Ce que la perte d’Alstom énergie va coûter à la France

Atlantico : General Electric et Siemens se disputent le rachat de la partie énergie du français Alstom. L’inquiétude du gouvernement à ce sujet est grande, notamment sur la question des emplois qui pourraient être menacés. Aussi grave cet aspect soit-il, est-il le plus important ?

Nicolas Mazzucchi : Si on se positionne d’un point de vue social et français, alors oui, l’emploi est le premier sujet d’inquiétude dans le dossier Alstom, même si ce n’est pas un des premiers employeurs du pays. Mais dans un cadre plus global, ce n’est plus le sujet numéro un.  La question qui se pose est celle des activités de l’entreprise, et de leur intérêt stratégique pour l’ensemble de l’économie française. Il faut savoir que le secteur énergie d’Alstom est une chose dont l’économie française, eu égard à sa structuration, peut très difficilement se passer.

Sur le plan des technologies, pourquoi Alstom est-il aussi essentiel à l’économie française ?

Dans le secteur de l’énergie – énergie nucléaire, centrales à gaz, énergies renouvelables – la France a une position de leader européen très affirmée, et se trouve parmi les leaders mondiaux de ces énergies. Il est bien évident que le rachat d’Alstom, qui n’est pas un énergéticien en soi, mais un prestataire de services industriels pour les entreprises énergétiques françaises (EDF, GDG Suez, Areva), représenterait une perte se savoir-faire et de connaissances, et donc de compétitivité pour l’ensemble de ces acteurs.

Plus précisément, quelles seraient les technologies qui échapperaient à la France ?

Alstom est l’un des leaders mondiaux des turbines à gaz pour les centrales nucléaires. A ce titre, l’entreprise se charge d’une partie de la sous-traitance des centrales nucléaires. Alstom est actif dans l’ensemble des énergies renouvelables : éolien, solaire, géothermique… Ce dernier d’ailleurs est assez peu utilisé, et pourtant sa potentialité de croissance est très importante. Ce serait une perte dommageable, d’autant plus que la France est bien positionnée en Europe et dans d’autres pays côtiers sur ces créneaux-là. Le Brésil notamment essaie de développer des solutions marémotrices pour lesquelles la France aurait un vrai savoir-faire à apporter.

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Derrière la question des emplois… Ce que la perte de la filière énergie d’Alstom coûtera à la France en termes de souveraineté technologique et économique. Nicolas Mazzucchi, géoéconomiste spécialiste des questions énergétiques, explique sur Atlantico que le savoir-faire d’Alstom dans les « réseaux électriques intelligents » (smart grids) est capital aussi bien pour l’efficacité que pour l’indépendance énergétiques. Si GE l’emporte, ce sera tout bénéfice pour les Américains (et leur stratégie concernant les gaz de schiste), et une grosse perte pour nous.

Ce que la perte des activités énergie d'Alstom coûterait à l’économie française

Nicolas Mazzucchi est géoéconomiste spécialiste des questions énergétiques. Il est chercheur associé à l’IRIS, fondateur du cabinet Polemos Consulting et professeur associé à l’Ecole de Guerre Economique, HEC et Sciences-Po Lille.
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Nicolas Mazzucchi est géoéconomiste spécialiste des questions énergétiques. Il est chercheur associé à l’IRIS, fondateur du cabinet Polemos Consulting et professeur associé à l’Ecole de Guerre Economique, HEC et Sciences-Po Lille.
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Derrière les emplois menacés par la perte de la filière énergie d’Alstom, c’est la souveraineté technologique et économique de la France qui est menacée. Et cela se compte en milliards.
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Derrière les emplois menacés par la perte de la filière énergie d’Alstom, c’est la souveraineté technologique et économique de la France qui est menacée. Et cela se compte en milliards.
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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 51 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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6 commentaires pour Ce que la perte d’Alstom énergie va coûter à la France

  1. Ping : Ce que la perte d’Alstom énergie va coûter à la France - gastraudiome

  2. Smart meters, smart grids, Internet of things, fracking, etc: les Etats-Unis collectionnent les échecs économiques se traduisant par des catastrophes sanitaires et environnementales mettant en danger la survie même de leur population déjà fort éprouvée par la crise. Signe des temps, certains tabous, comme le système des réserves fractionnaires, commencent à être remis en question publiquement par la grande presse. Martin Wolf, éditorialiste en vue au FT, a osé émettre l’idée que la création de monnaie privée par les banques serait assimilable à la création de fausse monnaie. Du jamais vu dans la presse britannique depuis l’après-guerre;;;

    But there is a growing recognition that this is going in the wrong direction, because fractional reserve banking can destabilize the economy (and credit can easily be created by the government itself.)
    It was big news this week when one of the world’s most prominent economics writers – liberal economist Martin Wolf – advocated doing away with fractional reserve banking altogether… i.e. requiring that banks only loan out as much money as they actually have on hand in the form of customer deposits:
    Printing counterfeit banknotes is illegal, but creating private money is not. The interdependence between the state and the businesses that can do this is the source of much of the instability of our economies. It could – and should – be terminated.
    http://www.washingtonsblog.com/2014/04/conservative-economist-wants-basically-ban-banking.html

  3. mariette dit :

    j’ose espérer que not bon gouvernement sait à quoi s’en tenir à ce sujet ? parce que sinon , tout ce petit monde qui nous dirige doit démissionner pour mauvais services rendus à la france et à ces citoyens ….

  4. THEOPT NEWZE dit :

    Vache qui rit …ah c’thomme ! Frenchie or Yankee ?

  5. Eric dit :

    Obama n’aurait jamais laissé Alstom racheter General Electric

    « Les Etats-Unis, comme le Royaume-Uni, protègent leurs fleurons industriels via un arsenal juridique très efficace. La France, elle, est une passoire.

    …….les maîtres en matière de protection des intérêts nationaux sont évidemment les Etats-Unis, ultra-protectionnistes sur leurs technologies-clés. Washington s’est doté dès 1988 d’une législation protectrice des centres de décision stratégiques avec l’adoption de l’amendement dit « Exon-Florio », à l’origine destiné à contrer la montée en puissance des géants japonais. Le principe ? Cette législation donne aujourd’hui à Barack Obama, le pouvoir de bloquer l’acquisition d’une société américaine par des intérêts étrangers au nom de la sécurité nationale. Dans les faits, ce pouvoir est transféré à une commission spécialisée, la redoutable commission sur les investissements étrangers aux Etats-Unis (CFIUS).

    Cette législation a encore été renforcée en 1992, avec un pouvoir de blocage étendu à des transactions ayant un effet potentiel sur « le leadership technologique américain dans des domaines affectant la sécurité nationale ». Un intitulé suffisamment vague pour ouvrir la voie à de multiples interprétations. Un rapport du Sénat publié en 2007 détaillait quelques exemples de blocage de transactions qui n’ont de fait, qu’un fort lointain rapport avec la sécurité nationale : un fournisseur d’accès internet du Colorado convoité par le japonais NTT ; un opérateur de ports convoité par le groupe émirien DP World ; ou la société pétrolière Unocal, convoité par un groupe chinois.

    Et même quand un groupe étranger parvient à ses fins, comme le français Safran, qui s’est offert de 2009 à 2011 trois cadors de la sécurité américaine (Printrak, GE Homeland Protection, L-1), les conditions de gouvernance sont drastiques : sur certaines activités sensibles, comme les permis de conduire sécurisés, le groupe doit se soumettre au système de « proxy »: la gestion des métiers jugés sensibles par les autorités américaines doit être déléguée à des administrateurs choisis sur une liste de profils validés par le gouvernement américain, quasiment indéboulonnables par l’actionnaire français. »

    http://www.challenges.fr/entreprise/20140429.CHA3191/pourquoi-obama-n-aurait-jamais-laisse-alstom-racheter-general-electric.html?utm_source=outbrain&utm_medium=widget&utm_campaign=obclick&obref=obinsource

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