, et elles reprennent les mêmes thèmes, ce que les « communicants » appellent des « éléments de langage ». Cela ressemble fort à une “ligne” qui serait désormais appliquée. Il faut alors se souvenir des pratiques qui avaient cours dans l’URSS stalinienne d’antan. Dès que le Bureau Politique avait émis une condamnation, on devait la transcrire en attaques où l’odieux le disputait à l’ignoble, quand elles ne tombaient pas dans le ridicule. On pourrait faire une intéressante comparaison entre ces pratiques, qui sont bien connues des historiens, et l’attitude du journaliste comme du Ministre.

Tout ceci remonte, qu’on le veuille ou non, au Président. Qu’il l’ait voulu ou pas, cette “ligne”, à n’en pas douter, est issue de son discours, de son affirmation violente, presque désespérée, que l’Euro c’est l’Europe n’en laisse pas douter. Que l’on regarde les mots choisis [10]:

« Je ne laisserai pas faire, au cours des prochains mois, ceux qui veulent en terminer avec l’idée européenne. Pas seulement en France, il y en a d’autres, parfois même aux gouvernements. Je ne laisserai pas faire ceux qui veulent en terminer avec l’idée européenne ou ceux qui veulent briser l’acquis communautaire, c’est-à-dire tout ce qui a été fait depuis des générations et des générations. Je ne laisserai pas non plus faire ceux qui veulent sortir de l’euro, qui pensent ainsi sauver la Nation alors qu’ils la mettent en péril. Parce que notre avenir, c’est dans l’Europe… »

On retrouve, là aussi, l’assimilation de l’Euro à l’Europe, et ce alors que tout le monde sait que des pays importants, la Grande-Bretagne et la Suède par exemple, font partie de l’Union Européenne mais pas de la zone Euro. On retrouve l’expression de ce sentiment d’exaspération avec la répétition du « je ne laisserai pas faire… », qui permet à Emmanuel Todd de montrer avec brio comment l’inconscient vient ici affleurer le dit[11]. Il est aujourd’hui clair que voyant le projet européiste confronté à des attaques nouvelles, convergentes, et qui montent en puissance, confronté à une réalité qui diverge de plus en plus de son idéologie, François Hollande ne trouve plus que dans la politique du mensonge d’issue. Mais, il ne peut que savoir que cette issue ne fonctionne qu’à court terme. On retrouve ici la trace des méthodes du « fascisme doux » décrit par nombre de romanciers, dont évidemment Aldous Huxley dans le « Meilleur des Mondes ». Il faut aussi se souvenir de ces lignes de Gunther Anders, dans l’Obsolescence de l’Homme[12], qui m’ont été communiquées par un correspondant :

« En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. »

Mais que tous le sachent et ce quel que soit leur position de pouvoir : tout ce qui est possible sera fait pour mettre leurs projets en échec et les empêcher de rejouer la farce des années trente à leur seul profit. L’analyse des défauts et de l’échec de la monnaie unique est aujourd’hui partagée par de nombreux économistes, dont des prix Nobel, tant en France qu’à l’étranger. Je ne me laisserai pas intimider par des attaques qui déshonorent ceux qui les portent. Mais je les préviens : ils m’en rendront politiquement raison ».

Jacques Sapir, RussEurope, le 4 février 2014

[1] Colombani J-M., « La France du repli et du rejet », Direct Matin, 3 février 2014, p. 5. URL : http://www.directmatin.fr/france/2014-02-03/la-france-du-repli-et-du-rejet-par-jean-marie-colombani-654385?inbound_google_redaction=1

[2] Sondage réalisé par l’institut de sondage Maurice de Hond auprès de 2.100 Néerlandais âgés de plus de 18 ans. Il sera divulgué dans son entièreté le 6 février 2014.

[3] Voir : http://scenarieconomici.it/sondaggio-scenarieconomici-20-dicembre-2013-sarebbe-favorevole-alla-reintroduzione-di-una-valuta-nazionale-si-49-no-44-un-partito-anti-euro-potrebbe-valere-il-24/

[4] Voir la liste des signataires de l’appel du European Solidarity Manifesto, à l’adresse : http://www.european-solidarity.eu/signatories.php

[5] Et je rappelle que selon Jean-Paul Sartre, le salaud intégral est celui qui sait qu’il est un salaud, et qui persiste et signe dans sa saloperie.

[6] Publiée sur Russeurope, le 1er décembre 2013, URL : http://russeurope.hypotheses.org/1791

[7] Sapir J., « À tous et toutes », note publiée sur RussEurope, le 11 novembre 2013, URL : http://russeurope.hypotheses.org/1711

[8] Voir, « Chez ces gens là… », note publiée sur RussEurope le 15 décembre 2013, URL : http://russeurope.hypotheses.org/1835

[9] Dernièrement nous avons eu Jacques Généreux, du Parti de Gauche, qui a pris position très clairement dans Marianne du vendredi 31 janvier, mais aussi Jacques Mazier ou Henri Sterdyniak.

[10] Ouverture de la conférence de presse du président de la République au Palais de l’Élysée le 14 janvier 2014. http://www.elysee.fr/declarations/article/ouverture-de-la-conference-de-presse-du-president-de-la-republique-au-palais-de-l-elysee-le-14-janvier-201/

[11] http://www.youtube.com/watch?v=M7I7vylmZFU

[12] Anders G., L’Obsolescence de l’homme, t. 1, trad. Christophe David, Editions Ivrea , Paris, 2002 et T-2, Sur la destruction de la vie à l’époque de la troisième révolution industrielle, trad. Christophe David, éditions Fario, Paris, mars 2011.

Rappels :

Duel Moscovici/Le Pen : Quand la faillite des banques est publiquement exposée

Florian Philippot : quenelle épaulée à Manuel Valls !

Journaliste, cette profession qui a trahi la France

sortir de l'euro le débat interdit

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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13 commentaires pour Jacques Sapir : « Ce que Sartre aurait appelé des « saloperies »

  1. Geraldine dit :

    Du grand Jacques ! Et même immense si on le compare aux minables traîtres Moscou-Vichy et Colombâneries…

  2. zorba44 dit :

    Don’t worry, be happy …les von Papen, Goebbels et autres chantres de l’imbécilité ne laisseront pas une grande trace ni dans les esprits fatigués de leurs outrances et discours ni dans l’histoire. Quand le peuple a faim et desespere, il devient une meute de loups contre l’establishment et le pouvoir.
    Re-écoutez Nigel Farage et vous vous sentirez mieux (et regardez la tete piteuse des rares présents au Parlement Européen, cela vous mettra du baume au coeur)

    Jean LENOIR

  3. Ping : Jacques Sapir : "Ce que Sartre aurait appelé des "saloperies" - gastraudiome

  4. soyouZ dit :

    Les fascistes de l’UERSS voudraient nous faire croire que ce sont leurs opposants qui mettent en danger la démocratie…. alors que celle-ci est déjà morte depuis un bon moment par la dictature qu’ils ont mise en place !

  5. Le rappel des années 30 pourrait s’avérer dangereux pour ceux qui oublient un peu vite combien les idéologies professés par les régimes autoritaires de l’époque étaient proches de celles des régimes dit d’avant-garde comme le New Deal de FD Roosevelt qui a élargi le rôle de la FED dans la fixation de la politique monétaire, créé les conglomérats bancaires et industriels et militarisé l’industrie américaine en vue de préparer son engagement dans le second conflit mondial. Les déclarations d’amour des dirigeants nationaux socialistes à propos de leur admiration du capitalisme d’Etat mis en place par FD Roosevelt sont sans ambiguïté, quant à la source commune d’inspiration économique allant puiser leurs idées de relance économique dans les idées keynésiennes à propos du rôle joué par l’offre monétaire dans la lutte contre le chômage et l’inflation (cf. http://mises.org/document/7219/Fascism-versus-Capitalism).
    Face à une telle communauté de pensée, on est en droit de s’interroger sur les raisons qui ont poussé P. Moscovici à s’attaquer à Jacques Sapir qui a le malheur de s’attaquer à la doxa dominante marquée par le ralliement autour de l’Europe fédérale et sa politique monétariste, dont les deux ressorts principaux sont le Marché Unique et l’euro. Notre ministre essaie visiblement de masquer l’origine fasciste et dictatoriale de l’Europe actuelle derrière des accusations d’extrémisme de droite portée contre ses détracteurs, alors que les principaux opposants à cette conception de l’Europe ne font que rappeler la prééminence de l’intérêt national sur la cause supranationale, surtout lorsque celle-ci est guidée par des préoccupations hégémonistes de la part de puissances dominantes comme l’Allemagne et les Etats-Unis qui n’arrêtent pas de grignoter des parts de marché à leurs rivaux nationaux prétendument alliés dans la cause commune que serait l’Europe fédérale.
    Il semble bien que les fascistes d’hier se soient étrangement convertis en européistes d’aujourd’hui vendant ua public un leurre de prospérité pour mieux imposer des schémas économiques fondés sur le libéralisme de marche qui ne profitent qu’à ceux qui sont autorisés à faire circuler librement le capital par dessus les frontières, se moquant des protections juridiques ou commerciales qui préservaient « la part du pauvre » dans le capitalisme social mis en place au lendemain de la seconde guerre mondial. Les manoeuvres staliniennes visant à lyncher des opposants par des campagnes de presse nous renvoient aux jours les plus sombres des démocraties populaires, où les règlements de compte entre caciques du parti se déroulaient dans la rue avant de se terminer à la Loubianka. Nous sommes engagés sur une pente très dangereuse qui mènent aux pires excès du totalitarisme, lorsque l’Etat, faute de savoir défendre sa cause dans les débats intellectuels indéfendables, préfère s’en remettre à la rue et à ses nervis pour liquider les empêcheurs de tourner ne rond.

  6. Il est bien évident que Moscovici ne va pas avouer que l’épargne comme la valeur travail en entier produite par les Français a été confisquée par la dette émise en euros à laquelle ils servent de collatéral garantissant par les taxes prélevées sur cette valeur le remboursement marginal nécessaire au renouvellement indéfini de cette dette. Celle-ci est d’autant plus monstrueuse qu’elle a été mutualisée entre les pays membres de la zone euro, mettant en commun leurs dettes afin de créer un marché obligataire suffisamment large et profond pour alimenter le commerce bancaire des produits dérivés obligataires. Autrement dit la richesse des Français ne leur appartient pus, elle a été synthétiquement transférée au banques qui s’en servent pour acheter la dette émise par les Etats européens et les produits dérivés financés par les obligations souveraines. L’euro sous le couvert du blabla libéral consistant à faire croire à un accroissement de prospérité agit donc comme un outil de transfert de valeur des comptes d’épargne ou des dépôts vers les comptes de trading des banques qui s’en servent comme titres échangeables contre de la monnaie banque centrale grâce à la transformation des revenus privés en dette publique émise par l’Etat. On comprend ainsi pourquoi les banques d’affaires ont toujours été des ardents défenseurs du bolchevisme collectiviste, dont il reproduit les mécanismes de socialisation par la collectivisation de la richesse privée. Car l’enjeu n’est pas tellement le maintien ou l’abandon de l’euro que la socialisation finale des pays développés tyrannisé par la dette bancaire se transformant en carcan d’oppression du fait des couches réglementaires qui ne cessent de s’empiler dans tous les domaines paralysant l’initiative privée, mais encourageant les cartels qui sont les seuls à pouvoir les appliquer sans faire faillite ou à passer à travers grâce à l’oreille bienveillante des administrateurs qui leur renvoient l’ascenseur.

  7. Robin dit :

    Pour que même Jacques Sapir perde son calme…. il faut que les attaques de l’oligarchie en panique soient descendues à un niveau de bassesse vraiment jamais vu en France !

  8. brunoarf dit :

    Lundi 10 février 2014 :

    «Certaines banques européennes n’ont pas d‘avenir»

    Danièle Nouy, présidente du mécanisme de supervision bancaire européen, estime que certains établissements ne passeront pas l’audit de santé qui se déroulera cette année. Il faudra alors organiser leur faillite ordonnée.

    «Nous devons admettre que certaines banques n’ont pas d’avenir» confie l’ancienne haut fonctionnaire de la Banque de France, au Financial Times. Selon elle, ces tests de résistance européens – stress tests – ne seront crédibles auprès des investisseurs internationaux qu’à la condition qu’ils épinglent les banques les plus faibles.

    La présidente du Mécanisme de supervision unique reconnaît que l’ensemble des banques du Vieux Continent ont fait des efforts depuis l’éclatement de la crise financière afin de consolider leurs bilans. Mais, dans les cas où ces efforts ne suffiront pas, il conviendra alors d’organiser des faillites ordonnées.

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/02/10/20002-20140210ARTFIG00139-certaines-banques-europeennes-n-ont-pas-d8216avenir.php

    Lundi 27 janvier 2014 :

    Les banques européennes ont une insuffisance de fonds propres d’environ 84 milliards d’euros au total, selon une information parue lundi dans l’hebdomadaire allemand WirtschaftsWoche, qui cite une nouvelle étude de l’Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE).

    Crédit agricole a le déficit de capitaux le plus important, de 31,5 milliards d’euros.

    http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/20140127trib000811970/les-banques-europeennes-ont-besoin-de-84-milliards-d-euros-de-fonds-propres.html

    Un rapport de l’OCDE vient de faire état d’un manque de fonds propres des banques européennes de 84 milliards d’euros. Sur ce montant le Crédit Agricole représente un montant de 31,5 milliards, soit un peu moins de 40% de toute l’Europe. Cette situation fragilise à la fois le système bancaire français et l’union bancaire européenne.

    http://finance.blog.lemonde.fr/2014/01/31/4123/

    • L’insuffisance de fonds propres est une donnée très relative qui est fonction la valeur en risque des actifs de marché et de leurs écarts de financement avec les ressources bancaires du passif. Dans le cas de la banque de marché, les mécanismes d’intervention des banques centrales sont particulièrement efficaces pour rétablir l’équilibre entre l’actif et le passif par le refinancement des expositions bancaires, au moyen des liquidités offertes par la banque centrale, consistant le plus souvent à accepter comme collatéral titre des actifs rachetés temporairement à une valeur arbitraire par la banque centrale moyennant un taux mineur sur le marché des opérations de repurchase agreement, offrant ainsi du cash quasi gratuit aux banques qui s’en servent pour regonfler leur bilan par le rachat d’actifs non dépréciés. On arrive ainsi à jeu à somme nulle entre la banque débitrice et la banque centrale, l’une pouvant attendre tout en restant artificiellement solvable, que ses actifs dépréciés reprennent de la valeur, en les gardant au chaud dans une entité ad hoc, tandis que l’autre peut même s’en sortir avec profit lors du remboursement des prêts contre actifs LTRO. Dans le même temps, le perdant est l’économie réelle sevrée de liquidités, parce que son risque crédit est devenu trop important pour que la banque puisse se permettre d’immobiliser des capitaux, qui plus est grevés d’une surcharge en capitaux réglementaires Bâle III, pour compenser le risque crédit/marché/opérationnel encouru. Le piquant de la chose est que le risque crédit et les autres ont été largement amplifiés par la banque elle-même, en créant un appel d’air pour les liquidités du marché réorientés vers des placements virtuels spéculatifs mais sans risque puisque les banques s’entendent entre elles pour faire le marché, comme les récents scandales sur les différents segments de marché (commo, tx d’intérêt Libor, forex, etc) l’ont amplement démontré. Après ça, allez encore soutenir que les banques sont indispensables au fonctionnement de l’économie. A un certain type d’économie mafieuse appelée « crony capitalism » oui, mais pas à une économie équilibrée servant le bien commun et non l’intérêt collectif déguisé en financement de la dette.

    • Stan I dit :

      dans le blog de G Ugeux je lis : »Une opération de restructuration du Crédit Agricole s’impose si nous voulons éviter que ce soit cette banque qui provoque la crise bancaire de 2014. »

      Diable ! On y arriverait donc bientôt à cette crise systémique tant annoncée et redoutée ?

  9. Alcide dit :

    …Il semble bien que les fascistes d’hier se soient étrangement convertis en européistes d’aujourd’hui …
    Ce sont les mêmes ,ce sont les sionistes représentés par le système bancaire maffieux rothschidien et armé nucléaire par Israël.

    « Le sionisme et le régime nazi: un texte important de Klaus Polkehn enfin disponible en français

    J’ignore pourquoi les articles de Klaus Polkehn sur le sionisme n’ont jamais été traduits intégralement en français.

    Cette lacune est maintenant en partie réparée puisque, après l’article sur les relations entre le mouvement sioniste et l’impérialisme, notamment allemand, dont je vous ai déjà livré la traduction, je vous propose un autre article qui tombe à point nommé en ce jour où les sionistes redoublent de condamnations morales, en attendant parfois des mesures plus pratiques, contre ceux qui selon eux ne prendraient pas assez au sérieux ce qu’ils appellent «holocauste» ou « shoah.»
    Par Mounadil al Djazaïri
    Suite:
    http://mounadil.wordpress.com/2013/01/27/le-sionisme-et-le-regime-nazi-un-texte-important-de-klaus-polkehn-enfin-disponible-en-francais/

    A lire absolument pour mettre en perspective avec l’actualité.

  10. rando31 dit :

    A reblogué ceci sur Montagne nature et voyageset a ajouté:
    Tous à poil !

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