Le changement, c’est hors de question (Hashtable)

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« Scrogneugneu, c’est ainsi et on n’en démordra pas : il est hors de question que la politique du gouvernement change. Certes, le « changement c’est maintenant », mais maintenant, c’était il y a deux ans. Et maintenant, on ne change plus. C’est pourtant simple à comprendre, non ?

C’est en tout cas sans ambiguïté de la part du premier ministre : dans une interview doublée d’un sondage parus sur le Journal Du Dimanche, Manuel n’y est pas allé par quatre chemins et a bien expliqué à tous et à toutes qu’il était impensable, et même hors de question, qu’on commence à remettre en cause les beaux efforts consentis par l’actuel gouvernement sous l’impulsion vigoureuse d’un président de la République au plus haut de sa forme. Et l’entêtement est logique, voyons, puisqu’il faudra bien un peu de temps à la politique de Maître François pour prendre son envol et produire des résultats :

« Oui, la politique que le président de la République a décidé de mettre en œuvre nécessite du temps pour produire des résultats. Mais il est hors de question d’en changer. Le pacte de responsabilité et ses 40 milliards de baisse de coût du travail vont véritablement entrer en œuvre maintenant »

Voilà, c’est dit, n’en parlons plus. Il y a deux ans, le capitaine du pédalo avait fixé un cap clair, celui du changement. Si certains avaient pu railler une prise de direction aussi courageuse, cela n’avait pas empêché l’exécutif de pédaler se mettre en branle pour aller, d’un jarret vigoureux, dans la direction choisie.

Et du changement, il y en a eu.

Les têtes des administrations qui étaient jugées trop proches de Sarkozy furent changées. Les ministres aussi ont changé. On a changé quelques paquetages sociétaux. On a changé de concubine, plusieurs fois. On a changé, plusieurs fois aussi, de communicants à l’Élysée. On a même changé de lunettes ! Et on a, un peu, changé d’avis sur la crise qui a traversé la France, positionnant le curseur de « blagounette sarkozienne » à « houlala mais en fait non pas du tout c’est du sérieux, Pépère ».

Mais la politique économique, ça, non, on ne touche pas. C’est niet ! Elle a été décidée une fois pour toute, et son problème est que, comme pour un vieux moteur diesel, il faut un temps certain pour que le moteur chauffe et démarre. On en est là, au préchauffage. Hors de question de changer maintenant, alors qu’on est sur le point de démarrer.

Sauf qu’on est en droit de s’interroger tout de même un peu. Parce qu’après tout, cette politique économique qu’il est impensable de remettre en question, il semble bien, à l’analyse, qu’elle ne soit pas aussi figée dans le marbre que ce que laisserait penser la belle détermination d’un Valls volontaire.

le-changement-est-hors-de-questionPrenez les impôts, par exemple (ce n’est pas une proposition, hein, c’est une contrainte. À payer.) Eh bien dans ces deux années, le moins qu’on puisse dire est qu’il y a eu, sur le sujet, pas mal de changements. Au début, rappelez-vous, il s’agissait de faire casquer les riches, ce qui devait, selon le premier ministre de l’époque, épargner neuf Français sur dix. Las. Une très grosse majorité d’entre eux s’est alors découvert riche (premier changement). À la suite de quoi (et de la grogne déclenchée), il a fallu faire un petit peu de rétropédalage sur un plan d’eau agité. Des réductions d’impôts furent donc consenties pour les plus pauvres (deuxième changement). Avec l’actuelle arrivée des nouvelles déclarations, nouvelle découverte : plusieurs centaines de milliers de Français deviennent des foyers fiscaux. Troisième changement. Quant à la finance, c’était l’ennemi, mais bon, finalement, non. Pour une politique économique fixée sur le long terme, ça fait déjà beaucoup d’ajustements, disons.

Du côté des « réformes », s’il y a eu changements, c’est dans leurs noms, leur nombre et leur portée. Le pacte de compétitivité s’est mué en pacte de responsabilité sans qu’on puisse dire exactement ce qu’il va contenir, le choc de simplification s’est transformé en tsunami de textes et de lois complexifiant encore l’usine à gaz française. Lorsque Hollande faisait paraître son programme présidentiel, il établissait des objectifs (de croissance, de déficits) qui ont eu le bon goût, là encore, de changer au fil du temps (jamais pour le meilleur, zut encore). Quant aux dépenses des administrations publiques, là encore, le changement fut dans le rythme de croissance, peut-être plus modéré que sous Sarkozy… Mais malheureusement toujours positif (et pas qu’un peu).

Décidément, le changement est une chose difficile à cerner. Soit il n’y en a pas officiellement, et toute modification, toute volte-face et tout demi-tour dans la politique économique du gouvernement est alors un ajustement, une adaptation, un petit réglage. Soit il doit absolument y en avoir un gros, et là, on tombe sur de longs discours enflammés, des dispositions de lois amphigouriques et de mystérieuses disparitions en rase campagne ».

Lire la suite de l’article sur le site de H16

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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7 commentaires pour Le changement, c’est hors de question (Hashtable)

  1. arnaud dit :

    L’heure est grave ! pour Valérie Pécresse (de la même clique UMPS qui nous a mis dans le ravin) la France est  » en risque de cessation de paiement » si les taux d’intérêt venaient à monter

    http://lesmoutonsenrages.fr/2014/08/19/la-france-en-risque-de-cessation-de-paiement-selon-valerie-pecresse/

  2. marie dit :

    le changement hors de question….il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis….

  3. Geraldine dit :

    Petite devinette :

    Qui a dit lors de la dernière présidentielle : « Il y a une justice : quand on a été le président de l’échec, on ne peut pas être le candidat de l’espoir  » ?

    Réponse : François Hollande

    J’espère qu’il s’appliquera à lui-même sa belle formule…

    • zorba44 dit :

      Il y a bien longtemps que cerveau mou a oublié celle-là…
      Un pompier courageux pour le temps du désespoir : cela existe-t-il ?

      Jean LENOIR

  4. Nanker dit :

    La seule chose qu’aura réussie Hollande sera d’avoir étranglé Valls comme l’avait fait en son temps Mitterrand avec Rocard. Et avec le même procédé : « je le nomme à Matignon et il se détruit tout seul ».
    Je me demande quand Valls va se rendre compte que sa nomination était un baiser de Judas et qu’il n’a désormais aucune chance de s’installer un jour à l’Elysée…

    Quant à Hollande et à la trace qu’il laissera dans l’Histoire, on a la postérité qu’on mérite!

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