A Evry, les habitants paient encore la gestion bien peu rigoureuse de Manuel Valls

Evry Valls maireQuelle est la crédibilité de Manuel Valls en tant que Premier ministre tout juste nommé ? Pour tenter de l’évaluer, rien de mieux que de jeter un coup d’oeil à sa gestion d’Evry. Un article de Capital de décembre 2013 en dresse le bilan, en voici quelques extraits… guère rassurants :

« Une décennie plus tard, un simple coup d’œil aux finances municipales donne une idée de son bilan : les caisses d’Evry sont vides. « J’ai rarement vu une commune qui a autant de mal à payer ses dettes » , s’étonne Claude Jaillet, expert en finances locales. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir fait… valser les impôts. Entre 2001 et 2012, la pression fiscale sur les ménages de la commune a explosé de 45,7%. Grâce à quoi la facture moyenne des foyers imposables, qui frôle aujourd’hui les 2 100  euros annuels, est l’une des plus élevées de France pour une ville de cette importance. En dépit de ces coups de massue, la municipalité n’a pas réussi à boucler ses budgets, et il lui a fallu emprunter à tour de bras. Depuis 2007, son ardoise s’est envolée de 40%, presque autant que celle de l’Etat. Il faut dire que l’ancien maire (Manuel Valls a cédé son fauteuil en 2012, lorsqu’il est devenu ministre) n’avait pas des oursins dans les poches. Pendant ses deux mandats, il a flambé les deniers publics avec une grande constance. Dans une ville de 50 000 habitants comme Evry, par exemple, seul le directeur général des services est censé disposer d’une voiture de fonction. Or la Cour des comptes notait, dès 2006, que la commune en mettait 26 à disposition de ses agents, sans compter les 45 véhicules «de service».

Même prodigalité pour les frais de communication, qui ont bondi de 852,6% entre 2001 et 2003, et ne semblent pas avoir diminué depuis. Pour 2012, le compte administratif donne le détail d’environ 800 000 euros pour ce poste (dont 110 000 dédiés à la seule édition de catalogues, d’imprimés et autres publications). Mais il ne fournit pas la moindre précision sur la ligne «divers» située juste au-dessous, dont la dépense est pourtant énorme (400 000 euros). «Vu l’intitulé, ce sont sans doute aussi des frais de communication, mais ils ont essayé de noyer le poisson pour éviter les questions », assure Claude Jaillet. D’ailleurs, le département communication de la ville, qui n’existait quasiment pas à l’arrivée de Valls, occupe désormais un étage entier d’une des ailes de la mairie.

C’est comme ça dans beaucoup d’autres services, et cela n’a rien d’étonnant. Bien qu’une partie des compétences de la municipalité ait été progressivement transférée à la communauté d’agglomération – que Manuel Valls a lui-même dirigée entre 2008 et 2012 – les effectifs n’y ont en effet pas baissé. Certes, Evry n’est pas la seule commune dans ce cas. Mais elle a la particularité d’avoir recruté des chargés de mission à la pelle au profit du cabinet du maire. «Il y en a eu 49», confie un proche de l’ancien cercle. En observant que, pour essayer de masquer ce déferlement de conseillers, Manuel Valls a longtemps eu recours à une petite astuce : «Au sein de l’organigramme, il faisait passer des chargés de mission pour des standardistes.»

Pas étonnant que les dépenses en personnel du chef-lieu de l’Essonne crèvent le plafond ! L’an dernier, elles ont représenté 791 euros par habitant, 50 de plus que la moyenne pour ce type de ville. Et ce, bien que les «achats et charges externes», autrement dit le recours à des prestataires extérieurs, soient demeurés exorbitants (416 euros par habitant, soit 55% de plus que la moyenne). Plutôt que de donner des leçons de gestion, comme il l’a fait pendant les primaires socialistes, le ministre de l’Intérieur ferait peut-être bien d’en prendre…

D’autant que les gaspillages touchent aussi les investissements de sa cité. Manuel Valls, qui préconise aujourd’hui une mutualisation des services de l’administration, s’est en effet montré incapable de s’entendre avec son homologue de Corbeil-Essonnes – le député avionneur Serge Dassault – pour rationaliser et gérer en commun l’épuration de l’eau. Il a donc dû engager seul de lourds investissements pour sa centrale de traitement des eaux usées. Selon la Cour des comptes, ce chacun pour soi aurait coûté 10 millions d’euros aux contribuables, sans compter le 1,1 million de frais de fonctionnement supplémentaire chaque année. «Aucun intervenant n’a été en mesure de faire prévaloir l’intérêt général», ­dénoncent les magistrats.

Mais la gestion de «Manuel» n’est pas seulement désastreuse, elle est aussi clientéliste. «Il récompense beaucoup les gens en leur offrant des postes», reconnaît l’un de ses proches. Et le recrutement des «fils de» va bon train dans la municipalité. Ainsi Florence Bellamy, la directrice de Dynamique Emploi – la structure qui gère la politique de l’emploi local et qui a longtemps été chapeautée par le prétendant à l’Elysée – a-t-elle discrètement recruté son rejeton en ­début d’année parce que, dit-elle, «on avait besoin de quelqu’un comme lui». L’affaire ayant été ébruitée, Francis Chouat, bras droit du ministre et actuel maire d’Evry, lui a toutefois demandé de le faire ­partir. Question népotisme, ce dernier n’est pourtant pas lui-même blanc-bleu : son propre fils officie actuellement dans une filiale de la Semardel, le principal groupe de traitement des déchets de l’Essonne… qu’il préside depuis le 1er février 2012.

Si encore ce socialiste moderne, qui assure «parler autrement aux chefs d’entreprise», avait réussi à développer le tissu économique de sa ville. Mais ses résultats sont plutôt maigres. «Il nous avait promis un plan de développement stratégique avec des moyens pour booster la ville, mais on l’attend toujours», regrette Joseph Nouvellon, un élu UMP d’Evry. De fait, le ministre n’a réussi à attirer dans sa ville aucune nouvelle société d’importance. La crise ne l’a pas aidé, bien sûr. Mais les cités voisines de Corbeil-­Essonnes et de Mennecy ont, elles, réussi à développer des zones d’activité. Pire : plusieurs gros employeurs ont récemment fait leurs valises, comme le Centre national d’études spatiales (Cnes) en 2012, et surtout le siège de Carrefour et ses 2300 employés. Manuel Valls a eu beau marchander en proposant des bureaux plus étendus avec un loyer 30% moins cher, le géant de la distribution a regroupé tous ses sites à Massy, mieux desservi par les transports. «Finalement, Valls a surtout fonctionnarisé sa ville», sourit le maire d’une commune voisine. Un «réformateur moderne», le chouchou de l’opinion ?

Lire l’intégralité de l’article de Capital

Lire aussi : A Evry, le conseiller Valls garde un salaire de maire

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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7 commentaires pour A Evry, les habitants paient encore la gestion bien peu rigoureuse de Manuel Valls

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  2. zorba44 dit :

    Pas besoin de gratter beaucoup… nous dansons sur la lave brûlante d’un volcan de dépenses.
    Cela ne durera pas longtemps !

    Jean LENOIR

  3. bocanegra dit :

    après le socialisme municipal, le socialisme de cours ….

  4. Latour dit :

    merci pour l’article pour Valls je ne savais pas; les medias le présentent comme qqun d’ efficace alors que visiblement c’est un dispendieux.

  5. Si les banques ne se prêtaient pas au jeu, la ville d’Evry n’aurait jamais pu s’offrir ce genre de largesses. C’est donc qu’il y a une bonne et excellente raison de prêter aux villes, à commencer par la collatéralisation des emprunts considérés comme éligibles par la BCE à des fins de refinancement des actifs bancaires par de la monnaie banque centrale.

  6. L’heure de vérité approche avec la contraction durable de l’économie chinoise entraînant un effondrement des importations de biens d’équipement importés d’Allemagne et du Japon. Afin d’éviter les occasions de panique sur les marchés dérivés en dollars ou en euros, le FMI encourage l’émission de moyens de financement offshore libellés en Roupie ou Renminbi, sous prétexte de couvrir le risque de change par des moyens de financement offshore puisant dans les liquidités bancaires internationales.

    http://www.ft.com/cms/s/0/1a435724-c059-11e3-bfbc-00144feabdc0.html#ixzz2yTUFrJvZ

    China’s imports and exports both contracted in March, with trade data falling well short of forecasts and rattling nerves over the state of the world’s second-biggest economy.
    Exports decreased 6.6 per cent in March from a year earlier, missing forecasts for a 4.9 per cent rise. It was the second consecutive weak month following February’s 18 per cent year-on-year contraction.
    The value of imports fell 11.3 per cent year-on-year in March – a weaker than expected performance. But in volume terms, most of China’s commodities imports rose in the first quarter even as international prices fell.

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